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renferme des hypothèses aussi peu fondées, Mais si les écarts d'une imagination hardie et étavée d’une foule de connaissances profondes en tout genre peuvent former un spectacle intéressant et curieux , c’est dans ce livre qu’il faut le chercher. X. De cometis libri WI. Aug. Vind. 1619, in-4°. XI. Æyperaspistes Tychonis conträ Scip. Claramontium, Francfort, r625 in-4°. Cet écrit offre la défense de Tycho et de Galilée contre les attaques. du péripatéticien Claramonti, de Padoue, XIT. Joh. Keppleri et Jacobi Bartschii tabulæ manuales ad calculum astronomicum, in specie tabularum rudolphinarum , compendiosè tractandum mirè utiles, etc., Strasbourg, 1700, in-19, XIIL. Æpistolæ ad Joh. Kepplerum scriptæ insertis ad easdem responsionibus Kepplerianis, Leipzig, 19718, in-folio, publié par Hansch. XIV. Tabulæ rudolphineæ, etc. Ulmæ, 1627, in-folio. Kepplercrut devoir donner à ses tables astronomiques le nom de l’empereur Rodolphe IT, son protecteur. Nous n'avons pas besoin de rappeler de quelle importance et de quelle utilité ce grand travail a été pour l'astronomie. Keppler a publié un grand nombre d’autres ouvrages dont on trouve le liste dans le supplément du dictionnaire de Joecher; nous avons cru devoir les passer sous silence ainsi que ceux de ses écrits où il semble sacrifier aux préjugés de son temps en faveur delastrologie judiciaire. Nous devons faire remarquer néanmoins quesous ce rapport la faiblesse de Keppler 4 pas du moins un caractère systématique, il était trop éclairé pour attacher quelque importanceaux vaines spéculations de cette fausse science. En effet, dans les éphémérides qu'il publia de 1616 à 1636 , l’illustre Keppler a prissoin de mettre sa mémoire à l'abri d’une pareille accusation en riant lui-même des prédictions d’astrologie que, suivant l’usage, il ne put se dispenser d’y insérer. Il faut, disait-il, que la sœur bâtarde nourrisse Ja sœur légitime.
Keppler vécut dans lindigence; il supportait avec une sublime résignation les misères de cette vie, mais les privations de sa famille déchiraient son cœur. Le sentiment de tristesse profonde que lui inspirait sa position se fait jour dans la plupart de ses écrits ; mais cette grande voix qui demandait du pain aux hommes, en échange des vérités qu’elle venait annoncer, netrouva point d’écho dans le monde. C’est même à une circonstance qui se rattache à son malheur et à l’état de gêne où il vivait qu'on doit attribuer sa mort. Il avait été à Ratisbonne pour solliciter le paiement de ce qui lui était dû, il fit la route à cheval et il arriva malade, excédé de fatigue, rongé d'inquiétude dans cette ville, où il mourut le 15 novembre 1620, dans un âge peu avancé. Il fut enterré dans le cimetière de Saint- Pierre, et c'est seulementen 1808 qu'un monument qui rappelle son génie et sa gloire lui fut élevé par les soins
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“ KI du prince primat Charles Théodore Dalberg. Il est
placé dans le jardin botanique de Ratisbonne, à peu de distance de l’humble terre où repose Keppler.
KILO. (de yéo, mille.) Mot dont la réunion avec celui qui exprime une unité quelconque de mesure, dans le système métrique français, compose le nom de mille de ces unités. Ainsi kilogramme , signifie mille
grammes ; kilomètre, mille mètres, etc. (7’oy. Mesure.)
KIRCHER (Arnawas le père), l’un des plus savans religieux qui aient illustré l’ordre de Jésus, naquit le 2 ‘mai 1602, à Geysen, petit bourg d'Allemagne. Peu d'hommes ont uni, comme le père Kircher, à des connaissancesaussi étendues en mathématiques, en physique, en histoire naturelle, en philologie , un esprit aussi crédule et aussi disposé à poursuivre avec l’ardeur louabie que doit seule inspirer la recherche de la vérité, les résultats chimériques d’expériences merveilleuses. Cet homme célèbre semble appartenir, autant par son érudition prodigieuse que par la naïveté de ses préjugés, à cette vénérable lignéede savans des 15° et 16° siècles, dont les erreurs étranges et le savoir réel forment dans leurs écrits un mélange bizarre qui nous parait inexpli= cable aujourd’hui. Néanmoins la critique moderne a
peut-être été trop sévère envers le père Kircher; ses
KI 455 écrits forment une immense bibliographie et dans ceux qui sont le moins estimés on rencontre toujours des apperçus neufs et hardis et surtout un savoir qui n’a été commun à aucune époque. Les connaissances mathématiques y tienuentune grande place, elles forment la base des principaux. Nous nous bornerons à citer les titres des plus remarquables de ces productions, qui ont eu leurs jours de gloire et de succès. Ars magna lucis et urbreæ in X libris digesta , Rome, 1645-1646; Amsterdam, 1671, in-folio. C'est un traité d'optique et de gnomonique qui renferme des choses fort intéressantes. L’auteur y donne la description d’un assemblage de miroirs plans qu'il avait construits d'après celui d’Archimède ; il y parle aûssi de plusieurs de ses inventions, en général plus curieuses qu’utiles, et parmi lesquelles est la lanterne magique, dont on croit généralement qu’il fut l'inventeur. Il. AMusargia universalis, sive ars magna consonis et dissorciin À libris digesta, Rome, 1650, 2 volumes in-folio. III. Mundus subterraneus , in quo universæ naluræ majestas et divitiæ demonstrantur , Amsterdam, 1664, 2 volumes in-folio. Primitiæ gromonicæ , catoptricæ , etc. — Phonurgia nova, etc. — Arithmologia , seu de occultis rnumerorum mystertis, etc. — Organum mathematicum, etc. Le père Kircher est mort à Rome Le 28 novembre 1680.
