SOÜS-NITRATE DE BISMUTH
Quelques sous-nitrates de bismuth contiennent un peu de chaux; on évite alors l’addition de l’acide sulfurique aux chlorures concentrés ; on se contente de les reprendre par l’alcool fort qui laisse le chlorure de plomb qu’on peut peser; mais ce mode de dosage est moins exact que le précédent.
On pourrait déterminer le degré de pureté d’un sous-nitrate de bismuth à l’aide d’une solution titrée de phosphate de soude comme l’a proposé M. Benoît {Journ. pharm. 1875, XXI, (388. On peut encore recourir au procédé imaginé par MM, Boui'sson et Ferray [Journ. pharm., 1874, XX, 210) ; il consiste à dissoudre le produit dans quelques gouttes d’acide azotique ; à neutraliser par du bicarbonate de soude, à redissoudre dans un excès d’acide acétique et à mélanger le tout à une solution titrée d’acide indique, mise en excès. Le bismuth est éliminé à l’état d’iodate insoluble. Il n’y a plus qu’à mesurer l’acide indique resté dans la liqueur au moyen d’iodure de potassium et d'acide sulfurique pour que l’iode rendu libre par l'action mutuelle des deux sels, puisse être titré ensuite au moyen d’une solution connue d’hyposulfite de soude ajoutée jusqu’à décoloration. Le sixième de l’iode dosé ainsi correspond à l’excès d’acide indique. Le reste de cet acide a été entraîné parle bismuth à l’état d’iodate Bi,0'\3(I0*).
Falsifications. — Le sous-nitrate de bismuth est quelquefois falsilié par le talc, \q sulfate, \q phosphate carbonate de chaux [i),\Q carbonate de plomb, la fécule, \ oxychlorufe de bismuth .
En traitant le blanc de fard par l’acide nitrique, il y a dissolution incomplète s’il est mêlé avec du talc ou avec du sulfate calcaire, et dissolution avec effervescence s’il contient du carbonate de chaux ou de plomb. Le résidu insoluble dans l’acide nitrique étendu résiste également à l’acide chlorhydrique concentré si on a affaire à du talc, tandis que ce véhicule dissout le sulfate de chaux : la solution précipite alors parl’alcool et aussi parle chlorure de baryum. La solution nitrique additionnée d’une grande quantité d’eau, puis filtrée, ce qui opère le départ d’une partie le bismuth, précipite ensuite en blanc par les sulfates et en jaune par l’iodure de potassium, quand il y a eu falsification par le carbonate de plomb. En en éliminant les métaux par un courant de gaz sulfhydrique, et filtrant, l’oxalate d’amoniaque précipitera la chaux qui proviendrait d’une addition de craie.
L’eau iodée indique la présence de \o, fécule.
Quant à Y oxychlorure de bismuth provenant de ce que le bismuth a été dissous dans un mélange d’acide nitrique et d’acide chlorhydrique, afin d’avoir par l’eau un précipité plus abondant et plus lourd ; ou de ce que la dissolution nitrique du bismuth a été précipitée par une dissolution étendue de sel marin, on le reconnaît en dissolvant le blanc de fard suspect dans l’acide nitrique pur et en versant dans la solution quelques gouttes de nitrate d’argent ; il se forme alors un précipité blanc, caillebotté, soluble dans l’ammoniaque, insoluble dans l’acide nitrique. M. Morland a trouvé autrefois dans certains sous-nitrates de bismuth de Londres, jusqu’à 72,5 p. 100 d’oxychlorure. Il a fait la remarque que la présence de cet oxychlorure de bismuth coïncidait avec une plus forte proportion d’arsenic.
Aujourd’hui, c’est le phosphate de chaux qui sert à la falsification la plus habi-
(1) La falsification du sous-nitrate de bismuth par le carbonate de chaux a été signalée en 185G par M. Capcievielle.
SPIGÉLIE.
tuelle du sous-nitrate de bismuth. On a publié un assez grand nombre de procédés pour y reconnaître et pour y doser ce sel calcaire ; tels sont ceux de MM. jRoiisstn, Lepage, Renault et Foumient, Léger, Redwood, etc.
M. Roussin prend 1 gramme du sel à essayer; il le dissout dans 5'® d’acide azotique et ajoute ensuite 1 gramme d’acide tartrique concassé. Après dissolution, il fait tomber goutte à goutte dans la liqueur une solution concentrée de carbonate de potasse qui ne la trouble que lorsqu’il y rencontre du phosphate de chaux : celui-ci se précipite alors totalement. Cependant, suivant MM. Renault et Fourment,\\ serait plus prudent de précipiter l’acide phosphoriquc à l’aide du sulfate de magnésie ammoniacal.
M. Léger délaye 2 grammes de sous-nitrate de bismuth dans 4 grammes d’eau distillée ; il ajoute 4 grammes d’acide chlorhydrique qui dissout toute la matière. Le liquide est ensuite étendu de 200'° d’eau distillée, qui précipite tout le bismuth à l’état de sous-chlorure. On filtre et on ajoute à la liqueur du sucmte de chaux jusqu’à la rendre' alcaline ; il se précipite du phosphate de chaux tribasique qu’on porte à l’ébullition ; on le filtre, on le lave ; puis il est séché à 100° et pesé.
