‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 63 sur 470 · BAUME DU PÉROU · texte numérisé non relu

BAUME DU PÉROU

Il n’en est pas de même du baume now qui est très-commun (1); il est liquide et offre l’apparence d’un sirop épais, d’une espèce de mélasse. Sa couleur est d’un brun rougeâtre très-foncé; son odeur forte et agréable est tout à la fois celle de la vanille et du styrax ; sa saveur âcre et chaude est aromatique et amère. Sa densité est de 1,13 à 1,16. Projeté sur des charbons ardents, il s’enflamme et brûle en répandant une fumée blanche d’une odeur agréable. Il est entièrement soluble dans l’alcool; l’éther versé sur une petite quantité de ce baume prend une couleur un peu brunâtre. Quand il est bien pur, il coule au fond de l’eau sans se séparer ; agité dans ce liquide, il n’y perd pas de son poids, quoiqu'il lui cède un peu d’acide cinnamique pouvant rougir le tournesol.

Le baume noir du Pérou nous parvenait autrefois dans des boîtes de fer-blanc appelées potiches, du poids de 5 à 6 kilog. Aujourd’hui il vient en potiches de terre entourées de jorrc, du poids de lo â 20 kilog. ou en gallons de tôle du poids de 40 à 50 kilog. {Doi'vault).

CompoBitiou. — Le baume noir du Pérou contient une huile volatile, une matih'e résineuse, de Yacide cinnamique, de la cinnaméine et de la métacinnaméine .

UBageB. — Quoique moins employé en médecine que le baume de Tolu, le baume du Pérou s’administre de la même manière.

FalBlfications. — Le baume du Pérou a été falsifié par la colophane, la térébenthine, le benjoin, la résine de copahu, Valcool, les huiles fixes et le storax.

La colophane, la térébenthine, la résine de copahu, se décèlent par une odeur particulière à ces résines, lorsqu’on jette un peu du baume suspect sur une plaque de fer rougie au feu ou sur des charbons ardents.

Pour déceler le baume de copahu dans le baume du Pérou, M. Ulex emploie le procédé suivant : le baume du Pérou est chauffé au bain d’huile jusqu’à ce qu’il ait fourni à 190“ quelques gouttes d’un liquide oléagineux. Ce produit de la distillation est très-acide et laisse déposer bientôt des cristaux d’acide cinnamique. Si le baume est pur, le produit distillé se solidifie tout entier; dans le cas contraire, les cristaux formés nagent dans l’essence de copahu. On sature l’acide cinnamique avec la potasse caustique, et on enlève la solution saline en jetant le liquide sur un filtre mouillé. Il reste sur ce dernier quelques gouttes huileuses avec lesquelles l’iode se mêle tranquillement, quand le baume du Pérou est pur, et qui détonent, au contraire, immédiatement au contact de l'iode, quand le produit distillé renferme de l’huile de copahu.

Le benjoin se reconnaît à la couleur presque noire qu’il communique au baume, et surtout à son odeur beaucoup moins forte.

Pour reconnaître Valcool, on emploie le procédé suivant recommandé par M. Bussy : on met une certaine quantité du baume avec de l’eau dans un tube gradué, et on agite vivement pendant quelques minutes. L’eau, en s’emparant de l’alcool, amène une diminution de volume qui décèle la fraude. Si le baume soumis à l’épreuve est pur, les liquides occupent le même espace qu’avant l’agitation.

M. Gavaloivski préfère essayer le baume en le chauffant légèrement avec une solution de bichrômate de potasse et d’acide sulfurique : ceux-ci transforment l’alcool en aldéhyde dont l’odeur est caractéristique.

Enfin, en traitant par l’alcool une certaine quantité de baume, ce liquide le

(I) Il est extrait de l’écorce Aw. myrospermum Pereiræ, arbre qui croît dans une localité appelée district du Baume, prés de Sonsonaté, dans la république de San-Salvador.

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