‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 377 sur 470 · SALEP · texte numérisé non relu

SALEP

Usages. — Le sagou est employé dans les usages alimentaires.

Falsifications. — On a quelquefois imité le sagou en se servant de fécule de

pomme de terre, et, suivant quelques auteurs, de farine de légumineuses; mais le produit ainsi fabriqué est beaucoup moins dur et se brise avec facilité ; mis en contact avec l’eau bouillante, il se réduit facilement en bouillie, ce que ne fait pas le vrai sagou.

Guibourt dit qu’il a vu du sagou fabriqué avec de la pomme de terre, mais qu’il était facile de le reconnaître à la saveur caractéristique de ce tubercule.

On peut 'ajouter que l’examen au microscope permettrait de distinguer facilement le sagou de la fécule, car il est en grains elliptiques, souvent rétrécis en

Fig. 209. — Sagou -vu au microscope. — Grossissement de

110 diamètres. forme de col a une de leurs ex-

trémités. De plus, ces granules paraissent souvent coupés par un plan perpendiculaire à l’axe ou par deux ou trois plans inclinés entre eux (flg. 209). Enfin, à la place d’un hile déchiré, les granules du sagou portent souvent une espèce d’ostiole circulaire.

SAINDOUX. — V. Axonge.

SALEP. — Le salep est le bulbe ou tubercule mondé et desséché de plusieurs espèces ^Orchis, et notamment des Orchis mascula, morio, bifolia et latifolia (Orchidées).

Ce hulbe, qui est apporté à l’état sec de la Turquie, de l’Anatolie et de la Perse (1), nous arrive en amandes arrondies, ovoïdes ou palmées, extrêmement dures, quelquefois enfilées et sous forme de chapelets ; leur couleur est le gris jaunâtre ; leur cassure est cornée et semi-transparente ; le salep exhale une légère odeur particulière ; sa saveur mucilagineuse, un peu salée, rappelle celle de la gomme adragante (2).

Compoaition. — L’analyse du salep indigène a été publiée par Mathieu de Dombasle; il contient : huile très-odorante, gomme mucilagineuse, en grande quantité ; ligneux 3 ou 4 p. 100; carbonate de potasse et chlorure de potassium. Il faut y ajouter \e phosphate de chaux et de véritables grains amylacés.

Dragendorff y a signalé un mucilage qui ne donne pas d’acide mucique par

(1) Le salep pourrait être recueilli et préparé en France : Geoffroy, le premier, l’a démontré; et M. Auberyier, de Clermont-Ferrand, a préparé avec les orchis d’Auvergne du salep qui ne le cédait en rien à celui que nous recevons de l’étranger.

(2) Il existe un salep dit royal qui nous vient quelquefois des Indes et dont la grosseur est considérable; chaque bulbe peut peser de 15 à 47 grammes {Hanbury).

SALiIClNE,

l’acide nitrique ; une substance amylacée que bleuit l'iode ; du sucre, de l'albumine des traces à' huile volatile, de Xoxalate et du phosphate de chaux, du chlorure de potassium .

Usagres. — Le salep est employé comme médicament ; il entre dans la fabri, cation de bouillons et de chocolats analeptiques; le plus ordinairement il est employé comme aliment. On s’en sert comme mucilagineux dans la diarrhée, la dyssenterie, les toux sèches et inflamm;itoires.

Falsifications. — Le salep en bulbes n’est point falsifié, mais le salep réduit en poudre a été additionné de fécule cuite et sèche.

A l’aide de l’eau iodée, on constate la pureté du salep. En effet, ce bulbe est composé d’une matière gommeuse analogue à la bassorine ; il ne renferme que peu d’ami, don, tandis que le salep fraudé contient une grande quantité de fécule. Il est donc facile de reconnaître, en agissant avec de l’eau iodée et d’une manière comparative, si le salep en poudre est pur ou non.

L’examen au microscope permettra encore de distinguer l’amidon de salep des grains de fécule de pomme de terre: le premier ne porte pas de hile à plusieurs branches ; de plus, ses granules ne forment pas de couches concentriques ; enfin, les gros granules du salep sont accompagnés de grains arrondis très-petits et très-nombreux à côté desquels on voit des aiguilles d’oxalate de chaux (flg. 210) .

M. Brande, d’Hœxter (Prusse), a indiqué le moyen suivant pour reconnaître si des substances étrangères ont été mêlées au salep :

On prend : Salep en poudre 0‘%24

Magnésie calcinée 0,12

Eau 150 grammes.

On fait chauffer : le produit, s’il est formé de salep pur, acquiert par le refroidissement une très-grande dureté, ce qui n’arrive pas quand le salep est allongé à.' albumine, de gomme arabique, de gomme adragante, d'amidon, de colle de poisson, de mucilage de coings, de fécule.

