‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 440 sur 470 · URÉE · texte numérisé non relu

URÉE

son quart supérieur un robinet également en verre ; au-dessus et au-dessous de ce robinet, le tube porte des graduations en centimètres cubes subdivisés eux-mêmes en dixièmes AB et G (fig. 240).

Pour se servir de cet instrument, on remplit exactement ce tube de mercure depuis son orifice inférieur jusqu’au robinet ; celui-ci étant fermé, on le pose sur un réservoir à mercure (cuve ou autre), en tenant le robinet éloigné du niveau du liquide du réservoir pour diminuer la pression. Ayant dissous 1 gramme de l’urée à analyser dans 100 grammes d’eau distillée, on en introduit 1" dans le réservoir supérieur A du tube. Ouvrant alors très-légèrement le robinet, la solution pénètre dans la partie B, au-dessus du mercure. Quand la dernière goutte y est parvenue, sans toutefois que l’air ait pu y pénétrer, on ferme le robinet et on laisse tomber dans la partie A, 1 ou 2 centimètres d’eau distillée de façon à en laver les parois ; puis on fait pénétrer ce liquide dans la partie B en prenant les précautions qui viennent d’être indiquées.

On a préparé d’autre part une solution d’hypobrômite de soude avec : brôme, 5 gr. ; lessive de soude à 36" Baumé, 30 gr. ; eau distillée, 125 gr. On introduit 5"" de cette solution dans le réservoir A de l’uromètre et on la fait pénétrer en B, en ouvrant assez largement le robinet, mais en le fermant au moment où presque tout le liquide a passé dans le tube inférieur; car il faut éviter et la rentrée de l’air en B, et la sortie du gaz qui s’y produit dès l’arrivée de l’hypobrômite. Quand les bulles gazeuses ont cessé de se former, on bouche l’orifice inférieur du tube avec le doigt, on le porte sur une cuve à eau ou dans une éprouvette à pied pleine d’eau ; cette eau remplace dans l’uromètre le mercure et l’hypobrômite plus denses qu’elle ; alors on plonge celui-ci dans l’éprouvette de façon à égaliser les niveaux et du liquide de l’uromètre, et du liquide de l’éprouvette; on lit alors le volume occupé par le gaz dans l’instrument. On. ramène par le calcul ce volume de gaz à la température de 0" et à la pression de 0“,76 (1), en tenant également compte de la tension de la vapeur d’eau, d’après la formule générale

“ 760(1 -H 0,ÜU367<“)

Alors, par une simple proportion : 3"",7 : 0,01 :: on a le poids de l’urée réelle contenue dans le poids de la substance analysée.

de M. Yvon.

(Q M. Yvon s’est assuré qu’à la température et à la pression ordinaire des moyennes saisons, un centigramme d’urée produit un volume d'azote occupant 40 divisions du tube.

H 92 VALÉRIANATES d’aMMONIAQUE, DE FER, DE QUININE, DE ZINC.

VALÉRIANATES D’AMMONIAQUE, DE FER, DE' QUININE, DE ZINC. — Le valérianate d' ammoniaque Ci®H®0^,AzIP0 est un sel blanc, cristallisable, surtout en présence d'un excès d’ammoniaque. Il est sublimable sans résidu et entièrement soluble dans l’eau, l’alcool et l’éther. Exposé à l’air, il s’altère et se colore, perd sans cesse de l’ammoniaque et attire l’humidité. Le résidu acide et liquide contient des proportions variables d’acide valérianique et d’ammoniaque.

Le valérianate de peroxyde de fer est une poudre amorphe d’un rouge brique, insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool, ayant une faible odeur et une faible saveur d’acide valérianique. Chauffé lentement, il laisse dégager peu à peu tout son acide sans se fondre. Chauffé brusquement, il fond, et l’acide se décompose partiellement; le résidu final est du peroxyde de fer. L’acide chlorhydrique le décompose et en sépare l’acide valérianique, facilement reconnaissable à son odeur.

Le valérianate de quinine, Ci®H®0-’,C^®H2^Az20^,H0 ; aq, cristallise soit en tables rhomboédriques blanches, d’un éclat nacré, dures et pesantes, soit en aiguilles groupées en étoiles, soyeuses et légères ; il a une faible odeur d’acide valérianique, une saveur amère et franche rappelant celle du quinquina. Il est inaltérable à l’air. 11 est soluble dans l’eau, plus soluble dans l’alcool, l’éther et l’huile d’olive légèrement chauffée. Soumis à une chaleur de 90“ environ, il fond en un liquide incolore, perd de l’eau et se change en un sel déshydraté, résinoïde, amorphe, insoluble dans l’eau, très-soluble dans l’alcool. La même décomposition a lieu par un séjour prolongé dans l’eau bouillante. A une température plus élevée, il dégage des vapeurs blanches, s’enflamme et brûle sans résidu.