LAGNY (Tomas Fanrer DE), habile mathématicien, naquit à Lyon en 1660. Destiné au barreau par ses parens, la lecture de l'Æuclide du P. Fournier et l41gébre de Jacques Peletier lui inspirèrent un attrait invincible pour les mathématiques, à létude desquelles il se dévoua dès lors avec une sorte de passion. Son amour pour la science et ses espérances de gloire, qui reposaient sur ses travaux, l’amenèrent à Paris à l'âge de dix-huit ans. Comme beaucoup d’hommes estimables qui perdent au fond des provinces un temps précieux à inventer des choses connues depuis long-temps , le jeune Lagny apportait à Paris le plan de plusieurs méthodes qui ne devaient rien moins que lui faire ouvrir les portes de l’Académie des sciences. Malheureusement il trouva que ses découvertes étaient faites; mais son mérite réel le fit bientôt distinguer, et il entra à l’Académie en 1695. Il fut ensuite nommé professeur royal d'hydrographie à Rochefort. En 1716, le duc d'Orléans, régent, le nomma sous-directeur de la banque générale. Après la chute de cette institution, il reprit avec ardeur ses travaux académiques, et mourut à Paris le 12 avril 1734. Fontenelle rapporte que, dans ses derniers momens et lorsque déjà il ne pouvait
plus connaître ceux qui entouraient son lit, Maupertuis s’avisa de lui demander quel était le carré de r2 : il répondit aussitôt 144. À son titre d’académicien , Lagny réunissaitceux de membre dela société royale de Londres et de conservateur de la bibliothèque du roi. On ade lui, outre un grand nombre de mémoires insérés dans le recueil de l'Académie des sciences : 1° Méthodes nouvelles et abrégces pour l'extraction et l'approximation des racines carrées , cubiques, etc., Paris, 1691-1692, in-4 ; 2° Nouveaux élémens d'arithmétique, et d'algèbre, ibid., 1697, in-12; 3° la Cubature de la sphère , la Rochelle, 1702, in-12 : en parlant de cet ouvrage dans l’éloge de Lagny, Fontenelle dit que c’est un morceau neuf, singulier, et qui proyverait seul un grand géomètre ; 4° Arithmétique nouvelle (binaire), Rochefort, 1703, in-4 ; b° Analyse générale des méthodes nouvelles pour résoudre les problèmes, Paris, 1733, in-4.
Lagny ne paraît pas avoir obtenu toute la réputation qu’il méritait : peut-être doit-on plutôt attribuer ce résultat à son caractère plein de simplicité et de modestie qu’au peu d'importance de ses écrits, qui ont en général obtenu du succès. Suivant Montucla, on ne peut s'empêcher de reconnaitre dans tous ses ouvrages beau-
coup de vues ingénieuses; mais elles ne l’ont pas mené loin en ce qui concerne la résolution des équations , son objet principal. Ce qu'il a produit de plus remarquable, ce sont ses méthodes d’approximation et d’abréviation.
