‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 413 sur 470 · QUANTITÉ · texte numérisé non relu

QUANTITÉ

d’acide oléique.

QUANTITÉ p. 100

d'acide stéarique.

QUANTITÉ p. 100

d’acide oléique.

Tout suif livré sur la place de Paris peut être refusé par l’acheteur lorsque les acides gras ont leur point de fusion au-dessous de Les suifs contiennent toujours une petite quantité d’eau ainsi que des matières étrangères qui les rendent plus ou moins impurs. On y dose Yhumidité en chauffant 50 grammes du suif à essayer dans une capsule de porcelaine tarée, à une température de MO à Mo". Quand la matière ne crépite plus, on retire la capsule du feu, on la place sous une cloche, au-dessus d'un bain d’acide sulfurique; après refroidissement, on la pèse.

Les ùnpiü'etés sont dosées en les isolant à l’aide du sulfure de carbone. Pour cela, on épuise 10 grammes de suif par ce véhicule, en recueillant sur un filtre taré par un autre de même poids, les produits insolubles. On lave ceux-ci par additions successives de sulfure de carbone sur le filtre ; puis, lorsqu’il n'offre plus la translucidité que les corps gras donnent au papier, on met les deux filtres dans l’étuve à MO", et après dessiccation, on en prend enfin le poids.

Ces impuretés sont ensuite examinées; elles présentent: des déùrù de membranes,àes matières protéiques, WW savon calcaire, etc. ; ou bien des produits d’addition, comme le kaolin, \e. sulfate de baryte, \c sulfate de chaux, des matières amylacées, des résines, etc. (Voy. Graisses animales.)

(1) Dalican, loco citato.

(2) On en a ddfalqué 5 p. 100, représentant la glycérine, l’humidité et les impuretés des corps gras.

SULFATE D ALUMINÉ.

SULFATE D’ALUMINE : (SO=») ; 18 aq. — Ce sel cristallise diffici-

lement en lamelles nacrées. Il est très-déliquescent, très-soluble dans l’eau, presque insoluble dans l’alcool. Lorsqu’on le chauffe, il fond dans son eau de cristallisation, puis se dessèche, et perd enfin son acide à une température élevée, en laissant de l’alumine pure.

Usagées. — Très-employé dans les arts, où il tend chaque jour à remplacer l’alun, il sert à l’industrie des toiles peintes et dans la fabrication du papier.

Altérations. — Ce sel peut renfermer de la silice, du sulfate de peroxyde de fer, et surtout un excès A'acide sidfurique. On y rencontre encore quelquefois de la chaux, du cuivre, du zmc. En le traitant par l’eau distillée, on le dissout, tandis que la silice reste en suspension dans la liqueur. Cette silice, recueillie, lavée et séchée, ne donne pas de vapeurs acides au chalumeau et ne se colore pas en bleu lorsqu’on la chauffe avec de l’azotate de cohalt. 11 paraît du reste que sa présence est recherchée lorsque le sulfate d’alumine est destiné au collage du papier.

Lorsque le sel est ferrugineux, la solution précipite en bleu par le cyanure jaune ferroso-potassique. Or, la présence du fer est très-nuisible aux opérations de teinture. Il en est de même de l'acide sulfurique libre ; et comme le sulfate d’alumine a, par lui-même, une réaction acide, M. Giseke conseille d’en faire l’essai par les moyens suivants :

1“ On traite une quantité déterminée de l’échantillon à essayer, par de l’alcool absolu dans lequel ce sel est presque insoluble; l’alcool retient alors l’acide sulfurique libre, qu’on dose dans la liqueur claire à l’aide d’une solution alcaline titrée ;

2® Une solution d’extrait ou de bois de campêche prend une coloration d’un violet rougeâtre très-foncé au contact du sulfate neutre d’alumine, tandis que la coloration devient d’un brun jaunâtre sous l’infiuence d’un sel acide. En ajoutant aux liqueurs une solution titrée de soude jusqu’à ce qu’on l’ait fait virer au violet rougeâtre, on pourra savoir quelle est la proportion d’acide libre que contenait le sulfate d’alumine.

