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VIÈTE (François). Cet illustre et grand géomètre naquit à Fontenay-le Comte en 1540. Nous ne possédons aucuns détails sur ses premières années et sur son éducation, et, malgré la célébrité qui est attachée à son nom, sa vie privée est demeurée à peu près inconnue, On sait seulement qu’il occupa à Paris des fonctions publiques, dont les devoirs ne pouvaient le distraire de l'étude des mathématiques. Tous ses biographes rapportent, d’après l’historien de Thou, qu’il se livrait avec tant d'application et d’ardeur à ses recherches scientifiques, qu’on le vit quelquefois passer trois jours de suite sans quitter la table sur laquelle il travaillait, et où il prenait à peine quelques ahimens. Nous avons exposé ailleurs (voy. ALGÈBre) les découvertes dont ce grand homme a enrichi la science, et nous avons eu souvent l'occasion, dans le cours de cet ouvrage, de rappeler ses titres à l'admiration et à la reconnaissance de la postérité. Viète joignait à une connaissance profonde de la science, pour laquelle ses travaux marquent une période de rénovation et de progrès , une grande érudition. On lui reproche même d’avoir trop parseméses livres de mots grecs francisés qui en rendent la lecture difficile; mais c'était la une habitude de son temps qui ne saurait en rien diminuer sa gloire ni le mérite de ses ouvrages. Cet illustre géomètre était doué d’une perspicacité remarquable qui lui permit de faire des applications aussi heureuses que difficiles des théories de la science; on en cite une qui mérite surtout d’être rapportée. Durant les longues guerres de la France avec l'Espagne, des lettres de la cour de Madrid à ses gouverneurs, dit Montucla, ayant été interceptées, ce fut à Viète qu'on eut recours pour les déchiffrer. Il y parvint en effet malgré l'extrême complication du chiffre et l’on ne manqua pas en Espagne de l’accuser de sortilége. Viète était un homme d’un caractère simple et modeste, ses écrits furent rares même de son temps, car il avait l'habitude de les faire imprimer lui-même et de n’en tirer qu'un petit nombre d’exemplaires qu’il distribuait à ses amis. [l mourut à Paris, à l’âge de Go ans, au mois de décembre de l’année 1600. Alexaudre Anderson a publié, après sa mort, quelquesuns deses manuscrits, mais la plupart de ses écrits réunis par François Schooten , Jacques Galius et le père Mersenne, furent imprimés de nouveau et publiés à Leyde, en 1646.
VIS. (Mec.) Une des sept machines considérées comme simples. C’est un cylindre droit K (PI, 17, fig. 6 et 7) sur la surface duquel on a creusé une gorge eu spirale. La partie saillante se nomme le filet de La vis, et la distance qui règne verticalement entre deux points du filet ou la largeur de la gorge prend le nom de pas de la vis.
Lorsquele filet se termine en tranchant, comme dans la figure 7, la vis est dite à filet angulaire. Cette construction, qui donne beaucoup de force à Fa base du filet, est préférée pour toutes les vis d'assemblages, et généralement pour les vis en bois. Lorsque la coupe des filets présente, comme dans la figure 6, la forme d’un parallélogramme, la vis est dite à filet carre. On construit de cette manière les grandes vis en fer qu’on exécute au tour.
On nomme écrou la pièce MN dans laquelle où fait entrer la vis, et dont la concavité renferme une rarrrre creuse semblable au filet; lorsque la vis est entrée dans l’écrou , la rainure est exactement remplie par le filet, de sorte que la vis ne peut prendre d'autre mouvement que de s’avancer dans le sens de sa longueur, en tournant sur elle-même.
Dans l'usage de cette machine, l’unedes deux pièces est fixe et l’autre est mobile; ainsi, suivant les circonstances, la vis est fixe et c’est l'écrou qui marche eu tournaut autour de son axe, ou bien l'écrou est fixe et c’est la vis qui se meut. Ces deux cas reviennent au mème pour les conditions d'équilibre. En supposant que la vis K soit fixe et que l’écrou MN soit chargé d’un poids P auquel doit faire équilibre utie puissance Q appliquée à l'extrémité d’un bras de levier, on dé: montre, dans tous les traités de statique, qué pour qu’il y ait équilibre il faut que la puissance soit à la résistance comme le pas de la vis est à la circonference que la puissance tend à décrire. Cette machine est donc d’autant plus avantageuse que le pas de la vis a moins de hauteur et que le point d’application de la puissance est plus éloigné de Paxe,
La courbe régulière que forme le filet sur la surface du cylindie fondamental se nomme une Aclice:
La vis sans Fin ne diffère de la vis ordinaire que parce qu’elle ne se meut pas dans uu écrou et que son action devient ainsi continue. C'est une machine dout le cylindre tourue toujours du même sens sur des pivots Bet C (PL 15, fig. 9); son filet mène en tournant uue roue FD, dont il engrène les dents, laquelle porte à son centre un axe cylindrique où s’enveloppe une corde destinée à élever un fardeau. Une trè--petite force appliquée à la manivelle AB peut enlever un très-prand poids W.
Toutes les espèces de vis sout des machines composées du /evier et du plan incliné ; aussi leur théorie n’est qu’une conséquence de celles de ces dernières.
