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Sxsrème de Copernic. Ce système, dans lequel la terre ainsi que toutes les autres planètes tournent autour du soleil, a été entrevu dès la plus haute antiquité. Quelques auteurs, entre autres Diogène de Laërce, attribuent à Philolaus, disciple de Pythagore, l’idée de faire tourner la terre autour du soleil , mais il parait que ce philosophe n’a eu que le mérite d’avoir le premier divulgué les enseignemens du maître, car Eusèbe affirme positivement que Philolaus avait le premier exposé par écrit le système de Pythagore; Plutarque nous apprend que Timée de Locres, aussi disciple de Pythagore, avait eu la même opinion ; etque lorsqu'il disait que les planètes étaient animées et qu'il les appelait les différentes mesures du temps , il entendait « que le soleil et » la lune, et les autres planètes servaient à mesurer le » temps par leurs révolutions, et que la terre ne devait » pas être imaginée toujours stable dans le même lieu, » mais mobile et dans un mouvement circulaire, comme » Aristarque de Samos et Séleucus l'ont enseigné de- » puis. » (Plutarque, tom. 2.)
Get Aristarque de Samos vivait environ trois cents ans avant J.-C. , et fut un des principaux défenseurs du mouvemeut de la terre. Archimède dans son livre de Arenario dit «qu’Aristarque, écrivant sur ce sujet » contre quelques philosophes de son temps, avait » placé le soleil immobile dans le centre d’une orbite » qu’il faisait parcourir à la terre par un mouvement » circulaire. » (Voy. ARISTARQUE.)
Théophraste a écrit une histoire de l'astronomie qui n’est point parvenue jusqu’à nous, mais dans laquelle se trouvait rapporté, d’après une citation de Plutarque, que Platon, qui avait toujours enseigné que le soleil tournait autour de la terre, revint de cette erreur dans un âge plus avancé, et se repentit de n'avoir pas placé le soleil au centre du monde, comme le lieu qui convenait le plus à cet astre , et d’y avoir placé la terre contre l'ordre le plus naturel.
On ne peut douter que toutes ces idées ne servirent de guides à Copernic, lorsqu'il entreprit d'établir un système du monde plus conforme à la réalité des phénomènes que celui de Ptolémée , ébranlé chaque jour par les observations , mais ce serait étrangement méconnaître ce que la science doit à ce grand homme , si l’on supposait, comme ses détracteurs ont voulu le faire croire, qu’il n’a fait que reproduire une vérité oublice depuis long-temps. Il y a certes bien loin de l'opinion des anciens dépouillée de preuves, et qu’on peut seulement considérer comme un pressentiment de la vérité, aux immenses travaux par lesquels Copernic entreprit de lui donner une base solide ; car, ainsi que nous l’avons dit ailleurs , Copernic consacra toute sa vie aux observations et aux études qui devaient confirmer ses découvertes, et il n’entreprit d’en exposer l’ensemble
018 SY que lorsqu'il eut acquis la certitude complète de leur vérité. (Joy. Copernic.)
Les principaux traits du système de Copernic étant rapportés dans l’article que nous venons de citer, nous nous contenteroos d'en exposer plus bas l’ensemble au mot système solaire.
Sysrème de T'ycho-Brahe. Regardant comme un très grand argument contre le système de Copernic quelques passages de l’Ecriture Sainte qu’il avait assez mal interprétés, Tycho-Brahé, trop bon observateur pour ne pas reconnaitre que toutes les planètes tournent autour du soleil , entreprit de substituer au système de Ptolémée, désormais insoutenable , un système mixte dans lequel il place la terre immobile au centre de l'univers. Autour de la terre tourne d’abord la Lune, puis le soleil , autour duquel tournent Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne, dans des orbites qui sont emportées avec lui dans sa révolution autour de la terre. Cet arrangement, qui satisfaisait très-bien à tous les mouvemeus apparens connus alors , exige la même rapidité de mouvemens que les hypothèses de Ptolémée et des Egvptiens, et ne peut plus d’ailleurs aujourd'hui s’accorder avec le phénomène de l’aberration. (Voy. ce mot.)
SYSTEME SOLAIRE. On désigne maintenant sous ce nom l'ensemble du soleil et des corps qui lui sont subordonnées. Le soleil est placé au centre de gravité du système
ah autour duquel il tourne lui-même, tandis que toutes les planètes circulent autour de lui dans l’ordre suivant: 1 Mercure, 2 Vénus , 3 la Terre, 4 Mars, 5 Vesta, 6 Junon, 5 Cérès, $S Pallas, o Jupiter, 10 Saturne, 11 Uranus. (Voy. ces divers mots.)
Outreleur mouvement de translation autour dusoleil, toutes les planètesontun mouvementde rotation surelles mêmes, C’estce mouvement de rotation dela terre, dont la durée est de 24 heures , qui produit l’appareuce d’un mouvement général, en sens inverse, de toute la sphère céleste, comme c’est le mouvement de translation de la terre qui produit ces apparences bizarres des stations et des rétrogradations des planètes , que les anciens astronomes trouvaient inexplicables, et dont ils ne pouvaient se rendre compte que par un échafaudage de cercles tournant les uns sur les autres sans aucune cause raisonnable, (Foy. TERRE.)
