‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 454 sur 470 · P CD · texte numérisé non relu

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a exposé leur valeur comparative, résultant des nombreuses expériences qu’il avait faites dans ce but. Voici le résumé de ses observations (1).

« Tous les procédés publiés au sujet de la recherche de la fuchsine dans le vin peuvent se réduire à deux :

« 1“ Extraction directe delà fuchsine par un véhicule spécial non miscible au vin, l’alcool amylique. Procédé Rotneï ;

2“ Décomposition préalable de la fuchsine au moyen d’un alcali (ammoniaque ou baryte hydratée). Dissolution et extraction de la rosaniline à l’aide d’un véhicule approprié (éther ordinaire, éther acétique, benzine, chloroforme) et fixation de la matière colorante sur une fibre végétale azotée. Procédé Falières, modifié par MM. Jacquemin, Ritter, Rouilhon, Girard et Fordos. »

« D’après les résultats fournis par des expériences comparatives, on peut recommander :

1“ Le procédé Roniei, comme essai préalable, facile et parfaitement suffisant pour le commerce ;

2" Le procédé Falières et Ritter, ou le procédé Fordos, comme procédé de laboratoire, ou procédé d’expertise judiciaire. »

11 faut ajouter aux noms de ces expérimentateurs, ceux de MM. Réchamp, Chancel, Didelot, Jaillard, Labiche, Latour, Yuon; puis ceux de MM. A. Raudrimont. Caries, Flückiger, A. Gautier, Hilger, Husson, Rallier, Lamattina et Marty. Dans l’impossibilité de rapporter les procédés quelquefois presque semblables de ces divers auteurs, nous citerons seulement les plus caractéristiques et les plus importants :

1“ Le procédé de l’alcool amylique, a été décrit page 1272. M. Marty

le recommande à titre d’essai préalable, parce qu’il a l’avantage « d’être trèssimple, très-facile à exécuter et de ne comporter que l’emploi de liquides dont l’odeur et la saveur éloignent tout danger. » Seulement, comme l’alcool amylique peut enlever trois matières colorantes, la fuchsine, Vo7'seille eiV acide vosoUque, il convient d’opérer ainsi :

« On verse dans un ballon 50°' de vin suspect ; on ajoute 10"^ de sous-acétate <le plomb liquide d’une densité de 1,320 ; on chauffe sans atteindre l’ébullition, et l’on jette sur un filtre. Lorsque le liquide est presque refroidi, on ajoute 10 gouttes d’acide acétique et 10" d’alcool amylique, et l'on agite vivement. Par le repos, l’alcool amylique se rassemble à la partie supérieure :

« Incolore, si le vin est pur;

« Rose ou rouge-cerise, si le vin renferme de la fuchsine ;

« Jaune, si le vin renferme de l’acide rosolique;

« Rose ou rouge violacé, si le vin renferme de l’orseille.

« On décante alors, à l’aide d’une pipette, une partie de l’alcool amylique ainsi coloré, et on le verse dans un tube fermé. On l’additionne de son volume d’une solution ammoniacale faible, et l'on agite :

« Si l’alcool amylique se décolore sans colorerl’eau ammoniacale, on a affaire à de la fuchsine ;

(I Si l’alcool amylique se décolore, mais si en même temps l’eau ammoniacale

(1) Rapport sur la valeur réelle des divers procédés qui ont été indiqués pour constater la pré- :sence de la fuchsine dans le vin, par une commission composée de MM. Latour, Yvon, Wurtz et Marty, rapporteur.

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devient rouge vio/aee, c’est de X acide rosolique ;h\&\x violet, c’est de Vorseille {Marty). »

Le procédé Falières a été exposé page 1273. Mais comme il n’est pas sensible au 10° de milligramme par litre, MM. Jacquemin et Eitter lui ont fait subir d’heureuses modifications. Ces auteurs, ayant remarqué que la fuchsine se dépose moins bien sur une fibre textile en présence de Talcool que dans une solution aqueuse, conseillent l’opération suivante :

200" de vin sont chauffés dans une capsule jusqu’à réduction de moitié de leurvolume. Le résidu, additionné de 10" d’ammoniaque caustique, est introduit dans un extracteur à robinet, bouché à l’émeri, dans lequel on l’agite vivement. On y ajoute 80" d’éther environ, qui, par agitation, dissout la fuchsine ammoniacale, puis surnage bientôt le liquide aqueux. On fait écouler celui-ci par le robinet inférieur de l’appareil; on agite le liquide éthéré avec un peu d’eau qu’on décante de nouveau. On reçoit enfin la liqueur éthérée ainsi lavée dans une capsule ou dans un ballon muni d’un réfrigérant, afin de condenser, sans le perdre, l’éther ammoniacal. Mais avant cette évaporation, on a placé dans la capsule ou le ballon deux brins de soie floche ou de laine blanche à broder, de 3 centimètres de longueur. Ils sont destinés à retenir la matière colorante abandonnée par le liquide qu’on évapore, de façon à en garder la teinte rose caractéristique.

