BROME
terre, on a fabriqué des bouteilles en grès de formes différentes pour les dilférents liquides usuels dans ce pays (l’a/e, le pot'ter, la bière forte^ le (jinger-beer ou hiè7'e de gingembi-e, le vin de C hatnjmgne) ; de sorte qu’on connaît de suite la nature du contenu à la forme du contenant (1).
BROME : Br — 80. — Le bi'ôme est un corps simple découvert en 18:26 par Tîalard qui l’avait d’abord appelé muride. C’est un liquide rouge foncé, d’une saveur âcre et caustique, d’une odeur forte, très-désagréable, d’où le nom de brôme (du grec ppwfAo;, puanteur). Sa densité est de 2,966 ; il entre en ébullition à 63®. Il est peu soluble dans l’eau, très-soluble dans l’alcool et l’éther ; évaporé à une douce chaleur, il répand des vapeurs rouges très-foncées. Il tache la peau en jaune, et la couleur disparaît d’elle-même, à moins que le contact n’ait été trop prolongé.
Usages. — Le brôme a été prescrit contre les maladies scrofuleuses. On l’emploie dans la photographie.
Altérations. — Le brôme du commerce est sujet à contenir du chlore et de ïiode, ainsi que du brômoforme et du h'ômure de cgatiogètie.
Pour la recherche du chlore dans le hrôme, on fait une solution aqueuse de ce mélange qu’on sature par de l’eau de haryte ; on sépare l’excès de baryte à l’aide d’un courant d’acide carbonique ; on évapore à siccité, on calcine et on traite le résidu par l’alcool anhydre qui ne dissout alors que le brômure de baryum. Le résidu est ensuite caractérisé comme chlorure par l’azotate d’argent.
On reconnaît facilement Viode en mettant une petite quantité de brôme en contact avec de la limaille de fer et de l’eau distillée. On a ainsi un mélange de protobrômure et de proto-iodure de fer. Le liquide, additionné d’un peu d’eau chlorée amidonnée, prend une couleur bleue, s’il contient de l’iodure de fer. Le chlore, en effet, avant de réagir sur le brômure, décompose l’iodure, et l’iode, devenu libre, bleuit l’amidon. Un autre moyen consiste à verser un peu de brôme supposé iodé (20 gouttes environ) dans 5'® de sulfure de carbone et â ajouter peu à peu à la solution colorée en rouge brunâtre de la limaille d’étain. Oelle-ci absorbe d’abord le brôme en s’y combinant; de telle façon qu’il arrive un moment où l’iode, s’il y en a, se trouve seul dans le sulfure de carbone ; il lui communique alors une magnifique teinte violette caractéristique, qui disparaît à son tour sous l’influence de la limaille d’étain mise en excès.
On a avancé, ce qui paraît douteux, que le brôme pouvait renfermer quelquefois des vapeurs nitreuses A'acide hypoazotique. En le saturant complètement par la potasse, puis essayant la solution par un petit excès d’acide sulfurique en présence du sulfate de protoxyde de fer, ce dernier sel se colore alors en brun foncé.
M. Posselger a signalé l’altération du brôme du commerce par le brômin'e de cai'bone ou brômo-iodof otarie, ou plus vraisemblablement par le brômoforme (dans la proportion de 6 à 8 p. 10 )). Ce brôme altéré avait son point d’ébullition à 120®, et, distillé à siccité, il laissait un résidu charbonneux. A mesure que la distillation s’opérait, la couleur devenait de plus en plus claire; enfin il ne restait plus qu’un liquide incolore. Cette altération se présente encore quelquefois.
(1) En donnant aux bouteilles une forme spéciale, il faudrait aviser à ce que les grains de plomb employés dans leur rinçage ne pussent y rester fixés, et causer par suite des accidents mortels (voir art. Vins).
BROMURE DE POTASSIUM
On peut la rendre sensible à l’aide des caractères suivants, indiqués par lîeijmann :
1“ Par la distillation à + 70", le brome laisse un résidu qui ne bout plus qu’au delà de + 80“ jusqu’à 165";
2" L’eau agitée avec ce brome impur dissout une proportion de ce métalloïde beaucoup moindre qu’à l’ordinaire. Elle prend l’odeur du chloroforme ;
3" En l’agitant avec une solution d’iodure de potassium, et en faisant ensuite disparaître l’iode précipité au moyen de l’hyposulfite de soude, le brômoforme se précipite dans la liqueur ou lui communique tout au moins son odeur.
M. P/upson a trouvé du cyanogène dans le brome en absorbant complètement celui-ci par son poids de limaille de fer délayée dans cinq fois son poids d’eau. On y verse peu à peu le brome en agitant constamment, on filtre rapidement la liqueur encore chaude dans un flacon bouché partiellement : elle y dépose lentement du bleu de Prusse.
