SULFATE DE SOUDE
liqueur filtrée ne doit pas se troubler par l’addition d’ammoniaque caustique ; un précipité indiquerait la présence de la quinidine ;
7® Un gramme de sulfate de quinine pur donnera, par l’ammoniaque ou par la soude caustique, 0®*',743 de quinine pure et sèche ; par le chlorure de baryum 0s'’,327 de sulfate de baryte ; à l’étuve, il perdra 14,43 p. 100 d’eau.
Il faut observer que les proportions d’alcaloïde et de sulfate de baryte deviendraient insignifiantes, si l’on ne s’était assuré d’abord de l’absence de la quinidine et de la cinchonine.
Si le pharmacien examinait toujours avec soin le sulfate de quinine qu’il achète, le médecin n’aurait pas à redouter les insuccès qu’il éprouve quelquefois dans le traitement de certaines fièvres intermittentes ; la falsification d’un tel produit est plus qu’une tromperie. Que dire de ceux qui osent enlever avec adresse les cachets que portent les flacons des maisons les plus recommandables, pour les adapter à des bocaux qu’ils remplissent de l’un des mélanges frauduleux que nous avons signalés (1) I
SULFATE DE SOUDE: NaO,SO^ ; 10 aq. — Ce sel, connu sous les noms de sel de Glauber, sel d'Epsom de Lorraine, cristallise en prismes à quatre pans, ordinairement cannelés et terminés par des sommets dièdres. Ces cristaux, presque toujours accolés, sont incolores, inodores, d’une saveur amère et désagréable ; solubles dans l’eau, insolubles dans l’alcool : 100 parties d’eau en dissolvent 16,73 à -f 17,9; 50,63 à -j- 32®, 7 et 42,63 à -f- 103®,!. 11 donne facilement des dissolutions sursaturées, lorsqu’on le dissout à l’abri du contact de l’air.
Exposé à l’air sec, le sulfate de soude s’effleurit en perdant son eau de cristallisation (33,9 p. 100).
Soumis à l’action de la chaleur, il éprouve d’abord la fusion aqueuse ; l’eau s’évapore, et le sel reste sous forme d’une masse blanche à froid, jaune-paille à chaud.
Le sulfate de soude du commerce en petits cristaux confus, aiguillés, imitant le sulfate de magnésie, est connu sous le nom de sel d'Epsom de Lorraine; il provient de l’évaporation des eaux salines, et s’obtient par une agitation lente delà liqueur, au sein de laquelle se déposent les cristaux. En les additionnant d’acide chlorhydrique (80 p. 100), ils produisent un mélange réfrigérant, trèssouvent employé.
Le sulfate de soude en prismes diaphanes, longs et gros, prend le nom de sel de Glauber, et s’obtient, au contraire, par une cristallisation lente.
Usagées. — Le sulfate de soude préparé en grand, soit dans les fours, soit dans les cylindres, est employé dans la fabrication de la gobeleterie, des verres à vitres ou à bouteilles ; à la préparation des sels de Glauber et d’Epsom ; au chaulage des grains ; pour décomposer les eaux salées et les eaux-mères des salpêtreries ; pour préparer le monosulfure de sodium. Le principal emploi du sulfate de soude consiste dans la fabrication de la soude artificielle. En médecine, on en fait usage comme purgatif.
Altérations. — Le sulfate de soude peut contenir accidentellement, suivant
(1) Les fabricants de sulfate de quinine devraient chercher à cacheter leurs flacons de manière à éviter cette fraude.