RÉSINE DE JALAP
Cette résine falsifiée contenait de l’acide benzoïque et avait une forte odeur de benjoin, surtout si l’on en exposait une petite quantité sur une plaque de fer rougie. Traitée par l’ammoniaque liquide, elle laissa un résidu insoluble qui avait tous les caractères du résidu résineux provenant de la préparation de l’acide benzoïque ; il n’y eut que 16 p. 100 de résine de gayac pure entraînée en dissolution.
RÉSINE DE JALAP. — Cette résine s’extrait de la racine de jalap {Exogonium purga, Convolvulacées). Elle est compacte, d’une couleur jaune grisâtre terne, ou d’un brun rougeâtre (1), friable et fragile comme l’aloès ; d’une odeur faible et caractéristique, qui se fait surtout sentir lorsqu’on l’échauffe ou qu’on la frotte. Elle a une saveur âcre, amère, nauséabonde, et fournit une poudre d’un jaune clair. Insufflée dans l’œil, elle cause une cuisson douloureuse. Elle est très-soluble dans l’alcool, partiellement soluble dans l’éther à 56®, à peine soluble dans l’éther à 65®, le sulfure de carbone, le chloroforme ; insoluble dans l’essence de térébenthine, dans l’ammoniaque, dans la benzine à froid et dans l’eau. Elle se dissout très-bien dans l’acide et dans l’éther acétiques. Elle se dissout à froid dans l’acide nitrique à 32® Baumé, sans dégagement de gaz. A chaud, elle est soluble dans une solution de potasse caustique et se convertit en un acide soluble dans l’eau [Buchner).
Composition. — Elle est composée de deux principes résineux, qui diffèrent par leur solubilité dans l’éther : l’un, insoluble, est la convolvuline ;W\iive.^ soluble dans l’éther, est la jalapine.
Usages. — La résine de jalap est un purgatif énergique ; à la dose de O^^SO àO^^GO, elle produit une vive action sur les intestins. On l’emploie sous forme de pilules (2).
Falsiflcations. - La résine de jalap du commerce est rarement pure ; on la fraude le plus ordinairement avec la colophane, la poix, la résine d'agaric, et surtout avec la résine de gayac. On l’a aussi mélangée à Valoès.
Lorsqu’elle contient de la colophane ou de la poix, elle les cède à l’essence de térébenthine, qui les abandonne ensuite par évaporation.
Plusieurs procédés ont été successivement indiqués pour reconnaître l’adultération par la résine de gayac. D’abord, lorsqu’on l’expose à la flamme, elle déage une odeur aromatique propre à cette résine.
L’émulsion aqueuse faite avec de la résine de jalap pure et de la gomme ara-
que est jaune ; au bout de quelques minutes, elle prend une teinte bleuâtre, lorsque le jalap est falsifié avec la résine de gayac.
On a proposé l’acide nitreux pour la recherche de cette dernière résine. Le procédé par l’acide nitreux consiste à dissoudre une petite quantité de la résine soupçonnée dans de l’alcool, à imbiber de cette liqueur une feuille de papier blanc, qu’on expose ensuite à l’action du gaz nitreux (3) : si l’alcoolé de résine
(I) Il ne faudrait pas considérer comme impure la résine de jalap qui ne présenterait pas ces caractères, puisque celle qu’on trouve généralement dans les pharmacies, quoique très-pure, est ■d’un brun noirâtre et souvent d'une consistance d’extrait demi-dur.
(?) La résine de jalap est un de ces médicaments énergiques que le pharmacien devrait toujours préparer lui-même.
(3) Ce gaz nitreux se produit très-facilement •en versant quelques gouttes d’acide nitrique sur la limaille de fer ou de cuivre placée dans un verre à expériences.