On peut encore, par l’examen microscopique, reconnaître la falsification du salep par la fécule ou l’amidon.

SALICINE : C26H1*01*. — La salicine est un principe immédiat, cristallisable, découvert par Zerowæ dans l’écorce de diverses espèces de saules et de peupliers. Elle se présente sous forme de petites lames rectangulaires, dont les bords pa-

SALSEPAREILLE

raissent taillés en biseau ; si la cristallisation s’est faite rapidement, les cristaux sont plus petits, et leur aspect est nacré. La salicine a une saveur très-amère, qui a quelque chose d’aromatique. Elle est inodore, fusible un peu au-dessus de 100"; par le refroidissement elle se prend en une masse cristallisée; elle est très-soluble dans l’eau bouillante, dans l’alcool, insoluble dans l’éther et dans les huiles volatiles; sa solution aqueuse est lévogyre. Elle ne précipite ni par le tannin, ni par les acétates de plomb. L’acide sulfurique concentré et froid donne avec elle une liqueur rouge-groseille qui laisse déposer, lorsqu’on l’étend d’eau, un sédiment rouge ; elle s’est alors dédoublée en salirétine et en glucose.

Usages. — La salicine, qui a été vantée comme un fébrifuge susceptible de remplacer le sulfate de quinine, a beaucoup perdu de sa réputation ; aussi maintenant est-elle peu usitée comme médicament. On n’en fabrique pas moins une assez grande quantité, qui sert à frauder le sulfate de quinine.

Falsifications. — La salicine elle-même a été quelquefois allongée de sulfate de chaux obtenu en cristaux neigeux.

Si on voulait s’assurer de la pureté de la salicine, il faudrait la traiter par l’alcool bouillant, qui dissout la salicine et laisse le sulfate de chaux indissous. Le sulfate, isolé de la salicine, traité par l’eau distillée bouillante, fournit un liquide qui donne, avec le chlorure de baryum et avec l’oxalate d’ammoniaque, des précipités blancs de sulfate de baryte et d’oxalate de chaux. En le chauffant avec l’eau distillée aiguisée d’acide chlorhydrique, on obtient une solution qui laisse déposer, par le refroidissement, le sulfate de chaux cristallisé. Lorsque la solution est trop étendue, la précipitation n’a lieu qu’après la concentration de la liqueur.

SALPÊTRE. — V. Nitrate de potasse.

SALSEPAREILLE. — La Salsepareille est une racine qui provient de quelques espèces dp genre Smüax (Asparaginées), principalement des Sm. medica,

et

offîcmalis et syphilitica, végétaux sarmenteux qui croissent dans toutes les contrées chaudes de l’Amérique (Mexique, Pérou, Brésil, Colombie, etc.). Elle est composée de radicelles très-lorigues, flexibles, sans nœuds et d’un diamètre égal dans toute leur étendue; elles sont très-faciles à fendre dans le sens de leur longueur, mais très-difficiles à rompre transversalement. Ces radicelles

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sont souvent attachées à leur souche plus ou moins volumineuse, et portent des débris de tiges munies d’aiguillons.

\'uriétés coininercîaieii . — On connaît plusieurs varietes commerciales de salsepareille qu’il est difficile de rapporter exactement aux espèces botaniques

Fig. il3. — Salsepareille du Brésil. Fig. 214. — Salsepareille de Honduras.

qui les fournissent, malgré les travaux de MM. O. Derij, Cauvet et Ad. Carpentier {{). On les distingue les unes des autres, d'abord par leurs caractères extérieurs, ensuite par la figure de leur coupe transversale (voir ci-contre), et enfin par leur examen au microscope; ce sont : la é». de la Vera-Cruz (fig. 211), improprement nommée S. de Honduras ;\a. S. rouge, dite de la Jamaïque, la S. Caraque (fig. 2!2), la S. du Brésil (fig. 213), la S. de Guatemala ou de Hondm-as (fig. 214), la *S. du Pérou et la S. ligneuse.

Composition. — Divers chimistes se sont occupés de la recherche du principe actif de la salsepareille. Palotta, le premier, a extrait de cette racine une matière blanche, astringente, à laquelle il a donné le nom de parlgline. Folchi, ayant décoloré un macéré de salsepareille par le charbon animal, obtint par l’évaporation de la liqueur une substance cristalline, à laquelle il donna le nom de smilacine. Batka la prit pour un acide et l’appela acide parillinique ; enfin, T hubœuf ohWnl du traitement alcoolique de cette plante un produit cristallisé, qu’il désigna sous le nom de salseparine.

