Varangéville
D’après les chiffres contenus dans ce tableau, on peut remarquer que les sels gemmes contiennent beaucoup moins de sels magnésiens que les sqls marins ; celui de Cette, parmi ces derniers, en est exempt.
Usagée». — Les applications du sel sont très-nombreuses (I). On en fait d’abord une grande consommation, comme condiment, dans la préparation de nos aliments, En agriculture, on l’emploie à la nourriture des bestiaux (2), au chaulage
(1) L’exploitation du sel, dans 27 départements en France, comprend 76 marais salants, 12 sources salées, 2 1 laveries de sables salés et 2 mines de sel gemme.
En France, la consommation moyenne du sel est répartie de la manière suivante :
Pour l’alimentation 216 millions de kilog.
— la fabrication de la soude 65 —
— diverses industries 20 ’ —
— l’agriculture 25 —
— pèche et salaisons sur mer 65 à 80 —
Total 38là:iy6 —
Exportation 40 à 80 —
Les sels de l’Ouest entrent pour 40 p. 100 dans la consommation; les sels du Midi, pour 30 p. 100; les sels de l’Est et de Bayonne, pour 30 p. 100.
A Paris, la consommation annuelle des sels gris et blancs dépasse, en moyenne, 5 millions de kilogrammes. Elle est évaluée, pour toute la France, à 7 kilogrammes par habitant.
La ville de Paris et sa banlieue emploient à elles seules plus d'u?i trentième de ce qui se dépense en France.
(I) On n’emploie guère que le sel gemme pour cet usage; des morceaux de 10 à 30 kilogrammes sont placés dans les étables, où chaque animal, guidé par son instinct, en dissout avec sa langue les quantités qui lui sont nécessaires.
SEL COMMUN
des grains et à l’amendement de certaines terres (1) ; il est administré aux bestiaux contre les influences qui occasionnent quelques maladies, notamment la cachexie aqueuse. 11 est utilisé comme antiseptique ; on l’emploie à faire les salaisons de viandes, de poissons, de peaux et intestins, de comestibles, et à préparer les feuilles de tabac. 11 sert à la fabrication du sulfate de soude, de l’acide chlorhydrique, du chlore, des soudes, des savons durs, du sel ammoniac, des hypochlorites, des chlorures de mercure, des luts souples à la température du rouge sombre. On l’applique au vernissage des poteries de grès ; pour le traitement des mines argentifères, au Pérou ; il entre dans la composition des mélanges réfrigérants des glaciers. Dans les laboratoires de chimie, il est usité comme réactif. Enfin, le sel marin entre dans la composition d’un grand nombre d’eaux minérales artificielles. On l’emploie en pédiluves, comme légèrement rubéfiant.
.lltérations. — Le sel marin est souvent accompagné de sels magnésiens (chlorure, sulfate), résultant d’une purification incomplète de ce produit. Sa dissolution aqueuse précipite alors plus ou moins abondamment par le carbonate de soude et par le phosphate d’ammoniaque. Le cuivre^ \q plomb, le fer et Vai'senic ont été i*encontrés dans les sels provenant de certaines raffineries. Cette altération accidentelle est très-importante à constater : de déploralbes événements en ont quelquefois été la suite (2) ; en effet, on a trouvé dans certains sels, jusqu’à 0,001 di'acide arsénieux. Pour s’assurer de sa présence, on convertit en sulfate de soude le sel à essayer, en opérant dans un appareil distillatoire, et on introduit dans un appareil de Marsh fonctionnant à blanc la liqueur distillée, parce qu’elle contient tout l’arsenic à l’état de chlorure ; ou bien, ce qui est préférable, on traite ce liquide par l’hydrogène sulfuré, et on soumet aux réactions ordinaires le sulfure obtenu.
Quant au cuivre, au plomb et au fer, ils proviennent des ustensiles, chaudières et appareils servant à l’extraction ou au raffinage du sel. Sa solution aqueuse prend alors une coloration bleue par l’ammoniaque s’il y a du cuivre, et donne, en outre, un précipité floconneux rougeâtre s’^il y a du fer. Le plomb est décelé par l’hydrogène sulfuré, par l’iodure de potassium.
