‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 371 sur 470 · RÉSINE DE GAYAC · texte numérisé non relu

RÉSINE DE GAYAC

On vend, sous le nom de copal tendre, de la résine de Cow'baril, en morceaux irréguliers, un peu louches, à odeur résineuse, ne se dissolvant qu’en partie dans l’alcool {Pedroni fils).

RESINE ELÉMI. — Cette résine, à laquelle on reconnaît plusieurs origines, comprend deux sortes principales qui sont : 1“ Vélémi du Brésil qui s’extrait de VIdca icicariba (Térébinthacées), et nous arrive en masses plus ou moins volumineuses. Elle est jaunâtre, demi-transparente, molle, odoriférante; sa densité est 1,08. Son odeur est forte, agréable, analogue à celle du fenouil, et due aune huile «o/aif/e incolore, que l’on peut obtenir par la distillation, et qui entre dans la proportion de lü,o dans la composition de la résine; en outre, celle-ci renferme 60 parties d’une résine soluble dans l'alcool, 24 parties d’une résine {éléminé) soluble dans l’alcool bouillant, laquelle s’en sépare sous forme cristalline par le refroidissement ; et enfin une matière extractive amère [Bonastre) ; 2® Vélémi en pains ou masses triangulaires et aplaties, de 500 à 1,000 grammes, enveloppées dans une feuille de palmier. Elle est homogène, d’une transparence marquée, d’une teinte verdâtre uniforme, d’une odeur de fenouil très-prononcée et d’une saveur amère. On l’attribue à VAmyris elemifera. On connaît encore des 7-ésines élémis de l’Inde, du Mexique et de Bengale.

Usagées. — La résine élémi entre dans quelques préparations des arts, mais particulièrement dans les onguents d’Arcéus, de styrax, le baume de Fioraventi, etc.

Falsifications. — On a fabriqué de toutes pièces la résine élémi avec du galipot et une petite quantité à.'lmile d’aspic. Si l’on plonge une tige de fer rougie au feu dans ce mélange, ou qu’on en projette quelques fragments sur des charbons incandescents, il se dégage une odeur de térébenthine, facile à reconnaître.

On a substitué aussi à la résine élémi :

1® Le brai blanc de Manille, résine qui nous arrive de cette île et de la Chine. Elle est molle, facilement fusible, d’une couleur blanc jaunâtre ou tachée de parties noires. Elle a une odeur forte et pénétrante de graine de fenouil, une saveur amère et aromatique. Elle se distingue de la véritable résine élémi, en ce qu’elle se dissout à moitié dans l’alcool chaud à 0,86, et laisse un résidu blanc, léger, spongieux, cristallisable, soluble dans l’éther ;

2® La résine du Pinus austi'alis, dite fausse élémi, qui est entièrement soluble dans l’alcool froid, ce qui n'a pas lieu pour la résine élémi ;

3® La gomme -résine d’olivier, qui en est bien différente : son aspect seul fait déceler la fraude.

RÉSINE DE GAYAC. — On extrait cette résine du Guayacum officinale. Elle se présente sous forme de masses volumineuses, irrégulières, dures, demitransparentes, friables, dont l’extérieur est d’un vert brunâtre, et dont la cassure est brillante. Sa densité varie de 1,203 à 1,228. Sa saveur, d’abord douceâtre, devient amère, et produit dans le gosier un sentiment de chaleur. Son odeur est faible et agréable ; projetée sur des charbons ardents, elle répand des vapeurs aromatiques.

Exposée à l’air sous forme de poudre fine ou même de gros fragments, elle absorbe de l’oxygène et devient verte. Lorsqu’on expose un papier enduit de teinture de gayac aux rayons violets du spectre, il devient vert.

RÉSINE DE GÂYAC.

L’alcool dissout les 9/10 de la résine de gayac : la dissolution est brune ; l’eau la précipite. L’éther dissout moins de résine que l’alcool. L’essence de térébenthine la dissout mieux à chaud qu’à froid ; elle ne se dissout pas dans les huiles grasses. Elle est soluhle dans la potasse et dans l’acide sulfurique concentré : ce dernier le colore en rouge.

La résine pure, obtenue par l’intermède de l’alcool, est d’une couleur brun foncé, et presque opaque ; elle donne, avec l’ammoniaque, une solution trouble de couleur jaunâtre. La résine naturelle n’est qu’incomplétement soluble dans l’ammoniaque.

Elle est remarquable parla coloration verte ou bleue qu’elle prend sous l’inlluence des agents oxydants : ainsi l’acide azotique la rend verte, même en solution alcoolique ; le chlore, l’acide hypoazotique rendent celle-ci bleue. L’addition d’un sel de cuivre ou de nickel, puis d’acide cyanhydrique à cette teinture, y développe une belle coloration bleue.

Composition. — D’après Hndelich, la résine de gayac serait composée de :

Acide gaj'arétique 10,50

• — gayaconique 70,35

— gayacique, matières colorantes et pertes 2,33

Résine 0,76

Gomme .... 3,70

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