LAGRANGE (Josrpu-Louts). La France a le droit de réclamer l'illustration de ce grand géomètre, comme une partie de sa gloire moderne. Non seulementle pays où il naquit a long-temps vécu sous ses lois et fait partie de son territoire, mais encore il avait du sang français dans les veines, et c’est dans la langue de sa patrie adoptive qu’il a écrit et publié ses immortels travaux. Nous n’avons ni la prétention, ni les moyens de retracer dans ce dictionnaire, l’histoire de la vie et des ouvrages de Lagrange ; l’espace nous manquerait pour élever ce monument à sa mémoire, qui exigerait une œuvre à part et la main d’un artiste plus forte que celle à qui est confiée la rédaction de ces rapides notices historiques ; il nous sera donc permis de résumer, suivant la méthode que nous avons suivie jusqu'ici, les principaux événemens de sa longue et brillante carrière, et de rappeler seulement ses principaux titres à l'admiration du monde,
Lagrange est né à Turin, le 25 janvier 1936. Son père, trésorier de la guerre, dans cette ville, était le petit-fils d’un officier français, passé au service d’Emmanuel IT, en 1672, et Marie-Thérèse Gros, sa mère, était fille d’un médecin de Cambiano, dont l’origine était semblable. Son goût pour la science ne se manifesta point dès ses premières études, qu’il fit au collége de Turin. Ce fut seulement, dit-on, durant sa seconde année de philosophie, et après avoir lu un mémoire de Halley, sur la supériorité des méthodes analvtiques, que sa véritable destination se révéla à lui. Ses études dès ce moment changèrent de direction, il s’y livra seul et sans autre guide que son génie, avec cette: ardeur généreuse qui triomphe des plus graves difficultés, et en moins de deux ans il possédait assez la science, dans son passé comme dans ses progrès les plus récens, pour entrer en correspondance avec les principaux géoanètres du temps. Il n'avait que dix buit ans, lorsqu'il publia une lettre adressée à Fagnano, dans laquelle il exposait une série de son invention, pour les différentielles et les intégrales d’un ordre quelconque. L'année suivante il communiqua à Euler, sa méthode, en réponse au désir manifesté par l'illustre géomètre, dans son ouvrage sur les isopérünètres, de trouver, pour la solution des questions difficiles que présente ce problème, un procédé de calcul indépendant de toute considération géométrique. Depuis dix ans, Euler avait en vain fait cet appel aux savans de l'Europe, et ce fut, à son grand étonnement, un jeune homme inconnu qui lui répondit, Lagrange était alors professeur de mathéma-
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tiques , à l’école d’artillerie de Turin, quoiqu'il eût à peine dix-neuf anis, et déjà il'avait jeté les fondemens de la haute réputation qu’il atteignit bientôt. Dans un appendice de l'ouvrage que nous avons cité plus haut, Euler avait présenté la découverte d’une propriété remarquable du mouvement dans les corps isolés, qu’on appelle improprement, en mécanique, principe de la moindre action. En 1756, Lagrange lui adressa encore une nouvelle application de sa méthode, qui permettait de généraliser ce principe et par conséquent de l’étendre au mouvement des corps qui agissent les uns sur les autres d’une manière quelconque, considération importante de son théorème, que le grand géomètre désespérait lui-même de trouver.
C'est à ce beau travail de Lagrange qu'Euler donna depuis le nom de Méthode des variations, en faisant ressortir la gloire de l’inventeurde cette nouvelle branche de la science des nombres.
A cette époque, Lagrange fonda avec le médecin- Cigna et le chevalier de Saluces, une société savante, à Turin, qui obtint l'approbation du roi de Sardaigne, et l'autorisation de publier des mémoires comme les autres académies. Ces mémoires , dont le premier volume parut en 17959; eurent un succès prodigieux ; qui fat dû à la part considérable qu'y tenaient les travaux de Lagrange. Le 2 octobre de cette année, Euler lui annonça que l’académie de Berlin, dontil dirigeait la classe des mathématiques, l'avait appelé dans son sein. Lagrange, en 1564, remporta le prix proposé par l’académie des sciences de Paris, pour une théorie de la libration de la lune. Son mémoire qui présentait une solution complète de la question proposée, contenait en outre les premiers germes de la grande conception qui servit de base, dans la suite, à la mécanique analyti: que; ilfutaccueilliavecadmiration. Car, dans cette pièce remarquable, dit un biographe de Lagrange, il montrait déjà aux géomètres, toute la généralité du principe fécond des vitesses virtuelles, et son étroite liaison avec les autres principes de la dynamique.
A l’âge où l’on entre à peine dans le monde, sans autre appui que des espérances trop souvent déçcues, Lagrange avait, en Europe, la réputation d’un savant du premier ordre. Il eut alors le vif désir de connaitre les hommes éminens, qui avaient accueilli avec tant d’empressement ce qu’il appelait modestement ses essais, mais c'était surtout vers la France que se tourpaient ses regards, Ses vœux ardens furent enfin satis-. faits; il vint à Paris, où Clairaut, d’Alembert et leurs principaux confrères le reçurent avec l'empressement le plus flatteur. Une maladie dangereuse le forca d'y abréger son séjour, et, de retour à Turin, il se livra avec une nouvelle ardeur aux travaux qui avaient appelé sur lui l'attention de l'Europe savante.
