‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 398 sur 470 · SIROP DE GROSEILLES · texte numérisé non relu

SIROP DE GROSEILLES

tartre, on pourra isoler celui-ci à l’aide d’une suffisante quantité d’alcool fort qui précipitera le sel.

En 1861, M. Gaultier de Claubry a donné les moyens de reconnaître la coloi'ation artificielle des sirops de groseilles et la nature des sirops vendus sous ce nom et artificiellement fabriqués. Pour faire un essai, on étend le sirop à examiner de trois ou quatre fois son volume d’eau, et on le soumet ensuite à l’action d’un certainnombrede réactifs, notamment à l’action del’ammoniaque, de la potasse, du perchlorure de fer et du chlorure de cuivre ammoniacal. Le tableau qui résume les réactions obtenues sur les diverses matières colorantes qu’on ajoute au sirop de groseilles pour le colorer artificiellement, comparativement à celles que donne ce sirop à l’état de pureté, fait voir que, par l’ensemble des réactifs employés, on peut caractériser suffisamment chacune des substances tinctoriales autres que celle de la groseille (1).

Ces substances sont principalement : la rose de Provins, la 7'ose trémiere, le coquelicot, la pivoine, le catnnin impérial ou extrait d'oi'seille, le suc de sureau, celui du phytolacca decandra, la lydine, les couleurs rouges d’aniline, etc.

Les sirops colorés par les produits tinctoriaux de l’aniline peuvent être reconnus, d’après M. Vandevyvere, par les réactions suivantes :

Les acides sulfurique, azotique, chlo7'hyd7'ique vivifient la couleur rouge du sirop naturel, et colorent les sirops artificiels en jaune orange;

La potasse caustique transforme la couleur de sirop naturel de rouge en vert sale, tandis qu’elle décolore les sirops qui renferment de la fuchsine ;

Le ca7'bonate de potasse verdit le sirop naturel et n’altère pas la couleur du sirop artificiel ;

Le sous-acétate de plomb forme, dans le sirop de fruits, un précipité verdâtre, tandis qu’il donne un précipité rouge dans le sirop coloré par la fuchsine.

On peut encore découvrir la fuchsine dans les sirops colorés artificiellement, à l’aide de l’alcool amylique. Pour cela, on agite vivement 50 grammes du sirop à examiner, avec 10 grammes de sous-acétate de plomb, puis 20 grammes d’alcool amylique. Après repos suffisant, l’alcool amylique se sépare, incolore si le sii’op était pur, coloré au contraire, s’il avait été additionné de fuchsine.

D’après G. Puscher, on peut, en plongeant un fil de laine et de soie dans un suc de fruits, y déceler la présence de la fuchsine ; si le suc est pur, le fil se colore, mais la couleur disparaît entièrement par le lavage ; si le suc est coloré par la fuchsine, le fil de laine aussi bien que le fil de soie conservent une teinte rosée persistante.

M. Tan7'et (1877) a reconnu que les matières colorantes de la groseille et de \'o7'seille en solution suffisamment acide sont solubles dans l’éther acétique ; que la couleur de l’orseille l’est aussi dans l’éther éthylique, tandis que celle de la groseille ne l'est pas. Pour reconnaître l’orseille dans le sirop de groseilles, il faut chauffer dans un tube à essai quelques grammes du sirop à essayer avec assez de sel marin pour l’en sursaturer. On ajoute ensuite une ou deux gouttes d’acide acétique, et un volume d’éther acétique égal à la moitié du volume du sirop que le tube contient ; puis on agite vivement pendant quelques instants. On ajoute au mélange un volume d’éther éthylique égal à celui de l’éther acétique employé, puis on agite de nouveau. Enlevant la couche éthérée par décantation ou à

(1) Voir : Jow'n. de chimie médicale, 18G1, p. 418.

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