PON QUICHOTTE
intérêt pour lui vienne re.d'oublev sa valeur ! En disant ces mots il jette son bouclier, saisit sa lance à deux mains , et la fait tomber avec tant de force sur la tête du muletier , qu'il l'élend par terre sans mouvement. Cela fait , il va relever ses armes , les remet froidem,ent sui l'auge , et recommence à se promener.
L'instant d'après un autre muletier, ignorant ce qui venait d'arriver à son confrère , qui restait là tout étourdi , voulut de même abreuver ses mulets , et retira les armes de dessus l'auge. Cette fois -ci don Quichotte sans lui dire une parole et sans invoquer Dulcinée , lève sa lance et la lui casse sur la tête , qu'il ouvie en trois ou quatre endroits. L'aubergiste et tous les gens de la maison accoulent vers le chevalier^ qui , se couvrant de son écu, s'écrie : O dame de beauté, soutien et foi'ce de mon âme, animez-moi d'un de vos regards dans cette terrible aventure !
Cela dit , il se sentit tant de courage , quf, tous les muletiers de l'univers ne l'auraient pas fait reculer d'un pas. Les camaïades des blessés commencèrent à piendre des pierres qu'ils firent pleuvoir sur notre héros. Celui-ci » en garantissait de son mieux avec son bou»clicr, et ne s'éloignait pas de l'auge L'aubergiste se tuait de crier que c'était un fou ; qu'il