PES
conservation de la possession, et implique l'idée de certains aménagements artificiels, est ici trop étroite. Sans doute les choses qui sont dans notre maison sont placées sous notre custodia ; mais le trésor que nous avons déterré n’y est plus, lorsque nous nous sommes éloignés, encore moins le gibier pris au piège dans la forêt. Nous reviendrons sur la théorie de la custodia. Ce qu’il est exact de dire ici, c’est que celui qui à dressé des pièges pour prendre du gibier à, d'avance, appréhendé sa capture, et cela, d'une facon tout aussi énergique qu'il leût fait par une appréhension directe. Il a donc matériellement affirmé son animus possidendi.
L’appréciation de l'élément matériel de la possession du corpus présente parfois d'assez graves difficultés. Lorsque la possession se transmet d’une personne à une autre, quels sont les faits matériels qui suffiront à prouver cette transmission ? La question ne comporte pas, bien entendu, de réponse absolue : nous sommes ici dans le domaine des faits, et les faits de possession varient suivant l’objet auquel ils s'appliquent. Ainsi, pour un immeuble, un acte quelconque manifestant l'intention de posséder suffira, lorsqu'il se passera en présence. de l'ancien possesseur. L’affirmation du nouveau possesseur prend alors beaucoup plus de valeur, puisqu'elle est faite en présence de celui qui a intérêt à y contredire. La loi 18, $ 2, contient un exemple de tradition à distance : le vendeur montre à l'acheteur l'immeuble vendu, du haut d'une tour.
Pour les meubles, on sera généralement plus exi-