M. Poggiale démontra ultérieurement par diverses expériences et par celles de Thubœuf, que la parigline, la smilacine et la salseparine constituaient une seule et même substance.

Trois analyses de la salsepareille ont été publiées ; en voici les résultats peu concordants :

Première analyse. — Matière cristalline, matière colorante cristalline, huile essentielle, gomme, bassorine, amidon, albumine, matière extractif orme, gluten et glaïadine, tissu cellulaire et fibreux, acide pectique, acide acétique; chlorw'es de calcium, de potassium, de magnésium ; carbonate de chaux, oxyde de fer et alumine {Batka).

Deuxième analyse. — Substance cristalline, salseparine, matière colorante, matière résineuse, hgneux, amidon, chlorure de potassium, nitrate de potasse ; huile épaisse, fixe et aromatique ; substance cireuse {Thubœuf).

(i) Carpentier, Étude des Racines de Salsepareilte du commerce. Thèse. École de pharmacie,

SALSEPAREILLE

Troisième analyse. — Résine âcre et amere, 2,8; extrait gommeux, 5,5; amidon, 54,2; fibre ligneuse, 27,8; perte, 9,7 [Canobio).

Usagres. — La salsepareille est très-usitée en médecine; elle s’emploie en extrait, en tisanes, en sirop, en vin; elle fait la base de la plupart des sirops et des robs dits dépuratifs.

Fausses salsepareilles. — On a souvent substitué à la salsepareille des racines qui ne lui ressemblent que de loin et qui n’en possèdent pas les propriétés médicamenteuses : elles ont reçu le nom de fausses salsepareilles. Les plus connues sont :

t® La fausse salsepareille fournie par V Agave Cubensis de Jacquin , dont l’écorce est foliacée, et dont l’intérieur est composé de fibres distinctes, qu'il suffit de séparer pour obtenir une filasse très-forte et très-bonne à faire des cordages ;

2® La fausse salsepareille produite par le Carex arenaria, ou salsepareille d' Allemagne, et qui est fournie par des rhizomes de la grosseur du chiendent ; ceux-ci, nerveux et noueux comme le chiendent, sont couverts de fibres déliées, qui sont les débris des écailles foliacées partant de chaque nœud; ils sont rougeâtres en dehors, blanchâtres en dedans ; .

3“ La fausse salsepareille connue sous le nom de salsepareille grise d'Allemagne. Elle ne se fend pas longitudinalement avec facilité ; lorsqu’elle est fendue, si on essaye de la rompre en agissant de façon à ce que la partie corticale soit en dehors, elle casse net, ce que ne fait pas la vraie salsepareille. Cette racine en masse offre une odeur peu marquée de vieux spica-nard ; quelquefois elle est insipide, mais d’autres fois elle a une saveur un peu aromatique et comme camphrée ;

4° La salsepareille dite salsepareille grise de Virginie, fournie par YAralia nudicaulis. C’est une tige rampante, qui peut se distinguer de la salsepareille en ce qu’au-dessous de son épiderme, qui est d’un gris blanchâtre, se trouve une partie corticale jaunâtre, spongieuse, molle, quelquefois gluante et comme gorgée d’un suc mielleux; l’intérieur présente un corps ligneux, blanchâtre, cylindrique, pourvu au centre d’un canal médullaire qui n’existe pas dans la salsepareille, dont le cœur est plein et ligneux. h'Aralia nudicaulis a une odeur fade, peu marquée, et une saveur légèrement sucrée et aromatique ; son odeur se rapproche de celle de la racine de persil;

6“ La fausse salsepai-eille de l'Inde (le «mmarf des Anglais), vendue sous le nom Impropre de Smilax aspera, est une racine qui a de0™,32 à 0“,50 de longueur ; sa grosseur varie de celle d’une plume à celle du petit doigt; elle est tortueuse et souvent fléchie en divers endroits. Son écorce est épaisse, fréquemment marquée] de fissures transversales, se séparant par places du méditullium ligneux qui est formé de fibres rayonnées et contournées ; il se rompt lorsqu’on le ploie, et présente alors une cassure qui, vue à la loupe, offre une infinité de tubes poreux ; son épiderme est d’un rouge obscur, l’intérieur de l’écorce est grisâtre* La saveur de cette racine est à peine sensible, mais elle exhale un parfum trèsagréable de fève Tonka ; la racine en masse répand la môme odeur. Elle doit être rapportée au Periploca indica ou Hemidesmus indiens (Apocynées).

Faisific.ations. — La racine de, salsepareille doit être achetée entière par le pharmacien ; il ne doit point recevoir des salsepareilles coupées, car il est alors plus difficile d’en constater les fraudes. On a falsifié la salsepareille coupée, par

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