‹ Dictionnaire des sciences mathématiques pures et appliquées (volume 2)Chapitre 360 sur 430 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

TE 529 grossissement qu'il fera éprouver aux objets, c’est-àdire son amplification (voy. ce mot).

Le télescope que nous venons de décrire a recu le nom d’astronomique, parce qu’on ne s’en sert que pour les observations astronomiques où il est parfaitement indifférent de voir les objets droits ou renversés. En lui ajoutant deux autres verres nommés aussi oculaires, on fait éprouver aux rayons lumineux de nouvelles réfractions qui redressent l'image, et l’on a alors le télescope terrestre. Voyez ce que nous avous dit sur ce sujet, et sur le télescope de Galilée, au mot LuxÉTrE.

TéLesco?e AËRIEN. Ce télescope, inventé par Huygens, ne diffère du télescope astronomique que par la manière de monter les verres, lesquels n’étant pas placés dans un même tube permettent de donner à l'instrument une longueur qu’on ne pourrait obtenir avec unseul tube sans le rendre très-incommode et très-difficile à manier. Ilse compose d'un mât AB, (PI. 58, fig. 4) planté verticalement , dont la longueur est celle que devrait avoir le tube du télescope. Ce mât est aplani d’un côté sur lequel on fixe deux règles parallèles entre elles et éloignées l’une de l’autre d’un pouce et demi (40 + millimètres) , de sorte qu’elles forment une rainure Gu haut en bas du mât, laquelle doit être tenue un peu plus large en dedans qu’en dehors. Au haut du mät est une roulette À, qui tourne sur son axeet sur laquelle passe une corde G deux fois aussi longue que le mât. Cette corde, de la grosseur du petit doigt, sert à élever l’appareil qui contient l’objectif ; elle est garnie à son extrémité en H d'un contre-poids égal à celui de l’appareil. Une pièce de bois, longue de deux pieds, cst ajustée dans la rainure qu'elle peut parcourir dans toute sa longueur en glissant fibrement mais sans jeu ; à son milieu sont fixés deux bras L,/, qui soutiennent à angle droit un autre bras E, lequel porte une espèce de fourchette F, dans laquelle se meut librement un tube IK, auquel est fixé le verre objectif, Le tube JK est porté sur une règle de bois qui le déborde de 8 à 10 pouces, et à laquelle est attaché un fil de soie dont l'autre extrémité tient à l'appareil de loculaire. Ce second appareil se compose d'uu tube Q fort court, fixé sur une règle QV qui est posée sur un axe R que l'astronome tient dans sa main ; l'extrémité V de la règle reçoit le bout du fil de soie qui s’enroule sur une petitecheville, de manière qu'on peut le ralonger ou le raccourcir à volonté. Le tube Q renferme l'oculaire qu’on recouvre d’un cercle percé d’un très-petit trou au milieu, afin d’écarter les rayons lumineux divergens qui pourraient fatiguer l'œil. Enfin , un support X est placé sur le sol pour que l'observateur, en appuyautson bras dessus, puisse tenir ferme l'oculaire.

Tel était le grand télescope d'Huvygens avec lequel il découvrit l'anneau de Saturne et un de ses satellites.

Où

Son objectif avait une distance focale de 12 pieds, et son oculaire une de trois pouces. Il se servit aussi d’un télescope de 23 pieds de longavec deux oculaires joints ensemble, ayant chacun un rayon de courbure de 9 lignes,

Le télescope achromatique est la même chose que le télescope astronomique ordinaire rendu plus parfait par la substitution des verres achromatiques aux verres ordinaires.

TéLescors DE RÉFLEXION. Le premier inventeur de cette espèce de télescope est le père Mersenne ; mais les objections que lui fit Descartes, sur le plan de cet instrument qu'il lui avait soumis, l’empéchèrent d’en poursuivre l’exécution. Vingt ans après, en 1663, Jacques Gregory donna, dans son optica promota , la description d’un télescope de réflexion, et vers le même temps, en France, Cassegrain proposa un instrument à peu près semblable. Cependant sil est incontestable que Newton n’a point eu le premier l’idée de linstrument auquel on a donné son nom, il est tout aussi incontestable qu’il a le premier surmonté les difficultés contre lesquelles Gregory et Cassegrain échouèrent, et que non seulement il lui était réservé , par ses immortelles découvertes, de prouver les avantages du télescope de réflexion , mais encore qu'il en coustruisit un, d’un peu plus de six pouces de long, avec lequel :ül pouvait lire de plus loin qu'avec une bonne lunette d'approche ordinaire de quatre pieds. Ce succès de Newton, malgré tout ce qu'il était permis d’en espérer, n’excita pas d’abord l’émulation des opticiens, car ce ne fut qu’en 1719 que Hadley parvint à construire deux télescopes deréflexion de 5 pieds!> pouces anglais, qui réussirent si bien qu’on voyait par leur moyen les satellites de Jupiter et de Saturne aussi distinctement qu'avec un télescope de 123 pieds. Hadley s'étant ensuite réuni à Bradley et a Molineux, dans le but de perfectionner les moyens de construction et de fourrir aux plus habiles artistes anglais des procédés assez éprouvés pour leur ô’er la crainte de se ruiner en essais infructueux , cette noble association réussit si complètement, qu'après avoir communiqué le résultat de ses recherches à Scusset, habile opticien, et à Hearne, ingénieur pour les instrumens de mathématiques, les télescopes de réflexion devinrent d’un usage aussi répandu que celui des télescopes ordinaires. Nous ne devons pas oublier que trois opticiens français, Paris et Gonichon, asociés , et Passemant ont eu le courage de tenter la construction des télescopes de réflexion, et qu’ils ont réussi sans aucun des secours qu'avaient eus les opticiens anglais. Les premiers télescopes de Pariset Gon'chon furent achevés vers 1933, et ceux de Passemant un an ou deux après.

