‹ Dictionnaire des sciences mathématiques pures et appliquées (volume 2)Chapitre 44 sur 430 · IE · texte numérisé non relu

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HALLEY (Enmon»). Ce grand astronome naquit le 8 novembre 1656, à Londres, où 1l étudia sous le savant Thomas Gale. L’étendue prodigieuse de ses connaissances et des travaux d’un ordre élevé, lui méritèrent dès sa jeunesse une de ces grandes renommées qui récompenseraient dignement une longue carrièrescientifique. Il avait à peine dix-neuf ans quand il publia sa méthode directe pour trouver les aphélies et les excentricités des planètes, ouvrage remarquable, et qui annoncait ce que son auteur devait être un jour. Nous ne suivrons point ce grand homme dans tous les événemens de sa vie, nous nous bornerons à exposer succinctement les travaux importans , les observations et les découvertes qui en ont illustré le cours.

A l’époque où Halley manifestait ainsi le penchant qui entrainait sou génie vers l’astronomie, les catalogues de Ptolémée et de Tycho étaient les documens les plus complets qu’on possédait sur la position des étoiles et la connaissance du ciel, et leur imperfection s’opposait aux progrès de lascience.Hévéliuset Flamstead s’occupaient, il est vrai, à combler la vaste lacune laissée par ces anciens observateurs dans cette partie importante de la seience; mais leurs travaux ne pouvaient s'étendre au-

delà des horizons bornés de Londres et de Dantzig. Halley conçut le projet d’aller observer dans l’autre hémisphère , et de pénétrer vers le pôle austral plus avant que Richer. (Voyez ce mot.) Charles IE, qui, malgré la dissipation et la légèreté de ses mœurs royales , protégeait les sciences, approuva ses desseins, et lui fit fournir tous lesmoyens d'exécution d'une aussi utile entreprise. I s'embarqua en 1676 pour Sainte-Hélène. Il y passa une année et détermina la position de trois cent cinquante étoiles; il créa une nouvelle constellation à côté du Navire , à laquelle il donna le nom de Chéne de Charles II. Pendant son séjour dans cette île | Halley observa un passage de Mercure sur le disque du soleil, qui eut lieu le 28 octobre de l’année 1677. Mais sa sagacité lui révéla l'utilité que la science pouvait retirer de l’observation du passage des planètes inférieures au-devant du soleil. I] s’attacha surtout à se convaincre et à démontrer que le passage de Vénus donnerait la parallaxe

exacte de cet astre. On sait que Halley, quoiqu'il soit parvenu à un âge très-avancé, n’a pu jouir du spectacle de ce rare et curicux phénomène, mais qu’on a retiré après lui de cette observation tous les résultats qu'il en attendait. De retour à Londres, Halley publia son Catalogue des étoiles australes, avec de savantes dissertations sur divers points de l'astronomie. C’est dans cet ouvrage qu'il expose sa méthode pour déterminer la parallaxe du soleil ( Fay. Vénus). Peu de temps après, Halley voyagea en France, en Italie et en Allemagne, pour communiquer aux savans ses observations et recueillir de nouvelles connaissances. De retour en Angleterre, il se livra durant quinze ans aux recherches les plus importantes et les plus fécondes; l’on trouve dans les Transactions philosophiques de 1683 à 1687 un nombre considérable de mémoires et de dissertations qui attestent l'élévation de son génie et la prodigieuse multiplicité de ses connaissances. Parmi les travaux qui suffiraient pour illustrer son nom, on remarque sa théorie ingénieuse des variations de l’aiguille aimantée et des lois de ce phénomène; son histoire des vents alisés, et des mémoires sur les questions les plus controversées et les plus importantes, en astronomie, géométrie, algèbre, optique, physique, artillerie; Halley se livrait en même temps à destravauxscientifiques d’un autre ordre, et il publia à la même époque divers mémoires fort curieux sur l'histoire naturelle , les antiquités , la philologie , etc. , qu’on trouve dans le même recueil.

En 1698 , Halley entreprit de vérifier par l'expérience sa théorie des variations de la boussole : il sembarqua de nouveau, pénétra jusqu’au cinquante deuxième degré de latitude australe, et parcourut en deux ans les mers des deux hémisphères sous les climats les plus opposés. Partout ses observations furent conformes à sa loi des variations magnétiques. Il revint heureux de cette certitude dans sa patrie, où il devait long-temps encore ajouter à l'illustration de son nom. Ami du grand Newton et fervent promoteur de ses doctrines, c’est à ses soins, à son zèle et à ses puissantes sollicitations que le monde dut la publication des Principes, livre

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