‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 421 sur 470 · TAMARIN · texte numérisé non relu

TAMARIN

heureuse de substituer aux tablettes de guimauve des tablettes préparées avec leswcre et la gomme arabique , laissant de côté le principe médicamenteux ordonné par le médecin. On reconnaît qu’elles sont préparées sans guimauve en les faisant dissoudre dans l’eau, jetant sur un filtre la solution, et la mettant en contact avec l’ammoniaque liquide, la soude ou la potasse : la liqueur acquiert sous l’influence de ces alcalis une coloration jaune verdâtre, caractéristique, que ne prend pas la gomme adragante.

TABLETTES DTPÉCACUANHA. — V. Pastilles d'ipécacuanha.

TAMARIN. — Le tamarin est le fruit du tamarinier {Tamarindm indica), arbre de la famille des Légumineuses, qui croît dans les pays intertropicaux, et jusqu’au 3Ü® degré de latitude nord.

Le fruit, parvenu à maturité, renferme une pulpe sucrée, aigrelette, ayant un goût de raisiné, une couleur brun rougeâtre, et agréable à manger quand elle est fraîche. Cette pulpe est seule usitée.

La pulpe de tamarin présente des aspects divers selon sa provenance : le tamarin d'Egypte est en pâte ou en gâteaux assez secs, un peu gras, du poids de 200 à 300 grammes ; le tamarin de l'Inde est en pâle de couleur noire, mais un peu rougeâtre ; il est moins estimé que le précédent.

ho. qmlpe d’Amérique, qu’on préfère aujourd’hui, est en pâte noirâtre, consistante, d’odeur vineuse, à saveur acidulé et sucrée. Elle contient des semences et des débris végétaux. M. Dorvault fait remarquer que la pulpe de bonne qualité se dessèche peu à peu, tandis que celle qui ne l’est pas moisit assez rapidement.

Composition. — La pulpe de tamarin a la composition suivante : acide citrique, 9,40; acide tartrique, 1,33 ; acide malique, 0,43 ; bitartrate de potasse, 3,23 ; sucre, 12,30; gomme, 4,70; pectine, 6,23; parenchyme, 34,33; eau, 27,33.

Usages. — Le tamarin est assez fréquemment employé en médecine, à petite dose, sous forme de boisson acidulé et rafraîchissante ; â haute dose, il agit comme purgatif.

Altérations. — Souvent la pulpe de tamarin contient du cuivre provenant des bassines dans lesquelles on l’a préparée. La présence de ce métal est importante â constater; pour y parvenir, on plonge dans la pulpe une lame de fer décapée, sur laquelle le cuivre, s’il y en a, vient se déposer.

Un autre moyen consiste à incinérer une partie de tamarin, à traiter les cendres par Tacide nitrique, puis à étendre la liqueur et à la soumettre aux réactifs propres à déceler la présence du cuivre.

Falsifications. — Lorsque le tamarin fut à un prix élevé, on en fabriqua une fausse espèce formée pulpe de pruneaux noirs, de mélasse, A acide tartrique ou de bitartrate de pjotasse, et même d'acide sulfurique.

En 1844, M. Giovanni Ruspini a. signalé la falsification du tamarin par le charbon animal, ajouté sans doute dans le but de le colorer davantage. Ce tamarin avait une belle couleur noire, très-brillante; sa pâte était onctueuse. Il fut délayé dans douze fois environ son volume d’eau, et, après l’avoir agité, le liquide fut décanté et le résidu repris par de nouvelle eau; finalement, on put recueillir comme résidu une poudre noire qui avait tous les caractères physiques du charbon animal, fioircissait les mains et, traitée par l’acide nitrique étendu,

TANNIN

se dissolvait en partie avec effervescence. Cette solution donna un précipité blanc avec l’oxalate d’ammoniaque et avec l’ammoniaque caustique.

TANNATE DE QUININE : (C5*H22O3*)2,C*0H2*Az2O*. — Ce composé est amorphe, pulvérulent et incolore lorsqu’il a été obtenu à l’aide du tannin pur. Exposé à l’action de la chaleur, le tannate de quinine fond en une masse brune, résiniforme, flexible et nacrée lorsqu’elle est encore chaude, mais cassante et friable après son refroidissement.

On a pu croire pendant longtemps qu’il était soluble dans l’eau à froid, et que sa solubilité augmentait avec l’élévation de la température; mais M. J. Regnauld a prouvé que cette solubilité n’est qu’apparente : elle résulte en effet d’un dédoublement du sel sous l’influence de l’eau, laquelle entraîne d’autant plus de tannin que le contact est plus prolongé et la température plus élevée ; de telle sorte qu’il reste un tannate de plus en plus basique et insoluble.

