‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 40 sur 470 · AGARIC · texte numérisé non relu

AGARIC

Composition. — Tromrnsdorff a extrait autrefois de cette racine une huile volatile très-aromatique, de Vinuline, une matière grasse extractive, de la gomme, une résine, du ligneux, etc.

Usagées. — L’acore vrai est employé comme stomachique, antihystérique, etc. ; il entre dans un grand nombre de préparations pharmaceutiques.

Falsification. — On substitue quelquefois à l’acore vrai le rhizome du faux acore ou ms des marais {Ms pseudo-acorus), qui croît en abondance dans les terrains recouverts d’eau. C’est une souche assez forte, annelée, articulée, chevelue,rougeâtre à l’intérieur et sans odeur. On emploie l’acore faux comme purgatif ; on en fait usage dans l’hydropisie, dans les pertes et les crachements de sang.

AGARIC. — Les deux espèces d’agaric que l’on rencontre dans le commerce sont Yagay'ic blanc ou agaric du mélèze {Polyporus laricis), et Vagaric du chêne ou amadouvier {Polyporus igniarius).

Agaric blanc. — C’est une plante cryptogame de la classe des champignons, qui croît sur le tronc du mélèze, dans le Dauphiné, la Carinthie et la Circassie. Il a une forme allongée, variable. Il est blanc, léger, poreux, lorsqu’il est dépouillé de sa pellicule extérieure. Il a une saveur douceâtre, qui devient amère et âcre : le bon agaric doit être doux et flexible. L’agaric de l’Orient, celui de la Carinthie, sont préférés à celui du Dauphiné et des Alpes françaises. L’agaric blanc est un purgatif drastique.

L’agaric blanc forme trois sortes commerciales :

agaric en sortes, vendu tel qu’il a été recueilli sur l’arbre;

li agaric mondé, c’est-à-dire privé entièrement de son écorce ligneuse : c’est la variété la plus recherchée et la plus chère ;

Vagaric demi-mondé, ou privé d’une partie de son écorce ligneuse.

Composition. — L’agaric blanc est composé de fungine (mélange de cellulose et d’albumine végétale), à.’ extrait amer, et de 72 p. ICO d’une j'csAie particulière associée à de V acide agaricique [Br aconnot- Fleury).

Falsifications. — L’agaric blanc en poudre a été mêlé de carbonate de chaux ; il fait, dans ce cas, effervescence avec les acides ; 100 parties d’agaric pur nous ont donné 3 p. 100 de cendres ; celui qui était mêlé de carbonate de chaux donnait 8 p. 100 de résidu après l’incinération.

Agaric du chêne. — C’est une excroissance fongueuse qui se développe sur les vieux chênes, les noyers, les hêtres, etc. 11 a la forme d’un sabot de cheval ; il est épais, fibreux, d’une couleur roussâtre.

On fait subir à ce champignon quelques préparations (coupage en iliaques, et battage, pour rompre les fibres ligneuses), soit pour le rendre propre à arrêter les hémorrhagies des petits vaisseaux et pour d’autres usages chirurgicaux, soit pour le convertir en un produit nommé amadou, qui sert à donner du feu à l’aide d’un briquet. Pour ce dernier usage, l’amadou est trempé dans une solution concentrée de nitrate de potasse, ou quelquefois de poudre à canon, de chlorate de potasse, de nitrate de plomb, afin de le rendre plus combustible. Préparé ainsi, son emploi chirurgical peut présenter des inconvénients.

Les deux espèces d’agaric pourraient facilement se distinguer par l’effet qu’ils ' pi'oduisent lorsqu’on les projette sur des charbons ardents : l’agaric des chirurgiens brûle tranquillement à la manière des substances végétales, tandis que l’amadou produit des scintillations et fait entendre un petit bruit. Ce dernier

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