BORAX
Le borax a une saveur légèrement alcaline; il est soluble dans l’eau froide ou l)Ouillante, insoluble dans l’alcool. Sa solution verdit le sirop de violettes, ramène au bleu le tournesol rougi. Soumis à l’action de la chaleur, il fond dans son eau de cristallisation, se boursoufle, se liquéfie, prend la forme d’une masse l)lanche, légère, poreuse, dite hov?cs. calciné ou an/u/cb-e (1). Si l’on porte la température jusqu’au rouge, il éprouve la fusion ignée et donne un verre transparent, incolore, dit vcÿtc de borax ou borax vitrifié. Ce verre, exposé à l’air, absorbe l’humidité et devient opaque. Une solution aqueuse, concentrée et chaude de borax, traitée par l’acide sulfurique ou chlorhydrique, laisse déposer d’abondantes écailles ou paillettes cristallines, qui communiquent à l’alcool la propriété de brûler avec une flamme verte.
I partie d’acide sulfurique sature 3,89 parties de borax prismatique et 2,94 parties de borax octaédiique.
Usagées. — Le borax prismatique est la seule variété utilisée en médecine; à l’intérieur, il est usité comme fondant, emménagogue et sédatif; à l’extérieur, on l’emploie en gargarismes ou en collutoires contre les aphtbes, en collyres, en tisanes ou sous forme de pommades. On s'en est également servi pour remplacer le bicarbonate de soude dans le traitement de la gravelle.
Le borax calciné sert aux bijoutiers, aux orfèvres, pour faire prendre les soudures à l’or, pour braser le fer avec le cuivre ou le laiton, le platine avec l’or, et l’or avec divers alliages.
Le borax vitrifié est employé dans les essais au chalumeau, pour l’analyse des oxydes, qu’il fait reconnaître par les colorations diverses que ceux-ci lui communiquent.
Le borax entre dans la composition de couvertes ou vernis pour les faïences dures, pour les porcelaines ; dans la composition d’émaux et strass divers.
II sert à préserver de l’action oxydante de l’air, les minerais, alliages on métaux dont on opère la fusion dans des creusets.
Falsifications. — Le borax a été mélangé avec \'alun, le sulfate de sonde, le elilorure de sodium, \q jjhosptiate de soude {2). On y rencontre aussi quelquefois de l'azotate et du carbonate de soude, des sels calcaires et magnésiens, des sels ammoniacaux.
Le mélange du borax avec lui communique la saveur styptique, astringente et légèrement acide de ce dernier sel. Un tel mélange est moins soluble que le borax pur. La solution a une réaction acide, rougit le tournesol, tandis que la solution de borax a une réaction alcaline ; de plus elle donne, avec le chlorure de baryum, un précipité blanc, insoluble dans l’acide nitrique; avec l’ammoniaque, un précipité gélatineux d'alumine. On reconnaît aussi le mélange en chauffant fortement une portion de borax sur une plaque métallique ; le résidu renferme de l’alumine, qui indique la présence de l’alun.
Le mélange avec le sulfate de soude a une saveur salée, amère ; la solution fournit un précipité blanc, insoluble dans l’acide nitrique, avec le chlorure de baryum, et ne donne aucun précipité avec l’ammoniaque.
(Ij Le borax prismatique, contenant plus d'eau que l'octaédrique, fond plus vite, mais se convertit moins rapidement en borax calciné.
(2) En 18.52, une maison de commerce de Wolverhampton a vendu du borax renfermant 20 p. 100 de phosphate de soude, qu’on pouvait aisément séparer en exposant le produit dans une étuve, et en forçant ainsi le phosphate ii s’effleurir.