‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 62 sur 470 · BAUME DU PÉROU · texte numérisé non relu

BAUME DU PÉROU

BAUME DE LA MECQUE. — Le baume de la Mecque ou de Judée, connu également sous les noms de B. de Constantinople ou de Giléad, est le suc résineux des Balsamodendron gileadensis et opobalsamum (Térébinthacées). Trèsrare aujourd’hui dans le commerce européen, il se présente sous la forme d’un liquide blanchâtre et trouble ou d’un gris fauve, d’une odeur forte, particulière, tenant à la fois de celles de la sauge et du citron ; sa saveur est aromatique, âcre et amère. 11 se sépare souvent en deux couches dont la supérieure, fluide et transparente, recouvre l’inférieure devenue opaque et épaisse. Il est plus léger que l’eau (D = 0,95). Le baume de la Mecque n’est qu’en partie soluble dans l’alcool auquel il abandonne un résidu glutineux, mais il se dissout bien dans l’éther.

Composition. — On ne la connaît que par les anciennes analyses Aq Trommsdorff et de Bonash-e. Ce dernier y a trouvé : 7'ésine soluble dans l’alcool, 70 ; 7'ésme msoluble {bu7'sé7'ine), ï’i', huile volatile, 10; ext7'ait anm-, 4; 7natih'e acide, 3; hnpuretés, 1.

Usagées. — Le baume de la Mecque fait encore partie de quelques rares préparations pharmaceutiques. 11 est surtout usité chez les Orientaux comme fortifiant.

Falsifications. — Gomme ce baume est excessivement rare et cher, on en trouve peu de véritable. Dans le commerce, il est presque toujours remplacé, soit par de la té7'ébenthme de Chio ou du baume de Canada aromatisés avec de V essence de cUxon, soit par des résines ou des huiles, soit encore par des mélanges de benjoin, de bau7iie de Tolu, de sto7-ax, de té7'ébenthine, etc. Ces fraudes ne peuvent être reconnues le plus souvent que par un examen attentif des caractères physiques particuliers au baume de la Mecque pur. Cependant, on remarquera qu’il est incomplètement soluble dans l’alcool à 90® avec lequel il produit un liquide lactescent, qu’il n’est pas solidifiable par une forte proportion de magnésie (1/8) et qu’il laisse à la distillation une résine molle et visqueuse, et non sèche et cassante. Enfin, une goutte de baume de la Mecque pur, projetée sur l’eau, s’y étend régulièrement en une couche très-ténue qu’un poinçon enlève d’une seule pièce, ce qui n’a pas lieu lorsqu’il est mélangé d’huile fixe. Dans ce dernier cas, il pénètre le papier collé et le rend translucide, ce que ne produit pas le baume pur {Guibourt).

BAUME DU PÉROU. — Le baume du Pérou est produit par les My7'oxylon peruiferum et Pe7'eiræ, ou, d’après M. Bâillon, par le Toluifera balsamum (Légumineuses), arbres qui croissent dans l’Amérique méridionale, et particulièrement au Pérou. On distingue dans le commerce trois sortes ou variétés de baume du Pérou : le blanc, le b7'un ou 7'oux, et le 7ioir ou baimie liquide.

Le baume blanc, qui s’extrait par incision, est très-rare et ne se trouve guère que dans les collections ; il est liquide, d’une odeur agréable, d’une saveur peu prononcée ; il ressemble assez, par sa consistance et sa couleur, à la térébenthine. 11 nous arrive renfermé dans de petites calebasses, dans les enveloppes du fruit du cocotier : il est dit alors en coques ou en cocos.

Le baume roux ne diffère du précédent que par sa consistance plus grande et presque solide, par sa couleur jaune roussâtre. Il est également contenu dans les fruits du calebassier, et paraît n’ètre que du baume du Pérou blanc ayant vieilli et ayant acquis par là une teinte plus foncée et une consistance plus grande. 11 est également fort rare dans le commerce.

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