TEINTURES
Alcool a 60“. — Rapport 1 ; 5 (rappoit de la substance à l’alcool).
Procédé par macération : Aloès, arnica, cachou, colchique, Colombo, écorces d’orange amère, gayac, gentiane, jalap, quassia amara, rhubarbe, scille.
Procédé par lixiviatioji : Absinthe, belladone, ciguë, digitale, quinquina, ratanhia, valériane. Rapport 1 : 10. — Macération; colchique (semences).
Rapport 1 : 12. — Extrait d’opium.
Rapport 1 : .39. — Eam-de-vie camphrée.
Alcool a 80". — Rapport 1 : 5.
Macération ; Assa fœtida, benjoin, girofles, macis, myrrhe, noix vomique.
Lixiviation ; Cannelle, pyrèthro.
Rapport 1 : 10.
Macération ; Cantharides, castoréum, musc, safran, vanille.
Alcool à 90". — Rapport 1:9.
Alcool camphré.
Rapport 1 : 12.
Teinture d’iode.
TEINTURES ALCOOLIQUES
vront être décisifs en cas de fraude. Il sera quelquefois possible d’y joindre le dosage du principe actif et caractéristique que contiennent certains alcoolés.
Pour guider le praticien dans ce genre d’essai, nous donnons ci-après les résultats obtenus autrefois par Deschamps, d’Avallon, tels qu’il les a inscrits dans le lumineux rapport qu’il présenta à la Société de Pharmacie de Paris, en 1862; mais nous devons répéter encore ici que la plus grande certitude que le pharmacien pourra avoir, relativement à la bonne préparation d’une teinture, ne lui sera donnée qu’en la préparant lui-même.
XOMS DES TEINTLRES.
OrÉlïATIOKS.
DEGRÉS
de
l’alcool.
EXTR.AIT contenu dans 100 parties.
UEiXsnÉ.
Aconit
Macération
Aloès,
Arnica fleurs)
Damne de Toln
Belladone Ifeuilles)
Benjoin
Cachou
(Cannelle
Colchique (Bulbes)
id. (semences!
Datura stramonium (semences)
Digitale (feuilles)
Gayac
id
Lixiviation.
Gentiane
Macération
Ipécacuanha
id
Lixiviation.
Jalan
Macération
id
Lixiviation.
Jusquiame (semences)
Macération
Noix vomique
Quinquina gris
id.
Lixiviation.
Quinquina jaune
Mac.ii-H3''
id.
id.
Lixiviation.
Ratanhia
Macération
id
Lixiviation.
Scille
Macération
Lixiviation.
Alcoolatures. — On donne le nom à'alcoolatures aux teintures alcooliques que l’on prépare avec les plantes fraîches ou avec le suc de celles-ci.
Ces médicaments sont préparés à parties égales, en employant de l’alcool fort (à 90°) et par macération.
M. St. Colton prétend qu’on peut distinguer les alcoolatures des teintures correspondantes par le moyen suivant :
« A 10 gouttes de teinture ou d’alcoolature, on ajoute 5 gouttes de sous-ace tate de plomb liquide, qui produit un précipité d’un jaune sale dans la teinture, et beaucoup moins foncé, tirant sur le vert, dans l’alcoolature. Puis, on ajoute 13 à 20 gouttes d’ammoniaque au mélange, et alors la différence de teinte devient manifeste ; en étendant d’eau, on obtient par l’agitation une écume d’un jaune sale. Avec l’alcoolature, au contraire, le précipité devient plus blanc, et l’écume formée par agitation n’est pas colorée. « L’addition au mélange
TEINTURE d’iode. 1161
ammoniacal de 5 gouttes d’une solution de sulfate de cuivre saturée, produira un vert plus franc avec la teinture qu’avec l’alcoolature.
TEINTURES ÉTHÉRÉES. — Elles sont obtenues par lixiviation à l’aide de l’éther à 50® Baumé (densité = 0,76), lequel est un mélange de 712 parties d’éther pur avec 288 parties d’alcool à 90®. Le rapport est de 1 : 5 pour les teintures éthérées de belladone, ciguë, digitale, etc.; il est de 1 : 10 pour celles d’ambre gris, de castoréum, de musc.