Lagrange ’'adonna alors à de nouvelles et profondes recherches sur le calcul intégral, les différences partielles, le mouvement des fluides ét sar les méthodes d’approximation ; dans lesquelles il introduisit de notables perfectionnemens. [len fit, dans le même travail ; une application très-importante aux mouvemens de Jupiter et de Saturne, et y donna le premier les expressions exactes des variations de trois élémens planétaires, application qu’on peut regarder comme l’un des fondemens de la belle théorie à laquelle son nom est pour toujours attaché. En 1566, il remportait encore le prix proposé par l’académie des sciences, pour une théorie des satellites de Jupiter. Ce fut vers ce temps qu'il quitta Turin, pour n’y plus rentrer. Le 6 novembre de cette année, il prit possession de la place de directeur de l'académie de Berlin, que lui offrit Frédérie ; lorsque Euler, qui remplissait ces fonctions, retourna à Saint-Pétersbourg, oùle rappelaient de graves intérêts de famille, Après là mort du roi de Prusse, les savans étrangers, qui avaient prêté à son académie l'éclat dontellebrillait momentanément, céssèrent d’être retenus à Berlin, et Lagrange fut sollicité par les ministrès des cours de Naples, de Toscane et de Sardaigne, qui auraient été jaloux de s'attacher un homme d’un tel mérite. Le célèbre Mirabeau était alors à Berlin, et ce fat lui qui, connaissant le penchant secret qui attirait toujours Lagrange vers la France, le décida à venir à Paris. Il accepta les offres honorahles qui lui farent faites par le ministre de Louis XVE, et il vint se fixer davs la capitale de la France, en 1757. La mécanique analytique parut en 1788, et cette œuvre de génie, cet ouvrage qui suffirait à la gloire de Lagrange, fut publié à une époque où la plus étrange révolution paraissait Sopérer dans son intelligence. Il parut longtemps distrait ét mélancolique, dit Delambre, dans l'éloge dé ce grand géomètre. Souvent, dans une réunion, qui devait être selon son goût, au milieu des savans qu'il était venu chercher de si loin, parmi les hommes les plus distingués de tous les pays qui se rassemblaientchaquesemaine, chezl'illastre Lavoisier, on le voyait rêveur, debout contre une fenêtre, où rien pourtant n'attirait ses regards; il y restait étranger à ce quise disait autour de lui. Il avouait lui-même qu'il avait perdu le goût des recherches mathématiques, et qu’il n’éprouvait plus cet enthousiasme qui se ralluma plus tard avec tant de vivacité. Quelle est donc la cause de cette mélancolie profoude dans laquelle le génie aime quelquefois à s’isoler ?.…
Cependant le grand drame dé là révolution française comméncCa, et bientôt Lagrange se trouva exposé aux vicissitudes cruélles qui en marquèrent les différentes péripéties. Etrange aveuglément des factions qui livra au fer des bourreaux les hommes descience et de progrès,
LA 157 au non d’une révolation qui avait pour but de constater le progrès! Le caractère paisible de Lagrange, quoique son active curiosité eüt été excitéc par cette commotion terrible, l’éloigna de la scène orageuse des passions de ce temps. Il croyait peu aux prétendues améliorations que les réformateurs promettaient au peaple, cependant il prit part à l’ane des innovations les plus heureuses de cette époque, c’està-dire à létablissement d’un système métrique , général et uniforme, dout la base était prise dans la nature. En 1591, l’assemblée nationale, sur la proposition du député Duséjour, membre de l'académie, conserva par un décret, à Lagrange, la pension que lui avait promise Louis XVI: La même assemblée le nomma suécessivement membre d'unecommission chargée de récompenser les inventions reconnues ütiles et l’un des trois administrateurs de la mon: naie, Mais il né voulut occuper ce dernier emploi que pendant six mois, et, eh mai 1702, il épousa mademoiselle Hemonier, et vécut dans la retraite jusqu'en 1703, où un décret du 16 octobre forçait de sortir de France tous les étrangers. Malgré les malheurs qui accablaient ce pays, Lagratige redoutait ce moment d’une séparation qu’il aurait regardée conime un exil. Mais Guytonde-Morveau obtint du comité de salut public un arrèté qui mettait l’illustre auteur de la Mécanique analytique en réqtisttion pour continuer dés calculs sur la théorie des projectiles ; et il le conserva ainsi à la France qu'il aimait tant! Avant que des jours meilleurs se levassent sur notre pays désolé, Lagrange eut la douleur de voirimmoler ses meilleurs amis, Bailly et Lavoisier. La moïit de ce. dernier surtout le plongea dans le deuil. = « I ne leur à falla qu'un moment, disait-il à Delambre , pour faire tomber cette tête, et cent années, peut-être, ne suffiront pas pour en reproduire une semblable ! »
