‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 58 sur 470 · ARSENIC ^MÉTALLIQUE · texte numérisé non relu

ARSENIC ^MÉTALLIQUE

A l’article Tapioca, nous décrirons la forme de la farine de cassave ou moussacke.

Le gypse, la craie, se reconnaissent par la calcination ; les cendres, traitées par l’eau bouillante, donnent une liqueur qui, pour le sulfate de chaux, précipite en blanc par le chlorure de baryum et par l’oxalate d’ammoniaque. La craie ferait effervescence par l’acide chlorhydrique. D’ailleurs la fraude est aussi décelée par le poids des cendres, car 1000 parties d’arrow-root pur n’en laissent que 7 parties.

ARSÉNIATE ACIDE DE POTASSE : KO,2(HO),AsO\ — Ce sel, nommé encore Biarséniate de potasse, se présente en beaux cristaux incolores dérivant du prisme à base carrée. 11 est inaltérable à l’air, soluble dans l’eau, insoluble dans l’alcool. 11 rougit la teinture de tournesol.

Caractères. — (Voir pages 12 et 14.)

Usaj^es. — Il est usité quelquefois en pharmacie ; mais il est surtout employé par les indienneurs pour faire des réserves.

Altérations. — Il renferme quelquefois du chlorure de potassium, du sulfate de potasse provenant de l’impureté du nitrate de potasse qui sert à sa préparation : il peut contenir également de V acide arsénieux que le nitre n’a pas converti en arséniate. Il est alors très-nuisible lorsqu’on en fait usage comme réserve des indienneurs, parce qu’il réduit certains sels métalliques auxquels l’arséniate de potasse pur ne toucherait pas.

Le chlorure est reconnu par l’azotate d’argent : on obtient un précipité rougebrique d’arséniate d’argent, que l’acide nitrique redissout en laissant un précipité blanc insoluble de chlorure d’argent. — On y trouve un sulfate à l’aide de chlorure de barym acidulé. — Quant à V acide arsénieux, il suffit d’épuiser le sel par l’alcool fort, à chaud, qui dissout cet acide sans entraîner le sel de potasse. Évaporant la solution alcoolique, on obtient, avec la liqueur concentrée, un précipité jaune d’orpiment par l’hydrogène sulfuré, un précipité vert-pomme d’arsénite de cuivre par le sulfate de cuivre ammoniacal {Girardin).

ARSENIC MÉTALLIQUE : As = 75. — Ce produit, appelé vulgairement poudre aux mouches, mort aux mouches, mine de plomb, porte aussi le nom de cobolt ou kobolt (I). Ce n’est autre chose que de Vai'senic métallique réduit en poudre, qui a éprouvé un commencement d’oxydation par son exposition à l’air.

A l’état de pureté, il se présente en fragments bruns et opaques, à cassure brillante, à structure cristalline.il est très-friable, d’une densité de 5,75, se volatilisant vers 180“ sans entrer en fusion et en donnant naissance à un bel anneau à éclat métallique dans les tubes où on le chauffe. Projeté sur des charbons incandescents, il brûle avec une flamme d’un bleu livide en répandant des fumées blanches d’odeur alliacée. 11 se ternit promptement à l’air.

Falsifications. — Malgré son bas prix, la poudre aux mouches a été l’objet d’une falsification signalée par M. F. Legrip, auquel on avait vendu, à la place de ce produit, un mélange de charbon et A'acide arsénieux réduits en poudre, mêlés à de l’eau, puis broyés en pâte et desséchés. Par suite de cette dessicca-

(1) Ce nom paraît provenir de ce que cette substance est extraite en grande partie de l’acide arsénieux fourni par la Coballinc (arséniosulfure de cobalt} appelée Koholt (mauvais génie des mines) par les Allemands.

ASA FŒTIDA,

lion, il était : partie en masses amorphes, friables, d’un noir grisâtre ; partie en poudre fine, tachant le papier en gris noir charbonneux. Cinq grammes de ce mélange, soumis au grillage, n’ont point laissé de résidu appréciable. M. Legrxp ne put y constater la présence de l'arsenic métallique ; mais, par des lavages réitérés, il put entraîner l’acide arsénieux en dissolution, tandis que le charbon resta à l’état de résidu insoluble et fixe. L’acide chlorhydrique aurait agi plus efficacement en dissolvant l’acide arsénieux avec plus de facilité.

ASA FŒTIDA. — L’asa fœtidaestune gomme-résine qui s’extrait par incision de la racine du Scm'odosrna fœtidum, de celle du Narthex asa fœtida^ etc. (Ombellifères), plantes qui croissent dans la Syrie, la Libye, la Perse, la Médie.

On distingue deux sortes d’asa fœtida : l’asa fœtida en larmes, se présentant sous la forme de larmes détachées, c’est celle qu’on doit préférer ; l’asa fœlida en sortes, qui est en masses volumineuses, composées d’une agglomération de grains jaunes, brun clair et blancs.

Cette gomme-résine a une consistance analogue à celle de la cire ; elle se raye sous l'ongle et se ramollit dans la main. Elle possède une saveur amère, âcre et repoussante, une odeur alliacée, forte et fétide, qui l’avait fait surnommer par les Allemands stercus diaboli. Sa cassure fraîche est peu colorée, mais rougit rapidement au contact de l’air. Sa densité est 1,327. Elle brûle avec une llamme vive et pure. Fortement refroidie, elle devient friable et peut être facilement réduite en poudre. Elle est beaucoup plus soluble dans l’alcool et dans le vinaigre que dans l’eau, et donne une huile essentielle à la distillation.

On rencontre trois sortes d’asa fœtida sur le marché de Bombay : abushaharee

Hing qu’envoient le Khorassan et le Firraan ; il est donné par le Ferida alliar.ea de Boissier ; 2“ le kandaharee Hing, très-rare : il provient du Kandahar ; 3“ VHingra ou asa fœtida du commerce européen. Celui-ci présente deux variétés suivant qu’il provient de la Perse et du Scox'odosma fœtidum ou de l’Afghanistan et du Narthex asa fœtida.

L’espèce Hing est souvent adultérée à l’aide de plus ou moins fortes proportions de gomme arabique.

L’espèce Hingra de Perse reçoit du sable blanc, et celle de V Afghanistan est additionnée de gypse et de farine {Dymock).

Composition. — L’asa fœtida, analysée par Pelletier, renferme :

Ilésine, 65; gomme, 19,44; basso?‘ine, 11,66; huile volatile sulfurée, 3,6; malate acide de chaux et perte, 0,3 (1).

IJsag'es. — L’asa fœtida est un médicament stimulant, antispasmodique, anthelminthique, emménagogue et résolutif. On l’administre sous forme de pilules, de teinture, etc.

Falsifications. — L’asa fœtida est souvent mêlée de gommes, de l'ésines de qualité inférieure, de sable, de gypse, de farine ou d’autres substances inertes.

L’asa fœtida mêlée de gommes se reconnaît par la combustion : exposée à l'action d’une forte chaleur, elle bmle avec flamme, tandis que les gommes se charbonnent sans s’enflammer. On pourrait isoler les matières gommeuses au moyen de l’alcool à 94“ qui dissoudrait les résines seules. En séchant et pesant le résidu, il ne devra pas dépasser de 30 p. 100 le poids de Basa fœtida analysée.

(I) MM. Hlashvetz et Barth y ont trouvé un acide particulier qu’ils ont nommé acide férulique.

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