Ces liquides s’altèrent promptement soit par l’évaporation, soit sous l’influence de la lumière, soit encore sous celle de l’oxygène de l’air qui change peu à peu l’éther en acide acétique. On pourra les essayer par les moyens généraux qu’on applique à l’examen des teintures alcooliques, et en se reportant, pour l’examen de l’éther, à ce qui a été dit en traitant de celui-ci. (Voy. Étuer.)
TEINTURE D’IODE. — Ce médicament est obtenu parla dissolution de 1 partie d’iode dans 12 parties d’alcool à 90®. Il est d’une couleur brune foncée, d’une odeur caractéristique d’iode, d’une saveur très-caustique. Il tache la peau en jaune. On en fait très-souvent usage en frictions sur la peau, ou en injections dans des poches à sérosité. 100 grammes de teinture d’iode récente, mé- 'langés avec 200 grammes d’eau, abandonnent 6 grammes d’iode précipité.
Altérations. — La teinture d’iode s’altère à la suite d’une conservation prolongée. Elle perd de sa causticité ; l’iode réagit sur les éléments de l’alcool et produit de l’acide iodhydrique, de l’iodure d’éthyle et peut-être de l’iodal. Commaille a constaté : qu’il ne s’y formait pas d’acide iodique; que l’altération de cette teinture, loin d’être rapide, était très-lente, et à peu près nulle dans l’obscurité.
Falsiflcations. — Elles portent sur la proportion d’iode, qu’on a pu diminuer lorsque ce métalloïde est d’un prix élevé ; ou bien elles résultent de l’emploi d’un iode impur. 11 est donc nécessaire de savoir y doser celui-ci.
Commaille a proposé pour cela un certain nombre de procédés :
1" Traiter un poids déterminé de teinture d’iode par un excès d’acide sulfureux en solution aqueuse étendue, et précipiter la liqueur par de l’azotate d’argent avec excès d’acide azotique ; celui-ci ne laisse se précipiter que de l’iodure d’argent qu’on doit recueillir, laver, sécher et peser : 100 parties d’iodure d’argent correspondent à 54,04 d’iode ;
2® Traiter la teinture d’iode par un excès d’acide sulfureux et ajouter du sulfate de cuivre qui entraîne tout l’iode à l’état d’iodure cuivreux Gu^I ;
3® Faire une opération sulfhydrométrique renversée, c’est-à-dire employer une solution titrée d’acide sulfhydrique, ou mieux, de sulfure de sodium qu’on fait agir sur*la teinture d’iode amidonnée jusqu’à décoloration;
4® Titrer la liqueur iodée amidonnée par une solution titrée d’hyposulflte de soude; il se fait du tétrathionate de soude et de l’iodure de sodium :
2(S202,Na0 J 5aq) -1- I = S‘03,NaO -H Nal -j- 10 aq.
Ces procédés volumétriques sont plus exacts que les méthodes par les pesées, parce que ces dernières donnent non-seulement l’iode libre, mais l’acide iodhydrique.
M. Itauwez a proposé de faire ce titrage au moyen du zinc grenaillé pur; un
TÉRÉBENTHINES.
poids connu de ce métal absorbe l’iode pour passer à l’état d'iodure. La liqueur une fois décolorée, on pèse le zinc restant. Pour appliquer ce moyen, il faut d’abord absorber l’acide iodhydrique libre au moyen de la craie ou carbonate de chaux, auquel M. Caries substitue le carbonate de baryte.
TÉRÉBENTHINES. — On donne le nom de térébenthines aux sucs oléorésineux, liquides ou concrets, tirés pour la plupart des Pins et des Sapins, arbres de la famille des Conifères. Elles sont demi-fluides, de consistance visqueuse, à odeur vive et pénétrante, à saveur chaude et âcre. Une distillation ménagée en sépare une huile essentielle volatile el une résine fixe. Les térébenthines sont insolubles dans l’eau, mais solubles dans l’alcool, l’éther, le sulfure de carbone, etc. Elles sont très-combustibles. Ces mélanges naturels d’huile essentielle et de résine sont usités dans les arts et en médecine.
On trouve dans le commerce plusieurs sortes de térébenthine : U Térébenthine de Bordeaux; 2“ T. de Strasbourg ; 3® T, de Venise.