Le tannate de quinine est soluble dans des proportions relativement faibles d'alcool absolu et d’alcool moyennement dilué. La glycérine le dissout lentement en proportion considérable ; mais il résiste à l’action de l’éther et du chloroforme. Il est également soluble dans les acides organiques concentrés ou dilués, même dans les acides tannique et oxalique, tandis qu’il ne se dissout pas dans les acides minéraux. Les oxydes métalliques le décomposent. Il contient 20,1 p. 100 de quinine ; le reste est formé à'acide tannique avec des traces d'eau.

Usagées. — Proposé dès 1831, par M. Romander, pour remplacer le sulfate de quinine, il fut recommandé de nouveau en 1830 par RarresivUl, pour être substitué à ce précieux fébrifuge; il est rarement employé à cet effet.

Altérations. — Jusque dans ces derniers temps, la composition du tannate de quin-ine a été très-variable : suivant qu’il était obtenu par l’action du tannin sur les décodés de quinquina, ou par l’action de ce même tannin sur le sulfate ou sur l’acétate de quinine, il était plus ou moins impur. Dans un travail assez récent, M. le professeur J. Regnauld (I) a établi sa formule exacte et a donné le moyen de le préparer à l’état de pureté, et par conséquent avec une composition constante. Lorsqu’il était obtenu par le quinquina et le tannin, il renfermait des matières colorantes étrangères. Préparé avec le sulfate de quinine, il entraînait toujours une certaine proportion de ce sel (au moins 3 p. 100, d’après M. Regnauld). En précipitant de l’acétate de quinine par le tannin, le tannate de quinine variait de composition suivant le genre de lavage qu’on lui faisait subir. Bouilli avec un excès d’oxyde de plomb hydraté, et le précipité repris par l’éther qui dissout la quinine devenue libre, il doit donner 20, 1 de cette base, après l’évaporation complète du véhicule.

M. Slocdei' essaye le tannate de quinine en mêlant 2 grammes de ce sel à 6 grammes de chaux hydratée ; on ajoute assez de solution de soude caustique au quart pour faire une pâte qu’on dessèche complètement au bain-marie. On pulvérise finement le résidu et on l’épuise, dans un appareil à déplacement, par 100 grammes de chloroforme, qui dissout la quinine en totalité. Si le tannate est pur, la liqueur évaporée doit laisser 0®'',4 d’alcaloïde amorphe et transparent, qui représente 20 p. 100 du tannate employé.

TANNIN et Matières astringentes. — U acide tannique, nommé plus

(I) Journ. de pharm., 1874, XIX, 5.

TANNIN

communément tannin, est le nom générique d’un groupe de produits trèsrépandus dans le bois, les racines, les feuilles, et particulièrement dans l’écorce des végétaux.

Le tannin de la noix de galle ou acide gallo-tannique, le seul qui doive nous occuper ici, est solide, amorphe, spongieux, incolore ou légèrement ambré, inodore (1), d’une saveur très-astringente. Il est soluble dans l’eau, dans l’alcool affaibli, à peine soluble dans l’éther. Il rougit le tournesol, décompose les carbonates, absorbe l’oxygène libre en présence des alcalis, précipite presque tous les sels métalliques et les sels à base d’alcali organique, en formant avec l’alcali un composé peu soluble dans l’eau, très-soluble dans l’acide acétique.

La plupart des acides minéraux séparent le tannin de sa solution aqueuse, et forment avec lui une combinaison peu soluble (?). Une solution de gélatine, d’amidon, d’albumine, la fibrine, la caséine, sont précipitées par le tannin.

Sous le rapport de l’action qu’ils exercent sur les persels de fer, les tannins extraits des divers végétaux peuvent être divisés en trois groupes : 1® les tannins qui précipitent en bleu noir ou en yioir, les persels de fer (tannins de la noix de galle, de l’écorce de chêne, du sumac, du bouleau, etc.); 2® les tannins qui colorent en vert noirâtre les persels de fer (tannins du quinquina, du cachou, du thé, des pins, etc.); 3® les tannins qui donnent une coloration gris-verdâtre avec les sels ferriques (tannins du ratanhia, de l’absinthe, etc.).

Composition. — Le tannin est formé, sur 100 parties, de : carbone, 52,44 ; hydrogène, 3,55; oxygène, 44,01. Strecker le considère comme un glucoside gallique, tandis que, pour Schiff, il serait un acide digallique an-

hydre, C2»HioOi8.

