LUNAISON
deux nouvelles
(Ast.) Espace de temps compris entre lunes consécutives; c'est ce que l’on
nomme aussi le »20i$ lunaire. Voy. Luxe.
LUNE. (45t.) Planète secondaire qui accompagne la terre et autour de laquelle elle décrit une orbite elliptique dans une durée de 7 jours.
Les phénomènes que nous présente cet astre sont très-variés, Sa lumière est plus pâle que celle du soleil; on n’en reçoit aucune chaleur sensible. Elle éprouve dans son étendue, et dans son éclat, des changemens périodiques auxquels on a donné le nom de phases. Si l'on observe la lune lorsqu'elle passe au méridien au milieu de la nuit, son disque paraît entièrement lumineux, sa forme est arrondie et brillante ; alors elle se lève quand le soleil se couche et ré-
ciproquement, Si on continue de l'observer pendant plusieurs jours, on la voit peu à peu perdre de sa lumière. La partie éclairée de son disque diminue de largeur; en même temps elle se lève plus tard; et lorsque son disque est réduit à un demi-cercle, elle ne paraît plus que pendant la dernière moitié de la nuit. Quelques jours après, ce n’est plus qu’un croissant, dont les pointes sont tournées vers l'Occident, c’est-à-dire, vers le côté du disque le plus éloigné du soleil, Alors, elle ne se lève que peu d’instans avant cet astre; le croissant diminue de jour ca jour, la lune devient toutà-fait obscure : elle se lève avec lesoleil, et on cesse de l'apercevoir. Après avoir été invisible pendant trois ou quatre jours, elle reparaît le soir à l'Occident peu de temps après le coucher du soleil; ce n’est d’abord qu'un filet de lumière, qui s’'agrandissant peu à peu , prend en quelques jours la forme d’un croissant , dont les pointes sont tournées à l'Orient, c’est-à-dire du côté opposé au soleil. Les jours suivans, la lune s'éloigne de plus en plus du soleil, son disque s'agrandit et elle reprend enfin sa forme arrondie er brillante, pour diminuer de nouveau et représenter successivement et dans le même ordre les mêmes phénomènes. La période de ces phases est d'environ 29 jours et demi.
Ces phénomènes, bien avant qu’on ait pu les expliquer, offraient une mesure si naturelle du temps, qu’on ne doit pas s'étonner de voir, dès l'enfance des sociétés, les phases de la lune servir à régler les assemblées, les sacrifices, les exercices publics, cofin le Calendrier. Le mois des anciens n'est que cet intervalle de temps écoulé entre deux nouvelles lunes, que l'on appelle aussi lunaison ou révolution synodique de la lune. En grec les mots lune, wiya, €t Mois, my, pyyos Ont une analogie marquée. Cependant la nature même de ces changemens devait bientôt conduire les premiers ob. servateurs à la connaissance de leur cause, car on ne pouvait raisonnablement s’en rendre compte, qu’en supposant que la lune est un corps opaque , obscur par lui-même et qui brille d’un éclat étranger. Il était en effet impossible d'admettre que son disque est à moitié obscur et à moitié lumineux, et qu’il nous présente successivement chacune de ses moitiés, puisque lorsque ce disque n’est qu'en patie lumineux, la partie obscure n’est pas tout-à-fait invisible elle est encore éclairée d’une faible lumière qu'on nomme lumière cendrée ; et qui permet d’y remarquer les mêmes sinuosités et les mêmes taches que dans les instans où la lune est entièrement lumineuse, Il devenait donc évident par l'observation que la lune nous présente toujours la même face cet que les variations de ses phases résulte de ses différentes positions à l'égard du soleil dont elle ne fait que nous réfléchir la lumière.
LU
La figure 8, PI. 98, peut faire facilement comprendre toutes les circonstances des phases de la lune. Lorsque cet astre est complètement lumineux et qu’il passe à minuit au méridien, le soleil est sous l'horizon au méridien opposé, ainsi la terre étant en T, la lune est en L, et le soleil S éclaire entièrement la surface qu'elle nous présente; c'est alors pleine lune, Lorsque au contraire Ja lune et le soleil se lèvent en même temps sur lharizon, la lune est en O, et sa face éclairée E étant toujours nécessairement tournée vers le soleil, elle nous présente sa face obscure et nous ne l’apercevons pas; c’est alors nouvelle lune. Dans toutes les autres positions intermédiaires elle nous présente des parties plus ou moins considérables de sa surface éclairée, ce qui lui donne successivement les formes G&, N,R,ou celles d’un croissaut, d’un demi-cerele, etc.