Le cuivre donne à la solution du sulfate d’alumine la propriété de brunir par l’hydrogène sulfuré, et de déposer ce métal avec les propriétés caractéristiques sur la lame de fer qu’on y plonge.

La chaux est décelée par l’oxalate d’ammoniaque rendu un peu alcalin, si la liqueur est trop acide.

En ajoutant un excès de potasse ou de soude caustique au sulfate d’alumine, de manière à tout redissoudre, l’acide sulfhydrique fait naître dans la liqueur un précipité blanc, si elle renferme du zinc.

Titrage d’un sulfate d’alumiiie. — En Calcinant fortement 5 grammes de ce sel, on a pour résidu le poids des matières fixes. La perte représente l’eau et l’acide sulfurique. En précipitant ce dernier, à l’aide du chlorure de haryum, sur un poids déterminé du sulfate, il est facile, par le poids du sulfate de haryte obtenu, d’en déduire celui de l'acide sulfurique, et, par différence avec les chiffres de la première opération, celui de l’eau.

L’alumine sera précipitée par l’ammoniaque, puis lavée, séchée, calcinée et pesée. On aura ainsi le poids de cette substance avec celui du peroxyde de fer qu’elle peut contenir. Dosant le fer protoxydé contenu dans le sulfate d’alumine, à l’aide d’une liqueur titrée de caméléon violet, puis répétant ce dosage

SULFATE d’ammoniaque.

avec le même réactif, après avoir ramené le sel ferrique du sulfate d'alumine, à l’état de sel ferreux, au moyen d’acide chlorhydrique et de zinc, on aura par ces deux opérations la quantité du fer. On la déduira du poids de l’alumine ferrugineuse obtenue précédemment pour avoir celui de l’alumine pure. On devra tenir compte des matières insolubles contenues dans le sel essayé {G. Pouchet).

SULFATE D’ALUMINE ET DE POTASSE. — V. Alun.

SULFATE D’AMMONIAQUE: S03,AzH^0 = S03,AzH3,H0.— Cesel,quiest incolore, d’une saveur amère et piquante, est isomorphe avec le sulfate de potasse; comme lui il cristallise dans le système orthorhombique en prismes à six pans terminés par des pyramides à six faces. 11 entre en fusion à 140° et commence à se décomposer, vers 180°, en ammoniaque libre et en bisulfate ammonique. La décomposition se modifie à une température plus élevée. Il est soluble dans son poids d’eau bouillante et dans deux fois son poids d'eau froide. L’alcool ne le dissout pas.

Caractères. — Il possède ceux des sulfates (page 13) et ceux des sels ammoniacaux (page 13).

Composition. — Ce sel est la plus riche des matières azotées commerciales ; sa composition en centièmes est représentée par : acide sulfurique monohydralé (S03,H0), = 74,23; ammo7iiaque {kzW), = 23,73; ce qui correspond à 21,21 A'azote.

Usages. — Il sert à la préparation de l’alun ammoniacal. On en consomme de grandes quantités comme engrais.

Altérations. — On rencontre dans le sulfate d’ammoniaque blanc et cristallisé un peu A' humidité, des traces A' acide sulfurique libre, des traces de fer et de matières organiques. M. Joulie a constaté que la richesse en azote d’un sulfate de bonfie et loyale fabrication ne descendait pas au-dessous de 20 p. 100 : la moyenne générale est même de 20,27 p. 100.

Falsiflcations. — Les sulfates d’ammoniaque bruts renferment quelquefois une telle quantité de matières brmies empyreumatiques, qu’ils en sont noirs. Leur richesse en azote descend souvent alors à 7 p. 100 ; encore y trouve-t on un cinquième de cet azote sous forme de cyanure. Or, fait remarquer M. Joidie, les négociants anglais ont l’habitude de grouper sous le nom A' ammoniaque les deux sortes d’azote renfermées dans ces sulfates, et de les coter comme si tout était bien de l’ammoniaque, subterfuge contre lequel il faut toujours se tenir en garde.