Usagées. — Le tannin est un astringent très-puissant, employé à l’intérieur sous forme de pilules, et à l’extérieur en dissolution dans l’eau. Dans les arts, il sert à tanner les peaux, à prévenir la graisse des vins de Champagne,

Altérations. — Le tannin est rarement pur: presque toujours, il renferme de la chlorophylle, une huile volatile, de X acide gallique et de Y acide ellagique. C’est ce qui arrive surtout lorsqu’il a été extrait à l’aide de l’esprit de bois, comme on le fait aujourd’hui ; il possède alors une odeur désagréable et n’est pas complètement soluble dans Teau. De plus, traité par son poids d’éther et d’eau, il laisse un résidu insoluble, et l’éther se colore fortement en vert en retenant la chlorophylle [Er. B.).

La solution aqueuse de tannin se conserve bien dans des vases fermés;. mais, exposée à l’air, surtout à une température relativement élevée, et en présence de ferments, cette solution absorbe l’oxygène de l’air : il se dégage de l’acide carbonique, en même temps que les acides gallique et ellagique prennent naissance.

Pour reconnaître si le tannin est pur ou s’il contient de Y acide gallique, on laisse sa solution en contact avec un morceau de peau de bœuf dépilée, et on agite de temps en temps : si le tannin est pur, il est absorbé en totalité ; l’eau qui le tenait en dissolution devient alors insipide, et ne donne plus aucune coloration avec les sels de peroxyde de fer. Le contraire a lieu s’il renferme de l’acide gallique, . •

(1) Le tannin pur, extrait de la noix dé galle par le procédé de Petouze, conserve toujours une odeur d’éther.

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Titrage des matières astringentes. — Un assez grand nombre de produits végétaux sont utilisés par l’industrie en raison du tannin qu’ils renferment. Leur valeur commerciale dépendant entièrement de leur richesse en matière astringente, il est souvent utile de la déterminer exactement; c’est pourquoi, on a imaginé dans ce but un grand nombre de procédés, qui ne s’appliquent, il est vrai, qu’aux tannins qui précipitent la gélatine.

Ces divers procédés peuvent être répartis en trois groupes distincts :

Premier groupe. — Dosage du tannin par une peau animale ou par la gélatine pure : procédés de Davy (peau), Hammer (peau et aréomètre), Muntz et Ramspacher (peau et densité), Fehling (gélatine).

Millier (gélatine et alun), Schulze (gélatine et sel ammoniac), etc.

Deuxième groupe. — Dosage par précipitation à l’aide de sels métalliques ou d’alcaloïdes : procédés Pedi'oni, Gerland (émétique), Fleck, Wolf (acétate de cuivre), Handike (acétate de fer),

Pribram , Schmidt (acétate de plomb) , Persoz (chlorure d’étain et sel ammoniac) ; Wagner (sulfate de cinchonine), etc.

Troisième groupe. — Dosage par absorption d’oxygène libre : procédés Mittenzwei, Terreif ou par action réductrice : procédés Commaüle (acide iodique). Prud'homme (hypochlorite de chaux). Monter, Neubauer, Lœwenthal, Pouchet (permanganate de potasse); C arpeni {àcéiaile de zinc ammoniacal et caméléon violet).

Un seul procédé, celui de M. F. Jean,- repose sur la propriété que possède le tannin d’absorber l’iode.

Enfin, il faut compter comme moyen de dosage, le mode de préparation du tannin, par le procédé Pelouze. Ce dernier surtout s’applique au titrage des noix de galle.

Procédé Pelouze. — Le meilleur moyen de reconnaître la valeur d’une noix de galle est de rechercher sa richesse en tannin. On pulvérise grossièrement un échantillon moyen sur lequel on prélève 100 grammes de substance que l’on traite par l’éther aqueux alcoolisé (1), soit dans l’appareil à déplacement de Robiquet, soit dans le digesteur de Payen (fig. 232), ou on les épuise par ce véhicule. Le récipient contiendra deux couches : l’une dense, un peu brunâtre, oléagineuse; l’autre, très-fluide, verdâtre, que l’on décante. La -couche dense sera lavée à l'éther, puis évaporée à siccité; la masse restante sera du tannin sensiblement pur, dont on déterminera le poids. La

(1) Mélange de CO parties d’éther pur, 3 parties d'alcool à 90° et 1 partie d’eau distillée [Codex).

Fig. 232. — Digesteur de Payen. L'allonge a reçoit la noix de galle. Le ballon b, contient l’éther que la chaleur du bain-marie m réduit en vapeur.

Celle-ci pénètre par le tube t dans le récipient r, où elle se condense pour retomber sur la noix de galle, etc.

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noix de galle d’Alep, de bonne qualité, donne 38 à 45 p. 100 de tannin (I).