La térébenthine commune ou de Bordeaux est épaisse, grenue, nébuleuse, d’une consistance de miel épais, d’un jaune clair, d’une odeur particulière pénétrante ; sa saveur est âcre et amère ; sa densité est variable, mais toujours inférieure à celle de l'eau. Elle est lévogyre; son pouvoir rotatoire est égal à — 6,5. Elle est entièrement soluble dans l’alcool rectifié ; elle est siccative; exposée en couche mince à l’air, elle s’y dessèche en vingt-quatre heures. Elle est complètement solidifiable par \ /32 de magnésie calcinée.
Abandonnée au repos, la térébenthine de Bordeaux se sépare toujours en deux parties : l’une demi-fluide, transparente; l’autre presque solide, grenue, demi-opaque, qui se dépose au-dessous de la première.
La térébenthine de Bordeaux provient du Pinus pinaster qu’on a nommé longtemps à tort Pinus maritima (1), arbre qu’on cultive depuis Bordeaux jusqu’à Bayonne (2). Elle s’écoule des incisions faites au tronc de l’arbre et porte alors le nom de gemme. En l’épurant au soleil ou par une douce chaleur, on obtient la térébenthine au soleil on à la chaudière. Fondue directement et filtrée sur de la paille, elle constitue la térébenthine commune, etc. (3).
La térébenthine qui coule pendant l’hiver est solide et moins riche en huile essentielle : c’est le produit appelé galipol (4).
La térébenthine de Strasbourg ou de Suisse, nommée encore T. clah'e d’Alsace ou des T’osÿes et T. au citron, est la seule qui soit employée en pharmacie; on la tire surtout de Suisse. Guibourt lui attribue les caractères suivants : elle est très-fluide, peu colorée, trouble et blanchâtre lorsqu’elle vient d’être récoltée, mais transparente après filtration. Son odeur est des plus suaves, analogue à celle du citron; sa saveur est un peu âcre et amère. Elle est assez promptement siccative à l’air; elle se recouvre peu à peu d’une pellicule dure» et cassante,
(1) Paul Dire. Essai sur un arbre du genre Pinus, qui croît spontanément dans les Landes de Gascogne. Tlièse. École de pharmacie, 1872.
(2) Le Pinus sijlvestris dans le nord do l'Europe, et le P. palustris aux États-Unis, fournissent des térébenthines très-semblables à celle de Bordeaux. La dernière porte dans le commerce le nom de Tér. d'Amérique.
(3) Voir pour les détails sur la culture du pin : Poireau. Essai sur le Pin des Landes et ses produits. Thèse. École de jiharmacie, 1874.
(4) Les gemmes récoltées au printemps sont plus riches en essence que celies récoltées en été, l'évaporation étant moindre dans la première saison (U. Dive).
TÉRÉBENTHINES.
dans les vases mal fermés qui la contiennent. Elle est solidifiable par 1/16 de magnésie calcinée ; enfin, elle est impur fai lement soluble dam l'alcool. Elle dévie de 5 à 6“ à gauche le plan de polarisation.
La térébenthine de Strasbourg provient du vrai sapin {Abies pectinata) ; le tronc et les branches se recouvrent d’utricules ou ampoules qu’on crève pour en avoir le suc.
La térébenthine de Venise., quoique coulante, n’est jamais liquide, ni jamais aussi transparente que la belje térébenthine du sapin ; elle est uniformément nébuleuse, d’une odeur tenace, un peu fatigante, d’une saveur très-amère, âcre et persistante. Elle nest pas sensiblement siccative ; 1/16 de magnésie ne la solidifie pas ; enfin elle se dissout complètement dans cinq parties d’alcool à 86“ {Gidbourt). On l'extrait du Mélèze {Larix europæa) en faisant des trous à l’arbre à l’aide d’une tarière.
Le groupe des térébenthines comprend encore :
La T. de Boston, ou de la Cai'oline, tirée principalement de cet État et de celui de Virginie ; elle est produite par le Pinus australis et sans doute aussi par le P inus ou Abies tæda {Guibourt). Elle est uniformément opaque et blanchâtre, coulante sans ténacité, d’une odeur forte et d’une saveur amère. Elle diffère de la térébenthine de Bordeaux en ce qu’elle n’abandonne pas de dépôt. Elle dévie à gauche de 9“ le plan de polarisation.