Le brome pur, porté à -f 63", doit se volatiliser sans laisser de résidu.
BROMURE DE POTASSIUM : KBr. — Le bromure de potassium (1), connu autrefois sous les noms à'hyd7'obrômate, de bi'ômhydi'ale de potasse, cristallise en prismes rectangulaires ou en cubes d’une saveur âcre; très-solubles dans l’eau, un peu solubles dans l’alcool. Le bromure de potassium en solution donne avec le nitrate d’argent un précipité blanc jaunâtre de bromure d’argent, soluble dans une assez grande quantité d’ammoniaque, bien moins soluble, par conséquent, que le chlorure d’argent (voir Caractères des bromures, p. 19; des
SELS DE POTASSE, p. 12).
Usag^et*. — En médecine, le bromure de potassium est employé à l’état de solution, de pilules, de pommade, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. 11 agit comme diurétique, cathartique, sédatif et hypnotique. •
.iitérations. — Le brômure de potassium du commerce peut contenir du b7'ômate, du ca7'bo7iate, du sulfate, du chlo7'U7-e, de Viodiœe de potassùan et de Veau intei'posée.
hQ brômate de potasse pvo\\eni de la calcination imparfaite du brômure. On l’y reconnaît facilement en ajoutant à la solution du sel à essayer quelques gouttes d’acide chlorhydrique pur : la liqueur prend bientôt, surtout à chaud, une coloration jaune due à du brôme devenu libre. Si la teinte était peu sensible, en agitant le liquide avec de l’éther dans un tube à essai, cet éther ramasserait tout le brôme en prenant la couleur caractéristique de celui-ci.
On reconnaîtra la présence du ca7'bo7iate de potasse à l’aide de l’eau de chaux qui donne alors un précipité blanc de carbonate de chaux soluble dans les acides. 11 y a une tolérance de 1 p. 100 de carbonate alcalin dans le brômure de potassium.
Lorsqu’il contient un sulfate, le chlorure de baryum y fait naître un précipité blanc insoluble dans l’acide azotique.
On y constate facilement la présence d’un iodvre par plusieurs procédés tous très-sensibles. Ainsi la solution au dixième du brômure à essayer étant mise dans un tube à essais avec la moitié de son volume de sulfure de carbone, ou de benzine, ou de chloroforme, si on l’agite ensuite avec une ou deux gouttes d’une solution aqueuse étendue de hrôme, ou de chlore, ou d’acide azotique
(1) Voyez : George, Bromure de potassium. Thèse. École de pharmacie, 1870.
BROMURE DE POTASSIUM
azoteux, ou d’eau oxygénée, on voit immédiatement le sulfure de carbone ou autres se colorer en violet, s’il y a de l’iode. Dans les mêmes conditions, en remplaçant le sulfure par de l’eau amidonnée, on obtiendrait une belle coloration bleue. Si l’addition d’un excès d’eau brômée ou autre avait fait disparaître la coloration caractéristique que l’on doit obtenir, on pourrait la faire renaître en ajoutant quelques gouttes d’acide sulfureux dissous et peu concentré.
M. Lambert a proposé l’emploi d’une solution étendue de permanganate de potasse pour rechercher l’iodure dans le bromure de potassium, car ce dernier sel ne décolore pas le caméléon, ce que fait au contraire et facilement l’iodure de potassium.
Les bromures de potassium du commerce sont aujourd’hui presque tous exempts d’iodure à cause des propriétés nuisibles de ce dernier, et depuis qu’il a été donné un procédé des plus simples pour les en débarrasser (1). Cependant, il est indispensable de s’en assurer en les essayant comme il vient d’être dit, ou bien encore, en versant une goutte de chlorure de platine dans la solution concentrée du bromure : s’il renferme de l’iode, il se produira une coloration d’un rouge extrêmement intense, tandis que, s’il n’y en a pas, ce réactif donnera sa seule couleur au liquide qui abandonnera bientôt après un précipité de chloroplatinale de potassium [Er. B.).
Une réaction encore très-sensible pour découvrir l’iode consiste à faire bouillir la solution du bromure alcalin avec quelques gouttes de perchlorure de fer, dans un tube à essais à l’ouverture duquel on a placé une petite bande de papier amidonné, ou de pain azyme humides : l’iode mis en liberté vient les teinter en bleu {Bouis).
Pour reconnaître la présence d'un chlorure, on emploie le procédé suivant indiqué par Bose : le Ijcômure de potassium est distillé avec un excès de bichromate de potasse et d’acide sulfurique, et le produit de la distillation est reçu dans un récipient contenant de l’eau fortement ammoniacale et en excès : si le bromure contient un chlorure, il se forme de Vacide chlorochrômique , qui passe à la distillation et colore l’eau ammoniacale en jaune; dans le cas où il n’y a pas de chlorure, le hrôme passe seul, et l’eau ammoniacale n’est pas colorée (fig. 36).
