‹ Documents pour servir à l'histoire de l'évolution des effets de commerce et notamment de la lettre de changeChapitre 16 sur 124 · VoLTAiHB. Dictionnaire philosophique, t. V · texte numérisé non relu

VoLTAiHB. Dictionnaire philosophique, t. V

3. Montesquieu. Esprit des lois, livre XXI, chap. XX. Montesquieu qui étudie les lois économiques de tous les pays de l'antiquité ; qui parle du coni-

Claude de Rubys * nous assure que les Florentins étant chassés de leur pays par les Guelfes se retirèrent à Amsterdam et que là ils commencèrent le commerce de la lettre de change qu'ils appelèrent « polizza di cambio » ». Cette opinion paraît peu plausible, car bien antérieurement à Texpulsion des Gibelins, il existait pour ces lettres depuis 1272, une loi de Venise, citée par Nicolaï de Passeribus en son traité : De scriplara privala cap. de Litteris cambii. Le même auteur signale en outre : le Staiiium avenionense, qui est de 1243 et qui contient un chapitre intitulé ; « De litteris cambii. » L'institution était donc bien antérieure à l'expulsion des Gibelins '.

merce des anciens ; de la valeur de leurs monnaies respectives n'a pas eu un instant la pensée que les peuples anciens pouvaient se servir d'une façon ou d'une autre d'effets de commerce.

1. Claude de Rubys. Histoire véritable de la ville de Lyon, Lyon, 1604.

2. Les preuves que la lettre de change était antérieure à cette époque abondent,

L. Blancard {Documents inédits sur le commerce de Marseille au moyen âge, Marseille, 1884), Chartes commerciales des Manduel, négociants marseillais du xni« siècle, indique un grand nombre de lettres de change de cette époque.

Nous avons remarqué notamment :

-. 1° Une lettre de change par laquelle Bernard de Manduel promit à Jean Ros de Barcelone de lui rembourser, en terre musulmane,-15 besants de millarès pour le prix de 60 s. de royaux coronats qu'il lui doit. Marseille, 28 février 1232,

2» Une lettre de change par laquelle Jean Gandolfe reconnaissant avoir reçu de Bernard de Manduel 35 1. de royaux coronats valeur en un nolis de 100 milleroles de vin, chargées sur le Faucon s'engage à payer à Bernard ou à son ordre, vingt jours après le débarquement à Geuta ou dans un autre port, 182 besants de bons millarès. Marseille, 11 mars 1236.

3. Il existe dans les Monumenta patrise trois actes faits à Gênes et datés de 1163, 1157, 1155. Ces lettres de change sont sous forme de billets. Les deux plus anciennes étaient payables à Constantinople.

Voici la traduction de celle de 1163:

En présence des cinq témoins nommés. Je (Marino de Lavagne) ai reçu en prêt de toi (Vassal Vexica) 4 livres de génois, payables, sous peine du double à Bougie en 20 Massanoutins, quinze jours après l'arrivée du navire qui

Ce qui est certain, c'est qu'on trouve en Italie, dès la fin du xu* siècle, Tusage d'un titre alFectant non plus la forme d'uni acte public, portant reconnaissance de dette, mais la forme d'une lettre missive fermée.

Le signataire de cette lettre invite le destinataire à payer une certaine somme d'argent à un tiers.

Il lui fait connaître en même temps qu'il a reçu d'une autre personne une autre somme d'argent {mention de valeur fournie) et il spécifie que c'est la remise de cette somme qui motive le paiement.

Cette lettre n'est pas expédiée par le signataire lui-même, mais elle est confiée au donneur de valeur; celui-ci l'adresse lui-même à la personne chargée d'en recevoir paiement, qui se fait payer contre remise de la lettre.

Ces lettres sont appelées : Lettere di pagamenio. On reconnaît la première forme de la traite moderne. L'identité des traits essentiels est frappante \

Aussi ne faut-il pas attacher à la lutte des Guelfes et des Gibelins une importance trop considérable au point de vue de la lettre de change ^ J

y conduit, et si tu quittes Bougie avant la fin de la quinzaine, trois jours^

avant ton départ. J

Fait à Gênes, le 23 avril 13 63. (L. Blancard.) »

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