Cependant l’ordre sortit enfin du chaos révolution naire et les actes d’un gouvernement régulier et social vinrent raisurer la société si profondément ébranlée. L'école normale et l’école polytechnique furent créées, et ces établissemens , dont le dernier surtout si national et si grand , a brillé de tant d’éclat parmi lesgloires nouvelles de la France, comptèrent Lagrange au nombre de leurs professeurs. La science avait retrouvé un noble asile et sa voix si long-temps étouffée par les cris de la place publique retrouva de dignes échos. Ce fut pour lés élèves de l’école polytechnique que Lagrange reprenant ses anciennes méditations sur les fondemens du calcul différentiel leur donna ce développement malheureux qu'il consigna dans sa T'hcorie des fonctions. (7 oy« Foxérions anatynoues.) Il est difficile de se faireuneidée de l’euthousiasme qu'inspirait à ses auditeurs les leçons de Lagrange ét du religieux silence qui accueillait ces distractions profondes qu’une idée imprévue venait par
fois lui causer. Ces jeunes hommes arders, et dévoués au service de leur pays, emportaient au loin dans la France et dans les camps, sur la terre étrangère, où les appelait leur devoir , le souvenir de leur illustre maître et la pieuse affection qu'ils lui avaient vouée. Le nom de Lagrange était alors un des plus populaires de France. A cette époque l'institut national fut créé, Lagrange encore y fut le premier appelé. Le directoire , frappé du lustre que les travaux de ce grand homme jetait alors sur le pays, lustre qui rejaillissait sur son administration, lui décerna une de ces récompenses qui rappellent l'héroïsme et la noble simplicité des anciennes républiqnes. Au moment où le Piémont, par suite des victoires des armées républicaines, fut placé sous l'influence française, on n’oublia pas que c'était le pays natal de Lagrange et que son père , âgé de go ans , vivait encore à Turin. Le ministre des relations extérieures recut l’ordre d'écrire au commissaire civil du directoire dans cette ville. « Vous irez chez le vénérable père de lillustre Lagrange et vous lui direz que dans les évènemens qui viennent de se passer, les premiers regards du gouvernement français se sont tournés vers lui, et qu’il vous a chargé de lui porter le témoignage du vif intérêt qu'il lui inspire... » Le commissaire du directoire répondit qu’à l'instant même où cette lettre lui était parvenue, il s'était transporté chez le père de Lagrange, suivi des généraux de l’armée ct de plusieurs citoyens distingués des deux nations. Là, après lui avoir lu la dépêche officielle. — « Heureux père! avait-il ajouté; jouissez de la reconnaissance de tous les amis de la vérité ; je suis dans ce moment leur interprète. Jouissez du bouheur d’avoir donné le jour à un homme qui honore l'espèce humaine par son génie, que le Piémont s’enorgueillit d’avoir vu naître, et que la France est orgueilleuse de compter parmi ses citoyens. » — Mon fils est grand devant les hommes, dit le vieillard, puisse-t-il aussi être grand devant Dieu! » Peu de temps après de nouveaux honneurs vinrent rendre un éclätant hommage au génie de Lagrange. Les destinées de la France étaient changées, et le chef de l’état, qui avait été son collégue à l'institut, le nomma membre du sénat, grand officier de la légion d'honneur et plus tard comte de l'empire et grand croix de l’ordre de la réunion. Des travaux de l’ordre le plus élevé marquent cette période de sa vie et l’occupèrent jusqu’en 1813. C’est à cette époque que la science eut à déplorer sa perte et ce serait ici qu'il conviendrait d'analyser et d’exposer dans leur ensemble les glorieux travaux et les découvertes mémorables dont il l’enrichit si long temps. Mais cette étude dépasserait les bornes de notre plan, nous ajouterons seulement icila liste de ceux de ses écrits qui ont été publiés séparément , c’est remonter à la source d’un grand fleuve, dont nous ayons admiré la course majestueuse.
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L. Addition à l'algèbre d’ Euler , eNes occupent 300 pages du deuxième volume de cet ouvrage , qui a été imprimé à Lyon en 1754, en deux volumes in-8°, et réimprimé en 1706.11. Mécanique analytique, in-4°, Paris, 1787, deuxième édition, premier volume en 1811, deuxième en 1815, par les soins de MM. Prouy, Garnier et J. Binet. HI. Thcorie des fonctions analytiques , Paris , an 5, in-4°, deuxième édition, 1813. IV, Résolution des équations numériques , in-4°, Paris, an 6, deuxième édition, 1808. V. Lecons sur Le calcul des fonctions, Paris, 1806, 1 volume in-8°. VI. Lecons d'arithmétique et d’algèbre, données à l’école normale. VIL. Essai d'arithmctique politique. {1 existe en outre un nombre considérable de mémoires de Lagrange dans Jes collections académiques de Turin, de Berlin et de Paris, dans la Connaissance des temps, et dans le journal de l’école polytechnique. I] a aussi laissé une grande quantité de manuscrits que Carnot, étant ministre de l'intérieur, en 1815, fit acquérir par le gouvernement et donna à l'institut.
L’excès de travail, dès les premiers jours de 1813, avait épuisé les forces de Lagrange; il ne cessa point pour cela de donner ses soins à la révision de sa Mecanique; cette application hâta la marche du mal dont il était atteint et les symptômes les plus alarmans ne tardèrent pas à se manifester, Il connut le danger où il était; « mais, dit Delambre, conservant son imperturbable sérénité, il étudiait ce qui se passait en lui; et, comme sil n’eût fait qu’assister à une grande et rare expérience, il y donnait toute son attention. Il expira au milieu de ses amis, le 10 avril 1813 : trois jours après ses restes furent déposés au Panthéon.