D’autres sulfates, très-beaux et très-blancs, ne rendent à l’analyse que 13 à 16 p. 100 d’azote, parce qu’ils sont en partie à l’état de bisulfate d'ammoniaque. Enfin, il en est qui reçoivent en mélange des produits étrangers de moindre valeur.

Les matières empyreumatiques se font reconnaître à leur couleur, à leur odeur, à la teinte noire qu’elles prennent sous l’influence d’un excès d’acide sulfurique concentré et bouillant. Les sulfates d’ammoniaque qui en renferment produisent toujours des solutions colorées, à odeur d’empyreume.

Ceux qui renferment des cyanures produisent du bleu de Prusse, insoluble dans l’acide chlorhydrique, lorsqu’on additionne leur solution d’un mélange de

SULFATE d’atropine.

protosel et de persel de fer dissous. Ils possèdent même assez souvent une couleur bleue caractéristique en raison du fer qu’ils ont pu rencontrer et qui passe à l’état de bleu de Prusse.

Ceux qui sont en partie à l’état de bisulfate sont fortement acides au papier de tournesol. Ils peuvent absorber une certaine dose d’ammoniaque caustique sans en garder l’odeur, parce que celle-ci entre en combinaison avec l’excès d’acide sulfurique.

Le sulfate d’ammoniaque qui contiendrait des substances minérales à base de potasse ou de soude laisserait à la calcination un résidu fixe qui permettrait de les reconnaître et même de les doser facilement.

Il est toujours possible d’établir la richesse d’un sulfate d’ammoniaque en alcali volatil ou en azote, à l’aide des procédés qui ont été décrits relativement à ce genre d’analyse, pages 361 et 518. Le sulfate pur donnera 25,75 d’ammoniaque ou 21,21 d’azote. 11 ne faut pas confondre, dit M. Joulie, ces deux expressions de la richesse d’un sulfate d’ammoniaque, si différentes par leurs chiffres. D'ailleurs le titre en ammoniaque multiplié par 0,8247 donnera l’azote, de même que le titre en azote multiplié par 1,214 exprimera la richesse en ammoniaque. Il est très-important de ne pas confondre l’azote ammoniacal avec l’azote des cyanures et avec celui des matières organiques azotées. Les procédés d’analyse décrits pages 361 et 518 permettent d’établir facilement ces différences.

M. Kohlrausch, après quelques autres chimistes, a constaté la présence du sulfocyanure d'ammonium (2,5 p. ICO) dans quelques sulfates d’ammoniaque. Ceux-ci ont alors une teinte rouge, s’ils sont imprégnés de traces de fer; on en reconnaît d’ailleurs la présence au moyen du percblorure de fer qui leur communique une couleur rouge de sang. Ils sont d’un emploi très-nuisible à la végétation.

SULFATE D’ATROPINE : C3^H23Az06,S03,H0. — Ce sel, facilement cristallisable en aiguilles réunies en aigrettes soyeuses, contient un alcaloïde qu’on extrait de la belladone et qu’on a rencontré également dans la mandragore (1). Le sulfate d’atropine a une saveur très-amère ; il est très-soluble dans l’eau et l’alcool. Il exerce une action énergique sur la pupille : une goutte d’une solution de 0®'',20 de ce sel dans 30 grammes d’eau distillée, mise en contact avec la cornée et la conjonctive, suffit pour amener, au bout de vingt-cinq à trente minutes, une dilatation et une immobilité complète de la pupille.

