‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 338 sur 470 · PEPSINE · texte numérisé non relu

PEPSINE

des ouvriers ; on peut alors en retirer facilement, et les substances minérales, et les huiles et essences dans lesquelles on les a délayées (1). Mais il faut avouer que ces recherches exigent une grande habitude d’expérimentation et que les questions qu’on a à résoudre sont souvent très-délicates (Æ’?-. //.).

PEPSINE. — pepsine est un ferment particulier, propre au suc gastrique, ayant la propriété d’agir exclusivement sur les matières albuminoïdes pour les désorganiser et les rendre solubles et par conséquent assimilables. Mais elle ne saurait opérer sans le concours des acides qui ont pour mission de désagréger les aliments azotés plastiques et d’en commencer la dissolution.

Si l’on connaît relativement bien les propriétés physiologiques de la pepsine, il s’en faut de beaucoup que l’on soit aussi éclairé sur sa nature et sa composition chimique ; il serait même imprudent d’affirmer, quoi qu’on en ait dit, que la pepsine soit toujours la même et toujours identique dans le suc gastrique des divers animaux d’où on l’extrait.

Lorsqu’elle est desséchée, elle est en écailles amorphes, translucides comme de l’albumine desséchée elle-même. Elle a une odeur peu agréable, mais non putride. Sa saveur est acidulé. Suivant son origine et son genre de préparation, elle est plus ou moins soluble dans l’eau, insoluble dans l’alcool fort et dans l’éther. Elle se putréfie promptement à. l’air humide. Une chaleur de 100® ne la coagule pas de sa dissolution aqueuse, mais, dès 60®, elle perd toute son activité physiologique. Sa propriété capitale est de pouvoir digérer la fibrine, en présence d'un acide, à la température du corps humain. Elle n’est pas coagulable par les acides, ce qui la distingue de l’albumine, etc. Elle n’a enfin aucun caractère microscopique sensible. On l’extrait du quatrième estomac de certains ruminants [moulons).

Usages. — Elle est employée à l’intérieur pour rendre à l’estomac le ferment qui lui fait quelquefois défaut, afin d’opérer la digestion des matières albuminoïdes. On l’administre sous forme de pastilles, de pilules, de vin, d’élixir, de sirop, etc.

Altérationa. Falsifications. — Dans le commerce pharmaceutique, on trouve un grand nombre de pepsines qui sont très-distinctes les unes des autres par leur aspect, leur valeur, leur origine, etc. De là, la pepsine du C’orfea:; les pepsines amylacées neutres ou acides de MM. Boudault et Corvisart; celles de Kauffmann, A'Ei'ba, de Simon, etc. (2). Il est impossible d’en apprécier la qualité médicamenteuse si l’on n’en fait pas l’essai. Voici à cet égard le procédé donné par le Codex, pour la pepsine officinale :

Dans un flacon à large ouverture et non fermé, on introduit : pepsine médicinale, 0*‘',25 ; eau distillée, 25 grammes ; acide lactique concentré, 0®‘',40 ; fibrine du sang, humide mais non mouillée, 10 grammes. On place ce flacon dans une étuve à eau chaude marquant 45® au maximum, et on agite de temps en temps

(1) Barreswil conseille de faire l’essai des peintures broyées à l’huile par le moyen suivant : mettre un peu de la peinture dans un tube à essais avec 8 à 10 fois son volume d’une solution alcoolique de potasse. Faire bouillir ; laisser refroidir et décanter. Ajouter au résidu une solution aqueuse concentrée de potasse caustique ; faire bouiliir : s’il y a résidu plus ou moins abondant, on doit l’attribuer à des produits étrangers (craie ou sulfate de baryte), la potasse ayant dissous soit la céruse, soit le blanc de zinc, tout en saponifiant les huiles.

(2) Cargue. De la Pepsine. Thèse. École de pharmacie (1870).

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