Le baume du Canada; c’est une térébenthine produite par l’A^ieés balsamea. Elle a la plus grande ressemblance avec celle du vrai sapin ou T. de Strasbourg.
Le baume du Canada est liquide, presque incolore s’il est récent, et jaune d’or s’il est ancien ; son odeur est douce, sa saveur âcre et un peu amère. 11 est siccatif, solidifiable parla magnésie et très-imparfaitement soluble dans l’alcool ; aussi lui a-t-on substitué quelquefois la térébenthine de Strasbourg; mais celle-ci est lévogyre, tandis qu’il dévie de 12“ à droite le plan de la lumière polarisée.
Il y a aussi la térébenthine de Hongrie tirée du Pinus mugho, celle des monts Carpathes provenant du P. Cimbro.
Il faut encore classer ici : 1“ le baume de copahu (voir page 139) qui n’est qu’une oléorésine; 2“ le baume de la Mecque ou B. de Judée, B. de Güéad, presque introuvable aujourd’hui ; il provient des Balsamodendron opobalsamum et gileadense, de la famille des Térébinthacées {Guibourt, page 142); 3“ la térébenthine de Chio, fournie par le Pistacia terelnnthus (Térébinthacées). Elle est ti’èsconsistante, presque solide, très-nébuleuse ou pi-esque opaque, d’un gris ou d’un jaune verdâtres. Son odeur rappelle celle de la résine élémi. Elle est incomplètement soluble dans l’alcool et très-soluble dans l’éther.
Composition. — L’analyse des térébenthines a été faite autrefois par Unverdorben et Cailliot. Aujourd’hui on sait qu’elles renferment une huile volatile {essence de térébenthind), des acides pinique, sylvique et pimarique, une résine insoluble dans l’alcool, et quelquefois de l'acide succinique.
La térébenthine de Venise renferme de 18 à 23 p. 100 d’huile volatile, celle de Strasbourg en contient le tiers de son poids ; la térébenthine de Bordeaux en donne seulement 12 p. 100.
Usaj^es. — La térébenthine entre dans la composition des vernis, des mastics, etc. En pharmacie, on la fait entrer dans l'eau térébenthinée, dans l'alcoolat
TÉRÉBENTHINES.
de térébenthine composé (baume de Fioravanti), dans diverses pilules, dans les digestifs, etc., etc.
Altérations. — Les térébenthines de Bordeaux et de Venise, exposées à l’air, perdent rapidement une grande partie de leur huile essentielle ; elles deviennent aloi s presque solides, et leur valeur en est considérablement diminuée.
La plupart des impuretés qui les salissent sont appréciées à l’aide de l’alcool, qui ne dissout que la térébenthine et laisse les matières étrangères pour résidu.
11 est quelquefois nécessaire de déterminer exactement les proportions à'eau et de matières étrangères (débris végétaux ou substances terreuses) que contiennent les gemmes, les térébenthines et les résines. On y arrive exactement à l’aide du procédé de M. Maxwell Lyte : il consiste à dissoudre le produit résineux dans de l’essence de térébenthine, puis à en séparer l’eau par décantation et les matières insolubles par filtration. Pour cela il faut avoir recours à l’appareil particulier nommé rylinimètre (mesure des résineux), construit par M. Salleron. Il se compose des parties suivantes :
1° Un support S, une lampe à alcool L, et un vase G (fig. 231) dans lequel on peut faire bouillir de l’eau pour chauffer la chaudière A (fig. 233), dans laquelle se fait la dissolution de la substance ;
2° Un flacon B portant un trait de jauge correspondant à 100 grammes d’essence de térébenthine (fig. 233), pouvant être ajusté à la chaudière A, par la partie 0 qui sert ellemême à fixer une rondelle en flanelle qui agira comme filtre. La chaudière A porte à sa base une tubulure propre à recevoir à volonté un bouchon ou un tube de verre t. Ce dernier sert à insuffler de l’air dans cette chaudière pour aider à la filtration ;
3“ Un tube T gradué en demi-centimètres cubes et pouvant s’ajuster au col du flacon B (fig. 236). 11 sert à recueillir l’eau du produit résineux et à la mesurer.
