‹ Dictionnaire des sciences mathématiques pures et appliquées (volume 2)Chapitre 211 sur 430 · SERRE E ER · texte numérisé non relu

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PRESSE. (cc. prat.) Machine construite en Fer ou en bois, qui sert a comprimer les corps.

La presse commune est composée d'une vis de pression E (PI. 28, fig. 7), dont la tête porte sur une planche unie O, et qui tourne dans son écrou placé à la partie supérieure d’un bâti ABDIT. Les corps que l’on veut presser étant posés sur la partie inférieure du bâti et recouverts de la planche O, on tourne la vis au moyen d’un levier E qu’on introduit dans un trou fait à sa tête. Cette action forcela planche O à descendre et lui fait comprimer de plus en plus les corps qui sont audessous.

Presse nypraAuLiQUE. Cette presse, dont l'action est si puissante, est une idée de Pascal mise en pratique par le mécanicien anglais Bramah. Elle consiste en deux forts cylindres métalliques D et EF (PL 13, fig. 5) de différens diamètres; chacun de ces evlindres est muni d’un piston ; le piston du cylindre F correspond a un bras de levier sur lequel agit le moteur qui doit opérer sur cette machine. Le piston du cylindre D est surmonté d’une plaque en fonte sur laquelle on place les objets que l’on veut comprimer. Ce cylindre, dont la hauteur surpasse celle du premier, est placé dans un cadre de fer très-solide, dont la partie supérieure, parallèle à la plaque de fonte, sert de plan réacteur, de sorte que la compression est produite parle rapprochement de la plaque du piston à ce plan ; les deux cylindres communiquent par un tuyau horizontal E, Le cylindre extérieur £°, immergé dans une bâche remplie d’eau, est muni de deux soupapes, par l'une desquelles l’eau entre dans le cylindre, et elle sort par l'autre. Lorsque l'agent moteur soulève le levier et le piston qui y est attaché , la première s'ouvre et la seconde se ferme; le contraire arrive lorsqu'il s’abaisse. C'est la pression opérée sur l’eau que renferme ce cylindre qui se transmet au piston du cylindre D et presse la plaque A en faisant remonter le piston. (Foy. Iyipronrna- MIQUE, 14.) On trouve une description détaillée de cette importante machine dans le volume de la Meécanique appliquée aux arts, de Borgnis, qui a pour titre: Machines employées dans diverses fabrications.

PRESSION. (A/éc.) C’est la force d’un corps qui agit sur un autre où sur un obstacle quelconque sans choc. On désigne cette action sous le nom de force morte.

(Foy. Force.)

PREUVE. Terme d'arithmétique qui signifie uve opération par laquelle on vérifie l’exactitude des résultats d’un calcul. (’oy. les diverses opérations élémen-

taires et le mot Nzur.)

PRIME, Mot qui exprime lamême chose que minute,

c'est-à-dire, en géométrie, la soixaitième partie d’uu degré. On désigne les minutes ou primes par le signe

(}, ainsi 45"

signifie 45 primes.

On se sert encore très-souvent des signes ('), (”), ("), etc., qui désignent les zninutes, secondes, tierces, pour faire représenter par une même lettre des quantités différentes; par exemple a, a', a", a", etc., qu'on prononce &«, «& prime, a seconde, etc., désignent sim-

plement des quantités différentes entre elles.

PRINTEMPS. (4s4.) Une des quatre saisons de l’année, Il cominence lorsque le soleil, s’'approchant de plus en plus du zénith, a atteiut une hauteur méridieune moyenne entre sa plus grande et sa plus petite ; c'est-à-dire lorsqu'il est arrivé au point où l’échptique coupe l'équateur où au point de l'équinoxe; et il finit, lorsque le soleil, continuant de s’approcher du zénith , a atteint sa plus grande hauteur méridienne, c'est à-dire, lorsqu'il est arrivé au point du solstice où l'été commence, Dans notre hémisphère, le printemps commence

vers le 21 mars, lorsque le soleil entre dans le signe du

Bélier; c'est alors l'automne pour l'hémisphère austral; réciproquement quand l'automne commence pour nous, c'est le printemps pour cet hémisphère opposé. Les jours qui sont Cgaux aux nuits, au moment de l’équinoxe, croissent depuis ce moment jusqu’au dernier jour du printemps qui est le plus grand de l’année. Cette saison est plus longue d'environ 4 jours que l’automne et que l'hiver, parce que le soleil est plus longtemps à parcourir les signes septentrionaux que les mé-

ridionaux. (7/07. Saisons.)

PRISME, (Géom.) Corps compris entre deux faces : polygonales égales et terminé latéralement par des faces parallélogrammes, (Foy. Norioxs PRÉL. , 49.)