Les matières astringentes autres que la noix de galle ne se prêtent pas ordinairement à ce genre d’essai. On les soumet à l’un des nombreux procédés indiqués précédemment : c’est ce qui a lieu pour les écorces de chêne, de pin, de mimosa; pour les racines astringentes, pour le dividivi, le sumac, le bablah, la val' lonée, etc.

Premier groupe. — Titrage par la peau. — C’est le premier moyen employé. Un morceau de peau épilée, bien sec, plongé dans une solution astringente, en absorbe le tannin. En lavant ensuite cette peau, la séchant et la pesant, l’augmentation de poids qu’elle a subi donne celui du tannin qu’elle a absorbé.

A ce procédé grossier, on a substitué depuis longtemps le titrage volumétrique à la gélatine ; mais Hammer est revenu à l’emploi de la peau pour lui faire absorber le tannin d’une liqueur astringente, dont il prend d’abord la densité ou le degré aréométrique ; puis, après y avoir fait macérer des rognures de peau, de façon à lui enlever son tannin, il ramène cette liqueur à son volume primitif par addition d’eau, et il en reprend la densité. La différence entre les deux chiffres obtenus, correspond à la proportion de tannin enlevé. Une table dressée par Hammer permet de passer facilement du chiffre de la densité des liqueurs à celui de leur richesse en tannin.

MM. Muntz et Ramspacher ont utilisé la propriété absorbante de la peau fraîche, pour doser le tannin de l’écorce de chêne ; mais, au lieu de peser la peau qui a servi à cette opération, ils déterminent la perte de substance solide qu’a éprouvée la liqueur astringente. Voici leur procédé :

50 grammes d’écorce de chêne, broyée au moulin à café, sont placés dans une allonge; on les épuise à l’eau chaude de manière à recueillir 250'' de liquide. On en filtre une partie à travers une peau épilée, ramollie dans l’eau, et tendue sur un petit tambour en zinc d’environ 6 centimètres de diamètre, auquel on l’attache fortement. La face opposée du tambour porte un fond muni d’un tube auquel on adapte un tube en caoutchouc de 1°’,5 à 2 mètres de longueur, et terminé par un entonnoir. C’est par celui-ci qu’on introduit dans l’appareil la solution astringente: sous l’influence de la pression de cette colonne liquide, la fillration s’opère rapidement. On rejette les quatre ou cinq premiers centimètres cubes qui servent au lavage de la peau, et on recueille la solution limpide qui passe ensuite. On en prend 25" qu’on évapore à siccité au bain-marie; on pèse le résidu. On évapore à part 25" du liquide astringent non filtré à travers la peau ; du poids du résidu qu’il laisse, on retranche le poids du résidu privé de tannin, et la différence correspond au poids de celui-ci. Exemple:

Poids du dernier résidu, avec tannin •. 0"',iG5

— du premier résidu, sans tannin O®', l*r>

Différence représentant le poids du tannin (I®’',‘i90

Il était contenu dans 25", soit le 10' de la liqueur totale, ce qui correspond à 5 grammes d’écorce ; donc 100 grammes de celle-ci contiennent 5^',80 de tannin.

Les auteurs de ce procédé l’ont simplifié en remplaçant l’évaporation à sec par la prise des densités des liquides filtré et non filtré, au moyen de densimètres appropriés. C’est là revenir au procédé de Hammer,

(1) Quelques chimistes en portent le chiffre jusqu'à 77 p. 100.

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Titrage par la gélatine. — Procédé de Fehling. — On litre une solution de gélatine faite au millième ou au deux-millième, à l’aide d’une solution de tannin pur faite dans les mêmes proportions. La gélatine troublant fortement la solution astringente, il est nécessaire de filtrer de temps en temps un peu de la liqueur trouble pour apprécier le moment où l’on devra cesser l’addition de la solution normale de gélatine. On y arrive facilement en prenant un tube en verre, d’un très-petit diamètre, ouvert à ses deux extrémités; on ferme l’une d’elles par un morceau de toile serrée que l’on fixe solidement à l’aide d’un double fil, et l’on plonge le tube dans la liqueur trouble par cette extrémité fermée pendant qu’on aspire par l’autre.

Le liquide y filtre limpide; en en mettant dans un verre de montre et l’additionnant d’une goutte de gélatine, versée à l’aide d’une burette graduée, on peut voir si l’on a atteint le terme de la précipitation.

On répète alors cette opération sur un volume déterminé d’une liqueur provenant de l’épuisement de 10 grammes d’écorce astringente par exemple, et additionnée d’un peu d’acide chlorhydrique, et on en déduit la proportion de tannin qu’elle contient. La seule précaution à prendre est d’agir sur des solutions gélatineuses récentes ; car leur titre change avec le temps.