On a de plus, en G, une cuiller en métal pour prendre la térébenthine, et deux disques métalliques servant à donner une grandeur convenable aux rondelles de flanelle qu’on découpe pour en faire des filtres (fig. 233).
Pour procéder à l’expérience, on pèse 100 grammes de térébenthine dans la chaudière A dont on a fait préalablement la tare en même temps que celle de la rondelle de flanelle et celle du bouchon qui sert à clore la tubulure a; ces tares doivent être conservées intactes. On mesure ensuite 100 grammes d’essence de térébenthine bien pure et exempte d’eau, dans le flacon de jauge B ; on la verse dans la chaudière, puis on place celle-ci dans le bain de vapeur G qui doit contenir 1 centimètre d’eau en hauteur. On installe ce bain sur son support S, et on fait entrer l’eau en ébullition au moyen de la lampe à alcool ; on agite alors avec une baguette de verre le mélange de la chaudière A jusqu’à dissolution complète.
Fig. 234. — li^linimrtre : support et bain de \apeur.
TÉRÉBENTHINES.
Lorsqu’on a opéré celle-ci, on enlève la chaudière A de son bain de vapeur, on recouvre son orifice de la rondelle de flanelle pesée en même temps qu’elle ; on serre cette rondelle au moyen du couvercle b que porte te flacon B et l’on retourne l’appareil sur son support S, de façon à établir la filtration de la dissolution contenue en A, dans le flacon B qui sert alors de récipient (fig. 235).
Fig. 235. — Ihjlinimètre* Appareil pour la filtration de Fig. 236. — Bytinimètre.Tyihc gradué pour la mesure
la solution résineuse. de Feau contenue dans la térébenthine.
C’est alors qu’on ajuste le petit tube f à la tubulure a pour insuffler de l’air, ce qui accélère la filtration, ou pour en aspirer, lorsque la filtration s’arrête sous l’influence d’un dépôt terreux pouvant obstruer les pores de la rondelle de flanelle. A la fin de l’opération, on ajoute par la tubulure a un peu d’essence de térébenthine pour ramasser et dissoudre les parties résineuses étalées sur les parois internes de la chaudière ; on agite et on achève la filtration. Il est bon de répéter cette opération une dernière fois.
Dans le flacon B, on voit alors deux couches : l’eau à la partie inférieure, et la solution résineuse au-dessus. On ajuste alors le tube gradué à l’orifice du vase B, on renverse ensuite 1e système (fig. 236) ; de cette façon, l’eau s’accumule dans le fond du tube gradué dont elle occupera un volume déterminé. Ce volume formé de demi- centimètres cubes, multiplié par donne le poids de l’eau.
Si maintenant on maintie^nt la chaudière A pendant quelque temps au bain de vapeur pour en chasser le peu d’essence qui imbibe la rondelle, en plaçant ensuite le tout sur le plateau de la balance en opposition avec la tare qui y était restée, l’augmentation de poids qu’on constatera mesurera le poids des substances terreuses restées sur la rondelle. Lors de cette pesée il ne faut pas oublier de remettre à la tubulure a le bouchon avec lequel on l’avait pesée.
On aura ainsi le poids de l’eau et celui des matières insolubles ; leur somme retranchée de 100 grammes donnera le poids de térébenthine pure.
« S’il s’agissait d’essayer, non plus une gemme, mais une résine, une colo-
TIIÉ.
phane, un asphalte, un bitume, un goudron, on opérerait de la même manière; seulement, il faudrait avoir soin de choisir le liquide dans lequel ces matières sont 1e plus solubles, comme, par exemple, la benzine ou l’essence de pétrole » {Bolley) (1).
Falsiflcatioiis. — On a substitué à la térébenthine de Bordeaux un produit fabriqué avec la colophane, une huile grasse et un peu de térébenthine. Cette matière falsifiée se reconnaît à son aspect particulier; soumise à l’action de la chaleur, elle ne laisse pas un résidu sec et cassant comme la bonne térébenthine.
La térébenthine de Venise, mêlée à des térébenthines communes, est plus consistante, et a perdu sa transparence.
La térébenthine de Venise, additionnée dihuiles grasses communes, pour lui conserver sa fluidité, est reconnaissable lorsqu’on la chauffe pour éliminer l’huile essentielle; le résidu refroidi a une consistance solide, si la térébenthine est pure; il est poisseux et gras, lorsqu’elle contient une huile grasse.
