‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 79 sur 470 · BLANC DE BALEINE · texte numérisé non relu

BLANC DE BALEINE

du bismuth est 9,822; il fond à 247®. Il est complètement soluble dans l’acide azotique qui le transforme en un sel dont on peut facilement vérifier les caractères (voir : Sels de bismuth, page 3).

Usagées. — Le bismuth n’est employé en médecine qu’à l’état de combinaison ; dans les arts, il entre dans la préparation de certains alliages fusibles.

Altérations. Falsifications. — Le bismuth du commerce renferme quelquefois de Ya7'senic, du soufre, du cuivre, du fer, et très-souvent aujourd’hui du plomb et de V antimoine.

Pour y retrouver Vai'senic et le soufre, on le fait fondre au rouge avec 1/20 de son poids de nitrate de potasse qui fait passer ces deux éléments à l’état de sulfate et d’arséniate alcalins. En reprenant par l’eau chaude les scories qui restent au-dessus du bismuth métallique, cette liqueur donnera, par le chlorure de baryum , un précipité de sulfate de baryte insoluble dans l’acide azotique. Si elle renferme une proportion suffisante d’arséniate, elle précipitera en rouge briqueté par l’azotate d’argent. Dans tous les cas, évaporée avec un excès d’acide sulfurique pour lui faire perdre tous ses composés nitrés, et le résidu étant mis ensuite dans l’appareil de Marsh, on obtiendra ainsi des taches arsenicales faciles à reconnaître.

Pour constater dans le bismuth du commerce l’existence de métaux étrangers, il faut le dissoudre dans de l'acide azotique, de façon à avoir une liqueur peu acide ; s’il se fait un dépôt blanchâtre, insoluble dans l’acide azotique en excès, c’est qu’on est en présence d’acide antimonieux provenant àe Y antimoine que contenait le bismuth. On filtre et on précipite la liqueur par un grand excès d’eau distillée pour éliminer la presque totalité du bismuth à l’état de sousazotate ; on filtre et on concentre les liqueurs ; si alors elles ne précipitent plus par l’eau seule, on y reconnaîtra : \e plomb, à l’aide d’un sulfate qui donnera un précipité blanc ; le fer, par l’addition d’un excès d’ammoniaque qui produira un précipité ocracé, ou par le cyanure jaune qui fera naître un précipité bleu foncé ; enfin, un excès d’ammoniaque bleuira cette liqueur s’il y a du cuivre, lequel sera reconnu encore à l’aide du cyanure jaune qui produit avec lui un précipité couleur grenat.

A cause de la grande cherté du bismuth, ce métal contient souvent aujourd’hui jusqu’à un cinquième de son poids de plomb, fréquemment accompagné d’antimoine : il faut toujours se mettre en garde contre ce genre de fraude.

BLANC DE BALEINE. — Le blanc de baleine, nommé adipocire, spermaceti, en raison de sa consistance qui tient le milieu entre la cire et la graisse, appelé aussi ambre blanc, est la cétine des pharmaciens. C’est une matière grasse, solide, saponifiable dans des conditions exceptionnelles, qui existe en dissolution dans l’huile qui occupe l’énorme cavité de la tête de plusieurs espèces de cachalots, principalement du Physeter macrocephalus.

Le blanc de baleine est transparent, doux au toucher, cassant, insipide, inodore, fusible à 4o® ou à 49®, insoluble dans l’eau, plus soluble à chaud qu’à froid dans l’alcool, l’éther les huiles fixes et volatiles. Il se sépare de ses dissolutions alcooliques et éthérées sous forme de cristaux lamelleux. Sa densité est 0,943. Exposé au contact de l’air, il jaunit en acquérant de l’acidité et une odeur de ranci.

Usages. — Le blanc de baleine est employé dans l’art médical comme adou-

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cissant et bécbique ; il entre dans la préparation de pommades, de cosmétiques, dans la fabrication des bougies de luxe.

Faisiiications. — Le blanc de baleine est souvent falsifié avec le suif, Y acide margarique et Y acide stéarique, et plus rarement avec la cire et les matières graisseuses que l’on obtient par une longue macération des viandes dans l’eau.

La cù'e se reconnaît au moyen de l’éther dont elle rend la solution trouble et laiteuse. En outre, le blanc de baleine ainsi falsifié est d’un blanc plus mat; il est moins lamelleux et moins friable.