Les diverses particularités du système solaire font l’objet de plusieurs articles auxquels nous devons renvovyer. (Ÿoy. ATrRACrION , GR AVITÉ, PLANÈTE, PERTUR- BATION ; voy. aussi les articles consacrés à chaque planète et Couire.) L'ensemble du système solaire est représenté pl. 0, fig. 3.
SYZIGIES. (45) Terme dont on se sert pour indiquer la conjonction et l'opposition d’une planète avec le soleil. Ce terme s'emploie plus particulièrement en
parlant de la lune. (Foy. Luxe.)
TABLE. On désigne généralement sous ce nom, en mathématiques, une suite de nombres arrangés méthodiquement soit pour faciliter l'évaluation numérique d’une fonction de quantités variables , soit pour donner immédiatement cette évaluation. C’est ainsi, par exemple, qu'on nomme fable ie Fythagore la suite des produits de deux à deux des nombres naturels 1,2, 3,4,2,6,7,8,9, produits essentiels et sans lesquels on ne pourrait effectuer la multiplication des autres nombres. (Joy. MULTIPLICATION.)
Lorsqu'une table renferme particulièrement la suite des valeurs qu’on obtient pour une fonction en donnant des valeurs successives à la variable de cette fonction, on la dispose sur deux colonnes dont la première contient les valeurs de la variable, et la seconde les valeurs correspondantes de la fonction. Par exemple, si la fonction 9x désigne le logarithme naturel ou Ayperbolique de x, en faisant successivement x—1,x—2,x=3, etc., ct en calculant d’après les procédés connus (voy. Loca-
RTHMES), les valeurs qui en résultent pour x ou loga-
rithme x, ou formera une table des logarithmes naturels en disposant ces valeurs comme il suit :
Nombres. Log. naturels.
Les tables les plus importantes pour l'astronomie et les sciences qui s’y rattachent sontles tables des logarithmes des nombres et des sinus, elles sont comprises parmi les tables dites astronomiques qui servent à calculer les lieux et les mouvemens des astres. Avant la découverte des logarithmrs, les astronomes se servaient pour
TA
leurs calculs des tables des sinus naturels, dont les plus étendues sont celles de Rheticus, publiées en 1613, par Pitiscus. ( f’oy. sur ce sujet une note de M. de Pronvy, insérée dans les Afém. de L'Institut, et intitulée : Æclaircissemens sur un point de l'histoire des tables trigonométriques.) Ce grand travail suffirait pour immortaliser son auteur si l'histoire de la science ne devait encore le citer parmi les premiers propagateurs du véritable système du monde. (Foy. Ruericus.)
Ce que nous avons ditau mot Locanirnme sur les principales tables logarithmiques , publiées jusqu'à ce jour, nous dispense de parler ici de ces tables devenues l'instrument universel des calculs astronomiques ct géo désiques, mais nous ne pouvons passer sous silence de vastes tables manuscrites à la construction desquelles se rattache une anecdote très-curieuse, et dont la publication intéresse l'honneur national. Voici le fait + lorsque le gouvernement francais eut décrété l’établssement d'un nouveau système métrique , il devint nécessaire de composer des tables trigonométriques pour la division du quart de cercle en 100 degrés, comme aussi de rapporter à cette division toutes les autres tables astronomiques. M. de Prony, alors directeur du cadastre, fut chargé de cet immense travail, etilne lui fut pas difficile de reconuaître que, même en s’associant trois ou quatre habiles coopérateurs , la plus grande durée présumable de sa vie ne lui suffirait pas pour remplir ses engagemens. Dans le momeut où il était le plus préoccupé de cette difficulté qui lui paraissait insurmoutable, M. de Prony vit sur l’étalage d’un libraire la belle édition anglaise de Smith, faite à Londres en 1776; il ouvrit le livre au hasard et tomba sur le premier chapitre qui traite de la division du travail et où la fabrication desépingles est citée pour exemple. A peine avait-il parcouru les premières pages, que par une espèce d'inspiration il conçut l'espérance de mettre les logarithmes en manufacture comme les épingles. 11 faisait en ce moment à l’École Polytechnique des leçons sur une partie de la science liée à ce genre de travail, le calcul des différences et ses applications à l’interpolation. Il alla passer quelques jours à la campagne et revint à Paris avec le plan de fabrication qui a été suivi dans l’exécution.