Falsifications. — Le sel marin a été l’objet de fraudes nombreuses qui, malgré toutes les mesures prises par l’autorité municipale, ont été difficilement réprimées.
C’est surtout à Paris que la fraude s’exerçait sur la plus vaste échelle (3).
On falsifie le sel avec \& sulfate de chaux, ou plâtre cru en poudre; avec les sels de varech, qui renferment des iodures et des brômures (4) ; avec la teixe, V argile (5), le
(1) Voyez Fr. Fraisse. Emplois agricoles du sel marin. Nancy, 187-3.
(2) En 1827, des symptômes d’empoisonnement qui atteignirent plus de quatre cents personnes dans le département de la Marne, lurent déterminés par 1a présence de \ arsenic dans le sel de cuisine. Celui-ci provenait d’une raffinerie de sels de varech, où l’on préparait en même temps des sels arsenicaux.
(3) Vers 1841, on reconnut que les sels de cuisine vendus à Paris étaient falsifiés. Ces sels étaient mêlés avec du plâtre cru et avec des sels de varech ; les sels blancs étaient fraudés avec ces mêmes sels de varech raffinés. Sur 3033 échantillons prélevés dans Paris, 309 (plus de i/lO) furent reconnus falsifiés; 84 échantillons de sel gris l’étaient avec du plâtre ou des sels de varech; et 225 échantillons de sel blanc, par des sels de varech raffinés. Il y en avait aussi qui contenaient des traces de cuivre (à. Ch.).
(4) On a trouvé, par exemple, du brômure de magnésium dans un sel vendu à Bruxelles, et qui provenait du marché de Liverpool.
(5) Nous avons trouvé près de 12 p. 100 A'argile blanche dans un sel pris à Marseille.
SEL COMMUN
grès enpoud?'e ou le sablon, Valim, le sulfate de soude (I), le chlorure de potassium, avec les sels blancs résultant de l'extraction du salpêh'e (2) ; avec les sels provenant des salaisons, nommés se/s c?e/no?’«e; enfin, il y a des sels qui sont par trop riches en eau (S).
La falsification du sel par le plâtre ci'u, ou sulfate de chaux, est de beaucoup la plus fréquente, ainsi que le démontrent les condamnations auxquelles ce mélange a donné lieu (4).
Les sels mêlés de plâtre cru, traités par quatre parties d’eau, fournissent une solution saline, et laissent en résidu le plâtre, qui peut être recueilli sur un filtre, lavé, séché et pesé.
Un autre procédé de recherche consiste à laver rapidement le mélange sur un tamis de crin; le plâtre pulvérulent, entraîné par l’eau, passe à travers les mailles de celui-ci; on le laisse déposer, on décante quand le liquide s’est éclairci ; puis le plâtre est lavé, séché et pesé.
Pour arriver à un résultat plus exact, Lassaigne a proposé l’emploi d’une solution saturée de sulfate de chaux, à la température de 20“ (5). On met dans un bocal l’échantillon du sel à examiner, avec sept ou huit fois son poids de solution saturée : tout le plâtre cru qui peut se trouver mêlé au sel se précipite sous la forme d’une poudre grisâtre ou jaunâtre, qu’il ne s’agit plus que de laver, avec la même solution et à plusieurs reprises, avant de le recueillir; on le sèche ensuite à 30“ ou 40“ dans une étuve, afin de ne pas le priver de son eau de cristallisation (6). L’expérience a prouvé que ce procédé peut servir à estimer, soit la faible proportion du sulfate de chaux qui se trouve naturellement mélangé au sel marin (voy, p. 986), soit celle qui y a été ajoutée dans un but de falsification (7).
Pour la recherche des sels de varech (8), on mêle une pincée du sel suspect,
(1) Cette falsification, quoique beaucoup plus rare, a été constatée dans les départements de l’Aube et de la Côte-d'Or.
(2) La fraude se fit largement avec les sels de salpôtrc jusqu’en 18 40 et 1841, époque à laquelle le préfet de police ordonna de sérieuses poursuites contre les falsificateurs. Mais ces sels continuèrent à être vendus en franchise de droits aux glaciers, pour leurs réfrigérants.
