‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 397 sur 470 · SIROP DE GROSEILLES · texte numérisé non relu

SIROP DE GROSEILLES

SIROP DE GROSEILLES. — Ce sirop est obtenu en dissolvant du sucre dans le suc des groseilles auquel on a ajouté 3/20“ de suc de cerises rouges et noires.

Le sirop de groseilles est d’un beau rouge violacé, d’une odeur caractéristique, d’une saveur acidulé agréable; il est un peu visqueux; sa densité est égale à 1,33. 11 est troublé par l’alcool fort qui en précipite une matière pectique; il verdit nettement par les alcalis; agité avec une solution concentrée de chlorure de potassium, il ne donne pas de dépôt de tartre.

Usagées. — Le sirop de groseilles est très-usité; on en fait une grande consommation comme sirop d’agrément et comme rafraîchissant. On le prescrit aux malades comme tempérant, antiphlogistique, pour combattre la pléthore, les fièvres, les chaleurs d’entrailles, les inflammations, les exanthèmes, le scorbut.

Falsiflcationa. — Le sirop de groseilles est souvent additionné de glucose, d’acide tartrique, de matières colorantes étrangères. On l’a imité à l’aide d’un mélange de vin rouge, de sucre blanc et de sirop de framboises, employé en quantité suffisante pour Taromatiser [St. Martm) ; ou bien encore avec du sirop desucre, du sirop de fécule, de Vacide tartrique et la matière coloi^inte des fleurs de coquelicot. On fabrique également un prétendu sirop de groseilles avec du sirop de glucose qu’on additionne à'acides tartrique ou citrique, qu’on colore avec les produits tinctoriaux dérivés de Vaniline, et qu’on aromatise enfin avec quelques gouttes d'essences artificielles de groseilles, de framboises, etc.

La présence du glucose dans le sirop de groseilles ne peut être démontrée par la potasse, puisqu’on trouve naturellement dans ce sirop du sucre interverti. C’est pourquoi Soubeiran faisait un essai au saccharimètre ; mais il est presque impossible d’en discuter les résultats lorsqu’on est en présence d’un mélange complexe formé de sucre cristallisable, de glucose, de sucre interverti et quelquefois encore d’acide tartrique.

Si le glucose employé renfermait du sulfate de chaux, il serait facile de constater la présence de ce sel par le chlorure de baryum et l’oxalate d’ammoniaque. Si on avait affaire à du sirop de dexlrine, l’alcool y produirait un dépôt glutineux, blanchâtre, lequel, recueilli et lavé à l’alcool à 96®, se colorerait ensuite fortement par l’iodure de potassium ioduré. Est-on en présence de glucose et de sucre cristallisable, on peut se débarrasser alors de la matière colorante et de l’acide que contient le sirop en les éliminant à l’aide du sousacélate de plomb, filtrant les liqueurs, et précipitant l’excès de plomb par l’hydrogène sulfuré : il ne s’agira plus que de faire un dosage du glucose, suivi du dosage du sucre cristallisable que, pour cela, on intervertira ; ce à quoi on arrivera en suivant les procédés qui seront décrits à l’article Sucre. Dans ces conditions, on pourrait avoir recours au saccharimètre.

Lorsqu’il s’agit de reconnaître X acide tartrique, on doit étendre le sirop d’une ou deux fois son volume d’eau, et l’agiter ensuite avec une solution concentrée de chlorure de potassium : on obtient alors un dépôt de bitartrate de potasse.

On reconnaîtra Vacide citrique à l’aide du sucrate de chaux ou de l’eau de chaux ; cet acide les précipite à l’ébullition.

Le vin rouge contenant une matière astringente sera reconnu à l’aide d’une solution de gélatine qu’il troublera. L’alcool, étant un de ses principes constituants, pourra être isolé par distillation. Gomme, de plus, le vin renferme du

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