Si l'orbite de la lune était dans le même plan que celle du soleil, ou que l’écliptique, toutes les fois que la lune serait en L, il ÿ aurait nécessairement interception des rayons solaires par le globe terrestre, et la lune devrait cesser d’être visible pendant tout letemps qu’elle mettrait à traverser le cône d'ombre projeté par la terre dans l’espace. Comme aussi lorsqu'elle est en OL, elle devrait à son tour nous intercepter les rayons solaires, et faire disparaitre le soleil à nos regards pendant quelques instans. Ces phénomènes, connus sous le nom d’Eclipses (voy.ce mot), devraient donc se présenter à chaque pleine lune et à chaque nouvelle luue, tandis qu'ils n'arrivent qu'à des époques éloignées. Ainsi l’'orbite de la lune doit se trouver dans un plan différent de celui de Pécliptique. Les observations ont prouvé que le plan de l'orbite lunaire formeavec celui de l’écliptique un angle de 5° 8° 487. Get angle, que l’on nomme l’inclinaison de lorbe lunaire, est sujet à de petites variations en plus et en moins, qui nous apprennent que l'orbite lunaire n’a point une position fixe dans l’espace.
On donne le nom de nœuds aux deux points où l’orbite de la lune coupe le plan de l'écliptique, et particulièrement de xœud ascendant à celui où la lune passe
pour aller du sud au nord de l'écliptique, etde nœud |
descendant, à celui qu’elle traverse pour aller du nord au sud. Les astronomes marquent le premier par le si- ‘gue Q, et le second par le signe ü. Les éclipses ne peuvent avoir lieu que lorsque la lune se trouve dans ces nœuds, où du moins très-près, aux époques où elle est pleine ou nouvelle. (Ÿoy. Ecrirses.)
Les phases de la lune reçoivent diverses dénominations d’après les distances angulaires qui ont lieu entre le soleil et la lune à leur apparition. Aïnsi on nomme opposition, le moment de la pleine lune, et conjonction, celui de la nouvelle. L'opposition et la conjonction se, nomment ensemble les syzigies; quand la lune est éloiguée d'environ 90° du soleil ou de la moitié de la dis-
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tance qu'il y a entre la conjonction et l’opposition, on dit qu’elle est dans son premier quartier; lorsqu'elle est à la moitié de la distance entre la conjonction et l’opposition on dit qu’elle est dans son dernier quartier : le premier et le dernier quartier se nomment ensemble les quadratures. On donne encore le nom d’octans aux quatre positions intermédiaires C, I, Y, X, situées à égales distances des syzigies et des quadratures, Cestle premier octant, T, le second, Y, le troisième et X le quatrième.
La lune est celui de tous les astres dont les mouvemens sont les plus irréguliers, ou da moins celui dont les irrégularités sont les plus sensibles. Nous ne pouvonsici qu'indiquer les points principaux desa théorie.