Fig. 3C. — Appareil pour la production de l'acide chlorochrô- prOCédé , qUOique d Une
mique. u, cornue pour recevoir le mélange salin; d, tube grande simplicité, peut ne paS pour introduire l’acide sulfurique; b, flacon vide ; c, éprou- , .
vette pleiue d’eau ammoniacale pour recevoir les vapeurs d’a- réuSSir entre deS ma p
eide chioro-chrômique. pimentées. G’est pourquoi M. Er.
Baudy'imont a proposé un moyen indirect pour constater la présence d’un chlorure dans le bromure de potassium ;
(I) Cp procédé consiste à chasser l'iode par de l'eau brômée [Er, Haudrimont). (Voir plus bas.)
BROMURE DE POTASSIUM
mais il ne peut être employé qu’à la condition d’avoir ce dernier sel bien exempt d’iodure. On fait donc un essai préalable, et s’il indique un mélange d’iodure et de bromure, on dissout dans de l’eau distillée une dizaine de grammes du bromure à essayer, et on les traite alors à l’ébullition par de l’eau saturée de brome, jusqu’à ce qu’ils cessent de dégager des vapeurs violettes d’iode. Du reste, on s’assure ensuite de l’absence de ce dernier par les moyens indiqués plus haut.
Après sa complète élimination, on évapore à siccité et on dessèche le résidu à 120" : o’n a ainsi un hrômure exempt d’iodure ; mais il contient peut-être un chlorure. Or, on sait que 1 gramme de bromure de potassium pur exige is‘',428 d’azotate d’argent pour être entièrement précipité à l’état de bromure d’argent, tandis que 1 gramme de chlorure de potassium exigerait 2*'',268 du même azotate pour passer à l’état de chlorure d’argent.
Pour faire l’essai, on préparera préalablement une liqueur titrée d’azotate d’argent en dissolvant dans un litre d’eau distillée 10 grammes de ce sel pur et sec : chaque dixième de centimètre cube d’une pareille solution correspondra à 1 milligramme d’azotate d’argent. D’autre part, on dissoudra 1 gramme du bromure à examiner et débarrassé de son iode, dans 100“ d’eau distillée : 10'" de cette liqueur représentant 0®',10 de KBr, prendraient, s’il était pur, 14'", 2 de la solution titrée du sel argentique, c’est-à-dire 142 divisions d’une burette divisée en dixièmes de centimètre cube. Le chlorure de potassium en exigerait 227 divisions, soit 22"", 7.
On mettra donc 10“ de la solution de hrômure dans un flacon à large ouverture ; on y ajoutera 50"" d’eau distillée, puis on y versera peu à peu la liqueur titrée d’azotate d’argent à l’aide d’une burette graduée, en prenant le soin d’agiter souvent et vigoureusement le flacon après l’avoir bouché. On reconnaîtra, par un peu d’hahitude, que le liquide ne s’éclaircit par l’agitation que vers le moment où l’on touche au terme de la saturation par le sel d’argent. Une fois le dépôt formé et la liqueur devenue limpide, on y ajoute une ou deux gouttes de la liqueur argentique pour achever sa précipitation, si elle n’est pas complète, et l’on continue ainsi jusqu’à ce qu’elle le soit.
On répète deux ou trois fois cet essai pour avoir une bonne moyenne. On peut du reste rendre très-sensible la limite de la saturation en ajoutant quelques gouttes de chrômate de potasse dissous à la solution du brômure mis en essai : l’azotate d’argent qu’on y verse ensuite, précipitant avant tout le brôme et le chlore, fait naître en dernier lieu un précipité rouge caractéiâstique du chrômate d’argent, qui indique la fin de l’opération.
Le brômure de potassium sera d’autant plus chargé de chlorure que le nombre de divisions de la liqueur argentique employée dépassera davantage 142 divisions. On en usera 150‘*‘’',5 pour un sel renfermant 1/10 de son poids de chlorure ; 184‘^‘',5 pour un hrômure qui en renfermera 5/10 de son poids, etc.
En résumé, le nombre de divisions de liqueur argentique employée excède 142 d’une quantité qui est un multiple de 8‘*‘’',5 par 1, 2, 3, 4, 5, suivant que le sel renferme 1, 2, 3, 4, 5 dixièmes de chlorure.
Ce mode d’essai a été modifié d’une manière assez avantageuse par M. Falières (de Libourne). Ce praticien ayant calculé que chaque dixième de chlorure dans le brômure augmente la proportion de nitrate d’argent à dépenser de 0,852 Chevallier et Baudrimont, 6' édit. 1 3