MÉRIDIENNE
On construit aussi des cadrans lunaires ; mais on peut se servir de touslescadrans solaires pour trouver l'heure au moyen des ombres lunaires ; il ne faut pour cela que connaître l’âge de la luue, ou le nombre de joursécoulés depuis la nouvelle lune. Ayant remarqué l'heure indiquée par la lune sur le cadran solaire, on ajoutera à cette heure les trois quarts de l’âge de Jalune ;la somme sera l'heure solaire. Ce procédé, qu’on ne doit regarder que comme une approximation , est fondé sur ce que la lune passe tous les jours au méridien trois quarts d'heure plus tard que le jour précédent. Comme le jour de la nouvelle lune elle passe au méridien en même temps que le soleil, le lendemain elle passe trois quarts d'heure après, le surlendemain deux fois À d'heure et ainsi de suite. Si le nombre des jours multiplié par et ajouté au nombre d'heures est plus grand que 12, il faut en ôter 12.
i7. L'invention des cadrans solaires est attribuée à Anaximandre, mais elle parait plus ancienne puisqu'il est question d’un de ces instrumens dans la Bible , sous le règne d’Achaz, c'est-à-dire, 775 ans avant notre ère ( Poy. Rois 1v, 20, 10). Leur usage était déjà commun en Grèce du temps d'Eudoxe, mais les Romains pe les connurent que très-tard. Le premier qui parut à Rome fut construit par les soins de Papirius Cursor, 306 aus avant J.-C. Beaucoup d’auteurs ont écrit sur la gnomonique ; on doit à Clavius un ouvrage très-étendu, dont l'édition publiée en 1708, avec les additions de Sturmius et les méthodes de Picard et de la Hire pour tracer de grands cadrans, est encore ce que nous avons de plus completsur cette matière. Depuis, Dechalles,Ozanam, La Hire, Wolf, Deparcieux, Rivard, Dom Bedos, Émerson, ont donné des traités de gnomonique plus ou moins détaillés. Delambre en a placé un trèscurieux dans sou Histoire de l'astronomie ancienne.
GONIOMÉTRIE.(Géom.) Ce mot dérive de yanx, angle , et de perper, mesure, et sert à désigner l’art de mesurer les angles comme aussi de tracer sur le papier des angles dont la grandeur ex degrés est connue. (Voy. la Goniométrie de M. Francœur.) Nous avons expliqué. au mot ANGLE pourquoi on se sert du cercle pour la: mesure des angles, et ce que l’on doit entendre par le nombre de leurs degrés. à
GR GRAPHIQUE. (Gcom.) Opération graphique. C'est
celle qui consiste à résoudre un problème par des figures géométriques tracées sur le papier. On peut s’en servir avantageusement pour obtenir une première appr'oximation dans un grand nombre de questions astronomiques , et même dans de simples problèmes numériques. La méthode de solution des équations du troisième et du quatrième degré que nous avons donnée au mot CONSTRUCTION , est une opération graphique.
GRANDEUR. On définit ordinairement la grandeur, en mathématiques, tout ce qui est suscepuble d’augmentation ét de diminution ; c'est dans ce sens qu’un nombre est une grandeur, et qu'une étendue est une grandeur. D'Alembert a mis en doute, dans l'Encyclopédie, la justesse de cette définition, en disant que Ja lumière est susceptible d'augmentation et de diminution, et que cependant ce serait s'exprimer très-improprement si l’on regardait la lumière comme une grandeur. Mais nous pouvons faire observer qu’il s’agit ici de l'intensité de la lumière , intensité qu’on peut représenter par un nombre, et qui est conséquemment une véritable grandeur dans l’acception mathématique de ce mot.
GRAPHOMÈTRE. (Géom. prat.) Demi-cercle gradué dont on se sert dans l’arpentage pour relever les angles sur le terrain. Ce demi-cercle est monté sur un pied et porte à son centre une règle ou alidade mobile, qui sert à viser les objets. Lorsque cette alidade est placée dans la direction d’un objet, et que le diamètre du demi-cercle est placé dans la direction d’un autre, l’angle formé par les droites que l’on suppose menées du centre de l'instrument à ces deux objets est mesuré par l’arc compris entre le diamètre et l’alidade, et l’on connaît immédiatement la grandeur de cet angle par le nombre des degrés de l'arc marqué sur l'instrument.
GRAVESANDE (Guirraume-JacorS"), géomètre hollandais, né à Bois-le-Duc, le 27 septembre 1658, a surtout acquis de la célébrité durant le XVIII siècle, par ses recherches en physique et ses opinions en philosophie. Après avoir étudié les mathématiques avec beaucoup d’ardeur et de succès, il débuta dans la carrière des sciences par un Æssai sur la perspective, qui fixa l'attention des géomètres, et mérita les suffrages de l'illlustre Jean Bernouïili. S’Gravesande prit ensuite une part active à la rédaction du Journal littéraire, devenu célèbre sous le titre de Journal de la république des lettres. I y rendait compte des productions mathématiques , et en général des découvertes scientifiques de son temps; ses articles remarquables par leur originalité et la profondeur des vues , forment des dissertations aussi complètes qu’intéressantes sur les plus graves questions. On peut citer entre autres son examen de la Géométrie de l'infini, de Fontenelle ; ses dissertations