Le sulfate d’atropine en solution concentrée donne :

Avec la potasse, l’ammoniaque, un précipité blanc soluble dans un excès de réactif ;

Avec le tannin, un précipité blanc gélatineux, surtout en présence de l'acide chlorhydrique;

Avec le chlorure d’or, un précipité jaune clair;

Avec la teinture d’iode, un abondant précipité brun, couleur kermès ;

Avec l’acide picrique, un précipité jaune pâle ;

Et avec le chlorure de baryum, un précipité blanc, insoluble dans l’acide nitrique.

Usages. — On l’emploie, en médecine, sous forme de collyre.

(I) DeZ/)ec/i. Étude des Extraits des racines des Satanées viveuses. École de pharmacie, 1862.

SULFATE DE BARYTE.

Falsificatious. — En 1857, M. Er. Baudrimont a signalé l’introduction frauduleuse d’une certaine quantité de morphine (sans doute à l'état de sulfate) dans le sulfate d’atropine. Ce sel présentait toutes les réactions d’un sel d’atropine, telles que nous les avons indiquées plus haut ; mais, en outre, au contact de l’acide azotique, quelques cristaux se colorèrent en rouge, et prirent une coloration bleue avec le sesquichlorure de fer, ainsi qu’avec l’acide indique et l’eau amidonnée.

Cet essai pouvant se pratiquer sur une très-petite quantité de matière (QB^Oo suffisent et au delà), il est très-important, pour les pharmaciens, d’essayer ce sel, afin de se prémunir contre une fraude qui a été autrefois très-préjudiciable à l’un d’eux.

M. Hager a rencontré plusieurs fois dans le commerce, du sulfate d’atropine coloré et tacheté de bleu ou de violet. La solution bouillante de ce sel réduisait en noir le niti’ate d’argent, et en rouge le réactif de Frommherz. Tout sulfate d’atropine présentant ces propriétés doit être considéré comme impur.

SULFATE DE BARYTE : BaO,SO^. — Le sulfate de baryte ou baryte sulfatée, barytine, spath pesant, blanc de baryte, blanc fixe, etc., est un minéral qu’on trouve très- abondamment répandu dans la nature, dans diverses localités, notamment au Hartz, en Hongrie, en Angleterre, en Écosse ; à Royat, près de Clermont-Ferrand; en Normandie, à Bologne, au Monte-Paterno, etc.

Ce sel est en beaux prismes droits rbomboïdaux, terminés par deux facettes en biseau ; ou bien il est en cristaux tabulaires, ou crêtés, ou en masses lamelleuses, ou bacillaires, ou compactes, etc. 11 peut être incolore, ou légèrement enfumé, ou jaunâtre; il est transparent, ou presque opaque et d'un blanc laiteux. Sa densité varie de 4,35 à 4,71. Ses cristaux décrépitent lorsqu’on les chauffe, à cause de la dilatation inégale que la chaleur leur imprime suivant les axes de cristallisation. A une haute température, il fond en un émail blanc. Il est complètement insoluble dans l’eau, dans les acides nitrique et chlorhydrique, et un peu soluble dans l’acide sulfurique concentré.

Le charbon le réduit à l’état de sulfure de baryum soluble et attaquable par les acides. Fondu avec du carbonate de soude, il est transformé en carbonate de baryte.

Le sulfate naturel renferme souvent un peu de sulfate de strontiane, des traces d’oxyde de fer, d’alumine, de silice et de sulfate de chaux.

Le sulfate de baryte préparé aujourd’hui par l’industrie, est toujours pulvérulent, très-dense, d’un blanc mat, il retient toujours plus ou moins d’eau et présente quelquefois une légère réaction acide, s’il a été mal lavé.

Usagées. — Ce corps est employé à la préparation des sels de baryte (chlorure, azotate, sulfure) et de cette base elle-même.

M. Kuhlmann en a introduit l’usage dans la fabrication des papiers de tenture satinés et des cartons glacés; il l’a appliqué également à la peinture en détrempe, à la peinture siliceuse, au blanchiment des plafonds, et enfin à la peinture en blanc, dans laquelle il remplace avantageusement le blanc de plomb et le blanc de zinc. On en fait un usage considérable pour la falsification d’un très-grand nombre de produits (céruse, minium, jaune de chrême, etc.).