Pi'océdé Muller. — Le procédé de Fehling a été modifié par G. Müller, pour rendre plus prompte la précipitation du tannate de gélatine.

La solution employée par G. Müller est préparée de la manière suivante :

de colle forte de bonne qualité sont dissous dans d’eau distillée, ’

à l’aide du bain-marie ; on y ajoute ensuite 1®‘',305 d’alun en poudre. Après dissolution, on doit conserver la liqueur en flacon bien bouché placé dans un lieu sombre„La présence de l’alun accélère la précipitation du tannate de gélatine, ce qui permet de reconnaître si celle du tannin est complète.

Pour faire un essai, on titre la liqueur gélatineuse au moyen d’une solution de tannin pur. On répète ensuite l’essai sur la solution astringente. Les dépenses volumétriques de solution gélatineuse conduisent facilement au titre du produit astringent soumis à l’essai.

Les peaux animales pouvant absorber ou laisser dans les liqueurs astringentes des sels ou différentes matières organiques; ces peaux pouvant absorber, non-seulement le tannin, mais encore l’acide pectique, les matières colorantes, etc., les diverses méthodes de titrage où elles sont employées sont par cela même inexactes. Il est préférable d’y substituer les procédés qui reposent sur l’emploi delà gélatine, tels qu’ils viennent d’être décrits.

Lorsqu’il s’agit du dosage du tannin dans l’écorce de chêne, la pectine, que M. Love a trouvée dans l’extrait aqueux de cette écorce, nuit à la détermination exacte du principe astringent qu’elle renferme. Pour éviter cet inconvénient, M. Love épuise l’écorce avec de l’eau bouillante, évapore la solution à siccité dans une capsule au bain-marie, en y ajoutant quelques gouttes de vinaigre. Il reprend le résidu par l’alcool qui dissout le tannin, tout en éliminant l’acide pectique. La liqueur alcoolique est évaporée à siccité, et le résidu qu’elle laisse est enfin dissous dans l'eau distillée, afin d’employer cette solution aqueuse au dosage du tannin qui s’y trouve par la gélatine ou par toute autre substance.

Deuxième groupe. — Titrage par les solutions métalliques. — Procédé Pcdroni fds par l'émétique. — L’essai consiste dans l’emploi du tannomètre. Cet instrument, ainsi que son nom l’indique, a pour but de mesurer la quantité de

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tannin contenue dans une substance quelconque. Il est fondé sur la propriété que possèdent les sels solubles d’antimoine de former, avec le tannin, un précipité de tannate insoluble, sans se combiner avec les autres substances (matières colorantes, gommes, etc.), hdi liqueur d'épreuve s’obtient en dissolvant I^'’,402 d’émétique dans un litre d’eau distillée. Cette liqueur sature exactement 2 grammes de tannin.

On pèse ensuite 2 grammes de la substance dont on veut apprécier la richesse en tannin, en les prélevant sur un échantillon moyen. On les traite à chaud, à plusieurs reprises, par 200 grammes d’eau distillée. Les liqueurs étant réunies et refroidies, on complète le volume d’un litre, et on verse dans un vase à précipitation (semblable à celui du chloromètre ou de l’alcalimètre), 50"'' de ce liquide. On y fait tomber ensuite goutte à goutte la liqueur d’épreuve contenue dans une burette ordinaire ou tannomètre, jaugeant 50"" et divisée en 100 parties ou degrés. On arrive ainsi à une saturation complète, qui se manifeste par l’absence de trouble dans le liquide tannifère, lorsqu’on y verse une goutte de solution normale d’émétique. Parvenu à ce point, on lit sur la burette le degré auquel s’est arrêté le liquide d’épreuve, et, comme chaque degré représente O^^Ol de tannin, le nombre de ces degrés lus sur la burette indique la quantité pour 100 de tannin renfermée dans la substance que l’on essaye. Si, par exemple, on trouve que le degré est le quarantième, cela signifie que la substance contient 40 p. 100 de tannin, et ainsi de suite.

Procédé de Hantke, par l'acétate de fer. — On dose le tannin à l’aide d’une solution titrée d’acétate de fer marquant 1,140 à 1,145 de densité. A 16 grammes de ce liquide, on ajoute 8 grammes d’acide acétique concentré, 16 grammes d’acétate de soude cristallisé, et assez d’eau pour obtenir un litre. En présence de l’acétate de soude, le tannate de fer formé se précipite facilement de façon à laisser une liqueur claire et incolore, sur laquelle on peut opérer de nouveau pour arriver à la limite de la réaction. Celle-ci se fait comparativement sur une solution de tannin pur et sur celle d’une matière astringente à essayée.

