SANG-DRAGON
la racine d’a?Tê/e-ia?M/’(Owoms spnosa) (1), très-facile, par exception, àdistinguer de la salsepareille.
Suivant quelques auteurs anglais, la racine de salsepareille est mêlée avec les racines de V Asparagus officmalis, avec les jeunes pousses de houblon. Nous ne pensons pas qu’on puisse être trompé par des fraudes aussi grossières.
La salsepareille ne doit pas être achetée en bottes sans un examen préalable ; nous avons vu de ces bottes qui au dehors étaient parées avec la salsepareille de la meilleure qualité, tandis que l’intérieur était rempli de souches, et souvent de produits tout à fait étrangers à la salsepareille. De plus, elles étaient chargées de terre.
On a quelquefois vendu de la salsepareille épuisée; sa couleur est uniforme, l’épiderme souvent détaché ; la couleur extérieure est brunâtre. Si on la mâche, elle est complètement insipide.
SANG-DBAGON. — Résine extraite des fruits d’un palmier du genre des Rotangs, le Calamus draco, On l’a également attribuée autrefois au Bj'acæna draco (Asparaginées), ainsi qu’au Ptet'ocatpus rfraco (Légumineuses). Mais les produits de ces végétaux, s’ils existent, n’arrivent pas dans le commerce. On connaît quatre variétés de sang-dragon :
1® Le sang-dragon en baguettes ou en gros roseaux est en bâtons longs de 0”,34 à 0™,35, épais comme le doigt, entourés de feuilles de licuala, qui sont fixées autour d’eux au moyen d’une lanière très-mince de tige de rotang. 11 est d’un rouge-brun foncé, opaque, fragile, friable, insipide et inodore; sa poudre est d’un rouge de vermillon ; •
2® Le sang-dragon en olives ou globules de 0“’,02 à 0“,04 d’épaisseur : il est enveloppé d’une feuille de palmier et disposé en chapelet ; toujours inodore, d’un rouge-brun foncé ; poudre rouge-vermillon ;
3® Le sang-d?'agon en masses est en pains d’un poids assez considérable, d'un rouge vif, contenant une assez grande quantité de débris végétaux ;
4® Le sang-dragon en galettes est en pains orbiculaires et plats, d’un rouge assez vif. R est exempt de débris de parenchyme, mais il contient une certaine proportion de matière grasse à laquelle il doit sa demi-transparence. Malgré sa pureté apparente, il est inférieur au précédent.
Le sang-dragon a une saveur légèrement astringente ; il est friable, à cassure nette, présentant des points luisants ; il croque sous la dent ; il se dissout presque complètement dans l’alcool, est insoluble dans l’eau, soluble dans l'éther, les huiles grasses et volatiles; ces dissolutions sont rouges. Placé sur des charbons ardents, il brûle en dégageant une fumée âcre, aromatique (2). Sa densité est 1,196.
Composition. — D’après M. Herberger, le sang-dragon est composé de : résine rouge ou draconine, 90,7 ; huile grasse, 2 ; acide benzoïque, 2 ; oxalate de chaux, 1,6; phosphate de chaux, 3,7.
Csases. — Le sang-dragon s’emploie dans la fabrication des vernis rouges.
Faisitications. — Dans le commerce, on vend quelquefois, pour du sang-
(1) Voÿez pafee 130.
(2) Suivant M. Guichard, le vrai sang-dragon dégagerait des vapeürs roügèàtres sous l’influence de la chaleur, ce que ne font pas les faux sang-dragon.