LAHIRE (Puirippe DE), géomètre distingué, l’un des membres les plus laborieux et tes plus utiles de l'Académie des sciences, naquit à Paris le 18 mars 1640. Il perdit, à l’âge de 17 ans, Laurent de Lahire, son père, peintre ordinaire du roi , et qui le destinait à le remplacer dans son art, dont il lui enseigna les élémens. Mais d'autres dispositions entrainaient le jeune Lahire vers une autre carrière, et, suivant Fontenelle, on put prédire de bonne heure que le jeune peintre se changerait en un grand géomètre. La douleur que lui fit ressentir la perte cruelle qu’il éprouvait, et une affection physique fort grave, le conduisirent en Italie où il s’appliqua avec bonheur à l’étude de la géométrie. A son retour à Paris, Désargues chargea Lahire de terminer la seconde partie de son Traité dela coupe des pierres. Ce travail fut imprimé à part, et fit connaître son auteur dans le monde savant, En 1673 et 1676, Lahire publia divers traités sur les coniques et la cycloïde qui mirent le sceau à sa réputation, et le firent entrer à l’Académie des sciences en 1678. Le titre d’académicien ne ralentit point son zèle pour la science ; dès l’année qui suivitsa réception,
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il publia dans un même volume trois traités qui paraissent avoir eu pour objet le développement de quelques points obscurs de la géométrie de Descartes ; le premier est consacré aux sections coniques , le second aux lieux géométriques, le troisième à la construction où effection des équations. Ce fut à cette époque que l'illustre Colbert conçut le plan d’une carte générale du royaume de France. Picard et Lahire furent choisis pour préparer les élemens de ce beau travail ; ils parcoururent ensemble les côtes de Bretagne et de Gascogne. En 1681, Lahire eut ordre de se séparer de Picard et d’aller déterminer la position de Calais et de Dunkerque. Il mesura aussi la largeur du Pas-de-Calais, depuis la pointe du bastion du Risban , jusqu’au château de Douvres, et il la trouva de 21360 toises. Lahire mesura ensuite sur le bord de la mer une base de 2500 toises , qui fut le fondement de ses triangles, et visita en 1682 les côtes de Provence pour mettre fin à la grande entreprise de Colbert. Dans tous ces voyages, dit Fontenelle , il ne se bornait pas aux observations qui étaient son principal objet ; il en faisait encore sur la variation de l'aiguille aimantée , sur les réfractions , sur les hauteurs des montagnes, sur le baromètre. Il ne suivait pas seulement les ordres du roi, mais aussi son goût et son envie de savoir.
En 1682 , ce laborieux géomètre publia un traité de gnomouique , qui a été imprimé en 1698 avec des augmentations. La mort de Colbert interrompit tout à coup les travaux entrepris par soh ordre pour li méridienne commencée par Picard, et que Lahire continuait du côté du nord, tandis que Cassini la poussait du côté du sud. Alors Lahire fut employé par Louvois, le successeur du grand ministre que la France venait de perdre, à des travaux de nivellement qui avaient pour objet d'amener à Versailles les eaux de l'Eure. Eu 1685, l'infatigable Lahire publia dans un corps d'ouvrage le résultat de ses études sur les sections coniques. Cette théorie paraissait pour la première fois dans son ensemble et déduite de principes simples et nouveaux; aussi l'ouvrage de Lahire obtint-il un grand succès dans l’'Europe savante. Deux ans après, il publia des tables du soleil, de la lune, et une méthode pour faciliter le calcul des éclipses. Toutes les branches des mathématiques, enfin, ont été l’objet des travaux de Lahire, dont on concevra mieux l’ensemble important par la liste des ouvrages qu’il a publiés sur les diverses matières qui en sont l’objet.
Labhire a peu fait pour la théorie de la science, mais les opérations qu'il a accomplies donnent une haute idée de sa sagacité, de son amour pour le travail et de ses talens. On ne saurait trop honorer les noms des plus grands géomètres qui sacrifient à la gloire des hautes spéculations le bonheur de se rendre utiles à leur
pays: par des applications pratiques. Celui dont nous venons d'exposer rapidement les travaux eut une vie paisible, dont l'étude remplit tous les instans. Exempt d’ambition, de mœurs douces et pures, Lahire mourut à Paris le 21 avril 1718, sans avoir éprouvé les infirmités qui accablent la vieillesse, aimé et respecté de tous le
hommes au milieu desquels il avait vécu. Toutes ses journées, ajoute Fontenelle, en terminant son éloge , étaient d’un bout à l’autre occupées par l'étude , et ses nuits trèssouvent interrompues par des observations astronomiques. Nul divertissement que celui de changer de travail ; nul autre exercice corporel que celui d’aller à l'Observatoire, à l'Académie des sciences, à celle d’architecture, au Coîlége royal dontil était aussi professeur. Ila eu le bonheur que l’âge ne l’a point miné lentement et ne lui a point fait une longue et languissante vieillesse. Quoique fort chargé d'années , il n’a été vieux qu'environ un mois, du moins assez pour ne plus venir à l’Académie; quant à son esprit, il n’a jamais vieilli. Voici les titres et la liste, par ordre de date, des ouvrages de Lahire. I. Nouvelle Méthode de géométrie, pour