‹ Don Quichotte de la Manche, traduit de l'espagnolChapitre 45 sur 119 · PARTIE I, CHAP. IX 7g · texte numérisé non relu

PARTIE I, CHAP. IX 7g

pourrait exprimer la colère de don Quichotte 1 Il se relève sur ses étriers , saisit son épée à deux mains , et la fait tomber comme une montagne sur la tête de son ennemi. Malgré le coussin qui la défendait, le coup fut si fort , si terrible , que le sang coula dans l'instant par la bouche et par les narines du malheureux Biscajen. Il était parterre , s'il n'eût embrassé le cou de sa mule. La mule , effrayée , se met à courir, saute, rue, et jette son maître. Don Quichotte à pied vole à lui , lève son épée , et lui crie de se rendre , ou qu'il va lui couper la tête. Le Biscajen était si étourdi , qu'il ne pouvait pas répondre. Notre héros , dans sa fureur , ne l'aurait pas épargné ; mais les dames . du carrosse , jusqu'alors tremblantes spectatrices du combat , accoururent auprès du vainqueur pour lui demander en grâce de ne pas tuer leur écuyer. Don Quichotte répondit avec une gravité iîère : Illustres princesses , je consens à ce que vous désirez , et je n'y mets qu'une condition ; c'est que ce chevalier ne manquera point d'aller jusqu'au Toboso se pré- «••nter de ma part à la belle dona Dulcinée, pour I elle ordonne de son sort. Les pauvres dames, iiïS demander ce que c'était que cette Dulci- ' e, promirent tout au nom du Biscayett; et '>n Quichotte content laissa la vie au vaincu.

8o DON QUICHOTTE.

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