Altérations. — Le Sulfate de baryte naturel est quelquefois sali par des oxydes de cuivre, de fer et de manganèse ; mais ces altérations sont faciles à reconnaître.

SULFATE DE CADMIUM.

Ainsi l’oxyde de cuivre lui donne une teinte verdâtre ou bleuâtre ; en traitant par un acide concentré, le cuivre est dissous et sa présence est démontrée par l’ammoniaque, par la lame de fer décapée. L’oxyde de fer lui donne une couleur 'rougeâtre; à l’aide d’un traitement par l’acide chlorhydrique, on obtient des solutions qui sont précipitées en noir parla noix de galle, en bleu par le cyanoferrure de potassium. L’oxyde de manganèse lui donne une couleur brune ; les acides la détruisent en dissolvant le manganèse dont ils donnent ensuite les caractères.

Le sulfate artificiel est le plus souvent livré en pâte renfermant jusqu’à 32 p. 100 d’eau. Il est nécessaire alors de doser celle-ci par dessiccation à l’étuve à 100®, ou par simple calcination. Lorsqu’il a été mal lavé, il peut retenir de l’acide chlorhydrique ou des sels que l’eau lui enlève facilement.

Falsiflcations. — Malgré le has prix du sulfate de baryte (1), on y a mêlé du carbonate de chaux, du sulfate de chaux, du sulfate de plomb, du fluorure de calcium.

Le sulfate de baryte mélangé de carbonate de chaux, traité par l’acide chlorhydrique étendu d’eau, donne lieu à une effervescence marquée, et on obtient une solution de chlorure de calcium qui précipite en blanc par l’oxalate d’ammoniaque et par le sulfate de soude. Le sulfate de baryte, exempt de carbonate de chaux, ne cède rien à l’acide chlorhydrique.

Le sulfate de haryte mélangé Aq sulfate calcaire, traité à chaud par l’eau aiguisée d’acide chlorhydrique, fournit une dissolution qui laisse précipiter, par le refroidissement, le sulfate de chaux dissous par l’eau acidulée.

Lorsqu’il contient du sulfate de plomb, il suffît de l’imhiher d'une solution de sulfhydrate d’ammoniaque pour lui voir prendre une teinte noire; l’iodure de potassium le jaunirait en donnant de l'iodure de plomb. Si l’on voulait y doser le sulfate de plomb, il faudrait traiter le mélange par une solution concentrée de tartrate 'ou d’acétate d’ammoniaque qui dissoudrait facilement ce sel sans toucher au sulfate de baryte ; celui-ci, lavé, séché et calciné, donnerait, par différence, le poids du sulfate de plomb enlevé.

Si on traite par l’acide sulfurique pur le sulfate de baryte mêlé de fluorure de calcium, il donne naissance à des vapeurs suffocantes d’acide fluorhydrique qui corrodent le verre; le sulfate de baryte pur ne donne jamais lieu au même phénomène.

SULFATE DE CADMIUM: CdO,SQ3 ; 4 aq. — Le sulfate de cadmium est en gros prismes droits à base rectangulaire, incolores, à saveur astringente, très-solubles dans l’eau. Il contient 25,5 p. 100 d’eau de cristallisation qu’il peut perdre lorsqu’on le chaufle au delà de lUO®. Plus tard, il abandonne la moitié de son acide et se change en sous-sulfate. C’est un puissant styptique et un émétique violent.

Fsagea. — On l’emploie avec avantage contre les opacités de la cornée, sous forme de collyre, de pommade, etc.

Falsifications. — Ce sel, ayant une certaine valeur, est souvent remplacé par le sulfate de zinc avec lequel il est isomorphe; mais la solution de ce dernier est précipitée en hlanc par les sulfures alcalins, tandis que les sels de cadmium donnent avec eux un beau précipité jaune.

