‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 429 sur 470 · THÉ. H · texte numérisé non relu

THÉ. H

Le chloroforme est bien préférable à l’élber pour cet épuisement; car la caféine y est bien plus soluble. ,

En 1875, Commaille a conseillé de titrer le café ou le tbé à l’aide du moyen suivant. A 5 grammes de thé finement pulvérisé on ajoute 1 gramme de magnésie calcinée ; on mouille le mélange de façon à en faire une pâte presque ferme qu’on abandonne à elle- même pendant vingt-quatre heures et qu’on dessèche ensuite au bain-marie. La poudre verte qui en résulte, mise dans un ballon, est traitée à l’ébullition par 110 grammes de chloroforme employé en trois fois, ou bien on la place dans l’allonge d’un appareil à digestion continue, dont le ballon recèle la dose voulue de chloroforme (flg. 237), et on procède

Fig. 237. — Digcstodislillatcur à déplacement continu, de MM. Cazeneuve et Caillot.

A, ballon contenant le liquide extracteur ; — B, allonge renfermant le mélange à épuiser; — C, eau pour l’alimentation du réfrigérant; — D, allonge pour le retour dans le ballon des vapeurs condensées ; — E, réfrigérant de Licbig; — F, F, flacons condensateurs du reste des vapeurs.

à l’épuisement de cette poudre. Après cette opération, on distille le chloroforme dont on chasse les dernières vapeurs à l’aide d’un soufflet ; il laisse comme résidu un mélange de caféine et de matière cireuse sur laquelle on verse de l’eau et 10 grammes de verre lavé en poudre grossière. On chauffe à l’ébullition, on agite vigoureusement pour diviser la matière et fixer la cire au verre pilé; on jette le liquide sur un filtre mouillé qui le laisse tomber dans

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une capsule tarée. On répète encore deux fois le traitement à l'eau bouillante ; on 4vapore au bain-marie toutes les liqueurs réunies, qui laissent la caféine blanche et cristallisée. On la pèse enfin après l’avoir séchée convenablement.

M. Schwarz traite le thé par l’eau acidulée bouillante. Il neutralise ensuite la liqueur par la chaux, évapore le tout à siccité, et épuise le résidu par l’éther (le chloroforme serait préférable) qui dissout la caféine. Après évaporation du liquide, on pèse le résidu sec. Voici quelques résultats obtenus pour 100 parties :

Thé kaisow congou 1,5 à 2,4 de théine.

— poudre à canon 1,4

— — moyen 2,1

— souchong 2,12

Poudre de thé 1,46

Le mode d’essai imaginé par Commaille semble devoir être préféré à tous les autres.

Thé épuisé. — Dans les grandes villes, il n’est pas rare de voir mélanger au thé de bonne qualité du thé déjà épuisé par infusion (1), et soumis à une dessiccation préalable. Cette fraude est décèlée par l’odorat, la saveur, la couleur, le défaut d’arome.

Ces moyens organoleptiques étant souvent insuffisants, M. Allen a proposé de doser dans le thé le tannin, la gomme et le ligneux. Il est évident qu’on pourrait joindre au dosage de ces trois substances celui de la théine et celui de Veau.

M. Allen prend I gramme de thé (20 grains) qu’il fait bouillir dans un ballon pendant une demi-heure, avec 120 grammes (4 onces) d’eau distillée ; après décantation, il répète l’opération sur le marc avec un peu moins d’eau; puis, les liqueurs étant réunies et mesurées, il en prélève l/IO pour le précipiter par une solution de gélatine alunée titrée. Celle-ci se compose de 2 grammes de gélatine dissous dans 500 grammes d’eau distillée, à laquelle on ajoute 0®'',75 d’alun pour faciliter le dépôt du tannate de gélatine.

Lorsque après des tâtonnements successifs on s’est assuré que l’addition de la gélatine titrée a été suffisante pour précipiter tout le tannin, on répète l’expérience sur une nouvelle dose de liqueur. D’après la dépense, on juge de la proportion de tannin contenue dans le thé; mais pour cela il faut que la solution de gélatine ait été titrée elle-même à l’aide d’une solution de tannin pur (o grains dans 6 onces d’eau, soit 0®%25 dans 180 gr.) (2).

