‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 91 sur 470 · BOURRACHE · texte numérisé non relu

BOURRACHE

tré aujourd’hui que, depuis des années, le produit qui porte ce nom est uniquement fourni par \e pin sauvage ou Pinus sylveslvis, si abondant dans les départements de l’Yonne et de la Côte-d'Or, et qui s’est substitué définitivement au premier {Er. B.). •

D’après M. Duckesne-Thoureau, le pin sylvestre ou pin d'Ecosse, ainsi qxie le pin de Riga, sont les seules variétés portant des bourgeons enduits d'une couche résineuse; tandis que les autres variétés ne fournissent que des bourgeons, ou insignifiants comme grosseur {Pinus picea, argentea, aujourd’hui Abies pectinata), ou bien encore des bourgeons, peut-être plus volumineux [Pinus laricio et congénères), mais pelucheux, laineux à l’intérieur et complètement dépourvus d’en veloppe résineuse.

On donne aux bourgeons du vrai sapin une forme conique, arrondie ; ils seraient composés ordinairement de six bourgeons latéraux, placés autour de la base d’un bourgeon terminal plus gros, long de 0“,0H à 0"*,027. Ces bourgeons sont revêtus d’écailles rougeâtres, droites; leur odeur et leur saveur sont résineuses et légèrement aromatiques.

Ces caractères conviennent évidemment aux bourgeons du pin sylvestre, quoiqu’on ait dit qu’ils étaient d’une couleur plus foncée que ceux du sapin, qu’ils étaient beaucoup plus longs et cylindriques, et recouverts d’écailles recourbées en dehors et roulées en volute. Ils sont chargés d’exsudation résineuse, quelquefois sous forme de larmes.

Les bourgeons du pin sylvesh'e, qui seuls existent à présent dans le commerce, se reconnaissent surtout : 1® à la présence de gaines écailleuses renfermant chacune 2 feuilles linéaires; 2" à celle de très-petits cônes réfléchis à écailles arrondies, épaisses, rapprochées et comme soudées, ainsi qu’elles le sont dans les cônes des pins.

U8ag;es. — Les bourgeons de sapin, ou plutôt de pin, sont employés dans les affections scorbutiques, goutteuses et rhumatismales. Ces bourgeons sont composés, sur 1000 parties, de: eau, 97,50; sels minéi’aux solubles, 4,70; sels minéraux insolubles, 13,30; résine, 210,52; huile essentielle, 2,50; ligneux avec tannin et matière suc7'ée, 671,48 {Er. B.).

Falsifications. — On leur a substitué quelquefois les bourgeons fournis par la sapinette blanche {Abies alba), qui sont tirés d’Allemagne. Ils sont cylindriques, longs de 0“,027 à O™, 041 ; leur diamètre est de 0“*,002 à 0“,0ü5; ils sont toujours recouverts de très-petites écailles de couleur jaune, imbriquées trèsrégulièrement.

BOURRACHE (Fleurs). — La bourrache {Boixago officinalis, Borraginées) est une plante annuelle qui fournit à la pharmacie ses feuilles et ses fleurs. Ces dernières, portées chacune sur un long pédoncule, présentent un calice chargé, comme lui, de poils rudes. La corolle bleue, rose ou quelquefois blanche lorsqu’elle est fraîche, est régulière, rotacée, à 5 divisions égales. Elle est munie à la gorge de 5 appendices laissant passer 5 étamines rapprochées en cône au centre de la fleur. L’ovaire quadrilobé devient un tétrakène.

La fleur de cette plante possède comme elle un suc fade, visqueux, riche en azotate de potasse. Elle est sudorifique et diurétique.

Falsifications. — On lui substitue quelquefois la buglosse {Anchusa italica) qui en diffère par sa corolle à tube droit, cylindrique, à limbe oblique fermé par

Page 1