V. La complication de deux mouvemens partant
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d’un seul et méme point, ne peut être conçue qu'autant
qu'on se figure que l'un d'eux s'opère dans l'espace
absolu , et l’autre avec la même vitesse, mais dans une
direction opposée, dans l’espace relatif.
Idées fondamentales et principes à priori de la dynamique.
1. La matière est le mobile en tant qu’elle remplit un espace, ou qu'elle résiste à tout mobile qui teud à pénétrer, par son mouvement , dans cet espace. L'espace qui n'est point ainsi rempli est l'espace vide.
IT. La matière ne remplit pas son espace par sa seule existence, mais par une force motrice particulière. En effet, la pénétration dans l’espace est un mouvement ; la résistance est le mouvement en sens contraire, lequel suppose conséquemment une force motrice.
III. La matière n'a que deux forces motrices : l'attractive et la répulsive. La première est la cause qui fait qu'une autre matière se rapproche d'elle. La seconde est celle qui produit l'éloignement d’une autre matière. Nulle force autre que ces deux la n’est possible, parce que tout mouvement d'une matière par rapport à une autre ne peut consister qu'en attraction ou répulsion.
IV. La force par laquelle la matière remplit son espace est la force d'extension (de répulsion). Cette force est susceptible de degrés de plus en plus grands ou de plus en plus petits à l'infini, c'est-à-dire qu’on ne peut considérer aucun de ces degrés comme le plus grand ou le plus petit.
V. Comme au-dessus de toute force d’extension donnée, il peut s’en trouver constamment une plus grande, il existe aussi pour chacune une force compressive (d’attraction) qui peut la refouler dans un espace plus étroit. Mais comme il n’y a pas aussi de force qui soit la plus petite de toutes,une matière peutbien étrerefouléeà l'infini, mais elle ne peut jamais être entièrement pénétrée ou anéantie. L'impénétrabilité de la matière, qui croît en proportion du degré de compression , est relative, mais celle qui repose sur la supposition que la matière comme telle, n'est point susceptible de pénétration, s’appelle impénétrabilité absolue. La plénitude de l’espace par l'impénétrabilité absolue peut être nommée mathématique, ct celle par l'impénétrabilité relative peut porter l'épithète de dynamique.
VI. La matière est divisible à l'infini, et elle est divisible en parties dont chacune est à son tour matière. Cette divisibilité est une suite des forces répulsives de chaque point matériel dans l'espace. L'espace en luimême ne peut être que distingué à l'infini, mais il ne saurait être mu, ni en conséquence divisé physiquement. Mais en tant que chaque espace rempli de matière est mobile par lui-même, et en conséquence divisible;, la divisibilité physique de la substance se règle d’après la divisibilité mathématique de l’espace àl'infini.
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VIT. Outre la force d'extension ou de répulsion, la force d'attraction appartient encore à la possibilité de la matière. Si la matière ne possédait que la première de ces forces, ses parties se fuiraient à l'infini. Il faut donc qu’elle en possède une autre qui prescrive des bornes à l'extension. Mais réciproquement la simple force attractive ne suffit pas pour la possibilité de la matière, car sans la force répulsive qui vient lui imposer des bornes, la matière se resserrerait à l'infini par l'effet de la seule attraction, c’est-à-dire qu’elle se réduirait au point mathématique. Toute matière résulte donc de la synthèse de deux forces opposées, celle d’extention et celle d'attraction. Kant prétend qu'il n'est pas possible d'expliquer ultérieurement la possibilité de ces forces radicales, la nécessité de leur association et la possibilité de la matière elle-même; ce qui est rigoureusement vrai tant qu'on demeure renfermé dans les limites de la Raison temporelle de l'homme.
VII. Le contact, dans l’acception physique du mot, est l'action immédiate et la réaction de l’impénétrabilité. Quandun: matière agit sur une autre sans contact, c’est une action à distance, Comme cette action à distance est aussi possible sans la coopération de la matière intermédiaire, on l'appelle action immédiate à distance, Ou action sur une autre matière à travers le vide.
IX. L’attraction essentielle à toute matière, est l’action immédiate de cette matière sur une autre à travers le vide. Eneffet, l'action de Ja force attractive, qui renferme elle-même une raison de la possibilité de la matière, est indépendante de tout contact Il faut qu'elle ait lieu, mème sans que l’espace entre les matières soit rempli. C'est donc une action à travers le “vide.
X. En tant qu'une matière ne peut agir immédiatement sur une autre que dans la surface commune de contact, elle a une force de surface; mais en tant qu’elle agit immédiatement sur la surface de contact à travers le vide, clle a une force de pénétration. Or l’action primitive est une force de pénétration. Elle s'étend donc de chaque partie de la matière dans l’espace du monde à toutes les autres jusqu'a l'infini. Une autre matière ne peut s'opposer à la propagation de son action par la raison que c’est une forme de pénétration, et elle ne saurait renfermer en elle-même aucune cause de limitation, parce qu'elle ne peut jamais devenir une force la plus petite de toutes.
Idées fondamentales et principes de la mécanique métaphysique.
I. La matière est le mobile, en tant qu'elle a comme telle , la force motrice.
II. La grandeur du mouvement qui, estimée phoronomiquement, ne consiste que dans le degré de vitess#,
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ne peut être appréciée mécaniquement que par la quantité de matière mise en mouvement et par sa vitesse en même temps.
III. La quantité de matière ne peut, comparée à toute autre, être estimée que par la quantité du mouvement dans une vitesse donnée. En effet, comme la matière est divisible à l'infini, la quantité d’aucune matière ne saurait être déterminée immédiatement par le nombre de ses parties. Si on compare la matière donnée avec une autre similaire , la quantité en est proportionnelle à la grandeur du volume. Mais il est question ici de la comparer avec toute autre matière, et alors il devient impossible d’en estimer la quantité si l’on fait abstraction de son mouvement. Il faut toutefois admettre que la vitesse du mouvement des matières à comparer est égale.
IV. Il existe trois lois fondamentales pour la mécanique métaphysique.
1° Dans tous les changemens du monde physique , la quantité totale de la matière demeure la même sans augmentation ni diminution. — Loi des substances.
Cette loi s'applique seulement à la matière comme objet du sens externe et non aux objets du sens interne, comme on l’a souvent prétendu à tort.
2° Tout changement de la matière a une cause extérieure. — Loi d'inertie.
La matière, comme simple objet de sens extérieurs, n’a point d’autres déterminations que des rapports extérieurs dans l’espace et ne peut, en conséquence, subir des changemens que par le mouvement. Ce mouvement et ses variations doivent avoir une cause. Or, cette cause ne peut être intérieure, parce que la matière n'a pas de cause interne de détermination et qu’elle persévère conséquemment dans son état de repos ou de mouvement, sans pouvoir par elle-même modifier cet état. Donc, tout changement d’une matière dépend d’une cause extérieure. Cette loi do it seule porter le nom de loi d'inertie, car l’inertie de la matière ne consiste point en ce qu’elle persiste dans sa place, puisque c’est là une action, mais en ce qu’elle est sans vie ou manque Lolalement de causes intérieures de détermination.
VI. Dans toute communication de mouvement l’action et la réaction sont constamment égales et opposées une à l’autre. — Loi d'antagonisme.
Il résulte de cette loi que tout corps, quelque grande que soit sa masse, doit être mobile par le choc de tout autre , quelque petites que soient la masse et la vitesse de cet autre, car il doit toujours résister au mouvement,.
Idées fondamentales et principes de la phénoménologie.
L. La matière est le mobile en tant que, comme telle, elle peut être un objet de l'expérience.