SUCCIN
Le succin chauffé dans une cornue fournit un acide particulier, V acide succinique; on obtient en même temps : 1® de l’eau ; 2® de l’acide acétique ; 3® une huile très-odorante, de couleur et de consistance variables, suivant l’époque de l’opération; 4° une matière jaune, solide, dont la nature n’est pas encore bien déterminée; 5® des gaz et un charbon volumineux. Ces gaz renferment toujours des 'produits sulfurés capables de noircir un papier imbibé d’acétate de plomb [Er. B).
Variétés. — On trouve dans le commerce des variétés de succin en assez §rand nombre. Les principales sont : 1® l’ambre luisant, d’un jaune pâle ou verdâtre; 2® l’ambre bâtard, non transparent, jaune citrin ou d’un jaune plus foncé; 3® l’ambre couleur d'os, blanc mat, très-riche en acide succinique ; 4® l’ambre couleur d'agate; 5® l’ambre impur, contenant des fragments organiques; 6“ l’ambre nuageux, de couleur inégale, jaune clair ordinairement; 7® l’ambre transparent, de couleurs diverses {Lebert).
Composition. — Suivant Drapiez, le succin est composé de : carbone, 80,59 ; hydrogène, 6,31; oxygène, l,Ti\ chaux, 1,54; alumine, silice, pQvie, 2,10. D’après Berzélius, le succin contient : 1° une petite quantité d’une huile volatile d’odeur agréable; 2® une ?’ésme jaune, unie intimement à l’huile volatile, et qui est très-soluble dans l’alcool, l’éther et les alcalis; 3® \xn& autre 7'ésine également combinée à l’huile volatile, soluble dans l’éther et les alcalis, peu soluble dans l’alcool froid, plus soluble dans l’alcool bouillant, et se précipitant par le refroidissement sous forme d’une poudre blanche ; 4® de Vacide succinique ; nn principe jaune, insoluble dans l’éther, les huiles fixes et volatiles, l’alcool et les alcalis : Berzélius l’a appelé bitume du succin.
D’après les recherches de M. Er. Baudrimont, le succin contient toujours, comme principe constituant, une certaine proportion de soufre qui varie de 2 à 5 millièmes. Il paraît y être en proportion inverse de la quantité d’acide succinique qui s’y trouve.
Usages. — On en récolte 100,000 kilogrammes par an sur les côtes de la Baltique, récolte dont les deux cinquièmes servent à fabriquer l’huile et la laque de succin employées dans la teinture et dans la photographie: le reste est taillé en grains pour colliers, bracelets, etc. Les beaux morceaux sont réservés pour la bijouterie et la tabletterie. En pharmacie, les petits fragments sont utilisés pour la fabrication de Vacide succinique, d’une huile empyreumatique, et d’une liqueur oléagineuse acide anciennement connue sous le nom A' esprit de succin.
Le succin est antispasmodique ; on en fait une teinture, un sirop ; on l’utilise aussi en fumigations.
Falsifications. — Ebermayer dit que, pour les ouvrages d’art, le succin a été imité avec du verre coloré ; il est trop facile de reconnaître une semblable substitution.
La gomme copal ou plutôt la résine copal ou encore animé dure est très-difficile à, distinguer à simple vue du succin auquel elle est souvent mélangée. Comme lui, elle est en morceaux plats, irréguliers, très-durs, d’un jaune plus ou moins pâle, vitreux et transparents à l’intérieur, mais présentant une surface terne, chagrinée et comme verruqueuse; la cassure en est brillante. Le copal est sans odeur et presque sans saveur ; il craque sous la dent sans se ramollir par la mastication. D’après Guibourt, on le distingue du succin aux caractères suivants :
SUCRE
1“ Le copal prend feu à la flamme d’une bougie, s’y fond complètement et tombe goutte à goutte ; le succin, beaucoup moins fusible, brûle en se boursouflant et sans couler;
2® Après s’être éteint et pendant qu’il est encore chaud, le copal exbale une odeur affaiblie de copahu ; celle du succin est forte, bitumineuse et désagréable ;
3“ Le copal, très-soluble dans l’alcool, devient poisseux et blanc lorsqu’on le mouille avec ce liquide et qu’on le laisse s’évaporer ensuite. Le succin soumis il la même épreuve reste sec et transparent ;
4® D’après M. ISapier- Draper, ces deux produits diffèrent essentiellement l’un de l’autre en ce que le copal est totalement soluble dans l’huile essentielle de cajeput, tandis que le succin y est complètement insoluble, même à la température à laquelle l’essence entre en ébullition.
Un autre caractère distinctif très-important est celui-ci : le succin, chauffé fortement dans un tube à essais, donne des gaz sulfurés qui noircissent facilement un papier imprégné d’acétate de plomb. Or, le copal ni aucune autre résine ne présentent cette réaction {Er. B.).
Selon Ebermayer, la râpure de succin est quelquefois falsifiée avec la colophane. Cette râpure est ordinairement très-impure; elle est mêlée de petites pierres, de sable, d’éclats de bois ; on en a vu qui contenait le quart de son poids de colophane divisée, reconnaissable à la manière dont elle se comportait sur les charbons ardents et avec l’alcool : 31 grammes d’un succin ainsi falsifié, mis en contact avec 123 grammes d’alcool, pendant six heures, en ayant soin d’agiter souvent, ont fourni une solution alcoolique qui a laissé, par l’évaporation, un résidu de colophane, représentant le sixième du succin traité (environ 3 grammes).
SUCRE : (Voir aussi Glucose, Sirops et Cassonade.) — Le sucre crùtal-
lisable ou saccharose (1) est un des principes immédiats les plus répandus dans le règne végétal. Il abonde dans les tiges de quelques graminées, comme la canne à sucre, le maïs, le sorgho (2) ; on le trouve en fortes proportions dans les bette-
(1) Le saccharose, ou sucre proprement dit, se rattache ii une série de substances très-répandues dans le règne végétal, où elles accomplissent des fonctions d'une haute importance physiologique. Elles sont toutes composées de carbone, A’hydrogène et d’oxygène, de telle façon que ces deux derniers éléments s’y trouvent dans les proportions nécessaires à la formation de l'eau : ce sont, à proprement parler, des hydrates de carbone. Le carbone y entre pour 12 équivalents ou pour un multiple de ce nombre. Le tableau suivant représente les produits les plus connus parmi ces hydrates de carbone :
SUCRES
Glucoses
Saccharoses
Aniyloses