(3) Nous avons examiné un sel provenant du département du Rhône, qui contenait 11 p. 100 d’eau, sans la présence d'aucune substance étrangère (A. Ch.').
(4) A Paris, un manège fut établi pour pulvériser de la pierre à plâtre, vendue ensuite, dans le commerce, sous la dénomination naïve de poudre à mêler au set.
(5) Ce moyen est fondé sur le fait connu et pratiqué depuis longtemps pour la purification de certains sels dans les arts et dans les laboratoires, à savoir que l'eau saturée d’un sel au pomt de rien plus pouvoir dissoudre peut cependant opérer la dissolution d’un autre sel.
(0) Le dosage pourrait aussi avoir lieu, après la calcination au rouge obscur dans un creuset de platine, au contact de l’air, pour détruire la matière organique qui existe souvent dans les divers sels; dans ce dernier cas, il y aurait à ajouter au poids du sulfate de chaux les 0,21 de son poids en eau, pour avoir la proportion de ce sel hydraté tel qu’il existait dans le mélange.
(7) On peut introduire dans le sel 4 ou 5 p. 100 de plâtre à l’état de poudre impalpable, et il est difficile d’en constater la présence à la simple vue.
(8) La soude brute de varech d’où on les extrait contient :
Clilorure de sodium 15,000
— de potassium 12,170
Sulfate de potasse 5,330
— de soude 0,200
Iode (à l’état d’iodure) 0,170
Brôme (à l’état de brômurej 0,016
Matières insolubles 65,514
SEL COMMUN
dans une soucoupe de porcelaine, avec un peu d'eau amidonnée chlorée; si le sel est ioduré, il se manifeste, en raison de l’iode que le chlore met à nu, une coloration bleuâtre dont l’intensité est en rapport avec la quantité d’iode (1).
On peut encore traiter le sel par l’alcool, qui dissout les iodures; le liquide alcoolique est évaporé, et le résidu dissous dans l’eau est essayé par l’eau amidonnée chlorée.
Pour reconnaître les brômures, on réduit en poudre une partie du sel à essayer; on en fait un cône qu’on place sur une soucoupe de porcelaine, et on verse dessus une petite quantité d’eau chlorée. Ce cône prend une teinte d’autant plus jaune, que la quantité de brômure est plus forte. Le sel marin pur ne présente pas cette coloration.
Valun (2) se reconnaît par un sel soluble de baryte (nitrate ou chlorure), et par l’ammoniaque, qui donne lieu à un dépôt gélatineux d’alumine.
Le sulfate de soude, qui est mêlé en proportion notable au sel marin, le rend amer, efflorescent à l’air. Il est décelé par le précipité blanc, insoluble dans l’acide nitrique, qu’il produit avec un sel soluble de baryte.
Le chlorure de potassium (3) dans le sel marin est reconnu à l’aide du chlorure de platine, qui donne un précipité jaune-serin de chlorure double de platine et de potassium, insoluble dans l’alcool.
Pour retrouver les sels de salpêtre (4) dans le sel de cuisine, on mêle une cer taine quantité de ce dernier avec de la limaille de cuivre et un peu d’eau ; puis on verse de l’acide sulfurique, lequel donne lieu à un dégagement de vapeurs nitreuses, que l’on rend manifeste en exposant au-dessus un papier imprégné de teinture de gayac récemment préparée; le papier prend une couleur plus ou moins intense, suivant qu’il y a plus ou moins de sel de salpêtre dans le mélange.
La présence des sels de morue se reconnaît à l’odeur désagréable de poisson et d’ammoniac que la potasse caustique dégage du sel soumis à l’examen [Bourgeois) (5).
