‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 441 sur 470 · VALÉRIANE · texte numérisé non relu

VALÉRIANE

qu’un poids égal à celui du sel soumis à l’épreuve. C’est sur ce liquide qu’on répète les expériences que nous venons d’indiquer.

VALERIANE. — La valériane est la racine du Valcriana officinalis (Valérianées), plante herbacée, vivace. Cette racine est chevelue, jaunâtre à l’extérieur, blanchâtre à l’intérieur ; ses filaments sont gros, longs et coriaces, d’une saveur aromatique, âcre, amère et un peu astringente ; son odeur, forte et pénétrante, désagréable, se développe parla dessiccation.

Composition. — D’après l’analyse de Trommsdorf, elle contient : huile volatile, résine, extractif aqueux, matière particulière, amidon.

L’huile volatile est un mélange de bornéène (C^ORi'') avec du bornéol ou camphre de Bornéo (C^^Hi^O^), du valérol (C^2jjioq2^ 0!; (jg Xacide valérianique ^CioHioQi).

Usages. — La racine de valériane est un médicament des plus puissants comme excitant et antispasmodique ; on l’emploie dans quelques cas comme fébrifuge ou vermifuge. On l’administre sous forme de poudre, d'extrait, de sirop, de tisane, d’eau distillée, de teinture alcoolique et éthérée.

Altérations. — Mal Conservée, mal séchée, la racine de valériane perd une partie de ses propriétés.

Récoltée dans les lieux humides, elle a une odeur et une saveur beaucoup plus faibles ; ses fibres sont plus grosses et plus ligneuses, souvent creuses au centre.

M. Pi.rlot avait cru autrefois que la racine du Valeriana officinalis présentait deux variétés : l’une, le Val. sylvestris, qui croît dans les bois secs ou humides ; l’autre, le Val.paluslris, qu’on trouve sur le bord de l’eau ou sur les montagnes ; mais cette dernière est une véritable espèce, le Val. sambucifolia (de Mikau). Elle se distingue de la valériane officinale par sa racine formée d’un collet court, écailleux, sans souche, composée de radicelles d’un gris foncé noirâtre, longues, fuies ei viàée.'s, cassantes, d’une /’ae'ô/e/ elle contient deux fois moins de

principe actif que cette dernière [T imbal- La grave).

Falsifications. — On substitue à la valériane officinale les racines de renoncule, dans une proportion quelquefois très-forte (1). Ces racines sont formées de filaments bruns, inodores.

On trouve dans le commerce de la racine de valériane qui contient des quantités variables de racine de scabieuse \Scabiosa succisa et arvensis) ; la proportion s’est élevée jusqu’à 22 p. 100 [Réveil). La racine de scabieuse présente une souche très-courte, tronquée à sa base ; elle est inodore ; mais, lorsqu’elle est mélangée avec de la valériane, elle acquiert bientôt l’odeur caractéristique de celle-ci.

On lui substitue quelquefois la racine de V Eupatorium cannabinum (Composées), racine généralement allongée et droite, quelquefois contournée, munie seulement à son extrémité inférieure, de radicelles très-ténues.Elle a une odeur de carotte qui se dissipe par la dessiccation [Joh. Chatin) (2).

Tout récemment, M. Charbonnier dilvonsè. dans la valériane une forte proportion de racine diasclépiade. Celle-ci est formée d’un petit corps ligneux irrégu-

(1) Cette fraude est surtout très-commune en Allemagne.

{'2) Joh. Chatin. Étude sur les Valéi'ianées. Thèse. École de pharmacie, 1872.

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