TOME II
KE 4535 eut l’avantage de reconnaître dans le système des satellites de Jupiter, et qui s'étend à tous les :ystèmes de satellites.
Après avoir déterminé la courbe que les planètes décrivent autour du soleil, et découvert la loi de leurs mouvemens , Keppler était trop près du principe dont ces lois dérivent, pour ne pas le pressentir. La recherche de ce principe exerça souvent son imagination active ; mais Je moment n’était pas venu de faire ce dernier pas, qui supposait l'invention de la dynamique et du calcul infinitésimal. Loin d'approcher du but, Keppler s’en écarta, mais au milieu de ses nombreux écarts, il fut cependant conduit à des vues saines sur la gravitation universelle, dans l'ouvrage où il présenta ses principales découvertes.
« La gravité, dit-il, n’est qu’une affection corporelle et mutuelle entre les corps , par laquelle ils tendent à s’unir.— La pesanteur des corps n’est point dirigée vers le centre du monde, mais vers celui du corps rond dont ils font partie; et si la terre n’était pas sphérique, les graves placés sur les divers points de sa surface, ne tomberaient point vers un même centre. — Deux corps isolés se porteraient l’un vers l’autre. comme deux aimans , en parcourant, pour se joindre, des espaces réciproques à leurs masses.'Si la terre et la lune n’étaient pas retenues à la distance qui les sépare , par une force animale, ou par quelque autre force équivalente, elles tomberaient l’une sur l’autre, la lune faisant les 5 du chemin, et la terre faisant le veste, en les supposant également denses. —- Si la terre cessait d’attirer les eaux de l'Océan, elles se porteraient sur la lune, en vertu de la force attractive de cet :astre. Cette force qui s’étend jusqu’à la terre, y produit les phénomènes du flux et du reflux dela mer. »
Le mélançe de ces grandes idées avec une foule d’erreurs et de spéculations chimériques, distingue spécialement les ouvrages de Keppler dont l'imagination ardente et rèveuse se complaisait dans les conjectures les plus hardies et les plus arbitraires. Tout semble bizarre et inattendu dans les inspirations irrégulières de ce génie original et pzpfond. Conduit par l’aualogie aux découvertes les plus sublimes , cette voie se ferme tout à coup pour lui, et l’on s'étonne qu’il n’ait pas appliqué aux comètes les lois du mouvement elliptique ; suivant lui ces corps célestes ne sont que des météores engendrés dans l’éther. Ces bizarres contradictions furent sans doute la cause pour laquelle les astronomes du temps de Keppler, Descartes lui-même et Galilée, qui pouvaient tirer le parti le plus avantageux de ses lois, ne paraissent pas en avoir senti l'importance.
L’astronomie et les autres branches des sciences mathématiques doivent néanmoins à Keppler des travaux d’un ordre supérieur , qui auraient encore fait beaucoup
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pour sa gloire sansles grandes découvertes sur lesquelles
nous avons du insister. Ses ouvrages sur optique sont, entre autres, pleins de choses neuves et intéressantes. [l y perfectionne le télescope et sa théorie: il y explique le mécanisme de la vision, inconnu avantlui: il y donne la vraie cause de la lumière cendrée de la lune, L’invention importante des logarithmes attira aussison attention et l'honneur de lavoir fait connaître à l'Allemague lui appartient tout entier. Mais nous apprécierons mieux ce caractère d’universalité très-remarquable dans la vie scientifique de Keppler en parcourant rapidement la liste de ses pricipaux ouvrages. Le plus important de tous est sans contredit : Ï. Æs/ronomia nova, seu physica cælestis tradita commentaris de motibus stellæ Martis, etc., Prague, 1609, in-folio. C’est dans ce mémorable écrit que Keppler a expliqué ses lois des mouvemens des planètes. IT. 44 vitellionem paralipomena, seu astronomiæ pars optica , ib. 1604, in- 4°. IT. De stell& nov& in pede serpentart, etc. , ib. 1606, in-4° il ajouta à cette observation de l'étoile qui parut tout à coup, en 1604, das le pied du serpentaire , une dissertation sur la véritable année de la naissance de Jésus-Christ qui parut à part , en allemand, à Strasbourg, 1613, in-4° et traduite en latin à Francfort, 1614, in-4. IV. Phœnomenon singulare seu Mercurius in sole, Leipzig, 1609, in4°.
Keppler prétendait daus cet écrit,avoir vu, en 1607, la planète de Mercure sur le disque du soleil, mais il reconnut depuis l'erreur qu’il avait commise en prenant pour cette planète une tache du soleil, Narratio de observalis à se quatuor Jovis satellitibus, etc., Prague, 1610, Keppler confirme dans cet écrit la découverte que Galilée avait récemment faite de ces petitsastres. VI. Dioptrica, 1b. 1611, in-4°. VII, Nova stereometria daliorum vinarium, Lintz, 1615, in-folio. C’est un traité de jaugeage fort savant; Keppler y présente sur l'infini des vues qui ont influé sur la révolution que la géométrie a éprouvée à la fin du dix-septième siècle, et c’est sur elles que Ferinat a dû fonder sa belle méthode des #aximiset minimis. VIIT. Æpitome astronomiæ copernicanæ, Lintz, 1618, 1621, 1622, in-8°. Cetouvrage, dit Montucla, contient l’exposition du système de l’univers , les raisons sur lesquelles Keppler l’établit, et une foule de conjectures hardies, dont les unes ont été vérifiées &ans la suite et dont les autres sont le produit d’une imagination ardente et exaltée. Il tenait en effet encore à sespremières idées archétypes et harmoniques ; il en donna une preuve nouvelle dans l'ouvrage suivant :1X. /Zarmonices mundi, libri V, geometricus, architectorius, harmonicus, psychologicus et astronomicus, Lintz, 1619, in folio. Cet ouvrage est en effet une suite etun développement de son mysterium cosmographicum .
le premier livre qu'ileût publié, et, par conséquent, il