Procédé de Fleck par l’acétate de cuivre. — Les dissolutions astringentes sont précipitées par l’acétate de cuivre à l’état de tannate de cuivre insoluble qu’on peut recueillir, laver, sécher et incinérer : 1 partie d’oxyde de cuivre, résultant de cette incinération correspond à 1®‘’,76 de tannin.

Le tannate de cuivre est insoluble dans le carbonate d’amm.oniaque, lequel dissout, au contraire, facilement le gallate de cuivre. De là, l’avantage de ce procédé, qui permet de séparer le tannin de l’acide gallique. Mais un assez grand nombre de substances, résines et matières albuminoïdes, étant précipitées par l’acétate de cuivre en même temps que le tannin, ce procédé perd par là tous ses avantages.

Nous laissons de côté les procédés de Pribram et de Schmidt, par l’acétate de plomb et le noir animal, celui de Persoz par le chlorure d’étain et le sel ammoniac, pour développer celui de Wagner.

Procédé de Wagner, par le sidfate de cinchonine. — Le tannin est précipité complètement par la plupart des alcaloïdes, notamment par la cinchonine. C’est pourquoi Wagner a recommandé l’usage d’une liqueur titrante qu’il prépare en dissolvant dans un litre d’eau 4sr,523 de sulfate neutre de cinchonine, qu’il colore ensuite en rouge par l'addition de O®", 10 d'acétate de rosaniline : 1"" de cette liqueur précipite 0®%01 de tannin. Il est avantageux d’ajouter à la solution 0®",50

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d’acide sulfurique qui, par sa présence, favorise le dépôt du tannate de cinchonine et en augmente l’insolubilité.

Pour opérer, on épuise 10 grammes delà matière tannante par de l’eau distillée bouillante, on filtre, on lave le résidu et on amène toutes les liqueurs au volume de 500'°. On en prend 50" (correspondant à 1 gramme de substance), et on les précipite par la solution titrée de sulfate de cinchonine rougi, jusqu’à ce que le liquide, rendu presque clair par le repos, conserve une légère teinte rosée. On n’a plus qu’à lire, sur l’échelle divisée de la burette dans laquelle on a mis le sulfate, le chiffre de la dépense pour connaître le titre de la solution tannique.

L’incertitude que laisse la précipitation d’une liqueur astringente de nature complexe par les sels métalliques, et les difficultés qu’on éprouve à bien saisir les limites de la précipitation, rendent les divers genres de procédés précédents peu propres à des essais rigoureux.

L’emploi du sulfate de cinchonine laisse aussi à désirer, d’abord parce que le tannate alcaloïdique ne se précipite pas toujours en flocons, de manière à laisser la liqueur limpide; ensuite, parce que les liqueurs astringentes colorées s’opposent à l’observation du moment où le liquide devient rosé sous l’influence d’un léger excès d’acétate de rosaniline annonçant la fin de l’opération. C’est pourquoi les chimistes accordent la préférence aux méthodes qui reposent sur l’oxydation du tannin par le permanganate de potasse.

Troisième groupe. — Le titrage des substances tannifères parla mesure de l’oxygène libre qu’elles peuvent absorber en présence d’un alcali (procédés Mittenziveiei Terreü), est d’une manipulation trop délicate pour être employé dans la pratique industrielle. C’est du reste un moyen condamné par quelques opérateurs. Ceux de Commaüle par l’acide iodique et de Prud'homme par l’hypochlorite de chaux en présence d’un peu de vert de méthyle, sont peu suivis. On leur préfère l’emploi du caméléon violet.

Titrage par le permanganate de potasse. — Pi'océdé Monier. — Le permanganate de potasse réagit très-facilement sur le tannin et ses dérivés en le transformant en eau et en acide carbonique. Cette réaction se prononce encore dans une liqueur ne renfermant qu’un millionième de tannin. Au contraire, les acides malique, citrique, tartrique, acétique, etc., les sucres, les gommes, la dextrine, les corps gras, etc., ne sont pas brûlés par le caméléon, lorsque ces matières sont en dissolution étendue. De là la possibilité de doser le tannin même au sein de liqueurs de composition complexe. Voici la marche tracée par M. Monier pour faire ce genre de titrage : on prépare avec du tannin pur et sec une solution aqueuse au centième. D’autre part, on épuise par l’eau bouillante légèrement acidulée par l’acide chlorhydrique, 10 grammes de la matière astringente à titrer. On ajoute aux liqueurs assez d’eau distillée pour faire du tout un demi-litre. Après clarification par le repos, on en prend 50" que l’on verse dans un grand matras ; on y ajoute assez d’eau ordinaire acidulée à l’acide sulfurique pour en faire un demi-litre.