La section des superficies coniques et cylindriques, Paris , 1673, in-4° fig. IL. De Cycloide opusculum ib. 1676, in-4*. IT. Nouveaux élémens des sections coniques ; Les Lieux géométriques; la Construction ou effection des équations, ib. 1659, in-12. IV. La Gnomonique ou l'art de tracer des cadrans, tb, 1682, in-12, nouv. édit. 1698. Cet ouvrage, fort utile, et qui parut excellent à l’époque où il a été publié, a été effacé par celui de D. Bedos , sur le même sujet. V. Sectiones conicæ in IX Libros distributæ, ib. 1685. VI. Tabulæ astronomicæ, Ludovicimagni jussu et munificentit exaralæ, tb. 1902, in-4°. La première partie de ces tables, comme nous l'avons dit plus haut, avait déjà paru en 1687; Lahire y avait joint la description d’une machine de son invention qui montrait toutes les éclipses passées et à venir, les mois et les années lunaires avec les épactes. Cette machine était d’une construction fort simple, et pouvait se mettre dans la boîte d’une pendule ; Fontenelle avance que plusieurs de ces machines furent exécutées, et que l’une d’elles émerveilla l’empereur de la Chine à qui elle avait été envoyée avec plusieurs autres curiosités d'Europe. Quant aux Tables astronomiques , elles eurent un grand succès, quoiqu’un nommé Lefèvre en disputât la propriété à Lahire qui les traduisit en français; mais elles re furent imprimées ainsi qu’en 1735. Elles furent aussi traduites dans toutes les langues de l’Europe; les tables de Halley les ont cependant fait oublier. VIT. Z’Ecole des arpenteurs, avec un abrégé du nivellement, Paris, 1689 in-8°. nouv. édit. 1692, 1728. VIII. Traitc de mécanique où l'on explique tout ce qui est nécessaire dans la pratique des arts, b. 1655. in-12, Cet ouvrage qui avait le mérite d’être complet,
et qui d’ailleurs était un traité de cette branche de la science, remarquable pour ce temps , était accompagné d'une dissertation sur les épicycloïdes, et leur usage dans la mécanique. On s'étonne que ce travail ait fourni à Bossut l’occasion de déprecier le caractère etle talent de Lahire, dans un livre d’ailleurs peu estimé {/Zist. des Mathématiques). Get écrivain prétend que Lahire était connu pour un médiocre géomètre: cette assertion est tout à fait arbitraire, etelleest démentie par les travaux estimables de l’auteur du Traité de Mécanique, dont il est ici question. On trouve encore dans l’Académie des sciences un grand nombre de mémoires de Lahire qui a été l'éditeur du Traité du Nivellement, par Picard , et du Traité du mouvement des eaux ; par Mariotte.
LALANDE (Joseru-Jérôme LE Français pe), l’un des observateurs modernes les plus renommés, naquit à Bourg, en Bresse, le 11 juillet 1732. Peu d'hommes de génie ont atteint le degré de célébrité où cet astronome est parvenu, célébrité populaire, encore aujourd'hui en France, où le nom du modeste et illustre abbé La Caille w’est guère connu que des persennes qui s'occupent de science. Si Lalande n’a faitaucune grande découverte qui justifie sa réputation , ses nombreux et estimables travaux ne méritent pas moins d'être signalés, lors même qu'ils n'auraient eu pour résultat que de vulgariser les connaissances astronomiques, et d’en répandre le goût en France. |
Lalande fut élevé par des parens picux, et il eut, à Lyou, pour professeur de mathématiques, le Père Béraud. Soumis, dès son enfance , aux pratiques les plus minutieuses de la dévotion, et composant, dans son enfance , des romans mystiques , il est devenu plus tard. un des plus fervens et des plus audacieux apôtres de la secte encyclopédique. Quoiqu'il eût révélé de bonne heure une intelligence remarquable, ses goûts paraissaient le porter plutôt vers les études littéraires que vers les hautes spéculations de la science , lorsque la grande éclipse du 25 juillet 1545, qu’il vit observer , à Lyon, par le Père Béraud, décida de ses dispositions pour l'astronomie. Ses parens, peu touchés des espérances de gloire que le jeune Lalande concevait déjà , crurent pouvoir le détourner d’un penchant qu’ils regardaient comme funeste, en l’envoyant à Paris où il fut mis eu pension chez un procureur. Mais ce procureur demeurait dans l'hôtel de Cluni, où Delisle avait établi un observatoire que les travaux de Messier avaient rendu célèbre. Lalande fit son cours de droit et devint avocat pour plaire à ses parens qu’il aimait, et il suivit le cours de Messier , et devint astronome pour satisfaire ses propres goûts. Il parait que le cours de Messier était souvent désert, et que Lalande était à-peu-près son seul auditeur ; aussi le vieux professeur s’attacha-t-il à lui, s'efforça-t-il de développer les dispositions heureuses
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qu’il lui avait reconnues. Presque aussitôt, Lemonnier,
