‹ Dictionnaire des sciences mathématiques pures et appliquées (volume 2)Chapitre 152 sur 430 · NE · texte numérisé non relu

NE

n’est pas inutile de faire remarquer qu’à l'exception des grandes lois qu’il y détermine, la plupart de ses théories n’y sont qu'ébauchées, et que leur perfectionnement a été l’œuvre de ses successeurs. Mais cet ouvrage, dans lequelil a si bien établi d’ailleurs l'existence du principe général qu'il a découvert, ne restera pas moins dans le monde comme l’une des productions les plus étonnantes, la plus originale peut être de l'esprit humain.

Ilest évident que la loi d'attraction renverse une des hypothèses de Descartes ; mais on chercherait vainement dans lelivre des Principes l'exposition d’une philosophie contraire à celle de l'illustre auteur du discours de la méthode. On ne comprend donc pas aujourd'hui comment il put s'établir une lutte entre les idées auxquelles on a donné le nom de Cartésianisme et les découvertes purement scientifiques qu'on désigne sous le titre de Philosophie Newitonivnne. Serait-ce, comme l'ont prétendu des esprits fort supérieurs du reste, que la méthode d’induction que suivit Newten détruisait la supériorité de toute méthode à priori, et que conséquemment il faudrait en revemir à l'observation comine à la source unique et absolue de toutes nos connaissances ? Mais, outre qu'il sera toujours étrange de conclure d'une méthode à un principe , oublie-t-on que l’immortel Newton n’a pu baser ses inductions que sur des principes ou des découvertes antérieures à ses recherches, et établis par cette méthode à priori que le philosophisme du XVIII®* siècle s’obstina à nier. Nous regrettons de ne pouvoir donner plus de développement à ces considérations générales, et il nous suffra d'ajouter que, dans le domaine des réahtés qu'elle explore, la science adopte la vérité indépendamment des moyens employés pour la rechercher. Si la destination de l'homme est en effet la découverte de la vérité, la Providence a dû multiplier le nombre des voies qui mènent à elle, afin que toutes les intelligences pussent contribuer à cette œuvre sublime.

Le Traité d'optique de Newton est après lelivre des Principes un des écrits les plus remarquables de ce grand homme, les plus digues de son géuie original et profond. Mais l'espace nous manque pour en donner ici une idée plus précise ainsi que des uombreux et aduirables travaux dont cet illustre géomètre a enrichi la science : nous ne pouvons qu'en frire la rapide énumération bibliographique.

Le grand ouvrage de Newton parut pour la première fois a Londres, en 1687, in-4°,sous cetitre : Philosophiæ naturalis principia mathematica. Le livre intitulé Systemata mundi, qui r'est qu'un précis de la troisième paitie du précédent ouvrage, destiné à en rendre la doctrine plus accessible, ne fut publié qu’en d’ail-

leurs aux traités spéciaux de bibliographies ceux de

1531, par les soins de Hallev, Nous renvovons

NE nos lecteurs qui désireraient connaître le nombre d’éditions et les traductions en diverses langues qui ont été faites de cet immortel écrit.

En 1904 , Newton publia à Londres, en anglais, son Traité d'optique ; il était accompagné de deux autres traités en latin : De quadratura curvarum, et Enumeratio linearum terlit ordinis. En 1706, Ssmuel Clarke donna une nouvelle édition de cet ouvrage avec la traduction de l'optique en latin.

En 1707, parut l’Arithmetica universalis , eten 1511 Newtou publia de nouveau ses deux traités De quadra. tura, etc. avec ceux qui portent ces titres : Analysis per quantitalum series , fluxiones ac differentias, etc, et Methodus differentialis.

Après lui parurent ses Lectiones opticæ , qu’il ne faut pas confondre avec le Traité d'optique dont nous avons parlé plus haut, et enfin sa Méthode des fluxions et des suites infinies, qui est un de ses premiers ouvrages, mais qui ne fut publié qu’en 1706, en anglais. par les soins du docteur Colson. Buffon en a donné une traduction française. Les œuvres complètes de Newton ont été publiées à Londres en 1770, par les soins de Horsley, sous ce titre : Isaac NEuTONT opera quæ extant omnia. Commentarirs illustrabat Samuel Horsley , 44. EL. L. D. R.S.S. Lond. 1779. in-4° 5 vol.

