RÉSINES
la réglisse, et ses morceaux sont beaucoup plus gros, quoique moins pesants que ceux de la racine de réglisse vraie et de bonne qualité.
On trouve aussi dans le commerce une racine de réglisse décortiquée ou non,
venant de Smyrne, et du suc de réglisse en gros grains carrés, provenant d’un ghjcrjrrhiza non encore déterminé, qui forme de petites forêts aux environs de cette ville {Dorvault).
Poudre de réglisse. — La poudre de réglisse est souvent l’objet de falsifications auxquelles cette forme se prête davantage.
M. Peltier^ de Doué, en a trouvé, dans le commerce, qui contenait de 12 à 50 p. lOO de poudre de gayac. Pour découvrir cette fraude, on traite la poudre adultérée comparativement à la poudre de réglisse pure, par l’alcool froid à 34“ et par déplacement (fig. 207). Le liquide alcoolique que l’on obtient bleuit ou verdit au contact du chlore et des bypochlorites ; lorsque la poudre de réglisse est pure, la liqueur alcoolique conserve, au contraire, une belle couleur jaune.
M. Wichmann^ pharmacien à Hildesheim, a trouvé dans le commerce de la poudre de réglisse venant de Hollande, sous le nom de flo7-es liquh'itiæ, et qui était falsifiée avec le stü de grain.
\jGstü de grain étant une laquecomposée de carbonate de chaux, d’alumine et de la matière colo rail te de la graine d’Avignon (ou de la gaude, du quercitron, du cartbame, du curcuma, du bois jaune, etc.), on pourrait reconnaître sa présence dans la poudre de réglisse en calcinant et incinérant cette dernière; on aurait un résidu terreux (composé de chaux et d’alumine) que ne laisse jamais la poudre de réglisse pure.
Si le stil de grain est en quantité notable, on reconnaît sa présence aux caractères suivants : 1“ le poids spécifique du mélange est plus grand que celui de la poudre de réglisse pure ; 2“ en l’humidifiant avec l’haleine, il e.xhale une odeur argileuse ; 3“ par le lavage, on sépare seulement la partie la plus grossière du stil de grain, la partie la plus ténue reste avec la poudre de réglisse ; 4“ l’acide chlorhydrique donne lieu à une effervescence, et contient ensuite en dissolution la chaux et l’alumine, qu’on sépare facilement au moyen de l’oxalate d’ammoniaque, puis de l’ammoniaque.
RÉSINES. — Les résines proprement dites, que les fraudeurs emploient fréquemment pour adultérer un grand nombre de produits, sont très-communément répandues dans les végétaux. Elles sont solides, sèches, rudes au toucher; leur saveur variable est souvent due à des matières étrangères. Elles sont trèsinflammables, fondent facilement en donnant un liquide visqueux rude au toucher, caractère qui les fait aisément distinguer des corps gras. Elles sont insolubles dans l’eau, solubles à chaud dans l’alcool : la solution alcoolique mélangée avec l’eau devient laiteuse, et laisse déposer la résine sous forme de
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poudre. La plupart des résines sont solubles dans l’éther, dans les huiles fixes ou volatiles.
Les résines, comme nous allons l’indiquer, sont sujettes à de nombreuses sophistications, tantôt par de la terre, du sable, comme cela a lieu pour le brai sec, tantôt par è! autres résines de qualité et de prix inférieio's.
RÉSINE COPAL. — L’origine de cette résine dont on connaît un grand nombre de variétés, n’est pas encore complètement établie. On l’a attribuée autrefois au Vateria indica (Diptérocarpées) qui croît dans l’Inde. Mais comme le copal de l’Inde y est apporté d’Afrique, Guibourt a cru pouvoir en rapporter l’origine à \' Hxjmenæa verrucosa (Légumineuses). M. John Kirk prétend que le Trachylobium Mossambicense laisse exsuder une variété de copal dur, mais qu’on retrouve également celui-ci à l’état de résine semi-fossile sur la côte orientale d’Afrique, origine qui, d’après M. Wehvitsch, serait la seule probable.
Quoiqu’il en soit, on connaît des copals blancs, jaunes et rouges; les uns durs, les autres demi-durs, et d’autres tendres.
Ils sont en fragments, en larmes, ou en plaques, à surface lisse ou verruqueuse, transparents ou légèrement opaques à l’extérieur, vitreux à l’intérieur, facilement friables ou très-résistants. Mais tous ont un aspect caractéristique, particulier, qui ne permet pas de les confondre avec d’autres matières résineuses, si ce n'est quelquefois avec le succin.
Le copal est sans saveur, légèrement odorant, d’une densité de 1,139 à 1,14S. Sa cassure est conchoïde. Exposé à l’action de la chaleur, il se ramollit et devient élastique, sans pouvoir s’étirer en fils, lorsqu’il provient d’un copal dur. A une température plus élevée, il fond et peut couler en gouttelettes, ce qui le distingue du succin. Distillé à un degré de chaleur plus élevé encore, il donne surtout un hydrocarbure et des vapeurs d’une odeur aromatique, mais sans aucune trace de gaz sulfhydrique pouvant agir sur le papier d’acétate de plomb, ce que produit au contraire le succin en distillation.
Cette résine, qui reçoit quelquefois le nom de résine animé, offre principalement, suivant Guibourt, les variétés dites : animé dure orientale ou copal dur ; animé tendre orientale; animé tendre d' Amérique comprenant : \ambre blanc de Cayenne, V ambre blanc du Brésil, V animé de Carthago, etc. ; les copals d'Afrique (de Sierra Leone, d’Akkrah, du Congo, d’Angola, de Benguela, etc.).
Composition. — Le copal renferme : résine soluble dans l'alcool à 67°, résine soluble dans l'alcool anhydre, résine soluble dans une dissolution de potasse caustique, résine soluble dans l'ammoniaque, résine soluble dans l'éther, huile essentielle .
Usa^^es. — La résine copal sert à la préparation des vernis. On l'a quelquefois employée en médecine dans quelques préparations, et en fumigations contre les maladies des poumons.
FaisiOcatioiis. — La résine copal est souvent remplacée par du faux copal, Ail copal tendre. Ce dernier est généralement sous forme de larmes globuleuses, transparentes, presque incolores, un peu odorantes, friables, se laissant facilement rayer par la pointe d’un couteau.
Soumis à l’action de la chaleur, il devient élastique, mou, et se laisse tirer en fils aussi déliés que la soie. 11 se dissout en partie dans l'alcool ; la portion insoluble prend la consistance et l’aspect du gluten. Il se dissout presque complètement dans l’éther.