Dans un matras semblable à celui-ci, on introduit 10" de la solution de tannin au 100», avec eau acidulée = 1/2 litre.

Enfin, on détermine à l’aide de burettes graduées les volumes V et V' de caméléon qu’il faut verser pour obtenir, dans les deux liqueurs, une teinte rosée et de même intensité. Les volumes V etV' seront proportionnels aux quantités de

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tannin contenues dans les liqueurs. Ex. : Si V = 40 pour 10“ = 0S'’,01 de tannin pur ; et si V' = 600 pour 50“ = 1 gramme de matière, celle-ci renfermerait 40 : 600 :: 0,01 : x; soitx = O^^IS. Elle contiendrait donc 15 p. 100 de principe tannant.

Gomme l’acide gallique auquel le tannin peut être mélangé absorbe du caméléon violet pour son propre compte, on répète l’expérience sur une nouvelle portion de liqueur à laquelle on ajoute un excès d’albumine pour entraîner le tannin. On filtre; on coagule l’excès d’albumine par la chaleur; on filtre de nouveau et on fait le titrage, par comparaison à une solution au 100® d’acide gallique.

Le procédé de M. Monier présente quelques inconvénients. Non-seulement le permanganate peut être réduit par des substances organiques autres que le tannin dans les parties végétales qui le renferment, mais il faut de très-grandes proportions de caméléon pour détruire un faible poids de tannin, ce qui rend la liqueur si fortement colorée en brun qu’il est difficile de juger de la fin de l’opération.

Le procédé de M. Neubauer consiste à doser le tannin dans l'écorce de chêne au moyen du permanganate de potasse ; puis à répéter ce dosage sur la liqueur à laquelle on enlève préalablement son principe astringent à' l’aide du noir animal. Le dernier dosage mesure la proportion de permanganate absorbé par les matières étrangères; on la soustrait du premier résultat; la différence obtenue correspond au tannin.

Pi'océdé G. Pouchet, par le caméléon et un alcali. — M. G. Pouchet a cherché à instituer une méthode de dosage rapide et sûre; elle consiste à oxyder le tannin par le permanganate de potasse, à fj'oid, dans une solution alcaline, ce qui amène la coloration de la liqueur en une teinte plus ou moins foncée. En y ajoutant ensuite du permanganate de potasse, ce composé est détruit proportionnellement au tannin qu’il rencontre, jusqu’au moment où il colore la liqueur en vert émeraude persistant, sous l’influence de l’excès d’alcali qui le transforme en manganate neutre. « La marche à suivre consiste à faire avec la substance tannifère à essayer une solution ne contenant pas beaucoup plus de 1 gramme par litre de tannin pur ; à prélever de cette solution 10, 20, 25 ou au plus 30 centimètres cubes, à l’aide d’une pipette graduée, à y ajouter dix fois leur volume d’une solution de potasse caustique à 5® Baumé, et à titrer immédiatement après le mélange et le plus rapidement possible à l’aide d’une solution de permanganate de potasse, titrée au préalable avec de l’acide tannique pur, séché à 90® pendant douze heures, et correspondant à très-peu de chose près à 5®®pour 25 milligrammes d’acide tannique pur, soit 25®® de liqueur de tannin pur à 1 gramme par litre (I). »

Procédé Carpeni. — Dans le procédé Carpjeni, on a recours à une solution ammoniacale d'acétate de zinc, qui précipite exclusivement le tannin à l’état de tannate de zinc qu’on titre ensuite à l’aide du caméléon violet. On dissout d’abord 1 gramme de tannin pur et sec dans t litre d’eau. On prend 10®® de la solution = 0,01 et l’on s’en sert pour titrer une solution étendue de permanganate de potasse. Admettons que 10®® de cette liqueur soient décolorés par 1®® = 0,01 de tannin.

(1) Dosage du tannin. G. Pouchet. Mon. scient., 1876, p. 1130.

TAPIOKA.

On épuise alors la substance astringente à essayer (10 grammes) par de l’eau de façon à en faire un litre. On en prend 40"° qu’on précipite par un excès d’acétate de zinc ammoniacal ; on fait bouillir liquide et précipité jusqu’à réduction de 1/3; on recueille ensuite ce précipité sur un filtre ; on le lave à l’eau bouillante ; puis on le dissout dans suffisante quantité d’acide sulfurique étendu, et l’on titre cette solution avec le caméléon. La dépense rapportée à40°", puis à 1,000"" donne la proportion detannin contenue dans 10 grammes de la substance tannifère.