à qui l’on doit la mesure d’un degré au cercle polaire , ouvrit un cours de mathématiques, et distingua Lalande parmi ses éièves, Il ne tarda pas à réaliser toutes les espérances qu’il avait fait concevoir à ses deux maitres qui se firent une sorte de petite guerre pour se l’attacher uniquement. Lemonnier eut le crédit de se faire remplacer par son protégé pour la détermination de la parallaxe de la June qui devait s'effectuer à l'observatoire de Berlin, suivant les avis de La Caille qui désirait que des observations faites en Europe établissent une concordance utile aux progrès de la science, avec celles qu’il allait recueillir au cap de Bonne-Espérance. Le jeune Lalande, heureux d'être chargé d’une telle mission , partit pour Berlin , muni de toutes les instructions, des recommandations et des iustrumens nécessaires ; il fut présenté à Frédéric qui l’accueillit avee intérêt. Peu de temps après, Lalande, que sa jeunesse n'avait pas empêché d’être chargé d'une mission importante, et qu’on regardait comme un prodige, fut recu membre de l’Académie de Berlin. Cette circonstance le mit en rapport avec Euler, dont il eut le bonheur de recevoir des leçons ; mais il se lia en même temps avec tous les philosophes de Frédéric, et ce fut au milieu d’eux qu’il perdit les sentimens religieux dans lesquels il avait été élevé. Avant de retourner en France, il publia, dans les acta eruditorum, les détails de sa mission sous ce titre : 1. Delalande astronomi regii de observationibus suis Berolinensibus, ad paralaxin lunæ deficiendam, epistola (1752). Eu 1553, Lalande, à peine âgé de vingt ans , entra à l'Académie des sciences. Soir travail sur la lune devint l’occasion de sa liaison avec La Caille; mais cette liaison déplut à Lemonmier, son maitre, et depuis ce temps ils furent ennemis. Esquissons rapidement maintenant les travaux de Lalande, parvenu si jeune aux honneurs académiques. Une de ses occupations les plus coustantes, fut la théorie des planètes , qu’il chercha toute sa vie à compléter par l’observation. A l’occasion de deux passages de Vénus, dont l’époque approchait, il développa la méthode de Delisle pour représenter , sur une carte géographique, l’heure de l'entrée et celle de la sortie de cette planète, pour les différens pays de la terre, et signala une erreur commise à ce sujet par Halley, qui avait toujours recommandé aux astronomes l'observation de ce phénomène. Lalande s’occupa beaucoup aussi de gnomonique, et il a exposé toutes les méthodes relatives à l’art . de construire les cadrans , dans l’article de l’encyclopédie consacré à cette matière. Successeur de Maraldi pour la rédaction de la Connaissance des Temps, Lalande introduisit dans cet ouvrage un grand nombre d'améliorations, et y a exposé des méthodes nouvelles dont il donne l’explication dans son exposi-
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tion du calcul astronomique. En 1764 , il publia la première édition de son grand 7raite d’ Astronomie , ouvrage utile et le plus complet qui eût paru dans notre langue , et qui était digne , sous beaucoup de rapports, du succès qu’il obtint. C'est Lalande qui fournit à Clairaut les calculs qui servirent à ce géomètre pour déterminer d'avance les élémens de la comète de 1759. À cette époque, une terreur panique s’empara de tous les esprits. Lalande avait examiné la question de savoir si les perturbations que les attractions planétaires imprimaient à la marche des comètes, ne pouvaient pas attirer les orbites de ces astres de manière à faire qu’elles puissent couper celle de la terre en un point. I devait lire à l’Académie son mémoire intitulé : Réflexions sur les Comètes qui peuvent approcher de la terre. Cette lecture n’eut pas lieu, et le bruit se répandit aussitôt dans le public que Lalande prédisait positivement dans cet écrit un prochain cataclysme. La terreur fut au comble, et le lieutenant de police fut obligé de faire imprimer le mémoire pour désabuser le peuple de Paris. Cette circonstance et beaucoup d’autres à-peuprès semblables n’ont pas peu contribué à populariser le nom de Lalande.
En 1998, Lalande publia ses Réflexions sur les éclipses de soleil, qui contiennent quelques remarques nouvelles et importantes sur les circonstances de ce phénomène,. Il fut, en 1580, l'éditeur des leçons élémentaires d'astronomie de La Caille, et publia successivement un grand nombre d'ouvrages et d'articles dans les recueils scientifiques, jusqu'en 1793, où parut son abrégé de Navigation historique, théorique et pratique avec des tables horaires, calculées par madame Lalande, sa nièce. Ila donné ensuite : Un abrégé d'astronomie ; L'Astronomie des dames ; Catalogue de mille étoiles ctrcumpolaires ; Mémoire sur la hauteur de Paris audessus du niveau de la mer ; Traité de la sphère et du Calendrier; Histoire céleste francaise, et enfin, Bibliographie astronomique, ouvrage plein d'érudition et d'une utilité incontestable pour l'histoire de la science.
Nous avons omis à dessein dans cette énumération succincte des écrits de Lalande, les ouvrages Ctrangers à l'astronomie, et dont il a publié un grand nombre. La plupart se ressentent malheureusement de la mauvaise direction de ses idées prétendues philosophiques, et les progrès de la raison les ont fait tomber dans un oubli, dont nous ne contribuerons pas à les tirer.
La vie de Lalande, depuis son entrée à l'Académie, est trop connue pour que nous croyions devoir en rappeler les particularités. Son amour pour la célébrité le jeta souvent dans d’étranges idées, Il voulait à toute force qu’on s’occupät de lui, et il ne négligeait aucun des moyens qui peuvent attirer sur un homme l'attention d’un public plus disposé à s’émerveiller d’une