Le valérianate de zinc C*®H®0^, ZnO ; 12 aq, cristallise en paillettes nacrées, légères, et d’une blancheur éclatante. 11 est soluble dans l’eau et l’alcool, presque insoluble dans l’étber. Sa solution a une réaction acide, se trouble par la chaleur et redevient limpide parle refroidissement. 11 est inaltérable à l’air, possède une faible odeur d’acide valérianique et une saveur métallique. Chauffé sur une lame de platine, il brûle avec une flamme blanchâtre et donne un résidu d’oxyde de zinc pur, qui est entraîné en partie par la combustion.

Usages. — Depuis quelques années, ces sels ont été introduits dans la pratique médicale. Le valérianate de zinc est employé comme antispasmodique, particulièrement dans les cas de névralgies faciales, sous forme de pilules, ou divisé dans une potion. On l’a aussi appliqué avec succès au traitement d'autres affections nerveuses.

Le valérianate de quinine est administré sous les mêmes formes, comme un antipériodique très-efficace contre les affections névralgiques et les fièvres pernicieuses.

Falsifications. — On a vendu comme valérianate d’ammoniaque du chlorure de calcium imprégné d’acide valérianique et à' ammoniaque ; comme valérianate

VALÉRIANATES d’aMMONIAQUE, DE FER, DE QUININE, DE ZINC. 1193

de fer, du citrate ou du ta7'trote de fer, imprégné de quelques gouttes d’essence de valériane ; comme valérianate de quinine, du bisulfate de cjuinine, et tout récemment du sulfate de cinchonine imprégnés d’essence de valéi'iane; comme valérianate de zinc, Vacétate ou le sulfate de cette base, imprégné également d’essence de valériane. Enfin, en 1865, CommaUle a signalé un valérianate de quinine mélangé à'atropine.

Il suffit, pour découvrir ces fraudes, d’essayer chaque sel comparativement avec un échantillon type, et d’examiner s’il présente bien tous les caractères chimiques ci-dessus énoncés, appartenant au valérianate pur.

Le valérianate d’ammoniaque fraudé par le chlonire de calcium précipite par le carbonate de soude et le nitrate d’argent ; traité par l’acide sulfurique, il dégage de l’acide chlorhydrique et laisse un résidu de sulfate de chaux.

Le valérianate de quinine qu'on a remplacé par du sulfate de la môme base, imprégné d'essence, cède celle-ci à l’éther qui ne dissout pas le sel de quinine ; en reprenant le résidu par l’eau bouillante, le chlorure de baryum y fera reconnaître la présence du sulfate de quinine.

On pourra traiter de même le sulfate de cinchonine; seulement la solution aqueuse ou acide de ce sel ne verdit pas par l’addition du chlore et de l’ammoniaque.

La présence de Vatropine sera indiquée en décomposant le sel à essayer par une solution alcaline en présence de l’éther: ce véhicule dissoudra les deux alcaloïdes qu’il abandonnera par l’évaporation. Reprenant le résidu par l’alcool concentré, on les dissoudra de nouveau pour précipiter la quinine par de l’eau ajoutée peu à peu à la solution alcoolique; celle-ci étant filtrée retiendra l’atropine. 11 suffit alors d’évaporer le liquide et d’examiner le résidu; il sera cristallin, et sa solution aqueuse dilatera la pupille et précipitera en rouge brique par la teinture d’iode [CommaUle).

On a vendu à Paris, à un prix extrêmement bas, du butyrate de zinc, imprégné à.' essence de valériane, pour du valérianate. Ces deux sels, en effet, se ressemblent tellement, qu’eu égard aux seules propriétés physiques, il est impossible de les distinguer.

Voici le procédé à l’aide duquel cette fraude a été reconnue et signalée par MM. Larocque et Huraut. Il est basé sur la différence d’action que les acides valérianique et butyrique exercent sur une dissolution concentrée d’acétate de cuivre. 11 résulte, en effet, des expériences de M. Larocque, que l’acide butyrique forme immédiatement dans cette solution un précipité blanc bleuâtre qui en trouble la transparence ; l’acide valérianique, au contraire, n'y produit aucun changement visible ; mais, par l’agitation, il se transforme en gouttelettes verdâtres d'apparence huileuse, qui en partie se précipitent, en partie Viennent nager à la surface du liquide, où elles s’attachent aux parois du vase, à la manière des graisses. Ces gouttelettes, qui sont du valérianate de cuivre anhydre, persistent de cinq à vingt minutes, et môme quelquefois plus; puis elles se convertissent, en s’hydratant, en poudre cristalline d’un bleu verdâtre.

Pour extraire l’acide du produit suspecté de fraude, on en distille 3 ou 4 grammes délayés dans un peu d’eau, avec deux à trois fois son poids d’acide sulfurique étendu de partie égale d’eau. On agite et on chauffe légèrement en ayant soin d’éviter, autant que possible, les soubresauts. L’acide passe dans les premières portions du liquide distillé; aussi ne doit- on recueillir de ce dernier

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