De toutes les méthodes qui viennent d’être examinées, celle de Fehling telle quelle ou avec la modification apportée par Mülki\ puis celle de Wagner quand elle est bien maniée, et enfin celle de Carpeni, nous paraissent préférables à toutes les autres.

Richesse en tannin de quelques substances astringentes.

Procédé Muller. . .

Écorce de chêne centenaire

— de jeunes pins

Dividivi

Sumac

Racine de tormentille

Écorce américaine (mimosa)

Noix de galle

Galles de cliCme

Procède Wagner..

f Écorce de chêne, bonne qualité,

— — ordinaire

— de pin

— de hêtre

Sumac, l'® qualité

IVallonia, R' qualité

Dividivi

Bablah :

Pépins de raisin dégraissés. . . .

\ Houblon

TAPIOKA. — C’est une matière amylacée obtenue en faisant sécher sur des plaques chaudes la moussache, ou fécule exotique extraite de la racine du Janipha manihot [Manihot aipi et utiUssima de Pohl), de la famille des Euphorbiacées, plante qui croît abondamment au Brésil.

Le tapioka est en grumeaux irréguliers, blancs, et quelquefois rougeâtres, très-durs et un peu élastiques, composés de grains agglomérés. Gonflé et délayé dans l’eau, il donne une dissolution qui bleuit fortement par l’iode. Il n’est pas entièrement soluble dans l’eau, et fournit un empois visqueux demitransparent, inodore et d’une saveur fade. Sa longue ébullition au sein de ce liquide laisse toujours un résidu insoluble qui se dépose facilement.

Examiné au microscope, il présente des granules presque tous sphériques, plus petits que ceux de l’amidon de blé, mais plus égaux en grosseur que ces derniers. Quelques-uns de ces granules semblent coupés comme ceux du sagou. Ils portent un hile à deux ou trois branches (fig. 233).

Usages. — Le tapioka est très-usité aujourd’hui comme féculent et ana-

TAPIOKA.

leptique : il remplace avantageusement dans le potage la plupart des pâtes alimentaires.

Falsifications. — On le mélange très-souvent à de la fécule de pomme de terre qu’on lui substitue quelquefois complètement. En effet, on prépare un

tapioka factice avec la fécule de pomme de terre imbibée d’eau, que l’on projette sur des plaques de cuivre rouge chauffées à 100®. Ce tapioka est en morceaux arrondis, presque réguliers, d’une structure homogène et non granulée , plus blancs, moins opaques et plus faciles^ à rompre sous la dent que ceux du précédent. Il donne avec l’eau bouillante un empois opaque d’une saveur fade; il bleuit avec l’iode. En le soumettant à l’inspection au microscope, on y reconnaît facilement les granules de fécule de pomme de terre.

Pour déceler cette fraude, Payen a proposé de faire bouillir le tapioka dans de l’eau pendant cinq minutes ; lorsqu’on a obtenu une bouillie claire, on cesse de chauffer et on ajoute au liquide 4 ou 5 gouttes d’acide sulfurique en agitant vivement ; il se manifeste aussitôt une odeur de colle aigrie, d’autant plus prononcée qu’il y a plus de fécule.

M. Mai'chand, de Fécamp, ajoute à ce moyen de recherche la remarque suivante : Deux macérés de tapioka pur et de tapioka féculé faits dans des proportions égales, puis portés à l’ébullition, donnent des liqueurs dans lesquelles l’eau iodée fait naître une coloration bleue persistante pour la fécule, et qui disparaît pour le tapioka pur. Si cependant on ajoute un excès d’eau iodée, c’est ce dernier qui donne la coloration la plus foncée et la plus persistante.

Le tapioka factice peut contenir du cuivre^ provenant des plaques de ce métal servant, comme nous venons de le dire, à sa préparation. Il n’en faut pas davantage pour rendre cet aliment toxique, et, comme on en a eu l’exemple en 1843, des symptômes d’empoisonnement ne tarderaient pas à se manifester après l’ingestion d'un potage qui aurait été préparé avec une fécule ainsi altérée.

Pour déceler le cuivre dans le tapioka, il suffit de faire avec cette substance une bouillie claire, d’y ajouter quelques gouttes de vinaigre, et de plonger dans ce mélange une lame de fer décapée ; s’il y a du cuivre, la lame se recouvre d’une couche de cuivre métallique ; ou bien le liquide filtré prend, par le cyanure jaune, une couleur brun-marron.

On reconnaît aussi le cuivre dans le tapioka par l’incinération d'une certaine quantité de ce féculent ; les cendres sont traitées à chaud par l’acide nitrique ; le liquide, évaporé à siccité et repris par l'eau pure, est soumis à l’ac-

Fig. 233. — Fécule de tapioka. Grossissement de 110 diamètres.

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