Quand on saura que ces tables , terminées dans un court espace de temps, embrassent dix-sept grands volumes in-folio , on pourra se faire une idée de ce travail qui forme Ze monument de calcul le plus vaste et le plus imposant qui ait jamais été exécuté ou concu. (Rapport fait à l'Institut sur ces tables par Lagrange, Laplace et Delambre.) On trouve dans l'avertissement placé en tête des tables de Callet a nomenclature des différentes parties de cette belle opération, qui n’est point encore publiée malgré l'offre faite, il y a quel-
ques années, par le gouvernement anglais au gouvernement français d'imprimer ces tables aux frais communs de la l'rance ct de l'Angleterre, De tels monumens assurent cependant à la mation chez laquelle ils sont créés, un des genres de glo re qu’elle doit le plus ambitionner ; il est infiniment à regretter qu’on laisse enfouie , en manuscrit, une production jugée sans égale par les Lagrange, les Laplace, et qu'on s’obstine ainsi à courir les chances de son irréparable perte, qui peut être occasionnée par un de ces accidens dont on a malheureusement tant d'exemples.
Les tables astronomiques proprement dites sont des suites de nombres qui indiquent les situations et les mouvemens des astres ou qui servent à les calculer. Les plus anciennes de cette espèce de tables sont celles que Ptolémée a données dans son Almageste, et qui furent ensuite rectifiées et augmentées par Alphonse, roi de Castille, en 1252, voy. Arpuoxse, Depuis la renaissance des sciences en Europe, et particulièrement depuis la restauration du véritable système du monde par Copernic, le nombre des tables astronomiques a toujours été en croissant , et le degré de perfection où elles ont été portées ne peut qu'exciter l'admiration. Nous allons indiquer succinctement, dans leur ordre chronologique les plus remarquables etles plus estimées de ces tables.
Copernic, après trente ans d'observations et de calcul, publia une nouvelle collection de tables des mouvemens célestes en 1543, dans son ouvrage à jamais mémorable De revolutionibus orbium celestium. Ces tables furent successivement corrigées et augmentées par les observatious des autres astronomes, et devinrent les plus correctes de toutes celles qui parurent avant la publication des célèbres tables rudolphines, ouvrage de Tycho- Brahé et de Képler. Ces dernières furent publiées en 1627 à Lintz.
Les tables rudolphines, réimprimées à Paris en 1650, servirent de modèle à un grand nombre de tables dont les auteurs s’efforcèrent de rendre la forme plus commode. Telles sont entre autres :
Christiani Reinharti, tabulæ astronomicæ, 1630. Philippi Lansbergii , tabulæ motuum, etc., 1632. Ismael Bouillau, astronomia philolaica, 1645. Marie Cunitz, urania propitia, 1650.
B. Riccioli, tabulæ novæ astron., etc., 1665.
Les tables de Strect, surnommées tables carolines , publiées d’abord à Londres en 1661, puis à Nuremberg en 1705,out été considérées pendant long temps comme les plus parfaites ; elles ont été employées généralement jusqu’à la publication des tables de Lahire, dont la supériorité était tellement incontestable que tous les astronomes en adoptèrent l'usage,
Les tables de Lahire parurent en 1687, et la suite en 1702, sous le titre de tabulæ astronomicæ Ludovici magni. Le premier rang leur fat enlevé par les tables que Cassini donna, en 1740, dans ses élémens d'astronomie.
Les tables de Halley, publiées à Londres en 1749, et à Paris en 1959, par les soins de Lalande, remplacèrent à leur tour celles de Cassini et demeurèrent les plus parfaites jusqu'à la publication des tables de Lalande en 1771.
Outre les tables dont nous venons de parler, nous devons encore en mentionner quelques autres, comme les tables du soleil de Lacaille ; les tables de La lune de Mayer, publiées par le bureau des longitudes , et les tables de La lune de Charles Mason, qui servent aux calculateurs du nautical almanack. Les tables les plus modernes, en France, sont les tables du soleil de Delambre ; celles de La Lune de Burckhard ; les tables de Jupiter et de Saturne de Bouvard, et les tables de lalune suivant la division centésimale du cercle, par M. le ba-
ron Damoiseau.
TABLEAU. (Persp.) Surface plane sur laquelle on projette l’image d’un objet. (Voy. PERSPECTIVE.)
TACHES. (45st.) On donne ce nom aux endroits obscurs qu'on remarque sur le disque lumineux du soleil, de la lune et de quelques plauètes. ( ’oy. Jupiter,
Luxe, Mars , SATUBNE et SOLEIL.)
TANGENTE. (Géom.) Ligne droite qui touche un cercle ou toute autre ligne courbe, de manière à n'avoir qu’un seul point commun avec la courbe. Ce point se nomme le point de contact.
Dans la géométrie élémentaire, on ne considère que les tangeutes du cercle dont la propriété principale est d’être perpendiculaires aux rayons menés aux points de contact. Pour démontrer cette propriété à l’aide des seules propositions exposées dans ce dictionnaire, considérons la droite CD qui touche au point C, le cercle ECB (PI. 53, fig. 13) ; menons au point de contact le rayon AC, et par le centre A faisons passer une sécante quelconque ED. I a été prouvé (CErcrE, 20) que le carré de la tangente CD est équivalent au rectangle formé entre la sécante entière ED et sa partie extérieure BD, c’est-à-dire que l’on a