Pour reconnaître les sels de saumure, M. Monter conseille de pratiquer l’opération suivante ; On dissout 10 grammes du sel à essayer dans 200'° d’eau distillée, qu’on acidulé avec deux ou trois gouttes d’acide sulfurique; on porte la liqueur à 90® environ, et l’on y verse, goutte à goutte, une solution au millième de permanganate de potasse. Si le volume de ce liquide violet ne dépasse pas 1", on
D’après les recherches que nous avons faites avec O. Henry, et celles de M. Boutigny, cette fraude du sel de cuisine par les sels de varech se pratiquait exclusivement à Paris. On a attribué à tort à cette sophistication une maladie qui se déclara autrefois à la Ferté-Champenoise, sur 2,400 habitants qui furent affectés de coliques et d’autres symptômes plus ou moins graves {A . Ch.).
(1) Il faut éviter de mettre un excès de chlore qui détruirait la couleur bleue.
(2) En Belgique, où le sel est sujet à de fréquentes sophistications, on ajoute souvent 2 p. 100 d’alun au sel raffiné, pour le rendre plus dur et moins hygrométrique.
(3) Lassaiync a constaté autrefois, dans quelques échantillons de sel vendus par des épiciers de la banlieue, la présence de 23 ou 24 p. 100 de chlorure de potassium.
(4) L’extrait de salpêtre contient une certaine quantité de sels de potasse (nitrate et chlorure), dont la présence est facilement constatée par le chlorure de platine ; ces mélanges sont aussi iodurés, ce que l’on connaît à l’aide de l’eau amidonnée chlorée. Ils ne renferment guère que 15 p. 100 de chlorure de sodium.
(5) Il est évident que ce que nous disons ici pour les sels de morue ne s’applique qu’à ceux qui n’ont pas été calcinés ou qui, ne l’ayant été qu’imparfaitement, conservent, malgré leur blancheur, un goût désagréable.
SEL d’étain.
en conclura que le sel est pur; dans le cas contraire, le sel marin renfermerait des matières organiques en excès ou des traces d'iodure.
Dans' cet essai, il n'est pas nécessaire de filtrer la solution de sel marin.
Le sel ne doit contenir que 8 p. 100 à' eau en moyenne; si on l’a humecté
par fraude, cette proportion peut s’élever jusqu’à 18 p. lüO. On s’en assure par la perte de poids qu’éprouve une quantité de 5 à 10 grfunmes de sel, après la dessiccation dans une étuve ; ou mieux après avoir été chauffée, presque jusqu’à décrépitation, dans un petit creuset de platine, au-dessus d’une lampe à alcool ou àgaz (fig. 218\
SEL D’ÉTAIN. — Le sel d‘ étain du commerce ou chlorure stanneux est le prolochlorure hydraté de ce métal. Il a pour formule SnCl, 2 aq. Il cristallise en aiguilles blanches et transparentes ou en octaèdres dérivant du prisme oblique rhombo'idal.
Sa saveur est styptique. La chaleur le déshydrate en le décomposant partiellement. L’eau le dissout facilement, puis le décompose en oxychlorure d’étain insoluble et en un sel acide qui reste en dissolution. C’est un réducteur des plus énergiques ; c’est pourquoi il s’altère du contact de l’air en lui prenant de l’oxygène.
Caractères. — Il possède ceux des chlorures (voir page 19) et ceux des sels stanneux (voir page 2).
Usagées. — Il est surtout employé en teinture comme mordant, ou pour faire des enlevages blancs,. Il sert à la préparation du pourpre de Gassius, et comme agent réducteur dans les laboratoires.
Altérations. — Le sel d’étain s’altère à l’air humide avec une assez grande rapidité; il devient fortement acide et en partie insoluble dans l’eau. C’est alors un mélange de bichlorure et d’oxychlorure.
Le sel d’étain du commerce peut renfermer une partie des impuretés que contenaient l’étain et l’acide chlorhydrique qui ont servi à le préparer: c’est du fer, du zinc, du cuivre et An plomb, ainsi que de \ acide sulfurique et quelquefois un peu de chlorure de sodium. Sa solution chlorhydrique précipite alors le chlorure de baryum en donnant du sulfate de baryte. Elle précipite abondamment, par l’hydrogène sulfuré en excès, qui sulfure l’étain, le cuivre et le plomb; les liqueurs filtrées et neutralisées par l’ammoniaque, puis concentrées,, précipiteront par le sulfure d’ammonium, qui élimine le fer et le zinc. Filtrant de nouveau et calcinant le résidu, il reste le sel de soude à l'état de chlorure ou de sulfate. Ce résidu renfermerait aussi le sulfate de magnésie, s’il y en avait.