(I) De 9 à 10 fr. les 101 kilogrammes, en moyenne.

SULFATE DE CUIVRE

S’il y avait mélange des deux sulfates, il faudrait en dissoudre un certain poids et faire passer dans la solution légèrement acidifiée un courant de gaz sulfhydrique qui précipiterait le cadmium à l’état de sulfure jaune, sans toucher au zinc. En recueillant ce sulfure, le lavant, le séchant et le pesant, on aurait le poids du sulfate de cadmium, sachant que 100 p. de sulfure correspondent à 194,4 de sulfate à quatre équivalents d’eau.

En sursaturant la liqueur filtrée par l'ammoniaque et précipitant par le gaz sulfhydrique, on obtiendrait le zinc à l’état de sulfure hlanc.

SULFATE DE CHAUX. — V. Plâtre.

SULFATE DE CINCHONIDINE NEUTRE: C''0H24Az2O2,SO3,HO ; 2 aq. — Ce sel est blanc, en aiguilles ou houppes soyeuses, comme le sulfate de quinine. Il faut 130 p. d’eau à 17“ pour le dissoudre; à 100“ il n’en exige plus que 16 parties. A froid, l’alcool à 90“ en dissout le septième de son poids. Ses solutions sont neutres au papier de tournesol. 11 dévie à gauche le plan de polarisation.

Falsifications. — Le sulfate de cinchonine est très-rare encore dans le commerce français. Un échantillon provenant d’Allemagne renfermait le tiers de son poids de sulfate de quinine officinal. On conçoit la possibilité d’une semblable fraude, si l’on remarque que ces deux sulfates dévient tous deux à gauche le plan de polarisation. Mais cette fraude est facile à déceler. En effet, en dissolvant le sel dans de l’eau acidulée par l’acide sulfurique, la présence du sulfate de quinine y produit la fluorescence bleuâtre que ne donne pas le sulfate de cinchonidine seul. Cette même solution additionnée de chlore et d’ammoniaque ne prend de coloration verte que lorsqu’elle renferme de la quinine. Enfin, le sel agité avec de l’éther et de l’ammoniaque, abandonne peu à peu ou de suite un dépôt cristallin de cinchonidine; mais l’éther retient toute la quinine qu’on peut alors doser après l’évaporation du véhicule (Æ’r. Baudrimont).

SULFATE DE CUIVRE : CuO,SQ3 ; 5 aq. — Ce sulfate, qui porte aussi les noms de sulfate cuivrique^ sulfate de bioxi/de de cuivre, vitriol de cuivre, vitriol bleu, couperose bleue, vitriol de Vénus, vitriol de Chypre, se présente cristallisé en gros prismes obliques à base de parallélogramme obliquangle, transparents, d’une belle couleur bleue; il a une saveur âcre et styptique ; exposé "â l’air, il s’effleurit légèrement et se recouvre d’une poussière blanche ; chauffé, il éprouve la fusion aqueuse, se boursoufle en perdant 36 p. 100 d’eau, et se transforme en une masse blanche, pulvérulente, sans répandre d’odeur. L’eau à -}- 15“ en dissout le quart de son poids, et la moitié à -j- 100“. Sa solution, qui est bleue, précipite en blanc par le nitrate de baryte, en flocons bleu-ciel par la potasse et la soude caustique, en blanc bleuâtre par une petite quantité d’ammoniaque ; le précipité se redissout entièrement dans un excès de cet alcali, en colorant la liqueur en beau bleu nommé bleu céleste ; enfin, l’acide sulfhydrique y produit un précipité noir, et le cyanofeiTure de potassium un précipité rouge-grenat.

LTsages. — Le Sulfate de cuivre est utilisé dans les arts pour préparer deux couleurs, le vert de Schéele et les cendres bleues (arsénite et carbonate de cuivre). On s’en sert dans le chaulage des blés. En médecine, il est employé à l’extérieur comme léger cathérétique, dans les cas d’apbthes et même de

SULFATE DE CUIVRE. 1099

chancres. On en fait usage à l’intérieur comme antispasmodique, fébrifuge et vomitif. On le fait entrer dans des collyres, injections, lotions.