Ce procédé permet de condenser et de rendre sensible 5/100 de milligramme de-fuchsine par litre, soit 1/20ÜOOCOO. Si, comme le recommandeM. Bouilhon, on substitue l’hydrate de baryte à l’ammoniaque dans le procédé précédent, on en exagère encore la sensibilité. Pour cela, on réduit 500" devin au quart de leur volume par évaporation, et l'on y ajoute alors un léger excès d’hydrate de baryte cristallisé (environ 20 grammes). On agite, on laisse refroidir ; on filtre pour séparer le précipité, qu’on lave à l’eau distillée de façon à obtenir en tout 123" de liquide filtré. On l’introduit dans un flacon de 250" avec 50 à 60" d’éther pur, et l’on agite fortement. Après séparation complète de l’éther et du liquide aqueux, on enlève le premier avec une pipette pour le mettre dans une capsule avec huit gouttes d'acide acétique à 8°, trois ou quatre gouttes d’eau distillée et une petite floche de soie blanche non tissée, de 1 centiTnètre de longueur. Par l’évaporation totale de l’éther, la matière colorante se fixe sur la soie qu’elle rend rose, surtout après qu’on a chassé l’eau par une légère chaleur. On décèle ainsi un cent millionième de fuchsine dans le vin.

La substitution de l’éther acétique à l’éther ordinaire {Ch. Gérard) ; la fixation de la fuchsine à l’aide du noir animal {Yvon, Latour) ; l’emploi de la benzine, de la mirbane, du chloroforme {Didelot, Labiche, Fordos) ne sauraient ajouter quelque valeur à ce genre de recherches. Cependant le procédé Fordos a pour lui la sensibilité du réactif jointe à la rapidité de l’opération ;

On mélange 10" de vin avec dix gouttes d’ammoniaque et 10" de chloroforme dans un tube à essai, en agitant doucement pour éviter d’émulsionner les liquides. On jette le tout sur un petit entonnoir à robinet, dont 1e chloroforme gagne bientôt le fond. On le décante bien incolore dans une capsule où l’on a placé deux brins de soie floche ; et l’on évapore au bain-marie après addition de quelques gouttes d’eau : la soie retient alors la matière colorante. En appliquant ce moyen à une plus forte proportion de vin, on le rendra encore plus sensible.

M. Yvon agite 25 à 30" de vin avec 1 à 2 grammes de noir animal ; après

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quelques minutes de contact, il jette le tout sur un petit entonnoir dont la douille est obturée par un tampon d’amiante : la liqueur écoulée, on lave le noir à l’aide d’un peu d’eau ; après qu’il est égoutlé, on le lessive avec un peu d'alcool qui se colore immédiatement en rouge plus ou moins intense s’il y a de la fuchsine, tandis que cet alcool reste incolore si le vin était pur : c’est parce que la matière colorante de celui-ci, absorbée par le noir animal, ne peut lui être enlevée par une liqueur alcoolique, laquelle, au contraire, lui reprend la fuchsine.

M. Latour a modifié légèrement ce procédé en recommandant la dessiccation préalable du charbon imprégné de matière colorante, pour le traiter ensuite par l’alcool.

Pour la recherche de la fuchsine, M. Husson (de Toul) « introduit quelques grammes de vin suspect dans une fiole et y ajonte un peu d’ammoniaque. Le mélange prend une teinte d’un vert sale; on plonge alors dans le liquide un fil de laine blanche à tapisserie. Lorsqu’il en est bien imbibé, on le retire, on le dispose verticalement, et on l’imprègne dans toute sa longueur d’une goutte de vinaigre ou d’acide acétique. Si le vin est naturel, à mesure que la goutte s’avance, la laine redevient d’un beau blanc ; s’il est altéré par la fuchsine, elle se teint en rose plus ou moins foncé. La réaction est des plus nettes.

A ce moyen à la portée de tous, M. Husson ajoute un ensemble de recherches et de caractères concernant la détermination d’autres matières colorantes artificielles ajoutées au vin (1).

M. Fluckiger a trouvé que le chlore ou le brome qui décolorent ou jaunissent tout au moins le vin rouge, foncent la couleur de ce liquide lorsqu’il est additionné de fuchsine.

M. Al. Baudrimotit a remarqué que cette dernière substance colorait facilement l’épiderme alors que le vin pur ne partageait pas cette propriété.

Matières colorantes diverses. — Lorsqu’il s’agit de la recherche des diverses matières colorantes destinées à teindre le vin frauduleusement, on peut recourir à l’ensemble des caractères résumés par M. Hilger dans le tableau suivant. (Voy. p. 1279.)

De même que M. Hilger, M. Dietrich a reconnu l’action décolorante que certians réactifs exercent sur le vin naturel, ce qu’ils ne font pas sur les vins colorés artificiellement. M. Dietrich s’est principalement servi d’acétate de plomb, de sulfate de cuivre, de baryte, tous en solution au 10°, qu’il faisait réagir sur du vin étendu de 20 fois son poids d’eau.

M. Lamattina reconnaît la présence d’une matière colorante étrangère au vin en agitant 100 grammes de celui-ci avec 100 grammes de peroxyde de manganèse naturel et pulvérisé : la liqueur devient incolore avec le vin pur, et reste colorée s’il s’agit d’un vin à coloration factice.

M. Chancel, de son côté,- a appliqué à la recherche et à la détermination des principales matières colorantes employées pour falsifier les vins, une série de réactifs qu’il fait intervenir méthodiquement. Ce chimiste a caractérisé trèsnettement la présence de la fuchsine, des caramels, de la cochenille ammoniacale, de l’acide sulfindigotique, du campêche et des rouges d’orcéine et d’orcanette. Voici la marche adoptée par lui :

A 10°° du vin soumis à l’essai, on ajoute un excès, soit 3"* environ, de sous-

(1) Voir : Union pharmaceutique, 187G, p. 2G2 et 297.

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