En opérant ainsi, M. Allen a trouvé 12,5 p. 100 de tannin dans le bon thé noir, et 19 p. 100 dans le thé vert. Il considère ce dosage comme ayant une grande importance, car si l’on atteint le chiffre normal, toute supposition de falsification par les feuilles épuisées doit être rejetée, à cela près de la

(1) En 18i3, il y avait huit fabriques de ce faux thé à Londres seulement, sans compter quelques-unes qui s’étaient établies dans d’autres parties du Royaume-Uni.

A Londres, on achète aux garçons de café les feuilles de thé qui ont déjà servi, on les fait sécher et on les mélange à des feuilles de laurier, de prunelle et d’autres plantes. Un peu de couperose bleue ou verte sert à donner à ce mélange la couleur convenable, et avec une infusion de gomme arabique, on le granule de manière à lui donner l’apparence du thé véritable. Il n’y manque que les propriétés de la feuille exotique.

(2) On pourrait substituer à ce procédé de titrage du tannin du thé l’un de ceux qui ont été donnés à l’article Tannin.

THRIDACE.

falsification par un mélange de cachou ou de feuilles du prunier sauvage.

En épuisant les feuilles par de l’eau bouillante et les desséchant ensuite, on a le poids du ligneux. Les nombres obtenus par M. Allen pour du thé pur se rapprochent beaucoup de ceux que Mulder a indiqués : ils sont de 50,5 à 51,2 p. 100 dans le thé noir et de 58,7 à 60,8 p. 100 dans le thé vert.

A l’aide de la solution de thé obtenue par l’eau bouillante et dont on a écarté par filtration la matière insoluble, on peut doser la gomme en évaporant d’abord les liqueurs en consistance de sirop et en reprenant celui-ci par de l’alcool méthylique pur; la gomme ainsi isolée est lavée à l’aide du même alcool, puis séchée et pesée.

Ces divers dosages, opérés sur du thé pur et sur le même thé épuisé par l’eau, ont donné les résultats suivants :

Tlié d'origine.

Tlié épuisé.

Humidité

Matière insoluble

Gomme

Tannin

Il faut remarquer que, généraleibent, les feuilles épuisées servant à la falsification fournissent une plus forte dose de gomme que celle qui est indiquée ici, parce que ces feuilles sont gommées par le fraudeur pour leur donner du brillant.

Pour reconnaître dans le thé les feuilles étrangères, M. Allen conseille l’examen botanique de celles-ci, mais il ajoute qu’en préparant avec elles un extrait aqueux et en le soumettant à l’action de l’acide sulfurique et du bioxyde de manganèse, il a obtenu à la distillation : I® de l'acide quinovique avec le café, le thé, le thé de Paraguay et le quinquina; 2“ de l’essence d'amandes amhes avec le prunier sauvage, le laurier-cerise, le pêcher; 3® de l'acide salicylique avec le saule et le peuplier.

On emploie aussi, dit-on, les excréments de vers à soie pour falsifier le thé et principalement la sorte dite gunpowder. Il faut espérer que cette fraude repoussante est rarement pratiquée.

THRIDACE. — Le ^ocieViV François a donné le nom de thridace au suc blanc laiteux qui découle des incisions faites aux tiges de la laitue montée ; ce suc brunit et s’épaissit à l’air. Cet extrait de laitue, qui est le lactucarium des Anglais, a été obtenu en très-grande quantité par M. Aubergier, qui en a fait connaître les propriétés.

La thridace décrite au Codex n’est pas le produit désigné sous ce nom par le docteur Fi-ançois ; ce n’est pas non plus le lactucarium des Anglais, mais bien un extrait que l’on prépare en prenant la laitue montée prête à fleurir, rejetant les feuilles, pilant les tiges, exprimant le suc, le passant à travers un linge, et le faisant évaporer à l’étuve, en couches minces, dans des assiettes.

Usageg. — La thridace est calmante et anodine ; on en fait un sirop.

Falsifications. — La thridace est fraudée au moyen de la gomme ; celle-ci est dissoute dans le suc de laitue, et le mélange, évaporé à l’étuve, est introduit dans les flacons.

La thridace mêlée de gomme attire l’humidité de Tair et se distingue de la thridace pure en ce qu’on peut précipiter la gomme par l’alcool, la recueillir

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