ARNICA
Ce métal traité par l’acide azotique laisse quelquefois aussi un résidu noir de sulfure d'argent. Ce dernier se distingue de l’or et du platine en ce qu’il est attaqué par l’acide sulfurique concentré. Au chalumeau, il donnerait de l’acide sulfureux et un globule d’argent.
ARGENTURE. — V. Dorure et Argenture.
ARISTOLOCHE. — On distingue plusieurs sortes d’aristoloches :
~L' aristoloche clématite, V aristoloche longue, V aristoloche ronde, Y aristoloche petite ow pistoloche, la serpentaire de Virginie (voir à ce nom) ; cette dernière, ainsi que la deuxième et la troisième, sont les seules employées en médecine.
L’aristoloche longue a une racine longue, tubéreuse, fusiforme, de la grosseur du pouce, charnue, grftàtre extérieurement, jaune terne en dedans, d’une saveur amère et d’une odeur forte et désagréable, quand elle est fraîche.
L’aristoloche ronde a une racine tubéreuse, irrégulièrement arrondie, charnue, brunâtre à l’extérieur, jaune grisâtre â l’intérieur.
On vend quelquefois, à la place de l’aristoloche ronde, la racine de la fumeterre bulbeuse {Corydalis bulbosa, Fumariacées) en tubercules durs et arrondis, recouverts d’une peau brunâtre, ayant une odeur fade et nauséabonde, une saveur âcre et amère, une couleur jaune verdâtre à l’intérieur.
ARNICA (Racines et Fleurs). — L’aniica [Arnica montana), de la famille des Synanthérées, tribu des Gorymbifères, a été appelée aussi tabac des Vosges, betoine de montagne, plantain des Alpes, (pdnquina des pauvres, à cause des qualités fébrifuges qu’on lui attribuait. Cette plante croît dans les montagnes élevées (^Alpes, Vosges, etc.); quand elle est fraîche, elle répand une odeur forte qui provoque l’éternument. Sa racine est brunâtre ou rougeâtre, assez fibreuse, possédant une odeur forte et une saveur âcre et aromatique. Ses feuilles sont ovales, entières, pubescentes et d’un vert clair; ses fleurs sont d’un beau jaune orangé.
Telles qu’on les trouve sur leur capitule, elles sont de deux sortes : les unes extérieures, constituées par des demi-fleurons ou fleurs ligulées, privées d’étamines, à limbe oblong à trois dents et à 9 ou 10 nervures ; les autres centrales, tuberculeuses, plus courtes que les premières, portant sur leur calice une aigrette à poils raides, barbelés, et placés sur un seul rang.
Composition. — Analysées par plusieurs chimistes, les fleurs d’arnica contiennent : Résine, matière colorante jaune, albumine, gomme, tannin et acide gallùiue, huile volatile, arnicine et sels minéraux (1).
Csag^es. — Les raciiies et surtout les fleurs de l’arnica sont employées en médecine comme fortifiantes, diurétiques, emménagogues, vulnéraires, antiseptiques, résolutives et sternutatoires. Les fleurs sont prescrites contre la goutte, les rhumatismes, la paralysie, les spasmes ; contre les plaies, les contusions.
.lltératioiis. Falsifications. — On substitue quelquefois aux capitules d’arnica ceux de Vannée, qui ont une couleur moins foncée, une odeur moins aromatique et dont les fleurs ligulées ne présentent que quatre nervures ; ou bien celles des Doronicum, dont les demi-fleurons sont dépourvus d’aigrettes, tandis que les fleurons du centre portent, chacun, plusieurs rangées de poils.
(1) Etwtr hotaniqup et chimique de l’Arnica montana. — Tourné. Thèso. École de pharmacie,
Chevai-lieh et Baudrimont, à' édit.
ARROM-ROÜT.
Les fleurs du pas-d'âne [Tussüago farfara) ont servi à cette falsification ; mais les portions de pédoncules, chargés d’écailles, qui accompagnent ordinairement ces fleurs ainsi que les capitules plus petits ; les poils des aigrettes non scabres et plus fins, sont autant de caractères sei'vant à les distinguer des fleurs d'arnica dont les capitules portent un involucre formé de bractées disposées sur deux rangs, les extérieures vertes et les intérieures blanches {Gille).
M. Timbal-Lagr'ave di signalé de son côté la substitution des fleurs du doronicum à celles d’arnica; mais leur involucre tomenteux, leurs ligules étroites et courtes, leurs stigmates tronqués et velus en dévoileront la présence.
Les fleurs d’arnica devront toujours être examinées avec soin, quant à leurs caractères botaniques, pour éviter toute substitution de plantes qui ne sauraient avoir leurs propriétés médicales. Il faut rejeter celles qui sont flétries, sans odeur, d’un aspect sombre et mat, surtout lorsqu’elles sont accompagnées d’œufs et de larves d’insectes.
On a rencontré de la racine d’arnica mêlée de racine de benoite {Geum urbayium. Rosacées). Cette dernière, qui lui ressemble beaucoup par son aspect général, est cependant un peu plus grosse, d’une saveur astringente et d’une odeur assez prononcée de girofle.
ARRÊTE-BŒUF. — L’arrête-bœuf ou bugrane [Ononis spmosa), de la famille des Légumineuses, est une sorte d’arbrisseau épineux à fleurs roses, solitaires ou géminées; sa racine est vivace, rampante, très-longue, de la grosseur du petit doigt, brune à l’extérieur, blanchâtre à l’intérieur. Sa saveur est sucrée et mucilagineuse. Lorsqu’elle est sèche, sa cassure est rayonnée du centre à la circonférence.
On l’emploie en médecine comme diurétique.
Dans le commerce, on la mêle quelquefois à la racine de salsepareille qui est bien plus petite; on y mêle aussi la racine de V Ononis arvensis, plante qui n'esi pas épineuse comme l’arrête-bœuf.
ARROW-ROOT. — Le nom anglais d’arrow-root flèche, root, racine),
qui signifie racine-flèche (I), est donné à une espèce de fécule insipide, fine et très-douce au toucher, fournie par plusieurs espèces de rhizomes de la famille des Amomées, telles que le Maranta arundinacea a\\ arrow-root des Antilles (Barbade et Jama'ique) ; le C anna coccinea c[\i\àonne la fécule de Tolomane on de tous les mois, et le Curcuma angustifolia qui fournit V arrow-root de Travancore ou de l'Inde. Ces plantes sont cultivées dans les Indes et dans les diverses parties de l’Amérique méridionale et des Antilles, et particulièrement à la Jama'ique (2).
Cette fécule paraît un peu moins blanche que l’amidon, ce qui provient de ce que ses granules sont plus gros, plus éclatants, plus transparents. Elle est en partie soluble dans l’eau froide. L’arrow-root, pressé dans la main, fait entendre un craquement particulier et conserve l’impression des doigts.
(1) Ce nom vient de ce que les Indiens attribuent au suc de la racine dont on extrait cette fécule la propriété de guérir les blessures faites par les flèches empoisonnées.
(2) ^Suivant M. L. Soubeiran, on trouverait également dans le commerce : 1° un Ari'ow-root de Taïti provenant du Tacca pinnatifida, etun Arrow-root de Portland iiui aurait pour origine la fécule de XAnun maculatum.