(Voir aussi : Poix de Bourgogne.)
TERRE FOLIÉE MINÉRALE. — V. Acétate de soude.
TERRE FOLIÉE VÉGÉTAI.E. — V. Acétate de potasse.
THÉ. — Le thé est la feuille desséchée d’un arbrisseau {Thea chinensis) de la famille des Gamelliées ou Ternstrœmiacées, qui croît en Chine, au Japon, en Cochinchine, ainsi que dans quelques contrées de l’Asie orientale et méridionale, et que l’on cultive aujourd’hui sur les côtes du Malabar et au Brésil. Cet arbrisseau est rameux, toujours vert, communément de 1“,60 à 1“,95 d’élévation ; à feuilles alternes dont les formes, les dimensions, la couleur, la pubescence varient avec l’âge. Jeunes, elles sont étroites, entière^, recouvertes d’un léger duvet ; plus âgées, elles sont elliptiques, aiguës, dentées et assez fermes, glabres, luisantes, d’un vert assez intense, longues communément de 0“, 05 ou 0™.08 et larges de 0“,03. Les fleurs sont blanches, assez grandes, courtement pédonculées, solitaires ou réunies en petit nombre à l’aisselle des feuilles supérieures.
Variétés commerciales. — On divise le thé en deux catégories : les thés 7ioirs et les thés verts (2), qui, eux-mêmes, sont subdivisés en un certain nombre d’es-
(1) Bolley. Manuel pratique d’essais et de recherches cliimiqucs.
(2) L’opinion la plus généralement admise maintenant est qu’il n’y a plus à douter de l’identité des arbustes à thé vert et à thé noir.
l! résulte d'une enquête faite à Londres par une commission sanitaire, qui a entendu le président de la Société commerciale des Indes orientales pour le commerce du thé, que les différentes nuances de thé envoyé en Europe sont le résultat d'un procédé de teinture que les Chinois font subir à cette feuille pour se conformer.au désir des marchands européens ; si bien qu’il ne leur en coûterait pas davantage de nous envoyer du thé jaune, rouge ou bleu, si telle était la mode.
Il paraît que cette manipulation consiste à ajouter, à la dernière cuisson, pour 20 livres de feuilles, une cuillerée de gypse, une cuillerée de curcianaet deux ou trois cuillerées d'indigo passé à travers une mousseline très-fine. Le thé est roulé pendant une heure au moins avec cette mixtion, qui n’ôte ni n’ajoute rien à son arôme : l’indigo donne la couleur, et le sulfate de chaux la fixe et procure au thé un aspect efflorescent, analogue à celui du duvet des jeunes feuilles. Les Chinois appellent younglin la première de ces substances, et la seconde acco.
Cette addition d’indigo et de gypse ne constitue pas une falsification ; c’est un usage du pays qui remonte peut-être au temps de la première fabrication. Le thé reçoit ainsi une belle coloration
THE
pèces et même de variétés, provenant du climat sous lequel l’arbrisseau a végété, de l’âge des feuilles, de l’époque de leur récolte et des préparations diverses qu’on leur a fait subir.
1" Tués NOIRS. — Thépekoë, ou pak-ho, o\xpekao, o\\ jjékin. — C’est le plus fin, le plus aromatique et le plus cher des thés noirs. Ses feuilles sont très-allongées, d’un noir argenté, et couvertes d’un léger duvet blanc et soyeux ; leurs extrémités sont tachetées de noir, de gris et de blanc. Odeur douce, aromatique, que les Chinois augmentent encore en y mêlant quelques fleurs de YOlea fragmns, dont on trouve fréquemment des graines dans le pekoë (1). Son infusion est d’un beau jaune doré : son goût ressemble un peu à celui de la noisette fraîche.
Thé pekoë d'Assam. — Feuille plus large et moins allongée. Son infusion a une saveur, un parfum, un goût bien inférieurs à ceux de l’infusion du pekoë chinois, désigné généralement sous le nom de pekoë à pointes blanches.
Thé pekoë orangé. — Très-menu, d’un noir foncé, mêlé de jaune orangé; odeur agréable, quoiqu’elle ne paraisse pas naturelle. Ce thé, mélangé avec du Congo, se vend à Londres sous la dénomination assez connue de hoivqua mixture.
