‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 376 sur 470 · SAGOU · texte numérisé non relu

SAGOU

de larmes blanches dans le sagapénum peut indiquer le mélange de gommesrésines étrangères ; de plus, l’odeur et la saveur sont beaucoup plus faibles.

D’autres fois on compose, dans le commerce, une sorte de sagapénum qui n'a que l’apparence du véritable : c’est un mélange d’asa fœtida, de galbanum et de gommes-résines de mauvaise qualité. On peut s’assurer de cette fraude par la cassure des morceaux : le véritable sagapénum est jaunâtre à l’intérieur, tandis que le mélange de matières gommo-résineuses qu’on lui substitue est brun foncé à l’intérieur. La saveur et l’odeur ont également des caractères totalement différents. Quelquefois, pour donner à ce mélange la couleur jaune naturelle du sagapénum à l’intérieur, on mêle au composé une certaine quantité de colophane; elle est facilement reconnaissable, car, lorsqu’on projette quelques fragments de ce mélange sur des charbons ardents, l’odeur particulière de la colophane décèle la fraude ; l’odeur d’ail, au contraire, est une preuve de la bonne qualité du produit.

Le bdellium est quelquefois substitué au sagapénum, mais il est très-facile de l’en distinguer, car le bdellium se réduit en poudre lorsqu'on le mâche, de plus il ne colore pas la salive ; le sagapénum, au contraire, se dissout dans la salive et la colore en blanc. Lorsqu’on brûle du bdellium, il répand une odeur balsamique très-agréable, tandis que la principale odeur du sagapénum est celle de l’ail. Le bdellium est moins soluble dans l’eau que le sagapénum ; celui-ci, étant trituré dans l’eau, fournit une dissolution jaune, bien différente de celle du bdellium.

SAGOU. — Le sagou est une fécule qui se présente sous la forme de grains arrondis ; elle est préparée aux îles Moluques, aux Philippines, à la Nouvelle- Guinée, etc., avec la moelle de différentes espèces de Palmiers {Sagus farinifera et genuina ; Areca oleracea ; Phœnix farinifera) et de deux Cycadées, les Cycas circinalis et revoluta.

11 est sous la forme de sphéroïdes plus ou moins gros, plus ou moins réguliers, blanchâtres, roses ou brunâtres, très-durs, élastiques, demi-transparents, difficiles à écraser sous la dent ou à pulvériser, sans odeur, d’une saveur fade et douceâtre.

Le sagou est insoluble dans l’eau froide (1) : il se ramollit et se gonfle dans l’eau bouillante où il devient transparent sans perdre sa forme.

Dans le commerce, on connaît deux sortes de sagou : le sagou rouge et le sagou blanc. Le premier, qui est le plus estimé, ne doit cette teinte rougeâtre qu’à un commencement de torréfaction qu’on lui a fait subir.

Guibourt distingue trois variétés de sagou : le sagou ancien, le sagou des Moluques et le sagou tapioka. Les deux premiers n’ont pas éprouvé l’action du feu ; ils ne cèdent rien à l’eau froide, seulement ils s’y gonflent beaucoup. Le sagou ancien résiste à l’action de l’eau bouillante et laisse de nombreux téguments ; celui des Moluques est moins résistant. Le sagou tapioka est formé de petites masses tuberculeuses irrégulières; il a subi l’action du feu, aussi donne- t-il avec l’eau froide une liqueur qui se colore fortement par l’iode.

(1) L’eau dans laquelle le sagou a séjourné prend une très-belle couleur bleue par l'iode, ce qui semblerait démontrer que, lors de la fabrication du sagou, une partie de cette fécule s’est convertie en une modification soluble.

Chevallier et Baudrimont, 6* édit.

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