Si l’on précipite la solution chlorhydrique de chlorure stanneux par un grand excès de sulfhydrate d’ammoniaque, en abandonnant le mélange à une doiuce
l'ig. 21 S. — Calcination du sel marin pour y doser reau.
SEL d’étain,
chaleur, le 'sulfure alcalin redissout le sulfure d’étain précipité, tandis que les sulfures de fer, de zinc, de cuivre et de plomb se déposent, si le sel renfermait ces divers métaux. Ces sulfures, recueillis et traités par l’acide azotique, passeront à l’état de sels solubles, dont on reconnaîtra facilement la nature.
En dehors de ces métaux étrangers, l’altération du chlorure stanneux par l’oxygène de l’air rend nécessaire le titrage de ce sel.
Essai du sel d’étain. — 11 faut, avant tout, doser la proportion de chlorure stanneux réercontenu dans le sel; mais on pourrait y doser la totalité de l’étain en attaquant 2 ou 3 grammes du produit par un excès d’acide azotique qui transforme l’étain en acide stannique insoluble, tout en éliminant l’acide chlorhydrique à l’état d’eau régale. Lorsque le dégagement de vapeurs rutilantes a cessé, on évapore à siccité, on calcine le résidu et on le pèse. Le poids de l’acide métastannique obtenu, multiplié par 0,786, donnera celui de l’étain.
Pour titrer les protochlorures d’étain, on peut recourir à plusieurs réactifs, tels que le bichromate de potasse, le permanganate de potasse, le chlore, l’iode, la liqueur cupro-potassique, le perchlorure de fer, le bichlorure de cuivre, etc.
Procédé Saint-Léger. — L’analyse à l’aide du permanganate de potasse, indiquée par M. Saint- Léger, consiste à préparer une solution de ce sel, à laquelle on ajoute une suffisante quantité d’acide azotique pour lui communiquer une teinte rouge violacée. D’autre part, on dissout 1 gramme d’étain pur dans un excès d’acide chlorhydrique (1), et l’on étend le liquide d’eau distillée désaérée pour en faire 100'°. On en prend lO””, auxquels on ajoute peu à peu, à l’aide d’une burette décime, la solution de caméléon violet, jusqu’à persistance de la coloration violette de la liqueur. On répète l’opération pour obtenir une bonne moyenne. On sait alors combien on doit dépenser de la solution de permanganate pour 08',10 d’étain pur.
Pour titrer ensuite un sel d’étain du commerce, on fait deux opérations successives. On pèse d’abord 1 gramme de ce produit, qu’on dis sont dans23‘'' d'acide chlorhydrique pur, auquel on a ajouté une très-petite quantité d’acide azotique. On y plonge une lame de zinc pur, qui précipite d’abord l’étain ; mais bientôt les deux métaux disparaissent, laissant un mélange de chlorure de zinc et de protochlorure d’étain. On étend d’eau bouillie pour en faire 100“% et l’on en prend le titre, en opérant sur 10““, à l’aide de la solution titrée de permanganate. La dépense de celui-ci donne la totalité de l’étain du sel d’étain, c’està-dire du métal qui existe tout à la fois à l'état de sel au maximum et de sel au minimum. On détermine ensuite la proportion du sel au minimum, en répétant l’opération précédente sur le sel d’étain, dissous dans l'acide chlorhydrique, mais sans passer par la réduction à l’aide du zinc. De cette façon, la décoloration du caméléon reste due uniquement au protochlorure d’étain contenu dans le sel analysé. En retranchant le nombre de divisions dépensé dans cette dernière opération du nombre dépensé dans la précédente, la différence représente la quantité d’étain à l’état de bichlorure. Exemple : 0®%10 d’étain pur décolorent 10'“ de permanganate; ü®',10 de sel transformé en totalité en protochlorure en réduisent 4““,7; puis, enfin, 0®“,10 de sel sans réduction en décolorent 4““. On
(I) On hâte la dissolution du métal dans l’acide en laissant 'séjourner une lame de platine au sein du liquide pendant l’action chimique.