A tous ces moyens plus ou moins complexes, on peut substituer avantageusement le mode opératoire suivant :
On dissout le produit suspect dans de l’acide azotique un peu étendu d’eau ; puis, la solution faite, on y dirige un courant de gaz sulfhydrique jusqu’à refus ; on filtre pour séparer le sulfure noir de bismuth produit; et la liqueur claire donne alors par l’ammoniaque en excès un précipité blanc gélatineux de phosphate de chaux; mais il est indispensable de s’assurer d’abord qu’elle ne noircit plus par l’hydrogène sulfuré. On peut éviter la précipitation de la liqueur par l’ammoniaque en l'évaporant à siccité, et en calcinant le résidu ; il sera formé de tout le phosphate de chaux que contenait le blanc de fard.
SPIGÉLIE. — La spigélie anthelininthique, [Spigelia Gentianées),
croît naturellement aux Antilles, au Brésil, à la Martinique, et dans d’autres îles du nouveau monde.
Depuis nombre d’années, on fait usage en Europe de cette plante commevermifiige. Mais, d’après les observations de M. Rigout-Verbert, ce n’est point la Spigelia anthelmintia, mais bien la Spigelia marylandica qui nous est expédiée d'Amérique : on y mêle aussi le Zinnia multiflora (brésine).
Les caractères distinctifs de ces plantes sont les suivants :
L'a Spigelia anthelmintia est une plante annuelle, à racines traçantes, .fibreuses, noires. Tige glabre, cjdindrique, striée, presque simple, quelquefois ramifiée à l’aisselle des fleurs inférieures. Feuilles sessiles, opposées, aiguës ; quatre feuilles amples et disposées en croix terminent les tiges et les rameaux ; elles sont souvent plus grandes que les inférieures. Fleurs sortant du centre des feuilles supérieures, tei'minales, spiciformes ; épis médiocrement ramifiés à leur base et un peu grêles, les fleurs ne sont pas tout à fait sessiles, mais presque unilatérales ; saveur âcre.
La Spigelia marylandica est une plante à racines vivaces, menues, grises, semblables à celles de la serpentaire de Virginie. Tige droite, rude et quadrangulaire, surtout à la partie supérieure. Feuilles toujours opposées, ovales, oblongues. Fleurs terminales sessiles, unilatérales, disposées en épis solitaires.
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elles sont plus longues que les feuilles, munies de bractées opposées; saveur amère, astringente.
La brésine A des racines blanc jaunâtre, grosses comme le chiendent, rampantes et cylindriques, à division libreuse, à texture ligneuse ; tige cannelée, velue, rougeâtre; feuilles opposées, sessiles, ovales, pointues; fleurs composées, nombreuses, à couleurs variées; saveur amère et mucilagineuse.
SQUINE. — La squine est une racine produite par deux variétés de Smilax china (Asparaginées), plante sarmenteuse qui croît naturellement en Chine et au Japon ; la tige est de la grosseur d’une plume. Les racines ont de 0“,0o5 à 0“,160 de longueur sur 0“,05o à 0“, 110 de circonférence. Elles sont noueuses, géniculées, inégales, tuberculeuses, compactes et quelquefois spongieuses, recouvertes d’un épiderme luisant, d’un brun rougeâtre, dépourvu de tout vestige d’écailles ou d’anneaux ; la texture présente des aspects différents et une couleur blanc rosé dans les racines tendres, et brune dans les racines compactes et résineuses.
Il faut choisir la squine lourde, bien entière, compacte, résineuse et non piquée.
Composition. — L’analyse complète de ce produit n’a pas encore été faite. On y a signalé la présence du tannin, de Vamidon, d’une matière colorante et de snülacine ; mgis l’existence de cette dernière dans la squine est, dit-on, contestable.
Usages. — La squine est employée aux mêmes usages que la salsepareille : on l’a considérée comme sudorifique; on l’employait dans les affections de la peau, le rhumatisme, la goutte, la paralysie, les engorgements des viscères, le squirrhe, les scrofules, les lésions des voies urinaires, les hydropisies.
Altérations et Falsifications. — La squine est quelquefois mélangée à d’autres espèces de smilax, notamment à différents produits américains confondus sous le nom de smilax pseudo-china; ils comprennent la squine rouge du Mexique ou à' Amérique, qui lui est inférieure en qualité. Cette dernière est plus spongieuse, plus grosse, plus légère; sa couleur est plus foncée, brune en dessus, rougeâtre à l’intérieur ; sa saveur est moins sucrée.
On lui a encore substitué les souches 'de quelques salsepareilles ; mais celles-ci se reconnaissent à leur moindre volume, à leur coupe blanchâtre et spongieuse, à leurs débris de tiges noueuses et souvent armées de piquants, etc.
Quelquefois la squine présente des piqûres d'insectes; d’autres fois, quand on la brise, on voit qu’elle est vermoulue dans son intérieur.
On a, suivant certains auteurs, mais le fait est contestable, employé de la Utharge ou de la terre bolaire pour restaurer des squines détériorées. Nous en avons vu qui avaient été restaurées à l’aide d’une pâte préparée avec de la colle et des poud^'es végétales.
Toutes ces altérations de la squine peuvent se reconnaître facilement ; il suffit d’un simple examen, à la condition de faire intervenir, comme point de comparaison, la squine de bonne qualité.
Lorsqu’elle a été piquée, on trouve souvent des excréments d’insectes, et les insectes eux-mêmes dans les trous quTls ont perforés.
Si on avait employé de la Utharge, on pourrait s’assurer de sa présence en traitant par l’acide nitrique les cendres de la squine et des matières qui ser-