ACONIT
L'iiai^es. — Comme l’acide phénique dont il partage les propriétés chimiques et médicales, il est employé surtout pour ses propriétés antifermentescibles. 11 entre dans la composition de solutions, potions, pommades, etc.
Altérations. — Cet acide, étant plus souvent liquide que sous forme solide, peut être mélangé de thymène par suite d’une purification incomplète. Dans ces conditions, il est plus odorant, et sa solution alcoolique que l’eau ne trouble pas abandonne, s’il est pur, au contact d’une suffisante quantité de ce liquide, tout le thymène qu’il renferme : celui-ci apparaît alors sous forme de gouttelettes huileuses. On arrive au môme résultat lorsqu’on agite dans un tube à essai dix gouttes d’acide thymique avec 3" d’une solution de potasse au 10“ : la liqueur reste limpide lorsque l’acide est pur ; dans le cas contraire, elle abandonne par le repos, des gouttelettes de thymène.
11 est important, lorsqu’on le reçoit à l’état liquide, d’en soumettre une petite portion à l’action d’une température de lOO", dans un vase distillatoire, pour voir s’il s’en échappe de l'eau ou de l’alcool.
ACIDE VALÉRIANIQUE : = C*0H9O3,HO. — On connaît quatre
acides valérianiques isomériques. {Erlenmeyer et Hell.) L’acide officinal^ nommé encore acide colérique^ est celui qu’on extrait de la racine de valériane. C’est un liquide incolore, un peu oléagineux, d’une odeur forte devalériane et de vieux fromage, d’une saveur âcre et piquante. Sa densité est égale à 0,9oo. 11 bout à 17o“. L’acide valérianique artificiel bout à 178®. Densité = 0,947. 11 faut 30 fois son poids d’eau à 20® pour le dissoudre ; il est au contraire très-soluble dans l’alcool et dans l’éther. Ses sels sont tous solubles. Le valérianate de baryte est cristallisable. (Celui qui provient de l’acide valérianique artificiel est au contraire incristallisable.)
Usagées. — Il est employé à la préparation des valérianates.
Altérations et falsifications. — 11 peut être mélangé à de Veau, à de Valcooé nrdinaire, à de \ alcool amylique, à du valérol ou aldéhyde valérique, et, dit-on, â de V acide butyrique ; il peut encore être remplacé par V acide valérianique artificiel. L’eau et l’alcool peuvent en être chassés par la distillation. En le saturant par du carbonate de soude, qui fournit un sel soluble dans l’eau, on le sépare de l’alcool amylique ou huile de pommes de terre, de l’aldéhyde et de l’éther amyliques qu’il peut renfermer, lesquels, n'étant pas solubles dans Teau, surnagent la liqueur. S’il contient de l’acide butyrique, en le faisant bouillir avec de l’acide sulfurique et de 4’alcool, il s’en dégagera une odeur d’ananas. Enfin, il donnera avec la baryte un sel incristallisable s’il est formé d’acide valérianique artificiel {Er. B.)
ACONIT. — L’aconit, Aconitum napellus, de la famille des Renonculacées, est une plante vivace qui croît dans les Alpes, les Pyrénées, etc., et que l’on cultive quelquefois dans les jardins. Son nom spécifique lui a été donné à cause de la forme de sa racine qui est celle d’un petit navet : d’où napellus., diminutif de napus (1).
Usagées. — Les racines, et plus souvent encore les feuilles de l’aconit napel.
(1) Ch. Patrouillard. Tlièse sur Yaconit et l'aconitine. École de pharmacie, 187?.
ACOBE VRAI.
sont employées en médecine contre les affections nerveuses et rhumatismales.
Falsifications. — Dans le commerce, on substitue quelquefois aux feuilles de VAconitum napellus celles de V Aconitum lycoctonv.m, ou celles du Delphinium elatum; il est important de les pouvoir distinguer:
L'aconit napel offre une tige haute de 70 à 95 centimètres environ, qui est droite et terminée par un long épi de fleurs d’un bleu violet, ayant la forme d’un capuchon ; elle porte des feuillet luisantes, pétiolées, partagées en cinq ou sept lobes très-profonds et incisés ;
~L' Aconitum bjcoctonum, appelé aussi aconit tue-loup, a les feuilles palmées et légèrement velues, à trois ou cinq lobes incisés et dentés, d’un vert sombre et noirâtre; les fleurs sont d’un jaune pâle.
Les feuilles du Delphinium elatum, moins profondément découpées que celles de l’aconit, sont plutôt palmées que digitées.
La racine de VAconitum napellus est napiforme, longue de 12 centimètres en moyenne, garnie d’un grand nombre de radicelles hérissées à leur extrémité d’un chevelu fauve foncé. A la base de la racine, on observe une cicatrice semi-circulaire indiquant l’insertion de la tige, portant les vestiges des écailles qui entouraient le collet (1).
11 ne faut pas confondre la racine de Vaconit napel avec celle de Vaconil fà'oce (Ac. ferox) ou Bish [Bikh] de l’Inde. Cette dernière se présente en tubercules napiformes ou coniques, allongés, le plus souvent isolés, rarement réunis au nombre de deux ou trois par leur base. A la surface, on remarque des sillons bordés de crêtes anguleuses, puis, çà et là, les cicatrices des radicules. La couleur de la racine est d’un jaune clair uniforme ; la cassure en est terne et irrégulière. Elle est riche en aconitine. (Voir Jalap.)
Composition. — La racine d’aconit contient de Vaconitate d‘ aconitine, de l’amidon, une matière albuminoïde, de la chlorophylle (?), des matières grasses et résineuses, de l’acétate, du malate et de Taconitate de chaux, de la mannite, du sucre de canne, un sucre réducteur et du tannin. [Ch. Patrouillard.)
Falsifications. — La racine d’aconit est quelquefois mêlée de 7'acine d'ellébore ; un examen attentif des caractères différentiels de ces deux racines suffit pour faire reconnaître le mélange. (Voir Ellébore.)
ACORE VRAI. — L’acore vrai ou acore odorant [Acorus calamus, Aroïdées) était souvent confondu dans les livres et dans les pharmacies avec le Calamus aromaticus (Gentianées), qui en diffère complètement et dont on ne connaît pas encore bien l’origine.
L’acore vrai est une plante vivace qui produit des feuilles longues, étroites, à peu près semblables à celles de l’iris ; ses fleurs sont disposées en un chaton cylindrique ; ses fruits ressemblent à celui du poivre long ; il croît en Normandie, en Bretagne, en Allemagne, en Sibérie et au Japon.
Sa racine est grosse comme le doigt, noueuse, genouillée, d’une saveur âcre et amère, d’une odeur aromatique agréable; elle est roussâtre à l’extérieur, blanche et quelquefois rosée et spongieuse à l’intérieur.
(1) Plusieurs auUes espèces d'aconit fournissent aussi leurs racines au commerce : ce sont principalement, paraît-il, les Ac. storkeanuni, variegatum, cammarum et panicidatum; mais elles ne diffèrent pas sensiblement de celle de l'aconit napel. {Ch. Patrouillard).