Thé Congo, ou koong-foo, ou camphou. — Feuilles minces, courtes, d’un noir grisâtre. Infusion assez claire, d’un goût assez agréable.
Thé pouchong, ou paou-chung, ou padrea. — Feuilles larges, longues et bien roulées, mélangées d’une assez grande quantité de pétioles. Odeur très-suave. 'Infusion verte, un peu ambrée.
Thésouchong ou seaou-schung. — Feuilles un peu plus larges que celles du Congo, minces et tant soit peu concassées. C’est le plus fort des thés noirs. Infusion claire, dorée, d’une saveur douce (2)
Thé bohea, ou woo-e, ou boui-bou (3). — Peut se classer en deux espèces différentes :
Le bohea de Fokien et le bohea de Canton. — Mélange de feuilles de toutes sortes, larges, plates, inégales, d’une couleur brun clair et verdâtre, toujours mêlées de poussière et de petits fi’agments de pétioles. Infusion rougeâtre, peu sapide, ayant parfois un goût de fumée ; elle laisse déposer une espèce de sédiment noir.
2“ Tués verts. — Thé hgson ou he chun. — Feuilles longues, étroites, charnues, bien tournées en spirale, d’un vert grisâtre, fortement roulées longitudinalement sur elles-mêmes. Cette sorte est ordinairement très-lourde, quoique très-sèche et facile à briser. Odeur suave et aromatique. Infusion limpide, d’une nuance jaune-citron. C’est, de tous les thés verts, le plus généralement estimé.
verte. Dans quelques cas, comme l’a observé M. Robert Warrington, les Chinois substituent du bleu de Prusse à l'indigo ; c’est alors que la coloration peut offrir des dangers. Il paraît d’ailleurs que ces industriels ne l'ignorent pas, et qu'ils ne consomment pas chez eux ces espèces de thés verts, destinés exclusivement à l’exportation.
(1) Les Chinois parfument aussi le thé avec les fleurs d’oranger, de Mongorium sambac (Jasminées), de Camellia sesanqua; et avec la rose, le jasmin, la vanille, etc., corps odorants qui sont laissés quelque temps en contact avec lui, et séparés ensuite au moyen de vannages et de criblages répétés {Robert Fortuné).
(ï) Il arrivait autrefois, par la voie du commerce hollandais, un nouveau produit, le thé de Java, offrant dans ses premières sortes des qualités au moins correspondantes à celles des thés souchong {Chat in).
(3) Autrefois, tous les thés noirs étaient désignés sous ce nom, qui dérive de celui d’un canton de la province de Fokien d'où on le tire princ’palement. Anjourd’hui, cette sorte seule a conservé cette désignation.
THÉ
Thé poudre à canon, ou gun-poivder, ou choo-cha. — Cette sorte n’est autre que le hyson soigneusement trié, et formé des feuilles les mieux roulées en petites boules très-serrées. Elle est très-lourde, d’un vert un peu noirâtre. Infusion limpide d’un vert doré.
Thé impérial ou thé perlé (1). — Formé, comme le précédent, du triage de l’hyson; seulement il est en grains beaucoup plus gros. Feuilles roulées en boules serrées et dures, de manière à présenter l’apparence de perles. Elles sont d’un vert argenté et d’une saveur agréable.
Thé hyson-schoulang ou léhulan. — Présente les mêmes caractères que le thé hyson; son odeur suave est due, suivant quelques auteurs, à ce que l’on y mêle des fleurs de VOlea fragrans.
Thé hyson junior ou yu-tseen. — Feuilles très-petites, délicates, bien crispées, d’un vert jaunâtre, d’un parfum très-doux ressemblant un peu à la violette.
Thé tonkay ou tun-ke, ou songlo. — Feuilles larges, jaunâtres, mal roulées ; odeur assez forte. Infusion jaune foncé, claire, d’une saveur âpre.
7'hé hyson skin. — Feuilles d’un jaune brunâtre, à peine roulées ; mêlées souvent de graines de thé. Odeur presque nulle, goût un peu ferrugineux. Infusion jaune foncé, un peu trouble. C’est le bohea des thés verts.
Composition. — D’après les anciennes analyses de Mulder, 100 p. de thé renfermeraient :