Le grand Newton, qui jouit durant sa longue vie de la plus heureuse santé, mourut le 20 mars 1727, âgé de quatre vingt-quatre ans et trois mois. Sa patrie, où le culte des grands hommes est si noblement pratiqué, lui voua les honneurs funèbres les plus remarquables. Son corps fut transporté à l’abbaye de Westminster et placé sur un Et de parade, les plus grands seigneurs se disputèrent l'honneur de porter les coins du drap» mortuaire, et unc foule immense «le citoyens anglais assista dans un religieux silence à cette cérémonie. Ce fut néanmoins la famille de Newton qui lui fit depuis élever un tombeau. On v dit l’épitaphe suivante qui résume la plus belle vie que Dieu ait pu accorder à un homme.

H. S. E. Isaacus Newtonus, eques auralus, qui

animi vi prope diviné, planetarum motus, figuras, cometarum semilas, oceanique æslus, sua mathesi lucem præferente, primus demonstravit. Radiorum lucis dissimilitudines , colorumque indè nascentium proprietales, quas nemo antè suspicalus eral, pervestigavit. Naturæ antiquitatis, S. scrip. sedulus, sagax, Jfidus, interpres, Dei O. M. majestatem philosophiä aperuit , evangelii simplicitatem moribus expressit. Sibi gratulentur mortales tale tantumque exstitisse humani generis decus.

Natus XXT december. 4. D.MDCXLII; obiit martis XX, MDCCXFVI. (1327. V.S.) Les dernières phrases decette épitaphe font allusion à la Chronologie des:

NI

anciens royaumes corrigés, qui, malgré les critiques de Férat, est demeurée un des ouvragesles plus remarquables qui existent sur cette matière, et à un ouvrage d'Exégèse de la vieillesse de Newton, Observations sur Daniel et l’ Apocalypse ; écrit mal jugé en France et qui n’était ridicule que pour la secte antireligieuse qui avait osé s’étayer un moment du vénérable nom de Newton.

NIVEAU. (Arpentage.) lustrument employé pour mener une ligne parallèle à l'horizon, et pour trouver la différence des hauteurs de deux endroits. Il y a plusieurs espèces de niveaux.

Le niveau d'eau, le plus simple de tous, est composé d’un tuyau rond de cuivre ou de toute autre matière susceptible de contenir de l’eau, long d’environ un mètre sur 30 à 35 millimètres de diamètre. Il est recourbé en équerre par les bouts pour y recevoir deux tuyaux de verre de 80 à 100 millimètres, que l'on fait tenir avec de la cire et du mastic. Il y a pardessous une viole attachée au milieu, pour placer l’in- PI. 47, fig. 3.) On y

verse de l’eau ordinaire ou colorée par un des bouts

strument sur son pied. (Foy.

jusqu'à ce qu’il y en ait assez pour paraître dans les deux tuyaux de verre.

Ce niveau est très-commode pour niveler de moyennes distances, parce qu’il n’est pas nécessaire que l’eau soit égalementéloignée des extrémités des deux tuyaux de verre; d’après la propriété des liquides, la ligne visuelle qui passe par les deux surfaces apparentes de l’eau, est toujours horizontale.

Le niveau d'air (P1. 43, fig. 4), est un tube de verre bien droit et d’égale grosseur et épaisseur partout. On le remplit, à quelques gouttes près, d'esprit de vin ou autre liqueur non sujette à geler, puis on le ferme hermétiquement à la lampe d’émailleur. Cet instrument est exactement parallèle à l'horizon lorsque la goutte d’air s'arrête justement au milieu; car, daus toute autre situation, la goutte d’air plus légère que les gouttes de liqueurs court vers l'extrémité la plus élevée pour remplir le vide.

C’est ce niveau d’air simple qui sert de base à tous les niveaux composés, montés sur des pieds et garnis de pinnules ou de lunettes. (Fig 5, 6.)

Le niveau à perpendicule est composé de deux règles jointes à angles droits et dont l’une porte un fil à plomb. (PI. 47, fig. 7, 8et 9.) Le niveau des macons (fig. 10) est un instrument de cette espèce.

NIVELLEMENT. Branche de la géométrie pratique qui a pour objet de mesurer la différence des niveaux des points terrestres, ou de faire connaître combien un point de la surface du globe est plus près ou plus loin du centre qu’un autre point.

Page 1