BRONZE
pour 1 gramme de mélange, prépare une liqueur brômomélrique contenant 0*'',852 d’azotate argentique par 50" d’eau. Celle-ci mise dans la burette alcalimétrique (fig. 37) en occupe les 100 divisions, de telle sorte que chacune d’elles contient une proportion de sel argentique correspondant à un centième de chlorure. Dissolvant d’autre part 1,427 d’azotate d’argent pur, et l’ajoutant à 1 gramme du bromure à essayer et préalablement dissous, celui-ci sera alors complètement précipité s’il est pur. Dans le cas contraire, la liqueur précipitera encore par l’azotate d’argent, et si on lui ajoute peu à peu de la liqueur brômométrique jusqu’à ce quelle cesse de précipiter par cette dernière, elle en absorbera autant de divisions qu’elle contiendra de centièmes de chlorure étranger. Ainsi 27 divisions correspondront à 27 centièmes de chloi’ure, etc. On conçoit ce que cette méthode a de rapide et de pratique en l’employant dans les conditions établies plus haut. M. Fali'eres a même rendu ce dosage encore plus exact, en terminant la précipitation du sel mis en essai, à l’aide d’une liqueur au millième, c’est-àdire résultant du mélange de 5" de liqueur hrômométrique normale avec 43" d’eau distillée. On en fait usage à l’aide de la burette alcalimétrique, dont chaque division correspond alors à 1 millième de chlorure alcalin.
Le bromure de potassium contient toujours un peu à! eau dCinlerposition. Il est bon d’en déterminer la proportion en réduisant 1 ou 2 grammes de ce sel en poudre fine, qu’on soumet ensuite à une température de lOO” à 120“ jusqu’à ce que la masse, pesée de temps en temps, ne perde plus de son poids.
BRONZE. — Le bronze usité pour la fonte des statues, des médailles et des objets d’ornement, est un alliage formé de 80 à 92 parties de cuivre, et de 20 à 8 parties à' étain. Suivant les proportions de ces deux métaux, l’alliage varie dans sa couleur, sa densité, sa dureté, etc.
Depuis un certain temps, on fabrique des bronzes avec des alliages qui contiennent des métaux d’une moindre valeur, notamment le zinc ; comme ceux-ci n’ont pas la même pesanteur, on les charge en plomb pour augmenter la densité de l’objet fondu.
Essai du bronze. — Lorsqu’on veut déterminer la composition d’un bronze, on en prend 4 ou 3 grammes qu’on soumet ensuite à l’action de l’acide azotique pur à 22“ Baumé. En supposant dans cet alliage les quatre métaux : étain, cuivi'e, plomb et zinc, l’acide convertira les trois derniers en azotates solubles, en laissant l’étain à l’état d’acide métastannique insoluble. On recueille ce produit sur un filtre, et, après un lavage suffisant, on le calcine et on le pèse. Toutes les liqueurs réunies sont additionnées d’un léger excès d’acide sulfurique et évaporées à siccité. En reprenant le résidu par l’eau pure, le plomb se retrouve à l’état de sulfate insoluble qu’on retient sur un filtre pour le sécher ensuite et le peser. Dans le liquide filtré, on fait passer un courant de gaz hydrogène sulfuré qui précipite tout le cuivre à l’état de sulfure noir de cuivre, lequel, recueilli, lavé et dissous dans l’acide azotique, donne un azotate de cuivre d’où l’on précipite, par la potasse, ce métal à l’état d’oxyde GuO ; sous cette forme il est
Fig. 37. — Bureltc alcalimélrique.
BÜSSEROLLE.
calciné et pesé. Il ne reste plus que le zinc dans les eaux-mères du sulfure de cuivre ; on l’en précipitera par le carbonate de soude, en'ayant le soin de faire bouillir les liqueurs tant qu’elles pourront dégager une odeur ammoniacale (1) ; puis on retiendra sur un filtre le carbonate de zinc précipité, qu’il suffira de laver et de calciner pour le peser ensuite. A l'aide de la table des multiplicateurs chimiques (voir pages 25 et 26), il sera facile de calculer le poids de chacun des métaux d’après la nature des composés obtenus.
On coule maintenant des objets de luxe en zinc, et on leur donne ensuite la teinte du bronze par un procédé chimique. On y apporte une telle perfection qu’il faut sous-peser ces objets pour reconnaître qu’ils n’ont pas été confectionnés avec du bronze.
La fraude va si loin qu’on prétend que certains industriels font recouvrir des objets en zinc d’une couche de cuivre qu’on bronze ensuite avec art, de manière à mieux tromper l’acheteur.
BÜSSEROLLE. — La busserolle ou 7'aisin d'ours {Arbutus uva u?'si ou Arctostaphylos uva ursi)^ de la famille des Ericacées, est un arbuste qui couvre les rochers des hautes montagnes, surtout celles des Alpes et des Pyrénées. Ses feuilles sont inodores, coriaces, assez semblables à celles du^buis; elles sont entières, ovales, presque obtuses, très-glabres, luisantes, épaisses et très-consistantes ; leur surface supérieure est d'un vert foncé ; la face inférieure, d’un vert clair luisant et parsemée de veines. Leur saveur est amère et astringente. Triturées avec de l’eau, elles donnent une liqueur jaunâtre qui produit, par l’action du persulfate de fer, un beau précipité bleu noirâtre, très-abondant, dû au tannin et à l’acide gallique qu’elles renferment.
Usages. — Les feuilles de busserolle sont employées en pharmacie, sous forme d’infusé, comme diurétiques et astringentes.
Falsifications. — Souvent on substitue aux feuilles de la busserole celles de Y airelle rouge ou ponctuée {Vaccinium vitis idæa) et celles du buis {Buxus sempervi- 7'ens). Les feuilles de Vairelle 7'ouge ont une couleur moins verte, brunâtre, des bords légèrement dentés et repliés en dessous, d’une consistance moins ferme, des nervures transversales très-apparentes ; leur face inférieure est blanchâtre, unie, et parsemée de taches brunes. Leur infusum aqueux devient d’un beau vert par le sulfate de fer et laisse déposer un précipité de la même couleur.
Les feuilles de buis sont ovales-oblongues, le plus souvent échancrées au sommet, non chagrinées. Elles sont pourvues d’une nervure longitudinale très-saillante, et de nombreuses nervures transversales et parallèles recouvertes d’un duvet blanc. La membrane de leur face inférieure se détache très-facilement de la couche sous-jacente. Ces feuilles possèdent une saveur amère, nauséabonde, non astringente, et une odeur désagréable. Leur infusum aqueux donne'avec le sulfate de fer un léger précipité gris verdâtre.
(I) L’ammoniaque peut provenir de l’action de l’acide azotique sur l’étain de l’alliage.