D’APRÈS MM
Petzholdt.
Bichon.
Frdmann.
Will et I
réséiiius.
Thon.
Boussin-
gault.
Potasse
Soude
Chaux
Magnésie
Oxydes de feretde manganèse.
Chlore
Acide sulfurique
Acide phosphorique
Silice
Traces.
(Il Froment de Hollande.
(2) Froment rouge de Giessen (Hesse-Darmstadt).
(3) Froment blanc de Giessen (Hesse-Darmstadt). (4/ Froment de Solz (Hessc-Electorale).
(5) Froment d’Âlsace.
Ainsi que l’indique ce tableau, les cendres de blé contiennent principalement de l’acide phosphorique, de la potasse, de la soude, de la magnésie, de la chaux et de la silice, très-peu d’oxyde de fer et d’acide sulfurique.
Les grains de blé ont la forme d’ellipsoïdes courts ou allongés ; ils représentent deux cylindres juxtaposés, qui seraient formés par l’enroulement des deux moitiés d’une feuille épaisse [Payen).
D’après les recherches de M. Duvivier, de Chartres, la partie extérieure de l’enveloppe du blé est recouverte de matières grasses et de matières odorantes et azotées dans un état particulier de combinaison, qui forment sur le grain un enduit naturel très-tenace, sorte de préservatif, et lui communiquent une odeur sui generis. Ce sont ces matières qui donnent au blé sa valeur vénale, rehaussent sa couleur, lui communiquent ce brillant, cet onctueux connu des marchands sous les noms techniques d'œil et de main.
Ces matières particulières et variées {céréaline, trüisécaline), fusibles vers 58 à 60®, s’isolent en traitant à froid, par l’éther, le blé entier, privé préalablement de toute graine étrangère.
La céréaline pure est incolore et diaphane, mais on l’obtient tour à tour jaune, brune, verdâtre, rouge, blanche; c’est un véritable caméléon végétal. La céréaline brute, recueillie et mise sur un papier, ne le tache qu’au bout de quelques instants, et ce n’est qu’à la longue qu’elle s’entoure d’une auréole transparente qui s’étend à un millimètre ou un millimètre et demi au plus {Duvivier).
BLÉ
Altérations. — Le blé est sujet à certaines altérations ou productions maladives dues à des végétations cryptogamiques {charbon, rouille, cane, etc.), qui remplacent l’amidon, donnent au grain une mauvaise odeur et rendent la farine brune; l’extrémité velue des grains est, en effet, d’une couleur brune ou roux foncé [blé bouté). On remédie à ces altérations par le chaulage.
Le blé est sujet aussi à l’attaque de certains insectes, notamment du chaj'ançon (1) et de Valucite.
Les moyens propres à préserver les blés et à assurer leur conservation sont : l’aérage ou ventilation des grains; la dessiccation préalable à l’aide de courants d’air chaud à 70“ (2) ; l’emmagasinage en silos ou ensilage (3) ; le pelletage à la main ou mieux le pelletage mécanique à l’aide du grenier mobile de Valle7'y ; enfin l’emploi du vide d’après le procédé Louvel.
Dans les procès intentés aux négociants de blé d’Égypte, on a reproché à ce dernier son mélange avec des graines étrangères, son mauvais goût et la qualité nuisible du pain fommi par sa farine. Or, les causes de ces altérations qui ont imprimé une infériorité marquée aux blés d’Égypte sur les marchés de l’Europe, sont le trop long séjour de cette céréale dans les meules de paille (4) renfermant toutes les déjections solides et liquides des animaux qui ont été employés à briser celle-ci. Sous l’influence de l’air et de la chaleur, ces matières produisent des vapeurs ammoniacales qui pénètrent peu à peu à travers l’enveloppe du grain et lui donnent une saveur particulière, connue dans le commerce sous le nom de goût de 7'églisse.
Les blés d’Égypte, comme ceux de France, contiennent aussi des semences étrangères. M. Chatin y a constaté la présence des graines suivantes : orge, moutarde, lentille, nielle, luzerne, liseron, dauphinelle, cainomille. On y trouve encore celles du Melanipyrimi arvense.
Voici les semences que contiennent quelquefois les blés de France d’après M. Dai'blay jeune :
Graines étrangères.
Blé de Rennes Caille-lait, renoncule des champs, nielle, pavot, avoine,
blé ergoté.
Blé de Saumur Nielle, avoine, ivraie, vesce, pied-d’alouette.
Blé de pays Avoine, nielle.
Blé — Nielle, lentille, caille-lait, renoncule, luzerne, camomille,
grains cariés.
(1) Le charançon habite les greniers et s’y multiplie tellement, que pendant la saison où le thermomètre ne descend pas au-dessous de 12®, il suffit de 12 paires de charançons dans 1 hectolitre de blé pour procréer plus de 75,000 individus de leur espèce, dont chacun détruit 3 grains par année pour sa subsistance ; ce qui représente plus de 9 kil. de blé pour 75 kil. ou 12 p. 100 [Payen).
(2) L’excès d’humidité dans les grains est une cause de diverses altérations spontanées qui se développent graduellement : germination, fermentations alcoolique, acide, putride, et moisissures {Payen).
(3) L’ensilage réussit bien dans les pays comme l’Afrique, l’Italie, l’Espagne, où l’air et la terre sont dépourvus d’humidité.
(4) Les blés sont récoltés en Égypte de la manière suivante : vers la fin d’avril, époque de la moisson, le blé est répandu en cercle, puis on promène à sa surface un bœuf traînant un chariot muni de disques circulaires qui brisent la paille et en détachent le grain. On ramasse le tout sous forme de meules et on attend que les vents alizés viennent à souffler, ce qui a lieu vers le solstice d’été. Alors on jette avec des pelles le mélange contre le vent, et, par ce mode assez grossier, le grain est séparé de la paille.