Les faces polygonales égales et parallèles se nomment les bases du prisme et la distances de ces bases ou la perpendiculaire abaissée de l’un sur l’autre est sa hauteur. Le prisme est droit ou oblique selon que ses arêtes latérales sont perpendiculaires aux deux bases, ou qu'elles font un angle oblique avec elles. Toutes les arêtes latérales sont égales.

La hauteur du prisme droit est donc égale à chacune des arêtes latérales, ou égale au côte du prisme. La hauteur du prisme oblique est toujours moindre que son côté.

Un prisme a autant de faces latérales que ses bases ont de côtés. Si les bases sont des polygones de » côtés, le nombre total de ses faces sera 7 2, celui de ses sommets sera 2#, et celui deses arûtes sera 3».

Un prisme est dit triangulaire (PI. 53, fig. 17), quadrangulaire, pentagonal , hexagonal (PI. 53, fig. 16), etc. , selon le nombre des côtés de chacune de

PR

ses bases. Ses angles solides ne sont jamais composés que de trois angles plans, quel que soit le nombre de ses cotés.

On démontre que tous les prismes de même base et de même hauteur sont équivalens entre eux, et que le volume d’un prisme quelconque est égal au produit de

l'aire d’une de ses bases par sa hauteur. (/'oy. SaL1pE.)

PROBABILITÉ. Si toutes nos connaissances entrainaient la certitude comme le font les propositions des mathématiques pures, uos jugemens détermineraient toujours une conviction pleine et entière touchant leur objet, et cette conviction serait valable pour la totalité des êtres raisonnables, mais il n’en est point ainsi. La plupart de nos connaissances ne sont que de simples croyances plus où moins fondées, plus où moins probables; de là l'impossibilité où nous nous trouvons si souvent de les faire partager aux autres.

Le premier degré de la connaissance est la conjecture : elle détermine l'opinion; le second degré est la conviction: elle détermine la foi, et eufin le troisième degré est la certitude: elle détermine la science. L'opinion n’est souvent qu'un jeu de l'imagination sans le moindre rapport avec la vérité, et qui n’a de raison suffisante ni objective ni subjective, c’est-à-dire ni daus l’objet de la connaissance, ni dans le sujet connaissant, La foi a toujours une raison suffisante subjective. La science a une raison suffisante subjective et

objective; elle est certitude pour tout le monde.

Dans les questions spéculatives, l'opinion etmême la foi ne méritent aucun assentiment, puisqu'elles ne peuvent être communiquées aux autresavec la mème intensité, Il serait absurde, par exemple, d'opineren mathématiques pures , il faut savoir ou s'abstenir. Mais dans les questions pratiques, la foi peut atteindre le but plus ou moins heureusement. Par exemple, un médecin exa. mine les symptômes d'une maladie grave, il juge, parce qu'il ne peut pénétrer jusqu’à la cause première et cachée, que cette maladie est une gastro-entérite ou toute autre chose, et, d’après la foi qui résulte en lui de son jugement , il ordonne certains remèdes. Un autre médecin aurait peut être mieux rencontré. Mais quoi qu'il en soit du rapport des moyens avec le but réel à atteindre, ce rapport est toujours fortuit; la for qui sert de fondement à l'usage de ces moyens est une foi fortuite; si le butest atteint, ce n’est pas nécessairement, c’est par nasarD; le jugement n’a pas déterminé l’action par sa GERTITUDE, mais seulement par sa PRobABI- LITÉ,

Or, si la certitude n’est susceptible que d'un degré, car elle est ou elle n’est pas, la probabilité est susceptible de degrés à l'infini, puisqu'elle peut se rapprocher

ou s'éloigner d'autant plus de la certitude que le jugement pratique se fonde sur des connaissances plus ou moins réelles; la probabilité peut donc se mesurer; comme telle les lois des nombres lui deviennent applicables; et cette application forme l’objet d’une branche des mathématiques appliquées qu’on nomme carcuL DES PROBABILITÉS.

Le calcul des probabilités a pris naissance entre les mains de Pascal et de Fermat, à l’occasion de quelques questions sur les jeux de hasard; développé ensuite par Jacques Bernouilli et appliqué aux événemens moraux et politiques, étendu par Montmort, Moivre et Daniel Bernouilli à une foule de questions importantes, ilest devenu enfin, par les travaux de Condorcet, de Lagrange et de Laplace une science féconde dont les résultats n’ont pas été sans influence sur les progrès de la civilisation. Nous allons exposer d’abord les notions élémentaires de ce calcul, que nous éclaircirons par des exemples pris sur les jeux les plus connus, et nous indiquerons ensuite quelles applications

importantes peuvent en être faites.

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