La fraude par les matières graisseuses se reconnaît au point de fusion qui est alors de 28 à 30® ; de plus, la matière suspecte, triturée avec la potasse caustique, donne lieu à un dégagement d’ammoniaque facile à constater par les fumées blanches produite? au contact d’une baguette de verre imprégnée d’acide acétique ou nitrique, ou par le passage au bleu d’une bande de papier de tournesol rougi.

Le mélange du suif au blanc de baleine se constate facilement par l’odeur spéciale et bien connue que cette graisse lui communique en môme temps qu’elle lui fait perdre son éclat. La saponification par les alcalis serait, suivant Gottlieb, un moyen insuffisant pour, y rechercher le suif.

Sous le nom de Solar spermaceti, on a importé de New-York un prétendu blanc de baleine que M. Ulex, de Hambourg, a examiné comparativement avec le véritable spermaceti, et qui paraissait n’ôtre autre chose que de Yacide margarique. Ce solar spermaceti était d’un blanc mat avec une légère teinte jaunâtre, dur, compacte et friable, peu gras au toucher, d’une odeur et d’une saveur trèsfaibles, analogues à celles des graisses. Il était composé de cristaux rayonnés, minces, flexibles, longs et brillants, d’une densité de 0,933, fusibles à 33®, solubles à chaud en toutes proportions dans l’alcool à 80® ; la solution était acide. Ces cristaux se dissolvaient également dans les alcalis caustiques et les carbonates alcalins.

Pour découvrir Yacide stéarique, on fond le blanc de baleine au bain-marie, puis on l’agite avec de l’ammoniaque liquide et on laisse refroidir. 11 se produit ainsi un savon ammoniacal qui retient le blanc de baleine sous forme d’émulsion, quand il est en faible proportion, ou qui l’abandonne sous forme de croûte surnageant le savon, quand il y a peu d’acide stéarique.

BLANC DE FARD. — V. Sous-nitrate de bismuth.

BLANC DE PLOMB. — V. Céruse.

BLANC DE ZINC. — V. Oxyde de zinc.

BLÉ. — Le blé ou froment [Triticum sativum, hibernum, æstivum, etc.. Graminées) est une céréale dont le fruit ou caryopse, qu’on désigne vulgairement par le nom de grain, fait la base principale de la nourriture de l’homme.

On distingue généralement trois variétés principales de hlé (1) :

(1) Le poids légal des blés, par hectolitre, constaté officiellement à la mairie de Pontoise, est

le suivant :

Blé première qualité 77 kil.

Blé deuxième qualité . 74,22

Blé troisième qualité 71,66

Le poids moyen est d’environ 75 kil. l’hectolitre.

BLÉ

Le blé awr, demi-transparent, corné, sans apparence d’amidon, comme les blés d'Odessa, de Taganrok, de Pologne, d'Afinque, d'Égypte, etc. ; le blé tendre ou blé blanc, à cassure blanche, opaque et farineuse, d’où l’amidon s’échappe facilement; le blé intermédiaire ou demi-dur, que l’on cultive en France presque exclusivement. Sa cassure est moins ferme, moins cornée que celle des blés durs; elle est blanchâtre au point d’écrasement.

Mais il existe sept espèces de blé qui donnent des produits différents dans plusieurs de leurs applications agricoles, économiques ou industrielles; ce sont :

1® Le Ti'iticum hibernum, ou froment vulgaire ;

2® Le Triticum turgidum, froment gonflé ou poidai'd, h grains arrondis : blé tendre ou demi-dur;

3® Le Triticum aristatum, ou blé barbu ;

4® Le Triticum durum, à grains plus ou moins pleins, cornés ou translucides;

5® Le Triticum polonicum, à grains très-allongés, demi-transparents;

6® Le Triticum spelta, dit froment épeautre ;

7® Le Triticum amyleum, froment riche en amidon.

Composition. — Le blé Contient : amidon (75 à 76 p. 100), gluten (1), matière albumineuse, matière grasse, glucose, dextrine, sels et plusieurs autres produits en proportions très-faibles, comme dans presque tous les végétaux.

Les blés les plus durs sont les plus riches en gluten et en matières azotées ; ils renferment en général plus de matières grasses, de sels organiques, de cellulose, et moins d’amidon que les blés tendres (/^ayen), comme on peut d’ailleurs le voir à l’inspection du tableau suivant :

AMIDON

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