Op. fit., p. if
encore à Bourdeaulx, de <{uov j'ai este bien aise, espérant que roccasi(3n se présentera de vous revoir. Fondé sur l'opinion de vostre départ j'avais prié Monsieur de Nort, ministre de la Rochelle de faire tenir à Monsieur vostre frère et de Gydné une lettre que j'escris à la reyue : toutefois advertv que vous faites arrest encore pour quelques jours à Bordeaulx j'ai pensé que par vostre moyen mes lettres seroit (sic) plus fidèlement rendues et que d'autre part, je prendroys advis de vous si je debvois envoyer les dites lettres à sa Ma'^ ce qui m'a occasionné de vous en envoyer une coppie. Ordonnés donques Monsieur, la dessus ce qu'il vous plaira : car vous avez (comme disent les jurisconsultes) puissance de vie et de mort sur les enfans de mon esprit. Je suis bien marry que quelqu'un de mes amys que vous cog-noissés bien, à qui j'avois donné charg-e de voir à Paris ma seconde seymaine, en ayt osté le nom de l'homme que voussçavez et qui vous appartient : mais je luy garde au cinquiesme jour ung- lieu honorable ainsy que vous le verres, avec l'ayde de Dieu, bien tost. Mon imprimeur a fait presque autant de fautes que de lignes : mais je pense qu'elle est desja reimprimée suyvant ma correction. Monsieur, je me recommande très humblement à voz grâces priant Dieu de vous maintenir en sa protection.
Montauban, le XII septembre i58...
Vostre obéissant serviteur et humble frère,
Dr Bartas.
Si les seigneurs à qui j'escri m'honorent de res-
ponce je vous supplie faire en sorte que je la recoyve car je tiendrai cela à çrand heur. Je fais la nuit passée une petite apolog-ie, de laquel je vous envoyé mesme le brouillant, tant je m'asseure que vous couvrirés mes fautes et imperfections » (i).
Bien que le fait que Du Bartas écrit à Elisabeth et aux seigneurs ang-lais semble indiquer qu'il a déjà visité la cour d'Angleterre, nous croyons que cette lettre fut écrite avant la visite de i586. Voici ce qui nous paraît possible : La petite apologie qu'il envoie à Anthonv Bacon c'est son « Brief aduertissement sur quelques points de sa première et seconde semaine ». Or cet avertissement fut publié en i584, l'année même où parut à Paris la « Seconde Semaine Reveue par l'autheur». Cet événement s'accorde parfaitement avec ce qu'écrit Du Bartas, s'il fait allusion à une première édition. Selon cette hypothèse, la lettre en question fut écrite en i584. Si « Cydné » est Sir Philip Sidney, la lettre fut certainement écrite avant la mort de ce dernier en i586. Il n'y a rien qui montre d'une façon certaine que Du Bartas eut déjà été en Angleterre et nous maintiendrons, donc, ce que nous avons dit à ce sujet.
James Melvill, sur qui Chambers se base, dit : « In the monethe of May (1687) Guilliam Salust, Sieur du Bartas cam in Scotland to sie the King -> (2). Cela s'accorde avec la lettre de De Gourcelles, si Du Bartas était