TRÈFLE. 1 I
considérables, qui ont été énumérées à l’article Poivre (page 873). Ces différences sont rendues sensibles par l’inspection des figures 238 et 239.
Fig. 238. — Tourteaux de semences de naveUe. A, épispcrme ; B, callules arrondies; C, cellules amylacées; D, granules d’amidon ; E, gouttelette huileuse. — Grossiss.'ment de 190 diamètres.
Fig. 239. — Tourteaux de semences de lin vus au microscope. A et B, épisperme; C, cellules amylacées; D, cellules vides ; E, granules d’amidon; F, gouttelette huileuse. — Grossissement de ItO diamètres.
TRÈFLE (Graine de). — La graine de trèfle incarnat {Tinfolium incarnatum), lorsqu’elle est de bonne qualité et d’une récolte récente, a une couleur blanc
Chevallier et Baudrlmont, 5« édit. 73
TRIMÉTHYLAMINE.
jaunâtre, un aspect lisse et brillant ; si on la garde en magasin plus d’une année, elle se colore en rouge brun, et, sous cette nuance, elle lève moins bien et donne une végétation moins fournie.
A Toulouse, on l’a mélangée avec du sable apprêté au moyen d’un vernis d’une couleur pareille à celle de la graine, que l’on tamise en même temps, ce qui en augmente le volume et le poids.
Suivant M. Pédroni fils, cette fraude se reconnaît très-facilement en plaçant une cuillerée à café de graines à la surface d’un verre d’eau ; les graines factices, par suite de leur plus grande densité, se précipitent au fond du vase, tandis que de bonnes graines flottent sur le liquide.
M. Girardin, de Rouen, a signalé, en 1848, une autre fraude. Certains marchands, pour se débarrasser des graines vieilles, ont imaginé de les blanchir au moyen d’une fumigation de gaz acide sulfureux. Les graines ainsi blanchies n’ont pas autant de main, en style de commerce, que la graine non apprêtée ; elles sont aussi d’un blanc plus mat, et ne lèvent plus que très-imparfaitement. Il faut donc éviter d’en faire usage, pour ne pas manquer sa récolte en fourrage.
Malheureusement il est assez difficile de reconnaître cette fraude, car l’acide sulfureux produit son effet sans laisser de traces de son emploi. Tout ce que l’on peut dire, c’est que la graine de bonne qualité et nouvelle lève ordinairement de 95 à 98 p. 100 et donne des plantes qui résistent facilement aux mauvaises conditions atmosphériques ; tandis que la graine de deux ans, non apprêtée, et plutôt encore lorsqu’elle l’a été, ne lève que de 60 à 80 p. 100 et fournit des plantes qui meurent très-rapidement après leur germination et leur première pousse, lorsqu’il survient trop de sécheresse.
TRIMÉTHYLAMINE: 3{Cm^),Az = CSR^Az. — Cet alcaloïde, qui est gazeux au-dessus de -}- 5®, ne doit pas être confondu avec ses. trois isomères, V éthylméthy lamine , V isopropylamine qui bout à 32“ et la propylamine, bouillant à -f- 50“, dont on lui donne souvent le nom, quoiqu’elle en diffère beaucoup. La triméthylamine, liquide jusqu’à -|- 5“, est un gaz à odeur de saumure, à saveur très-alcaline, bleuissant fortement le tournesol. Elle est très -inflammable, trèssoluble dans l’eau et dans l’alcool ; elle sature facilement les acides pour donner des sels. Cette base précipite les oxydes de cuivre et d’aluminium de leurs solutions salines pour les redissoudre ensuite : ajoutée à de l’éther méthyliodhydrique, elle produit immédiatement un magma cristallin d’iodure de tétraméthylammonium.
Son chlorhydrate est solide, blanc, cristallisable, très-soluble dans l’eau, dans l’alcool absolu et dans l’éther. Il est hygrométrique. La potasse en dégage une odeur caractéristique de hareng.
Usages. — La triméthylamine a été préconisée par le docteur Avena7Ûus, de Saint-Pétersbourg, contre les rhumatismes aigus et chroniques. On lui substitue aujourd’hui son chlorhydrate.
Altérations. — Ce médicament, très-mal connu au premier moment de son application et confondu avec la propylamine, était employé en solution aqueuse. Mais le titre de celle-ci était aussi variable que possible, puisque, d’après les analyses de M. Petit, le degré de concentration de divers échantillons a été trouvé variant de 1 à 26. De plus, ccs solutions renfermaient près du tiers de leur poids d’ammoniaque caustique.