Chevalier et Baudrimont, 5' édit.
SEL d’oseille.
devra en conclure que le sel analysé est composé, sur 100 parties, de : étain, 47, dont 30 à l’état de protochlorure et 17 à l’état de bichlorure. En multipliant 30 par 1,734, on a 43,620 de SnCl, 2 aq.; multipliant de môme 47 — 30 = 17 par 2,661, on obtient 43,227 de bichlorure d’étain hydraté = SnCl'^, 3 aq. Or, 43,620 + 43,227 = 88,847 sur 100 parties des deux chlorures d’étain hydratés, soit 11,134 p. 100 de substances étrangères.
Ce procédé, ainsi que ceux de Sh'eng par le bichromate de potasse, l’amidon et l’iode; de yi/è«epar le perchlorure de fer, etc., donnent des résultats qui varient avec la concentration ou l’acidité des liqueurs. Cet inconvénient ne paraît pas exister dans le procédé proposé par M. Lenssen et dans celui de M. F. Jean.
Procédé Lenssen. — On dissout 1 gramme d’étain dans l’acide chlorhydrique; on ajoute aux liqueurs assez de sel de Seignette pour qu’elles ne précipitent plus par l’excès de carbonate de soude dont on les additionne ensuite; puis, les mélangeant d’amidon récemment dissous, on y verse une solution d’iode dans l’iodure de potassium jusqu’à formation persistante d’iodure bleu d’amidon. Ayant ainsi titré la liqueur iodée, on répète l’expérience sur le sel d’étain à titrer en faisant les deux opérations nécessaires pour connaître les proportions des deux chlorures d’étain.
Procédé F. Jean. — Le bichlorure de cuivre en solution acide est fortement coloré en jaune verdâtre; le protochlorure d’étain le décolore complètement en le ramenant à l’état de protochlorure de cuivre : 2 (CuCl) SnCl=SnCl^-|-Cu2Cl. En se basant sur cette réduction, on parvient à titrer les sels d’étain du commerce. Pour cela, on dissout 0=',10 d’étain pur dans 30"= d’acide chlorhydrique pur; puis on y verse goutte à goutte une solution assez concentrée de bichlorure de cuivre acide, jusqu’à coloration jaune persistante. La dépense correspond à 0,10 du sel d'étain. Si l’on pèse, d’autre part, 0,10 du sel d’étain à essayer et qu’on le traite de la même manière, la dépense de bichlorure de cuivre dira la proportion d’étain à l’état de protochlorure. En réduisant 0,10 du sel d'étain par du zinc en présence d’un excès d’acide chlorhydrique, une nouvelle opération indiquera la proportion totale d’étain, et une simple soustraction donnera la quantité de ce métal à l’état de bichlorure.
Ce procédé se recommande par son exactitude et sa simplicité.
Falsifications. — Le sel d’étain du commerce peut contenir un excès A'eau. 11 peut avoir été fraudé par addition de sulfate de soude de sulfate de zinc et aussi de sulfate de magnésie. Toutes ces substances seront faciles à reconnaître en suivant la méthode indiquée pour la recherche des altérations du chlorure stanneux. Quant au sulfate de magnésie, il suffira, pour l’isoler, de précipiter le sel par un excès d’hydrogène sulfuré, de filtrer et d’évaporer pour le retrouver en totalité.
SEL DE NITRE. — V. Nitrate de potasse.
SEL D’OSEILLE : KO, HO, C‘OC; 2 aq. — - Le sel d’oseille, ou oxalate acidulé de potasse, bioxalate de potasse, suroxalate de potasse, sel à détacher, cristallise en prismes rhoinboïdaux tronqués, d’un blanc opaque, rougissant le papier bleu de tournesol. 11 a une saveur très-acide, est inaltérable à l’air, assez soluble dans l’eau à chaud, peu à froid, insoluble dans l’alcool. 11 ne se charbonne pas quand on le chauffe fortement.