L’'orbite que la lune décrit autour de la terre est uuc ellipse, variable dans ses dimensions, dont la terre occupe l’un des foyers. Elle la parcourt dans une période moyenne de 27 j. 7h. 43" 115; c'est ce que l’on nomme sa révolution sidérale. Comme pendant cet espace de temps, lesoleil, parson mouvement propreapparent, s’estavancé sur l’écliptique dansle même sens quela lune , il faut pour que la lune puisse le rattraper et redevenir nouvelle, qu’elle décrive en sus d’une circonférence entière de la sphère céleste, l'arc excédant décrit par le soleil. Cette révolution d'une nouvelle lune à uneautre nouvelle lune exige donc plus de temps que la révolution sidérale ; sa durée moyenne est en effet de 29 j. 12 h. 44' 2”, 8. On la nomme revolution synodique. Nous avons dit que l'orbite lunaire n'était point fixe dans l’espace, et ceci est une conséquence naturelle du mouvement de translation de la terre autour du soleil; mais les variations de cette orbite ne résultent pas seulement de ce qu’elle est emportée par la terre , que la lune es forcée de suivre , elle éprouve encore dans ses dimensions et dans l’inclinaison de son plan par rapport à celui de l'écliptique, des changemens nombreux qui rendent le cours de la lune trèsdifficile à suivre et sa théorie très. compliquée. D'abord, si l’on observe de mois en mois les points où l’écliptique est coupée par la lune , on trouve que les nœuds de son orbite sont dans un état continuel de rétrogradution sur l’écliptique, ou qu’ils ont un mouvement en sens inverse du mouvement apparent de la sphère céleste. Ce mouvement présente une vitesse moyenne de 3° 10", G par jour, de sorte que dans une période de 6793 j., 39 solaires moyens, environ 18 ans £, , le nœud ascendant a parcouru la circonférence entière de l'écliptique. Si ce mouvement était uniforme , il suffirait de connaitre , par l'observation, la position ou la longitude des nœuds de Ja lune à une époque déterminée pour pouvoir en déduire cette longitude pour une autre époque quelconque ; mais il est sujet à plusieurs iné- “ galités et se rallentit en outre de siècle en siècle. Ce
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déplacement des nœuds nous montre que l'orbite de la lune n’est pas rigoureusement une ellipse rentrant sur elle-même, et nous la fait apparaître comme une espèce de spirale indéfinie. Sans tenir compte de cette circonstance , l'axe de l’ellipse change sans cesse de direction dans l’espace, de manière que la distance de la lune à la terre varie suivant une loi qui ne s'accorde pas exactement aveccelle du mouvement elliptique. Ce phénomène,connu sous le non derévolution des apsides de lalune, s’effectue dans une période de 3232 j. 5353, c'est-àdire que l'axe de l'orbite lunaire décrit environ dans g années, une révolution complète dirigée dans le même sens que le mouvement propre de la lune. L’effet sensible de cette révolution est de faire continuellement changer le lieu de l’apogée et celui du périgée de l'orbite lunaire ; changement qui n’est point uniforme , mais dont les irrégularités ne deviennent sensibles que dans un grand intervalle de temps.
Le mouvement apparent de la lune sur la sphère céleste se trouve donc compliqué de plusieurs mouvemens particuliers, et pour s’en former une idée distincte, il faut considérer cet astre comme décrivant autour de la terre une ellipse qui a un double mouvement de révolution ; l’un dans son propre plan et en vertu duquel le grand axe tourne autour de son centre de l’ouest à l'est, l’autre d'oscillation du plan lui-même.
Les inégalités qui résultent de cette combinaison de mouvemens ont été entrevues de tout temps par les astroncmes, On a donné aux quatre principales les noms d'équation de l'orbite, d’évection, de variation et d'équation annuelle. Nous allons les exposer successivement, et expliquer comment on peut fixer à l'avance la marche de la lune malgré sa bizarrerie et son irrégularité. à
L'équation de l'orbite ou l'équation du centre , n’est que la différence entre le mouvement inégal de la lune dans son orbite elliptique ct le mouvement moven, égal et uniforme, qu’on lui suppose dans une orbite circulaire pour pouvoir trouver son lieu vrai. Nous avons exposé au mot ANOMALIE, comment on peut passer du mouvement circulaire au mouvement elliptique en cherchant l'anomalie vraie au moyen de l’anomalie moyenne : or, la différence de ces anomalies est précisément ce qu’on nomme l'équation de l'orbite. C’est la quantité qu'il faut ajouter ou retrancher de lanomalie moyenne pour avoir l’anomalie vraie. Pour la lune
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la plus grande équation de l'orbite est de 6° 17° 54", 5.
L’évection est une inégalité qui affecte l'équation de l'orbite et qui la rend plus petite qu’elle ne devrait l'être vers les syzigies, et plus grande vers les quadratres. Ele résulte du changement de dimension de l'orbite luvaire et particulièrement des variations de l’ex-
ceutricité qui, entrant Comme partie constituante dans