Télescope de Newion. 11 se compose d’un tube

ABCD (PI. 20, fig. 3), au fond duquel est un grand miroir concave GIT de métal, vis-à-vis duquel et dans son axe on place un miroir plan KA aussi de métal, d’une figure elliptique et incliné de 45° à l’axe du tube. Ce miroir plan doit être situé entre le grand miroir concave et son fover, et à une distance de ce foyer qui soit égale à la distance du centre de ce petit miroir au foyer d’un verre oculaire O , lequel est placé dans un petit tube latéral.

D'après cette disposition , les faisceaux lumineux EG et FH qui viennent de l’objet surle grand miroir GH, et qui après leur réflexion iraient dessiner une image renversée z2n au fover de ce grand miroir, sont reçus par le petit miroir plan KÆ et réfléchis vers loculaire LL. Comme les miroirs plans ne changent rien à la position des rayons de lumière qu'ils réfléchissent, l’image en sq sera renversée comme elle l’eût été en mn.

L'amplification de ce télescope est égale au nombre de fois que la distance focale du grand miroir contient celle de l’oculaire.

L'oculaire du télescope de Newton étant placé sur le côté rend cet instrument très-incommode pour observer les astres près du zénith. Comme il est aussi trèsdifficile de trouver l'objet, on met sur le corps du télescope une petite lunette ordinaire qui a beaucoup de champ et dont l'axe est parallèle à celui de l'instrument. Cette lunette, qu’on nomme un trouveur, sert à placer le télescope dans la direction de l’objet qu’on veut obser ver.

Télescope de Grégory. Celui-ci se compose de deux miroirs concaves et d’un ou deux verres oculaires convexes ou plans convexes,

Le grand miroir concave LL de métal, percé d’un trou circulaire à son centre X, est placé au fond d’un tube ouvert (PI. 20 , fig. 4) ; vis-à-vis de ce miroir et vers l’autre extrémité du tube on place un second miroir concave EF de métal , parallèle au grand miroir, unpeu plus large que l'ouverture X de ce miroir, £t dont la concavité fait partie d’une sphère beaucoup plus petite que celle sur laquelle est formé le grand miroir. Ce petit miroir doit être placé au-delà du foyer du grand miroir à une distance telle que son propre fover ne coïncide pas avec le foyer du grand miroir, mais qu'il en soit éloigné d’une quantité égale à la troisième proportionnelle entre les distances focales respectives des deux miroirs. À l'extrémité du grand tube, à laquelle est placé le grand miroir, et vis-à-vis le trou circulaire de ce miroir , on ajuste un autre petit tube MSSN dans lequel on place un et plus généralement deux verres oculaires MN, SS.

Dans cet instrument, les rayons lumineux qui viennent de l’objet, après avoir été réfléchis par le grand

ee

sh um

TE

miroir LL, vont peindre à son foyer G une imsge renversée KI de l’objet au-delà de laquelle ils deviennent de nouveau divergens. Reçus par le petit miroir EF, cesrayons sont réfléchis convergens vers les oculaires, et devenus encore plus convergens par leur passage au travers de l’oculaire MN, ils vont dessiner en ZZ une image en sens contraire de la première KH; c’est cette dernière image qui, placée par la disposition des verres au foyer du second oculaire SS, devient l’objet immédiat de la vision.

L'amplification de ce télescope est égale au carré de la distance focale du grand miroir, divisé par le produit des distances focales du petit miroir et de l’oculaire

La plus grande difficulté à vaincre pour obtenir de bons télescopes de réflexion est la construction des miroirs métalliques dont la courbe doit être d’une exactitude rigoureuse et le poli d’une excessive perfection. Ces miroirs sont faits d'après Hadley, avec un alliage de deux parties de cuivre, d’une de laiton et d’une d’étain. Passemant composait les siens de 20 parties de cuivre, 9 d’étain et 8 d’arsenic. On les polit avec l'éméri etla potée d’étain. De toutes les compositions, celle qui est la plus blanche, la plus dure et qui réfléchit le mieux la lumière est un alliage de 32 parties de cuivre, 15 d’étain, unc de laiton, une d'argent et une d’arsenic. Mais elle n’est pas bonne pour les très-grands miroirs, parce qu’elle est trop cassante. Les miroirs de platine sont supérieurs à tous les autres.

Les télescopes de réflexion doivent à Herschell un degré de perfection incomparable avec tout ce qu’on avait fait avant lui. Lorsqu'il commença de s'occuper de la construction de ces instrumens , on n’en faisait pas dont l'amplification pût surpasser 400 fois le diamètre de l’objet; il obtint promptement une amplification double, triple et quadruple de celle-ci, et parvint même à construire un télescope newtonien de 7 pieds qui grossissait 2000 fois. Le plusremarquable des instrumens construits par Herschell est son grand télescope dont le roi d'Angleterre voulut supporter tous les frais; nous l’avons représenté dans la PI. 20, fig. 5, tirée des Transactions philosophiques , de 1795, où il y en a une description de 65 pages avec 19 planches. On voit dans notre figure le massif circulaire I,1,1, sur lequel tourne la machine sur 24 rouleaux , 12 intérieurs et 12 extérieurs, par le moyen de deux cabestans ; ce massifa 44 pieds de diamètre et 3 de fondation. Le pied formé de 4 échelles de 49 pieds qui supportent les moufles par le moyen desquels on élève le tube A ; la place de l'observateur en C près de l’oculaire du télescope; E et D deux chambres de 12 pieds qui contiennent le pendule etle petit mouvement; vers la chambre E, les crics ; il y en à pour monter la galerie B, pour avancer

Page 1