Altérations. — Le sulfate de cuivre peut contenir du /er. Si on le fait bouillir avec de l’eau acidulée par l’acide nitrique, et si l’on ajoute un excès d’ammoniaque de manière à redissoudre le précipité d’oxyde de cuivre, une poudre rouge-brun A'oxyde de fer reste indissoute ; il est facile d’en prendre le poids, après l'avoir lavée et séchée.

Falsifications. — On associe souvent le sulfate de cuivre à des sulfates d’un prix moins élevé : tels sontles sulfates de fei\ de zinc, de magnésie. Nous venons de voir comnjent on pourrait reconnaître la nature et la proportion du sel de fer. 11 est facile de déterminer la quantité de cuivre, en précipitant ce métal au moyen du fer ou du zinc, ou bien encore en faisant usage du procédé cuprimétrique de Pelouze; il consiste à dissoudre un certain poids de la substance cuprifère, à l’additionner d’ammoniaque, de manière à redissoudre l’oxyde de cuivre, et à précipiter le cuivre dans la liqueur chaude au moyen d’une solution titrée de sulfure de sodium. La décoloration de la liqueur bleue indique la fin de l’opération.

Rien de plus facile que de doser le zinc dans les sulfates de cuivre qui en renferment, car il suffit de dissoudre un certain poids de ces derniers, et d’y ajouter un excès de potasse; le fer, le cuivre, la magnésie, s’il s’en trouve dans le produit essayé, sont seuls précipités, tandis que l’oxyde de zinc est maintenu en dissolution par l’excès de potasse. On rend alors la liqueur acide, après l’avoir séparée, par filtration, des oxydes précipités, et on y verse un excès de carbonate de soude qui détermine la formation d’un précipité de carbonate de zinc lequel est lavé, séché et calciné dans un creuset de platine, après addition d’acide nitrique. Le poids de l’oxyde de zinc permet de déterminer celui du sulfate de zinc qui altérait le sulfate de cuivre.

On peut précipiter les différents métaux dont il vient d’être question par le sulfhydrate d’ammoniaque; on fait bouillir la liqueur après la séparation des sulfures, et l’on y verse une dissolution de phosphate de soude et d’ammoniaque. Au bout de vingt-quatre heures, on recueille le précipité cristallin ûe, phosphate ammoniaco-magnésien, on le lave avec de l’eau légèrement ammoniacale et on le calcine; le pyropbosphate de magnésie, résidu de la calcination, contient * 40 p. 100 de magnésie. Il est facile ensuite de calculer la quantité équivalente de sulfate de magnésie.

Du reste, il faut bien se mettre en garde contre les falsifications du sulfate de cuivre, et ne pas toujours considérer tous les sulfates de cuivre impurs du commerce comme des produits falsifiés. En effet, on trouve trois sortes de vitriol bleu: 1® le sulfate de cuivre pur ou presque pur ; 2° le sulfate connu sous le nom de vitriol de Salzbourg ; il est bleu verdâtre et cristallise en prismes quadrangulaires à base oblique, très-volumineux : c’est un sulfate double de cuivre et de fer. Sa composition varie avec son origine, et Sa valeur commerciale est d’autant plus grande qu’il contient plus de sulfate de cuivre. On le divise en vitriol t aigle, 2 ou 3 aigles ; ce dernier renferme le plus de sulfate de cuivre. Le vitriol de Salzbourg se fabrique depuis longtemps en France : Paris, Vienne (Dauphiné) et Bouxwiller sont les principales localités d’où le commerce le tire ; 3® le sulfate de cuivre mixte ou vitriol mixte de Chypre est un sulfate double de cuivre et de zinc, qui se présente en prismes rhomboïdaux obliques très-volumineux et

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