‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 401 sur 470 · SIROP DE VIOLETTES · texte numérisé non relu

SIROP DE VIOLETTES

Usages. — Le sirop d’orgeat s’emploie le plus souvent comme sirop d’agrément; il est aussi ordonné parles praticiens, comme rafraîchissant et sédatif.

Falsifications. — Le sirop d’oi'geat a d’abord été falsifié par la soustraction d’une partie des amandes qui fournissent l’émulsion qu’on doit y faire entrer, puis par l’addition du sirop de glucose^ addition qui se faisait, dans quelques maisons, ainsi que nous l’avons constaté, dans la proportion de 33 de sirop de glucose pour 66 de sirop de sucre {A. Ch.).

Le sirop d’orgeat est susceptible de s'altérer et de s'acidifier à la longue. On reconnaît facilement au goût cette altération.

Le sirop d’orgeat mêlé de sirop de glucose est reconnaissable en ce que, traité par la potasse, à l’aide de la chaleur, il se colore en brun, ce que ne fait pas le sirop qui n’a pas été additionné de glucose ou de sirop de froment.

SIROP DE SESQUICHLORURE DE FER. — Il est d’un beau jaune brunâtre au premier moment de sa préparation ; mais il s’altère rapidement à la lumière, ainsi que dans l’obscurité, et surtout par l’action d’une chaleur de 100“ : le sel ferrique qu’il renferme est alors réduit par le sucre lui-même, et passe à l’état de chlorure ferreux verdâtre qui ne colore pas sensiblement le sirop. Dans cet état, il ne coagule plus l’albumine et précipite en bleu par le cyanure ferrico-potassique, ce qui n’a pas lieu lorsqu’il est à l’état de sel ferrique {Duroij). Pendant la réduction de celui-ci, le sucre est converti partiellement en glucose ; étant alors additionné à froid d'un excès dépotasse caustique et filtré, la liqueur brunit fortement à l’ébullition.

SIROP DE SUCRE. — V. Sirops.

SIROP DE VIOLETTES. — Le sirop de violettes s’obtient à l’aide d’une infusion de fleurs de violette {Viola odorata) et de sucre très-blanc. Il doit avoir une belle couleur bleue sans mélange de rouge, une odeur agréable de violette, une saveur douce et mucilagineuse. Il est sujet à fermenter ; alors sa couleur s’altère.

Usages. — Le sirop de violettes est employé par les chimistes comme réactif des alcalis, qui lui font prendre la couleur verte. Il est employé en médecine pour édulcorer les boissons, dans les cas de rhume, de catarrhe, dans les inflammations légères des voies aériennes ou digestives ; il entre dans diverses préparations.

Altérations. — Le sirop de violettes fermenté perd sa belle couleur bleue. Dans certaines circonstances on remarque en lui une espèce de précipitation suivie de décoloration. Cette décoloration doit être attribuée, suivant M. lis, non à l’influence de l’oxygène de l’air (puisqu’elle a lieu pour un sirop contenu dans un flacon exactement rempli et bouché avec soin), mais à l’influence de l’acide acétique que la fermentation y développe. Pour faire persister la couleur bleue du sirop, il suffirait, dit-on, d’introduire dans les flacons qui le contiennent quelques fragments d’étain pur, et d’agiter de temps en temps, afin que l’acide acétique qui se forme puisse se porter sur le métal, l’oxyder et tenir le sirop dans un parfait état de neutralité.

Cette addition d’étain nous paraît dangereuse. C’est probablement à du sirop de violettes traité de cette façon que M. J. Hardy, qui le nomme sù'op stanné, a

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