VIS D'ARCHIMÈDE. (Mée.) Machine très-ingénieuse propre à élever l’eau, inventée par Archimède, Elle se compose d’un cylindre AB (PI: 15, fig. 10) qui tourne sur deux pivots et autour duquel on a roulé en spirale un canal creux CFHGFD. On incline ce cylin-
dre à l’horizon sous un angle d’environ 45°, et l’on fait plonger dans l’eau l’orifice G du canal. Si par le moyen d’une manivelle IK, ou par tout autre mécanisme on fait tourner la wis , l’eau monte dans le canal , se porte successivement de spire en spire et va se décharger par l’autre extrémité D du canal.
Dans cette machine l’eau monte par la même force qui tend à la faire descendre ; c’est-à-dire, par son propre poids. En effet, la particule d’eau qui est daus la partie inférieure de la vis, en E par exemple, n’y peut pas demeurer lorsqu'on tourne la vis, parce que sa pesanteur l’oblige d'aller au point suivant, qui dans ce moment-là se trouve plus bas que le point E, étant passé sous la vis, mais qui en même temps se trouve dans un point plus élevé que celui où était le point E lorsqu'il était encore par dessous ; de sorte qu’a chaque instant cette particule d’eau se trouve dans des points de plus en plus élevés, et elle y est réellement portée par sa pesanteur. Or ce que nous disons de cette particule d’eau, on peut le dire de toutes les autres ; ainsi dès que l'eau est parvenue à l’orifice supérieur D, elle doit continuellement s’écouler, tant que la vis tourne e{ que son extrémité inférieure plonge. Ceite machine est très-utile pour élever une grande quantité d’eau avec une très-petite force. On s’en est servi avec un grand succès pour vider des lacs et des étangs.
Lorsqu'il s’agit d'élever l’eau àune hauteur considérable; une seule vis n’est pas suffisante, parce que cette vis devantêtre inclinée ne peut porter l'eau à une grande élévation sans devenir elle-même très longue et par là très-pesante, etsans çourir les risques dese courber et de perdre son équilibre ; mais on peut alors, avec une seconde vis , élever l’eau qu'une première a apportée dans un réservoir, et ainsi de suite. Daniel Bernouilli a donné dans son Hydrodynamique une théorie développée de la vis d'Archimède et des effets qu’elle peut produire. (Foy. aussi la Nouvelle architecture hydrau-
dique de M. de Prony.)
VISION. (Opt.) Sensation particulière à l'organe de la vue, produite par l'impression des objets éclairés sur l'œil,
Les phénomènes de la vision, ses causes, la manière dont elle s'exécute, forment un des points les plus importans de la physique pure et sont par conséquent autant d’objets étrangers à notre Dictionnaire. Mais les lois qué suit la Inmière dans ses divers modes de propagation constituent une des branches des mathématiques appliquées nommée Optique générale, laquelle se subdivise en plusieurs autres branches que nous avons examinées successivement. Nous renverrons done
vo 615
aux mots DioprriQue, CATOPTRIQUE, Lumière et Or- TIQUE:
VITESSE. (Méc.) Rapidité plus ou moius graude avec laquelle un mobile parcourt un espace déterminé. Par exemple, si deux mobiles parcourent le même espace l’un en une heure et l’autre en deux, la vitesse du premier sera deux fois plus grande que celle du second.
On mesure, en général , la vitesse par l’espace parcouru dans l’unité de temps; ainsi lorsqu'un mobile parcourt, dans cette unité, un espace double, triple, etc. de celui qu’un autre mobile parcourt dans le mêm» temps, on dit que sa vitesse est double, triple, etc. de la vitesse de ce second mobile.
Dans le mouvement uniforme (voy. ce mot) la vitesse est constamment la même, et comme elle fait parcourir au mobile des espaces égaux en temps égaux , on la représente par le quotient de l’espace divisé par le temps. Si nous désignons, en effet; par E l’espace décrit par un mobile dans uu temps T, le quotient . représente l’espace décrit dans l’unité de temps, et en dési- E Œ sont identiques. Il est bien entendu que par ce quo-
nant par V la vitesse, les deux quantités V et 6 P , q
tient de l’espace divisé par le temps on entend celui des nombres qui expriment les rapports de l'espace et du temps à leurs unités respectives. Par exemple si l'espace est de 8 mètres et le temps de 2 secondes, ia
3 8 DANS ; vitesse est - — 4, c’est-à-dire, 4 mètres par seconde.
Dans le mouvement varié, la vitesse augmeute ou diminue successivement et alors, pour la mesurer, onprend unintervalle infinimeut petit et l’on appelle, à chaque instant, vitesse du mobile, le rapport de l’espace infiuiment petit parcouru dans cet instant à la durée de ce même iustant. (Foy. AcCÉLÉRÉ.)
On distingue la vitesse en vitesse absolue et vitesse relative. La vitesse absolue d’un mobile est sa vitesse réelle et effective; c’est-à-dire celle qui sert à mesurer la quantité dont il se rapproche ou s'éloigne des objets qui sont considérés comme fixes dans l’espace. La vitesse relative de deux mobiles est celle qui sert à mesurer la quantité dont ces mobiles se rapprochent ou s’éloignent lun de l’autre daus un temps donné. (Foy: Mouve- MENT.)
VOIE LACTÉE. (45) Espèce de ceinture ou de zone lumineuse qui fait le tour du ciel. (Foy. Éroir et Nioureuse,
VOLANT. (Mce.) Nom générique qu'on donne,
dans les machines, à des parties qui ont un mouvement très-rapide de rotation.